EDK Editions

  • Que le rêve soit le seul lien, par delà l'oubli, avec l'enfance, éclaire d'un jour nouveau un fait étrange : que le refoulement de l'affect, lié au deuil en particulier, passe toujours par le refoulement de la fonction onirique. Sans rêves en effet, la situation de perte est tout à fait neutralisée, réduite. C'est précisément tout cet aspect de l'expérience humaine, qui touche si près à des impasses précoces, que le travail relationnel sur les rêves est en mesure de réactiver. Le thérapeute de l'adolescent est celui qui est en relation avec le rêve et l'affect, par rapport à lui-même et à l'autre. D'aucune manière, il ne cherche à neutraliser la relation en neutralisant ses propres affects. Ceux-ci doivent être là, mais libres, au cours d'un face à face à raison d'une fois par semaine. Or, c'est cette relation affective, que toute la technique psychanalytique s'emploie à éliminer, en laissant d'ailleurs en suspens toute la problématique de l'affect.
    Sami-Ali

  • Cet ouvrage reproduit les vingt-neuf chroniques parues de fin 1991 à 2002, accompagnées de commentaires qui les résultent dans leur contexte et examinent si, avec le recul, elles se révèlent ou non pertinentes.C'est donc un document qui fournit un éclairage sur ces dix années au cours desquelles la séquence de l'ADN humain, pur fantasme à usage politique au début, est devenue une réalité scientifique- sans pour antant, bien sûr, répondre à toutes les questions que pose la biologie.

  • « Les Parisiens sont pris de convulsions sur une tombe au cimetière Saint-Médard... Moreau de Tours fait essayer le haschich à ses amis écrivains... Charcot scrute les miracles de Lourdes... Les Surréalistes recommandent aux fous d'assassiner leur psychiatre... Les théories de Freud débarquent en France en pleine Affaire Dreyfus... »
    Ces « Petits moments de l'histoire de la psychiatrie en France » sont jalonnés de personnages remarquables par leur compassion et leur dévouement. Pinel, Cabanis et Lasègue ont légué une oeuvre écrite pleine d'humanisme. Itard nous émeut de ses observations auprès de Victor, l'enfant sauvage de l'Aveyron. Franz Fanon n'a manifestement pas obtenu la reconnaissance qu'il aurait méritée. On y découvre aussi des figures insolites, comme la princesse Marie Bonaparte ou Henri Baruk, qui ont occupé en leur temps une place incontournable.
    La naissance des médicaments relève parfois de l'épopée, comme le succès inattendu des neuroleptiques et l'échec du LSD. Un Prix Nobel vient couronner la vogue des lobotomies, alors qu'ailleurs, idées politiques ou idéologiques vont souvent à l'encontre de l'intérêt du malade.
    D'essais inspirés en entreprises hasardeuses, la psychiatrie s'est constituée par l'amalgame successif d'épisodes épiques, parfois tragiques, souvent passionnés, qui ont été le fait de quelques hommes, des idées qui les animaient et du contexte historique qu'ils traversaient.
    Un livre passionnant pour vivre de merveilleux moments d'histoire de la psychiatrie.

