Editions Boréal

  • La musique, c'est du son. Mais c'est aussi un lieu: un lieu de tension et de relâchement; un lieu de rencontre avec soi-même et avec l'autre ; un lieu de réalisation, de mise en scène et de consommation ; un lieu de reproduction mais aussi de transformation.

    Bref, un lieu de pouvoir, un lieu du politique. S'engager en politique et faire de la musique, ce qui comprend l'écoute active, sont des façons d'interpréter et de changer le monde autour et à l'intérieur de nous.

    Mariella Pandolfi et Laurence McFalls ont invité des artistes, des intellectuels, des praticiens de différents domaines et disciplines à exposer leur « vérité » sur la musique. Ce faisant, ils jettent la lumière sur le lien profond, voire la convergence, qui unit le musical et le politique, ces deux domaines de la vie humaine et sociale où la passion et la raison, le déchaînement et la discipline, l'amour et la mort, la violence et la paix, le banal et le sublime luttent et se marient dans la recherche non seulement de la domination et de la résistance, mais aussi de ce qu'ils tiennent pour le beau, le juste ou le vrai.

    Tout en privilégiant une multiplicité de voix et une pluralité de registres (personnel, poétique, historique, psychanalytique, philosophique), Mariella Pandolfi et Laurence McFalls ont mis l'accent sur une forme particulière de la musique occidentale, soit l'opéra, sans toutefois oublier la musique orchestrale, le jazz ou la chanson populaire.

  • « Ce qui est violent, pour moi, ce n'est peut-être pas tant la présence physique du public que l'acte de représenter quelque chose de soi, d'intime, de forcément transgressif. Comme si, symboliquement, on rejouait une sorte de scène primitive, on mettait en lumière des choses honteuses, des tabous. Cette exposition de soi, malgré soi, est troublante. Elle se fait de biais, de façon détournée, à travers le corps des autres, des interprètes. Comme metteur en scène, on craint que le public repère cette part dévoilée. Le regard des autres sur son oeuvre se rapproche d'un regard interdit, à la fois désiré et honni ; le regard d'un inconnu sur ton corps nu, qui te fracasse. »

    Brigitte Haentjens est une des figures majeures du théâtre contemporain. Elle a gagné un fidèle auditoire grâce à son audace dans la programmation et à l'exigence qui marque chacune des productions portant sa signature. Elle propose ici un livre hors norme qui nous montre une artiste en plein processus de création. Elle retrace son parcours depuis l'école de théâtre en France. Elle évoque son passage en Ontario francophone, où sa carrière de metteur en scène a éclos, et son installation au Québec. Surtout, elle parle au présent du travail accompli avec la compagnie qu'elle a fondée, Sibyllines.

  • Avec la liberté de parole que lui confèrent les années écoulées depuis sa retraite de la politique active, Claude Morin livre ici une sorte de « testament » intellectuel.

    L'ouvrage se divise en trois parties. La première veut répondre à une interrogation capitale pour les souverainistes et tous ceux qui ont à coeur l'avenir du Québec : vu la situation actuelle, on fait quoi ? Claude Morin l'a écrite en pensant au Parti québécois, mais pas seulement à son intention. Il y pose quelques questions essentielles : la souveraineté doit-elle être un objectif ou un moyen ? Comment surmonter la morosité actuelle touchant la souveraineté ? Morin propose à cet égard une approche nouvelle fondée sur une analyse rigoureuse et sans concession de la réalité présente.

    Dans la deuxième, l'auteur explique l'origine et le sens de son engagement politique et revient, avec certaines précisions inédites, sur des situations qu'il a vécues. Il réfléchit sur le rôle de conseiller, réaffirme son adhésion à la social-démocratie et tente de cerner les causes de la méfiance actuelle envers les politiciens.

    Enfin, dans la troisième partie, la plus personnelle et la plus inattendue, Claude Morin décrit son cheminement en matière religieuse.

