Editions Champ Vallon

  • Dix ans après les événements relatés dans Don Creux est mort, Sred Sweign, assisté de son page Jean-Pierre Paul-Poire, goûte une retraite bienheureuse lorsqu'il apprend de son ami, l'officier de police Boulter Lewis, le décès de Hildegarde, sa soeur. Mais il ignorait que celle-ci avait, depuis leur dernière rencontre, épousé Carnaby Fletcher, le Témoin de Jéhovah le plus riche du monde. Jean-Pierre Paul-Poire est missionné pour retrouver la trace du fils prodigue, Jean Pop II (anciennement Jeremiah), terré dans une bourgade de l'Indiana, et à qui un héritage substantiel est promis - en échange d'un service d'une nature étonnante... Il est cependant un deuxième héritage auquel Sred Sweign accorde une grande importance, celui du Psycho-Batave, rejeté une première fois par Jean Pop II...

    Jonathan Baranger est né à Orléans le 3 avril 1980.
    Il enseigne le français en collège dans la campagne du Loiret.
    Il a publié un premier roman, Chokolov City, en 2018, chez Champ Vallon. Des articles lui ont été consacrés dans La Nouvelle Quinzaine Littéraire (numéro 1199), Le Matricule des Anges (octobre 2018), L'Incorrect (octobre 2018) et Libération (21 décembre 2018).
    Don Creux est mort, premier tome des aventures du Psycho-Batave est paru en septembre 2020.

  • La caractéristique de ce conte de 50 pages au ton facétieux et guilleret, c'est d'être écrit dans une langue inventée par l'auteur qui s'en explique dans une préface et une postface. Mais si les mots sont déformés ou créés, la syntaxe, le rythme et le ton du conte subsistent. Le lecteur peut ainsi suivre et comprendre l'histoire : trois vagabonds (« Tom, Elem et moi ») se promènent sur la lande, où ils rencontrent divers personnages qui se joignent à eux et avec qui ils nouent d'intenses relations amoureuses, érotiques, filiales, ou fraternelles : la Vierge, le marin de Poinsec, la mère de Tom, Alistair le pendu. Cette création d'une langue peut évoquer celle d'aînés fameux. Grande Tiqueté sera dit sur scène par l'auteur. Le texte est actuellement en cours de traduction anglaise.

    Auteur d'une quinzaine de romans dont le très remarqué Petite table, sois mise ! (Verdier, 2012). Traduite aux Etats-Unis, en Angleterre, en Espagne. Son premier roman, Les Gouvernantes (Champ Vallon, 1992) paru aux USA en 2018, salué par le New York Times (2/12/18), a figuré dans la dernière sélection du Best Translated Books Awards 2019. Trois autres de ses romans paraîtront chez son éditeur américain en septembre 2019.Vit à Paris où elle donne des ateliers d'écriture aux éditions Gallimard.

  • Sur fond d'intrigue policière dans les milieux hypocrites de la politique et des ONG, une lente descente aux enfers, la relation complexe d'un avocat humanitaire, escroc des grands mots, flambeur flamboyant, et d'une femme fragile, fascinée par la puissance de cet homme. La tragédie intime se superpose à celle dun peuple massacré et réduit au silence, comme la narratrice.

  • « Au tango, les femmes ont les pieds nus, été comme hiver, toujours au bord de prendre un mauvais coup, et meurtris de bleu et de cru, mal guéris du coup précédent. Nous marchons dans un champ de mines. Nous aimons ce qui ne dure pas. Les bons moments qui finissent mal. Les lanières, la terre et le cuir dense des pieds d'homme qui s'incrustent à vif dans nos pieds. » CDM
    Voyage nocturne dans le monde clos et moite du tango parisien, dans lequel les afficionados se jettent à corps perdu et vivent la danse comme une addiction, Ego tango est aussi un chassé croisé amoureux entre quatre personnages dont les rapports sont ceux qui s'expriment, sur un plan métaphorique, dans le tango lui-même (j'avance, tu recules).
    Un fil rouge : le roman du tango devient roman policier quand Lou, une danseuse exceptionnelle, et son amant disparaissent si brutalement que l'on soupçonne un meurtre. La narratrice, qui tentait de se réapproprier dans la danse son propre corps, fascinée, enquête... Le drame surgit, car dans le tango le tragique n'est jamais loin...