  • Par rapport à l'entrée directe dans la vie dite active, le cadre des études supérieures offre la possibilité d'un espace d'expérimentation et de mise à l'épreuve entre l'adolescence et l'âge mûr. Une période plus ou moins prolongée s'ouvre ainsi, durant laquelle peut s'organiser une aire de transition, « combinaison d'immaturité prolongée et de précocité provoquée » (E. Erikson, 1972).
    Si l'université est un cadre qui présente en apparence de nombreux attraits socio-affectifs, notamment en terme de liberté, ce sentiment peut se heurter à la difficulté de maîtriser les contours propres à ce nouvel univers; véritable « passage » au sens ethnologique, avec son « temps d'étrangeté », « d'apprentissage » des règles, voire des rites, l'étudiant devra en décrypter les contours, « s'affilier », et en faire transitoirement son « métier » (A. Coulon, 1997). Dans ce contexte, l'intégration sociale reste déterminante, et le risque d'isolement et de rupture toujours possible.
    Mais que peut-on dire, spécifiquement, du phénomène de mal-être chez les étudiants ? Essentiellement, qu'il se situe dans un entre-deux : entre les manifestations symptomatiques de l'adolescence, faites d'investissements et de désinvestissements massifs, et la psychopathologie de l'adulte. Ni tout à fait l'un, ni tout à fait l'autre.
    Si notre société offre aux adolescents et jeunes adultes la possibilité d'un sas aux limites aussi floues que de plus en plus étendues, dans le même temps, le droit à l'erreur académique est limité, tout échec pouvant conduire à une sortie du système sans grande possibilité de retour ultérieur. Ajouté à cela qu'aujourd'hui les jeunes vivent dans un climat de grande liberté, avec pour consigne : « Fais ce que tu veux mais sois performant ! », et nous avons là les ingrédients d'une situation anxiogène non négligeable.

  • Des psychanalystes français et étrangers proposent dans ce livre une approche psychanalytique des drames de notre société contemporaine. Leur réflexion porte sur certaines situations extrêmes qui ont marqué et bouleversé notre époque : guerres mondiales, totalitarismes et génocides répétés qui ont causé des millions de morts, mais aussi des séquelles psychiques durables auxquelles sont confrontés les psychanalystes dans leurs pratiques. Ainsi les échos des traumatismes de la Shoah ou du génocide arménien parviennent-ils jusqu'à nos divans actuels après plusieurs générations, tout comme ceux des patients ayant subi des tortures, notamment en Amérique latine. Les analystes ont dû parfois travailler sous les bombes comme dans la guerre du Liban, ou participer à un travail de groupe auprès de personnes déplacées pour raisons de guerre. Dans les sociétés totalitaires comme les ex-pays communistes, la pratique de la psychanalyse a été contrainte à la clandestinité, un espace analytique devant être reconstruit après la chute de ces régimes.
    Si à l'origine la psychanalyse s'est appuyée sur la sexualité infantile et la cure analytique sur l'élaboration des traumas infantiles, à partir du début des années 1920 leur champ s'est élargi. En effet avec « Au-delà du principe de plaisir » Freud a enrichi sa théorie avec la pathologie des traumatismes de guerre. La psychanalyse moderne s'intéresse à la réalité de ces traumatismes psychiques, leur nature extrême, leur violence, ainsi que leur caractère collectif, d'où l'attention portée dans les travaux rassemblés dans cet ouvrage aux développements théoriques concernant les relations que le sujet entretient avec le groupe.

  • Avec près d'un Français sur cinq et une personne âgée sur trois qui en souffrent, l'insomnie est le trouble du sommeil le plus fréquemment rencontré. Dans 9% des cas il s'agit d'une insomnie sévère. Ce trouble du sommeil est pourtant loin d'être compris. Véritable souffrance humaine, cette pathologie n'est ni la mieux analysée, ni la mieux formalisée.

    Cet ouvrage se propose d'étudier l'insomnie en adoptant un point de vue original : celui d'un soignant, un clinicien qui cherche à comprendre et à atténuer la souffrance, autant que peut se faire. Jean-Pierre Fresco tend à démontrer les liens étroits et complexes qui unissent ces trois grands domaines physiologiques, physiopathologiques et cliniques que sont le stress, les traumatismes et les insomnies. Grâce à une approche interdisciplinaire, l'étude s'ouvre sur d'importantes questions neurobiologiques et thérapeutiques, mais également plus largement sur une réflexion philosophique et sociétale.