  • Ce livre trouve son origine dans le désir d'explorer les expériences des femmes qui ont accompagné et rendu possibles les grands moments de l'histoire officielle du Québec, de l'arrivée des Français en Amérique du Nord jusqu'à l'accession à la liberté d'expression indviduelle et collective apportée par la Révolution tranquille. Les historiennes féministes ont examiné la situation de ces femmes, mais il est rare que nous entendions la voix des protagonistes elles-mêmes ou que nous ayons accès à leur point de vue, que ce soit sur le monde qui les entoure ou sur leurs aventures intérieures. C'est cette voix que Patricia Smart donne à entendre ici.

    Tous ces textes parlent d'un moi brimé, inhibé, mais qui se refuse à démissionner. Pour ces femmes, la venue à l'écriture fait partie intégrante de la quête de soi et de la prise de possession du monde. Beaucoup plus que de simples révélateurs de réalités sociales, ces écrits intimes appartiennent à la littérature.

  • Jacques Godbout, s'entretenant avec le sociologue Mathieu Bock-Côté, raconte avec sincérité et humour son parcours d'écrivain et de cinéaste. Conservant la distance que procurent à la fois l'intelligence et le refus absolu de se laisser enfermer dans quelque idéologie, il évoque les personnes qu'il a fréquentées et les moments dont il a été le témoin privilégié. C'est l'occasion de découvrir le portrait d'un être rare, un intellectuel québécois qui a tenu, pendant soixante ans de vie publique, à assumer son rôle dans la cité, celui d'éveilleur de consciences et de passeur entre les générations.« En relisant ces entretiens, j'ai bien vu de quelle manière je m'adressais à Jacques Godbout. Non pas comme à un vieux sage, à qui on demanderait patiemment je ne sais quelle leçon de vie. Non plus qu'à un homme compartimenté selon ses talents, écrivain et cinéaste, journaliste et poète à qui je demanderais finalement de m'expliquer le mécanisme de la création artistique. Non, je lui ai parlé comme à un interlocuteur intellectuel de premier plan, comme à l'un des observateurs les plus brillants du Québec. Je l'ai invité à revenir sur les grands thèmes qui ont traversé sa vie et, finalement, sur une vie absolument passionnante. Je dirais bien qu'elle fut exemplaire, mais il me gronderait. Je dirai alors de sa vie qu'elle est inspirante. « Le tour du jardin » représente peut-être, du moins je l'espère, une porte d'entrée dans une oeuvre qu'il vaut la peine de découvrir, ou de redécouvrir. Je vous parle d'une oeuvre que les moins de vingt ans devraient connaître. » M. B.-C.

  • Désirons-nous vraiment réaliser l'indépendance politique du Québec ou sommes-nous trop épuisés pour espérer remporter un troisième référendum ?

    Jacques Beauchemin le militant explore les raisons profondes qui font de la souveraineté un objectif historique essentiel. Par contre, Jacques Beauchemin le sociologue ne peut cacher son inquiétude devant la démission collective des Québécois, qui semblent accepter sans états d'âme que leur langue française périclite et que leur culture se délite.

    L'auteur met le lecteur au pied du mur : les ancêtres canadiens-français ont-ils lutté et résisté avec autant de courage depuis la Conquête pour voir leurs descendants dilapider l'héritage ?

    Les héritiers - que nous sommes tous - choisiront-ils une démission tranquille ou relèveront-ils l'urgent défi auquel ils font face ?

    « La Souveraineté en héritage » est un remarquable essai politique qui arrive à point nommé, au moment où le Parti québécois cherche un nouveau souffle.