  • La littérature assure un rôle essentiel dans la constitution d'une pensée critique de la culture matérielle de l'âge industriel. Avant les sciences sociales et la philosophie, les textes littéraires, à partir des années 1830, problématisent les mutations d'une culture matérielle en expansion et l'ébranlement que celle-ci provoque dans l'ordre des catégories existentielles et esthétiques.
    Comment la littérature pense les objets présente l'avènement au XIXe siècle d'une véritable culture des objets et la redéfinition majeure des fonctions et des champs d'action de la littérature et des arts qui en découle. En observant les objets sous toutes leurs coutures (sociologique, esthétique, ontologique) le livre pose les bases d'une théorie générale et actuelle des objets, instituée par la fiction.

    Marta Caraion est professeure de littérature française à l'Université de Lausanne où elle dirige un projet de recherche sur les rapports entre littérature et culture matérielle du XIXe au XXIe siècle. Elle a dirigé le volume collectif Usages de l'objet. Littérature, histoire, arts et techniques, XIXe-XXe siècles (Champ Vallon, 2014) et publié Pour fixer la trace. Photographie, littérature et voyage au milieu du XIXe siècle (Droz, 2003).

  • Voici un roman d'action écrit à la manière d'un Jules Verne qui serait très en verve. Ayant connaissance d'un mystère géographique - le lac Kob-Nor se déplace périodiquement dans le désert du Takla-Makane - le savant aventurier Evariste Combalescot décide qu'il le rattrapera. Non par le chemin des dunes mais en descendant à bord de la péniche le Hans-Lindenbrock les dangereux cours d'eau qui l'alimentent.Nous sommes en Chine dans les années trente.Parmi d'autres personnages extravagants, on rencontrera Olaf Erikkson, l'amant d'une momie; Marmaduke Blount, le voleur de montres; Gorlok, le baron hippopotame; Gracchus, le fox à poil dur; Adrar, le ténor mangeur de rats; le dénommé Oleg Ossendowski, gentil peintre devenu cruel et puis Zoé et Varvara, jeunes femmes échangistes.Il y aura des tempêtes d'eau et de sable, des scènes d'abordage, des traîtrises, des usurpations d'identité. On parlera de jalousie et de sexe sous des fourrures. Et ce sera toujours de façon hilarante au travers d'une étonnante performance stylistique que contestera parfois, mais en vain, un lecteur bougon.

    Daniel Fleury est l'auteur d'articles critiques publiés en diverses revues et d'un ouvrage poético-romanesque intitulé Prospectus (Flammarion, 1988).

  • En 1965, Randall Webb annonçait à ses phrères que l'Amérique se dotait enfin de son corps électrique, il aurait pour nom le Psycho-Batave. Trois ans après le Psycho-Batave entrait déjà dans son crépuscule, ni moins beau ni poignant que les neuf années de ténèbres qui succéderaient, avec l'exil en Europe du Conducteur Randall Webb.Lorsque Don Creux, « la clef de voûte » du Psycho-Batave, décède dans sa Floride natale, la dissolution s'achève. Escorté de Sred Sweign et de sa pupille, l'adolescent Jeremiah, Randall Webb accomplit un périple jusqu'au Désert des Mojaves, où seront dispersées les cendres de Don Creux. Il a toujours su qu'on ne meurt que pour mieux ressusciter. Jeremiah sera initié aux arcanes du Psycho-Batave, afin qu'une deuxième fois la bonne nouvelle soit répandue.

    Jonathan Baranger est né à Orléans le 3 avril 1980.Il enseigne le français en collège dans la campagne du Loiret.Il a publié un premier roman, Chokolov City, en 2018, chez Champ Vallon.