  • Voici le livre qui va aider ceux, nombreux, qui rencontrent des difficultés ou des troubles liés au désir sexuel, à l'excitation, à l'éjaculation, au manque de plaisir, à des douleurs lors des rapports sexuels, à l'identité sexuelle, à l'orientation sexuelle, à une souffrance par rapport à son choix sexuel en cas d'hétérosexualité, d'homosexualité, d'asexualité, à la sexualité du couple, à des mutilations génitales, des abus sexuels...
    Quel sexologue ? Quel symptôme sexuel ? Quelle relation ?
    Une évaluation approfondie, individuelle et/ou de couple est effectuée afin de comprendre la nature de la problématique pour connaître les ressources et les acquis sur lesquels s'appuyer pour trouver des solutions. Quel est le fonctionnement, le développement sexuel, les aspects relationnels ? Quels traitements ? La sexualité n'étant pas seulement innée. Il est donc toujours possible d'apprendre et s'informer à tout âge.
    Cet ouvrage met à la disposition des lecteurs divers outils thérapeutiques en fonction de la problématique rencontrée. Les différentes approches utilisées sont comportementales, médicamenteuses, corporelles, le travail sur l'imaginaire, la psychomotricité, le travail relationnel et de couple, l'hypnose médicale, l'art-thérapie relationnelle.

  • Cela ne va pas de soi. Ce sont des mouvements contradictoires qui saisissent le plus souvent le lecteur. Cette ambivalence caractérise d'ailleurs la manière dont cette oeuvre fut reçue à l'époque par les éditeurs, le public, la gente littéraire, y compris lors de la publication de ses premiers textes, qui nous paraissent aujourd'hui d'une lecture plus aisée.
    Pourtant quelques signes nous sont parvenus que quelques z'uns ou z' unes avaient pu se laisser traverser par cet écrit, s'être laissés emporter, ambivalence comprise, un peu sur le mode de Molly dans son monologue, qui après avoir dit d'irrecevables vérités, peut donner une sorte d'acquiescement, un yes au sujet désirant, malgré tout, ou précisément avec ce qui rate au niveau de ce tout.
    Nous avons retenu pour ce numéro trois grandes questions où viennent se loger les différentes contributions. [...]

  • Depuis cinquante ans, Michel de M'Uzan occupe une place à part dans la psychanalyse française. Grand clinicien, chercheur infatigable, théoricien de la pensée freudienne, cofondateur de la psychosomatique, il n'a cessé de remettre en question les données freudiennes de base, tout en restant strictement et rigoureusement freudien. Notre ouvrage, actes d'un colloque qui a eu lieu à l'Université de Paris Ouest Nanterre La Défense en 2009, présente l'état des derniers débats sur les questions qui l'animent. Son texte inaugural reprend ses derniers renouvellement, tout à la fois révolutionnaires et controversés, de la métapsychologie, dont la proposition de réserver la notion de pulsion au seul ordre psychosexualité / « vital-identital », ou bien encore l'idée que la pulsion « s'invente » par l'intermédiaire de la séduction de l'infans.
    Les thèmes abordés ici (pulsion de mort, psychosomatique, organisation des névroses et des psychoses, science des limites indéfinies, etc.), se présentent sous la forme de réponses de psychanalystes d'orientations variés au texte inaugural de Michel de M'Uzan, réponses auxquelles celui-ci à son tour répond, le tout constituant, sur un mode tout à la fois familier et rigoureux, une discussion des avancées théoriques proposées par Michel de M'Uzan et le débat que ces avancées produisent chez ses collègues. Sorte donc de « work in progress » de la psychanalyse d'aujourd'hui où s'articulent clinique et métapsychologie.

  • Croisant leurs regards sur la question des Ancêtres, des psychanalystes et des anthropologues ont choisi de mener une réflexion commune autour de la transmission, de la filiation, de l'ancestralité et des processus d'ancestralisation.

    Représentant d'une histoire individuelle, l'Ancêtre s'inscrit aussi dans une histoire collective, en tant que repère dans la filiation et contenant de la différence des générations. Point d'ancrage des processus d'identification, ni ombre, ni fantôme, l'Ancêtre se distingue du mort. Mort revitalisé , il signe la capacité du sujet à investir sa propre histoire, à se l'approprier et à la partager. Loin d'être neutre et uniforme, l'ancestralité est une notion qui, de par les différences entre les sociétés, ouvre à une diversification des représentations, des croyances et des rituels. Idéal ou force de vie, relique ou fabriqué, l'Ancêtre ne peut se résumer à la question des origines et n'est pas seulement un héritage : il est le maillon d'un système dans lequel s'inscrit l'humain, il est ce nouveau issu d'un processus d'ancestralisation.