  • « L'histoire que l'on écrit est toujours fécondée par le présent. Le projet de ce livre a pris forme à la fin des années 1990, dans un moment de grande morosité collective. Comme je ne voulais pas ajouter ma voix au concert des cyniques, et que je suis allergique à la fuite en avant des marchands de rêves, j'ai cherché dans notre histoire une autre génération confrontée à des défis semblables aux nôtres [...]. Par delà le siècle et demi qui nous sépare de la génération des réformistes, j'ai eu l'impression de retrouver des incertitudes similaires face à l'avenir. Les uns comme les autres vivent les lendemains troubles de grandes espérances. Le temps des réformistes n'est ni celui des mythes fondateurs, ni celui des Grands Soirs. C'est un temps désenchanté, morose même; un temps de prudence, non d'élans prophétiques. En allant vers les réformistes, mon but n'était pas de réhabiliter des personnages « illustres » ou de dénicher un programme d'action pour l'avenir [...]. J'ai plutôt voulu comprendre les questions qu'ils s'étaient posées et les réponses qu'ils avaient fournies, et voir comment, par la pensée et par l'action, ils avaient conjuré les angoisses d'un présent incertain. »

  • Serge Bouchard est un orignal. Il a la couenne dure, le cou puissant, le sabot obstiné. Il est de ce cuir dont on fait les bêtes lumineuses. S'il sait aller le nez en l'air, humant l'air du temps, dire d'où vient le vent et ce qu'il emportera, il préfère observer le sol.
    Il y trouve des indices, des pistes, des fragments qu'il emmagasine, des brindilles qu'il tisse d'un sens nouveau. Mais là où il excelle, c'est quand il creuse. L'humus riche des habitudes enfouies le ravit, il plonge un sabot gourmand dans ces débris, se réjouit de leur odeur étrange et familière à la fois. Immanquablement, il s'enfonce dans les bois opaques et en ramène des morceaux choisis. C'est qu'il sait caller, l'orignal.
    Marie-France Bazzo (extrait de la préface)

  • La génétique, l'informatique, les neurosciences et ce que certains nomment déjà la bionique sont porteuses d'un avenir prodigieux tout autant par ses promesses que par ses périls. La technique exerce désormais une fascination sans rivale sur nos sociétés. Le risque paraît grand qu'une telle ivresse ne dissimule un affaissement du sens moral, or il n'y a de civilisation possible que dans l'équilibre entre la puissance qu'engendre le savoir et la sagesse nourrie par la réflexion éthique. Daniel Jacques entend montrer ici que notre puissance technique doit être assujettie à la compassion, compassion pour nos semblables, mais aussi compassion pour tous les vivants qui nous accompagnent. Il nous faut entrer dans le règne de la technique par la voie la plus humaine. Autrement dit, suite au déclin du christianisme et de l'humanisme classique, il ne nous reste, pour fonder l'humanisme - à la marge du discours que tiennent les sciences naturelles sur l'homme, devenu mi-machine, mi-animal - que cette expérience brute du mal qui se trouve au coeur du XXe siècle, soit le génocide des Juifs d'Europe. D'une certaine manière, ce gouffre moral, cet abîme d'inhumanité, nous tient lieu de révélation, la seule révélation qui puisse encore nous guider dans le grand oeuvre technique auquel nous semblons destinés. Par-delà le devoir de mémoire qui nous rattache à cet événement, la compassion représente un don d'humanité qu'il nous faut apprendre à préserver au moyen d'un langage nouveau.

  • La mondialisation occupe une place importante dans l'espace public : voie obligée de la prospérité pour les uns, elle est pour les autres responsable de tous les maux affligeant la société contemporaine. Curieusement, ces jugements contradictoires sur la mondialisation tendent tous deux à négliger les discours ayant présidé à la mise en place du monde de l'après Seconde Guerre.

    Dorval Brunelle revient sur les fondements de l'ordre d'après-guerre, tels qu'ils se lisent dans les propos de ses architectes d'alors. L'examen de la création des grandes institutions internationales, à cette époque, constitue le point de départ d'une analyse articulant la reconstruction des espaces international et national à la création de l'État-providence et à la reconnaissance des droits sociaux. Sur cette base, l'auteur s'attarde ensuite à l'éloignement par rapport à ce projet initial, lisible dans ce qu'il appelle la globalisation, qui rompt avec la logique mise en place au sortir de la guerre.