  • Eddy Proy, PDG d'un empire industriel et financier, la THEBES, est trouvé un matin hébété et aveugle, près de sa femme pendue. Le couple semblait uni,malgré une considérable différence d'âge. Suicide, accident, crime maquillé ? On recherche un mystérieux visiteur de l'aube. L'affaire, digne d'une tragédie antique, passionne l'opinion et inquiète au sommet de l'Etat.
    Sofocle Aristotelides enquête par des voies étranges. Son esprit vagabonde, de sorte qu'il laisse placidement la vérité se dégager d'elle-même, sans en gêner l'éclosion par du raisonnement.
    Apprenez, mortels, comment Eddy Proy et sa mère devaient, de toute éternité, être victimes d'une machine infernale montée par des dieux sans pitié.

  • Cet ouvrage s'emploie à montrer pourquoi une théorie psychosomatique relationnelle est possible en psycho-motricité. Celle-ci doit cependant s'ouvrir pour inclure la pathologie organique s'inscrivant dans le corps réel et relevant de la psychomotricité relationnelle.
    Si la psychomotricité se singularise par l'intérêt qu'elle porte à la constitution des fonctions, sa démarche ne signifie pas qu'elle doit exclure de son champ des troubles instrumentaux dus à l'inhibition d'une fonction déjà constituée. Car souvent la symptomatologie est mixte, complexe, rétive aux réductions. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il n'existe réellement aucune coupure, aucune solution de continuité entre la psycho-motricité et certaines psychothérapies spécialisées avec de jeunes enfants présentant, à la lisière du psychique et du somatique, des perturbations massives des repères spatio-temporels. L'unité d'une conception conduit ainsi à concevoir ce qui peut unifier des pratiques différentes.

  • Quelle est la place de la psychothérapie dans la thérapeutique du cancer ?
    Ce livre aborde, d'une part, la question des limites du cancer et de la place de la psychothérapie dans sa thérapeutique, et, par ailleurs, présente des travaux de recherche sur les impacts du cancer sur différentes approches relationnelles.
    Les propos des patients sont essentiels, le cancer est une situation limite, dans laquelle l'affect, l'image du corps et l'identité sont essentiels. Sont soulevés également les problèmes des soins palliatifs et du suivi des patients.
    L'impasse est un concept issu de la clinique, qui renvoie à la clinique, pour la rendre plus efficace et plus pertinente. Le thérapeute aide à sa compréhension et à son incidence par le patient sur la pathologie.
    Conçue dans cette optique, l'action thérapeutique exige qu'aucune obstruction ne vienne empêcher le thérapeute d'accéder librement à la vie relationnelle onirique et affective, la sienne autant que celle de l'autre, ensuite, que l'affect et la représentation ne sauraient être traités séparément, parce qu'ils sont l'avers et l'envers du même phénomène.
    C'est autour de cette thématique que se situent les travaux de recherche autour du cancer en psychosomatique relationnelle.

  • Quelle que soit la maladie qui touche le corps réel, allant des affections légères comme le rhume saisonnier aux pathologies cancéreuses par exemple, il paraît impossible d'établir une relation directe entre les variables en question, puisque, partout, on constate que la maladie peut s'associer au rêve autant qu'à son absence, à l'affect autant qu'à la difficulté de s'exprimer.
    Comment le rêve et l'affect s'intègrent-ils dans la relation thérapeutique elle-même ? Celle-ci reste entièrement axée sur la situation conflictuelle évoluant vers l'impasse, qui implique précisément l'impossibilité de sortir de l'enfermement. C'est ici que la théorie relationnelle déploie ses richesses car il ne s'agit pas désormais de « résoudre » l'impasse mais de la « dissoudre », en découvrant au fur et à mesure d'un travail patient et continu, comment elle se constitue réellement, parfois au cours de toute une vie. Cela implique impérativement que le refoulement du rêve et de l'affect soit levé, et que la libération de l'un et de l'autre finisse par modifier tout le fonctionnement subjectif, corps et âme, amenant la modification des termes mêmes de l'impasse, et entraînant du même coup l'amélioration de la pathologie organique, qui reste constamment relationnelle.
    Le lien que le thème de cet ouvrage établit entre la pathologie organique d'une part, et le rêve et l'affect d'autre part, s'impose dans son évidence.