    Dans ce nouveau cadre institutionnel, l'Amérique du Nord occupe une place privilégiée. C'est en effet dans le libre-échange entre le Canada et les États-Unis que le nouvel ordre global trouve le premier lieu de son déploiement. Il convient donc d'analyser de près la dynamique inaugurée par cet accord pour saisir, a contrario, ce que la pensée de l'immédiat après-guerre, derrière des apparats libéraux, peut encore proposer d'intéressant à tous ceux qui appellent de leurs voeux une mondialisation alternative.

  • La social-démocratie est une idée galvaudée, qui semble avoir perdu son sens d'origine. À la lumière de l'histoire récente, ne pourrait-on pas penser que, depuis trente ans, les partis sociaux-démocrates, une fois au pouvoir, ne défendent pas leur base naturelle et historique, la classe ouvrière ? L'auteur aborde cette question en étudiant le positionnement sociopolitique actuel des partis sociaux-démocrates, dont la compréhension nécessite par ailleurs des retours sur le passé, de même qu'en tentant de définir l'état et la nature des revendications sociales d'aujourd'hui.

  • L'hiver nous tue. Quand ce ne sont pas sinusites et pharyngites qui nous emportent, c'est la glace noire, le verglas ou l'infarctus qui suit une séance de pelletage intensif, ou encore la piste de descente quasi olympique du mont Sainte-Anne. Comment échapper à cette fatalité?

    Et si, tout simplement, c'était notre conception de l'hiver qui était fautive ? En effet, nous nous obstinons à mener une vie productive en hiver alors que les éléments - c'est le moins qu'on puisse dire - sont contre nous.

    Pour retrouver le bon sens, il suffirait donc d'inverser la situation. Travaillons davantage l'été, et ainsi nous aurons tout l'hiver pour nous reposer, pour hiberner sous la couette, en remerciant le ciel de nous envoyer ce froid qui rend la maison si agréable. Faisons de l'hiver la saison morte, comme il se doit.

    Il fallait un anthropologue de talent pour nous faire enfin voir l'évidence. Dans ce brillant opuscule, Bernard Arcand propose une solution qui, moyennant le bon vouloir de nos gouvernements, pourrait mettre un terme à nos souffrances hivernales, en même temps qu'elle donnerait tout son sens à l'expression de « société distincte ». Cette solution aurait également le mérite de régler de nombreux problèmes de ladite société, qui vont de la réforme de la santé à celle de l'éducation.

  • o La réduction des gaz à effet de serre (GES) mènera automatiquement à une amélioration de notre qualité de vie.
    o L'hydroélectricité est la clé de l'enrichissement du Québec.
    o Le Canada est une grande puissance énergétique.

    Voilà quelques-uns des mythes sans cesse répétés par les politiciens, les groupes d'intérêt, les porte-parole de l'industrie et
    les médias. Ces mythes nous donnent l'impression de maîtriser la transition énergétique et nous confortent dans l'illusion que nous avons les outils pour atteindre nos objectifs de réduction de GES sans toucher à ce qu'on appelle encore «le modèle québécois».
    La situation n'est pas meilleure dans le reste du Canada, où les gouvernements provinciaux oscillent entre objectifs ambitieux et inaccessibles, programmes de réduction des émissions de GES aussi coûteux qu'inefficaces et, carrément, déni du problème. Quant au gouvernement fédéral, après trois décennies d'inaction, il tarde encore à mettre sur pied une politique nationale sur la question.

    Dans cet essai choc, Normand Mousseau déboulonne systématiquement chacun de ces mythes et démontre de manière irréfutable la vérité suivante : la solution au problème des changements climatiques n'est pas de nature technologique ou scientifique, mais bel et bien politique.

    Normand Mousseau est professeur de physique à l'Université de Montréal et directeur académique de l'Institut de l'énergie Trottier. Il est l'auteur de plusieurs livres sur la question énergétique et celle des ressources naturelles. Il a été coprésident de la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec.

  • La «Chronologie du Québec» que propose Jean Provencher constitue un choix parmi les nombreux faits et événements qui ont marqués l'histoire du Québec, regroupés en quatre rubriques et mis en parallèle avec ce qui s'est passé ailleurs dans le monde.
    Cette «Chronologie du Québec» offre aussi une mine de renseignements qui ajoutent au plaisir de la connaissance. Jean Provencher a voulu rendre aux dates toute leur signification et, pourquoi pas ? leur pouvoir d' évocation. Marie-Andrée Lamontagne, Magazine MTL

  • Il y a un peu plus de quatre siècles, des Français ont commencé à s'établir sur le territoire du Canada. Ils n'ont jamais cessé de le faire par la suite, mais leurs arrivées ont connu des rythmes très variables.

    Après la venue des colons à l'époque de la Nouvelle-France, la deuxième grande vague migratoire vers le Canada s'amorce en 1870 et se poursuit jusqu'en 1914. Pendant cette période d'un peu moins d'un demi-siècle, environ 50000 Français traversent l'Atlantique à destination du Canada. Cette période est au coeur d'un phénomène très vaste qui a été qualifié de Grande Migration transatlantique. Dans l'historiographie internationale relative aux phénomènes migratoires, les experts estiment que, pendant un peu plus d'un siècle, de 1815 à 1930, au moins 50 millions d'Européens traversent l'Atlantique en direction des pays du Nouveau Monde. Or, près des trois quarts de ces traversées sont réalisées pendant une période plus courte et plus intense qui va précisément de 1870 à 1914.

    Parmi les pays européens, la France est l'un de ceux qui participent le moins à ce mouvement. Cela n'empêche pas quelques centaines de milliers de Français de quitter l'Hexagone. Après les États-Unis et l'Argentine, le Canada est l'une de leurs destinations principales. Pourquoi et comment ces Français prennent-ils la route du Canada, où s'établissent-ils et comment s'intègrent-ils à la société canadienne?? Telles sont les grandes questions soulevées dans cet ouvrage.

  • Paul-André Linteau est sans doute le plus grand spécialiste de l'histoire de Montréal. En cette année du 375e anniversaire de la métropole québécoise, il nous propose cette synthèse de l'histoire de la ville depuis la préhistoire jusqu'au début du XXIe siècle.

    Il en fait ressortir les grandes tendances - socioéconomiques, politiques et culturelles - et met en lumière les influences françaises, britanniques puis américaines qui ont orienté son développement. Il raconte les origines de la diversité ethnique et culturelle de Montréal et montre comment, de petite colonie missionnaire, la ville est devenue une grande métropole et le principal foyer culturel du Québec et des francophones d'Amérique.

  • Le « pays des purs » fascine. Mais qu'en savons-nous, au juste ? Nous le regardons du ciel. D'en haut, avec des jumelles, nous nous limitons à une géopolitique désincarnée. Et nous oublions ce qui se joue sur le terrain, comment ce pays de deux cents millions d'habitants vit la guerre chez son voisin afghan, les frappes de drone sur son territoire, la radicalisation tranquille de sa campagne...

    Le journaliste Guillaume Lavallée propose un road-trip de la frontière afghane à la bouillonnante mégalopole Karachi pour illustrer les transformations de ce géant musulman aux pieds d'argile. Les mutations d'un peuple qui se retrouve sur la ligne de feu de cette guerre qui ne dit pas son nom, où l'armée ennemie n'est pas composée d'êtres humains, de semblables, mais de robots qui sillonnent le ciel, télécommandés depuis l'étranger, emplissant les nuits de leur bourdonnement obsédant.

    Psychiatres débordés par les victimes collatérales des drones, chefs tribaux ahuris, poètes pachtounes au verbe musclé, habitants des nouveaux quartiers sécurisés, jeunes désespérés qui abandonnent leur pays sur les eaux mortelles de l'espoir, gangsters de Karachi, soirées folles et secrètes d'une élite blindée... Drone de guerre raconte ce Pakistan bien réel, celui des habitants de cet autre ground zero, celui que nous ne connaissons pas.

  • Metteur en scène, acteur, directeur de théâtre, Paul Buissonneau a marqué tout ce qu'il a touché de l'empreinte de son infatigable énergie et de sa rigoureuse exigence. Ses coups de gueule, qui faisaient trembler aussi bien les murs des institutions que les acteurs, sont restés dans les mémoires, mais également son immense générosité. Il a été un éveilleur et un passeur pour une majorité d'artistes et d'artisans du théâtre québécois contemporain.