  • Au regard de la clinique contemporaine, tant individuelle que collective, il semble important de distinguer le sadisme et la cruauté qui sont des manifestations des pulsions agressives et destructrices, c'est-à-dire des expressions des pulsions de mort. Le sadisme et la cruauté entretiennent cependant des liens différents avec les pulsions sexuelles et d'autoconservation. Dans la première partie des Trois essais sur la théorie sexuelle, Freud remarque qu'avec le sadisme il s'agit de prendre du plaisir en infligeant de la douleur, le sadisme étant emprunt de sexualité et celui qui agresse s'identifiant à celui qu'il fait souffrir.
    Les contributeurs de cet ouvrage reprennent l'idée d'André Green retravaillée par Dominique Cupa qu'il existe une destructivité à but autoconservatif, narcissique et non pas de jouissance : la cruauté. Celle-ci est prise dans un mouvement où l'autre n'est plus investi, mais désinvesti comme sujet, où il est déshumanisé et peut être alors traité avec la dernière des barbaries.
    Le fil rouge de ce travail a donc été tissé autour de réflexions sur des figures de cruauté qui, au-delà de la sphère thérapeutique, peuvent désorganiser, malmener au plus haut point et marquer, influencer les sphères sociales, culturelles, éthologiques et artistiques.

  • Trois cent cinquante millions de porteurs chroniques dans le monde, environ un million de décès chaque année, un vaccin efficace mais décrié en France, des traitements de plus en plus performants mais inaccessibles dans les régions les plus touchées par l'endémie... Près d'un demi-siècle après la découverte du virus de l'hépatite B, les défis posés par l'infection restent considérables. L'estimation récente de l'Institut de veille sanitaire a montré que la prévalence de l'infection par le virus de l'hépatite B était voisine de celle de l'infection par le virus de l'hépatite C en France. Les populations migrantes et les couches les plus défavorisées de la société sont les plus touchées. Le développement récent de molécules antivirales puissantes possédant une barrière génétique élevée contre la résistance permet en théorie de contrôler la très grande majorité des hépatites chroniques B. Cependant, l'obligation de traiter longtemps, sans doute à vie, une infection a priori incurable pose des problèmes difficiles d'indication thérapeutique, d'observance et de résistance. Aux campagnes de vaccination massive des nouveau-nés, enfants et adolescents dans la plupart des pays d'Asie, d'Europe et d'Afrique, la France oppose un décalage qui devrait être rapidement corrigé.
    La publication d'un ouvrage de référence sur l'hépatite B, après celui sur l'hépatite C, s'imposait donc. Les meilleurs spécialistes français se sont réunis pour faire le point sur les connaissances les plus récentes, sous l'oeil bienveillant de Harvey Alter, co-découvreur du virus de l'hépatite B avec Baruch Blumberg, prix Nobel de Médecine, alors que l'European Association for the Study of the Liver (EASL) publiait ses première recommandations de pratiques cliniques sur la prise en charge de l'hépatite chronique B et que notre ministre lançait, pour les années 2009-2012, un nouveau plan de lutte contre les hépatites virales. La publication de cet ouvrage arrive, nous semble-t-il, bien à propos.

  • Cet ouvrage est indispensable pour bien comprendre les mécanismes, les interactions et les multiples effets, dans la prévention des maladies humaines, de certains des principaux oligo-éléments tels que le cuivre, le zinc, le fer et le sélénium. Ces oligo-éléments interviennent de manière directe ou indirecte sur le stress oxydatif, l'activité immunitaire ou l'apoptose. Un apport de concentrations adéquates de ces oligo-éléments aura un impact important dans la prévention des maladies du système nerveux (encéphalopathies spongiformes, maladie d'Alzheimer), des maladies inflammatoires et des cancers et influera également sur les rythmes circadiens et le vieillisement.

  • En novembre 1976, se réunissait à Paris le IXe Congrès de la Société française de carcinologie cervico-faciale sous la présidence d'Yves Cachin et le thème adopté était les Cancers de l'Oropharynx. Vingt-cinq ans plus tard, en 2001, la Société française de carcinologie cervico-faciale tenait son XXXIVe Congrès à Nantes. Durant ces vingt-cinq dernières années, malgré les progrès thérapeutiques, le pronostic des carcinomes de l'oropharynx ne s'est pas radicalement transformé et les statistiques de survie sont là pour le confirmer.
    La chirurgie bénéficie actuellement des progrès de la chirurgie réparatrice et en particulier des labeaux pédiculés et des lambeaux libres qui permettent d'obtenir des reconstructions aussi anatomiques et fonctionnelles que possible, ces lambeaux libres sont également utilisés pour réparer les séquelles de la radiothérapie et en particulier l'ostéoradionécrose. La place de la chimiothérapie apparaît actuellement mieux cernée : la chimiothérapie d'induction n'a pas fait la preuve de son efficacité dans les cancers de l'oropharynx. En revanche, les protocoles de chimioradiothérapie concomitante dans les cancers inopérables augmentent le taux de rémission complète de façon notable avec une survie indiscutablement améliorée dans ces cas difficile.

  • Actes de la 46e Journée de l'Hôpital Claude Bernard, Paris, le 14 novembre 2003.

  • Le suicide constitue la deuxième cause de décès pour les 15-24 ans, et ce malgré une diminution des taux de suicide d'environ 15 % depuis 1985. Ainsi, actuellement, les jeunes meurent plus par suicide en France qu'en Italie ou en Grèce, aux Pays-Bas, au Portugal ou au Royaume-Uni. Quant à la morbidité suicidaire (tentative de suicide non suivie de décès), le problème persiste et s'aggrave même. Là encore, la France n'est pas en bonne position. Une enquête européenne a montré qu'entre 1989 et 1992 l'incidence a diminué en moyenne de 18 % pour les garçons et de 11 % pour les filles de 15 à 24 ans, sauf en France où elle a augmenté. Si les facteurs de risque de tentative de suicide sont maintenant mieux connus, le mode de prise en charge hospitalière et le devenir des suicidants hospitalisés restent très peu explorés. Face à ce constat, la Fondation de France a pris l'initiative, en 1997, de lancer l'enquête « Jeunes Suicidants à l'Hôpital ».
    Réalisée sous la direction de Marie Choquet, épidémiologiste, directeur de recherche à l'Inserm, et Virginie Granboulan, pédopsychiatre, praticien hospitalier au Centre hospitalier intercommunal de Créteil, l'enquête a été organisée, entre 1997 et 1999, dans neuf centres hospitaliers, auprès de 582 jeunes, hospitalisés après un tentative de suicide, et de leur famille. Elle visait à explorer les questions suivantes : Qui sont ces jeunes suicidants hospitalisés ? Quelles sont leurs caractéristiques sociales, familiales et psychologiques ? Comment vivent-ils au quotidien ? Comment sont-ils pris en charge à l'hôpital pour leur tentative de suicide? Que pensent les jeunes et leurs parents de cette prise en charge ? Que sont devenus ces jeunes un an plus tard ? Quelles différences y a-t-il selon le sexe et l'âge ? Autant de thèmes, analysés à partir de cette enquête, qui permettent de mieux connaître ces jeunes « en mal de vivre » et surtout de bousculer bien des idées reçues les concernant...