  • Les sciences sont présentes dans l'histoire du Québec depuis les débuts de la colonisation. Cet ouvrage, dont les auteurs donnent ici une nouvelle édition revue et mise à jour, fait le récit de quatre cents ans d'histoire des sciences au Québec, la quête du savoir scientifique ayant, on l'oublie trop souvent, accompagné la formation d'une société francophone originale en Amérique du Nord. On y découvre les premiers arpenteurs, navigateurs et hydrographes de la Nouvelle-France, de même que les géologues et naturalistes du XIXe siècle et les controverses au sujet de la théorie de Darwin. Cette synthèse unique présente au grand public comme au spécialiste tous les aspects du développement des sciences dans notre coin du globe : les sociétés savantes, les institutions d'enseignement, le rôle du clergé dans le développement scientifique, les découvertes et les grands travaux de recherche, depuis ceux de Rutherford sur la désintégration de l'atome jusqu'au Tokamak de Varennes (sur la fusion nucléaire), en passant par les recherches de Penfield sur le fonctionnement du cerveau.

  • « Est-ce qu'il sera difficile de ramener la Terre dans la bonne voie ? Oui, bien sûr. Mais est-ce une tâche impossible ? Non. »

    En 1961, quand le président Kennedy a lancé le projet d'envoyer des astronautes américains sur la Lune dans un délai de dix ans, on ne savait trop comment un tel objectif pourrait être atteint. L'essentiel, c'était de damer le pion à l'Union soviétique. Avec beaucoup d'argent, d'énergie et de créativité, les États-Unis ont fini par réussir cet exploit scientifique, avec des retombées auxquelles nul ne se serait attendu : GPS, chaînes d'information en continu, ordinateur portable, couverture isothermique, thermomètre auriculaire à infrarouge, etc. Encore aujourd'hui, une part disproportionnée des prix Nobel de sciences revient chaque année à des Américains, en grande partie parce que leur pays a décidé de se rendre sur la Lune avant les Russes voilà plus d'un demi-siècle. Décider de relever le défi du changement climatique entraînera toutes sortes de retombées bénéfiques inattendues. C'est ce que l'histoire nous apprend.

    À notre époque où l'obscurantisme met en péril la science, où les États-Unis menacent de se désolidariser du concert des nations au sujet du réchauffement planétaire, ce livre est un appel à l'action. David Suzuki y partage avec nous les plus récentes avancées des savants sur la question du climat, mais surtout il trace des pistes concrètes pour créer un monde plus sain et plus juste pour toutes et tous.

  • Pourquoi le Québec est-il une terre d'accueil singulière pour la communauté juive ? Comment la communauté juive l'a-t-elle transformé ? Comment s'exprime le judaïsme québécois et montréalais ?

    Pierre Anctil dépeint ici l'histoire juive québécoise comme une succession de migrations venues d'Europe qui portaient en elles l'expérience d'une minorisation souvent douloureuse. Plus récemment, le Québec a accueilli des Juifs nord-africains, israéliens, sud-américains et français, qui se sont ajoutés aux premiers arrivants sans se fondre complètement à eux.

    Les quatre siècles qu'embrasse cet ouvrage ont produit une prise de conscience aiguë, chez les Juifs du Québec, qu'ils appartenaient à une société à nulle autre pareille. Les droits qu'ils ont systématiquement réclamés et leurs contributions soutenues aux multiples sphères d'activité ont aussi donné naissance à un Québec bien différent de celui qui aurait été échafaudé à partir des seules valeurs traditionnelles du Canada français et du Canada anglophone. Il y a un judaïsme québécois et montréalais distinct de tous les autres en Amérique du Nord, et cette originalité émerge avec force du récit historique lui-même.

    Après plus de trois décennies de questionnements et d'avancées, le temps était venu de réunir en un seul volume tous les constats auxquels étaient arrivés différents chercheurs dans ce champ d'études inédit. Une telle synthèse nous permet de retracer le récit historique de la présence juive au Québec dans toute sa durée, c'est-à-dire depuis les débuts du Régime français jusqu'au tournant du XXIe siècle.

  • Le 24 juillet 1967, Charles de Gaulle, président de la France en voyage officiel, invité des gouvernements de Québec et d'Ottawa, a marqué à jamais l'histoire en prononçant, au balcon de l'hôtel de ville de Montréal, quatre mots - « Vive le Québec libre ! » - dont la portée a traversé le temps. Cet événement, ses causes et ses conséquences ont été maintes fois scrutés, répertoriés, analysés et commentés par tout ce qui « grouille, grenouille, scribouille ».

  • Où en est actuellement le mouvement des femmes ? Depuis quelques années sont apparues des divergences entre féministes quant aux buts à atteindre et aux moyens à utiliser. Au Québec comme ailleurs, l'escalade de commentaires agressifs et méprisants de certains groupes de femmes à l'endroit d'autres n'est pas sans inquiéter : on associe le féminisme classique au racisme, à la xénophobie, à l'islamophobie, à l'exclusion, à la stigmatisation, au colonialisme, voire à l'impérialisme.

    Cette évolution ne met-elle pas à mal le féminisme en divisant les femmes et en les dressant les unes contre les autres ? Sous prétexte de défendre les opprimés, quel que soit leur sexe, ne va-t-elle pas parfois à l'encontre de l'égalité entre les femmes et les hommes ?

    Pour Andrée Yanacopoulo et ses collaboratrices, on a véritablement affaire à un détournement du féminisme. En conséquence, la position féministe doit non seulement être recadrée, mais elle doit aussi continuer de miser sur la nécessaire solidarité entre les femmes afin de contrer les diverses oppressions et discriminations qui affligent plus particulièrement certains groupes : les femmes pauvres, prostituées, autochtones, immigrantes, etc.

    Car l'évidence est là : quelque dominé, quelque minorisé, quelque bâillonné, quelque asservi que soit un homme, il y aura toujours un être humain qu'il pourra dominer, minoriser, bâillonner, asservir : sa femme.

  • «J'ai entrepris un inventaire systématique de ma vie publique. De l'avantage d'être né décrit de façon chronologique, à partir de mes livres et de mes films, rassemblés par ordre de parution sur une étagère de ma bibliothèque, naissance, éducation, formation, publication, travail, activités littéraires ou cinématographiques et sociales. Le parcours d'un intellectuel de la Révolution tranquille: c'est mon acte de contrition.»

    Voilà comment Jacques Godbout présente De l'avantage d'être né, où ce témoin-acteur de l'évolution du Québec retrace son parcours d'homme et d'artiste d'hier à aujourd'hui.

    Nous y lisons le récit d'une enfance et d'une éducation à l'enseigne du Québec traditionnel, où l'Église occupe une place prépondérante. Issu d'une famille libérale, le jeune Godbout trouve très vite le moyen d'échapper à cette société étouffante. Dès le début de la vingtaine, il séjourne en Éthiopie, où il a été invité comme enseignant. À son retour, c'est un Québec qui s'est déjà mis en marche qui l'accueille. Il emboîte le pas et se retrouve à l'avant-garde. Il évoque pour nous la fondation du Mouvement laïque québécois, celle de la revue Liberté ou encore la mise en place de la section française de l'ONF et la création de l'Union des écrivains québécois.

    Il raconte aussi ses travaux de romancier, d'essayiste, de cinéaste. Nous voyons ainsi s'élaborer une oeuvre en perpétuel dialogue avec l'actualité, où la fiction sert de révélateur au cheminement d'une société.

    Tout aussi à l'aise dans les milieux politiques que dans les milieux littéraires, fasciné autant par la révolution culturelle et sociale qui s'opère aux États-Unis que par une France qui redécouvre le Québec dans un malentendu permanent, Jacques Godbout, figure emblématique de la modernité québécoise, nous livre ici un témoignage marquant.

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