  • La vie est faite de rythmes, à commencer par les deux temps de la respiration, prototype même de tout vivant, lui-même pris dans le cycle cosmique des changements dans lequel il faut reconnaître le principe suprême de tout ce qui est. Cette vérité qui, dès l'antiquité la plus reculée, fut reconnue et qui fonde déjà toute la chronobiologie chinoire avant d'être de nouveau découverte par la chronobiologie moderne, fut rarement explorée relativement aux différentes pathologies organiques.
    Lacune que le présent ouvrage s'emploie à combler, fût-ce partiellement, en abordant, dans une perspective psychosomatique renouvelée, appartenant à la théorie relationnelle, des syndromes allant des maladies de Crohn et de Parkinson, du psoriasis, de l'allergie et de la stérilité, à l'anorexie mentale et au bégaiement, sans oublier la place dévolue au rythme dans la production onirique, à l'intérieur de la pensée mythique.

  • Le virus de l'hépatite C a été identifié par l'équipe de Michael Houghton en 1989. 2004 marque donc le quinzième anniversaire de cette découverte majeure pour la virologie et l'hépatologie.
    De nombreux progrès ont été accomplis en 15 ans. Une proportion importante des 500 000 malades français a été identifiée. Beaucoup de ces malades ont pu être pris en charge, traités et, pour une part non négligeable, guéris. La France, grâce aux actives campagnes de dépistage menées par la Direction Générale de la Santé, est en tête pour le nombre de malades identifiés et traités. Pour optimiser la prise en charge de l'infection, un Comité Stratégique associé au Programme National Hépatites Virales vient d'être mis en place par le Ministère. Une recherche active est menée en parallèle : l'Inserm lance une action incitative et soutient des groupes de recherche établis et émergents; de nouvelles structures s'organisent à l'Agence Nationale de Recherches sur le Sida (ANRS), qui permettront de financer et d'animer la recherche clinique et fondamentale; l'Europe met en place un réseau d'excellence coordonné par l'Inserm et consacré à la résistance des virus des hépatites aux traitements antiviraux.
    Le quinzième anniversaire de l'identification du virus de l'hépatite C offrait une occasion idéale pour la publication d'un ouvrage de référence sur l'hépatite C. Ce livre fait le point des connaissances après 15 ans, alors que les traitements actuels semblent avoir atteint le maximum de ce qu'ils pouvaient offrir et que de nouvelles approches thérapeutiques voient le jour. Souhaitons que les 15 prochaines années soient celles de l'éradication définitive du virus.

  • Pour accéder à la perspective théorique ici développée, il ne faut pas perdre de vue que la psychosomatique ne s'y définit pas comme une spécialité distincte de la psychanalyse, d'une part, de la médecine, de l'autre, mais comme la possibilité de penser simultanément le psychique et le somatique dans l'ensemble de la pathologie humaine, fonctionnelle et organique. La théorie relationnelle nous en donne les moyens, en nous permettant d'envisager autrement les différentes pathologies, en même temps que les méthodes thérapeutiques mises en oeuvre. Tel est en effet le dessein du présent ouvrage dont les contributions, par leur diversité même, font mieux ressortir l'unité d'une inspiration susceptible de renouveler toute réflexion concernant l'âme et le corps.

  • Saviez-vous que la première description de la jaunisse fut trouvée sur une plaquette d'argile, inscrite par des Sumériens près de 3 000 ans avant Jésus-Christ, que le mot ictère, cité pour la première fois dans le Corpus Hippocraticum, pourrait provenir de la couleur jaune des yeux de la fouine (iktis) ou du milan (iktivos), qu'en 420 avant Jésus-Christ, Hippocrate, visionnaire, écrivait dans ce même Corpus que « l'ictère apparaît quand la bile entre en mouvement et se porte sous la peau », balayant d'un coup l'origine divine, jusqu'ici ancrée, de la jaunisse, que, plus près de nous, en 1967, une collaboratrice de Blumberg, ressentant une fatigue anormale et se testant pour l'antigène Australia, fut la première à rattacher cet antigène à l'hépatite B, et que, la même année, l'article du même groupe décrivant cette relation fut refusé pour publication...
    Tout cela est dans ce livre, et bien d'autres choses, inédites et passionnantes, sur 5 000 ans d'histoire.

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