  • C'est l'autobiographie d'un jeune homme d'aujourd'hui, si peu sûr de sa voix qu'il choisit d'en emprunter quatre autres pour raconter sa vie : celle de Quignard pour tenter de comprendre l'amnésie frappant un amour de jeunesse, celle de Duras pour dire la recherche effrénée de l'amour, celle de Proust qui, sur le canevas de La Recherche du temps perdu, relate les péripéties d'une vie entière, de l'enfance jusqu'à l'avènement de l'écriture ; enfin celle de Genet pour dire l'incapacité à aimer.C'est l'histoire d'un garçon qui n'arrive pas à aimer, qui ne comprend rien au monde et qui décide d'écrire cette incompréhension. C'est l'histoire de Laurent qui devient écrivain."Me servir de ces écrivains comme d'une couverture, pour me cacher, pour avancer vers Fanny, vers Cédric, vers Etienne, et comme ces pompiers que j'imaginais perdus dans l'incendie d'une grande bibliothèque, cette couverture servirait à ce que moi-même je ne prenne pas feu." L. N.

  • Au XIXe siècle, les Eaux et forêts et les Ponts et Chaussées rivalisent d'arguments pour faire valoir le rôle bénéfique des forêts sur l'environnement et le climat. Jouant sur la fibre émotionnelle de l'opinion, ils n'hésitent pas à prédire les pires catastrophes, associant le déboisement à la décadence et à l'effondrement de la société. Leur récit pourrait sembler faire écho au discours environnemental contemporain, alors qu'il est en réalité un plaidoyer pour la modernité et l'abolition de toutes les pratiques traditionnelles.La relecture stimulante de cette controverse sur le rôle des forêts est une invite à débusquer, derrière les apparences, les intérêts en jeu de tout discours catastrophiste environnemental, les liens entre savoir et pouvoir, entre conservation et développement. Guillaume Decocq est docteur en pharmacie et en botanique. Il enseigne à l'Université de Picardie. Bernard Kalaora est socio-anthropologue, professeur honoraire en sociologie de l'environnement à l'Université de Picardie et conseiller scientifique au Conservatoire du Littoral. Chloé Vlassopoulos est docteur de science politique de l'Université de Pantheon-Assas-Paris II et maître de Conférences à l'Université de Picardie, spécialiste des politiques publiques de l'environnement.

  • Chokolov City est un roman composé de six histoires qui retracent le destin d'une communauté imaginaire de Bulgares à New York, des années 1900 aux années 1960. Ces Bulgares doivent très peu aux Bulgares réels, pas plus que le cadre ne prétend restituer le véritable New York. Parce que Chokolov City se réclame d'une autre authenticité, celle du fantasme désuet de la grande ville américaine moderne, tel que la comédie classique hollywoodienne l'a façonné. Dans ce New York de studio, produit par la MGM, dirigé par George Cukor, vit et meurt un peuple poli, élégant et raffiné, sans doute trop parfait pour jamais exister.

    Jonathan Baranger est né le 3 avril 1980, à Orléans, où il a grandi et où il demeure. Il enseigne le français en collège, à Tigy, dans le Loiret.
    Il écrit de la fiction depuis dix ans.
    Chokolov City est son premier texte publié.

  • Vivien, le narrateur, est profondément troublé lorsque après tant d'années riches de leurs mémoires partagées, Julie, sa compagne architecte, évoque des souvenirs très précis de chantiers qui n'ont pour lui aucune réalité, et qu'il met en doute. Le monde clos de leur entente amoureuse se fragilise, soudain menacé par la traversée inquiétante de ces « sourdes contrées » que fabrique à notre insu le Temps qui passe. Qu'il s'agisse d'un être ou d'un projet d'architecture, quelle est la réalité de nos souvenirs dès lors qu'ils sont aussi nourris de nos rêves et de nos rêveries ? ce sont ces troublantes confusions que scrute Jean-Paul Goux dans ces « notes » teintées d'une mélancolie non dénuée d'ironie, et dans une langue somptueusement poétique.

    Né en 1948, Jean-Paul Goux est l'auteur d'une oeuvre littéraire d'exception. L'essentiel des titres est rassemblé cjez Actes Sud. La Commémoration (1995 ; Babel, 2005), La Maison forte (1999), L'Embardée ou les Quartiers d'hiver (2005). Et dans la collection Babel Les Jardins de Morgante (1999) ainsi que Mémoires de l'enclave (2003). Chez Champ Vallon, La Jeune Fille en bleu (1996) et La Fabrique du continu. Essai sur la prose (1999)

  • Quel écrivain conçoit l'écriture d'un roman comme un strip-tease à l'envers ? Quel confrère voulut bâtir son oeuvre comme une robe, au motif qu'une nouvelle mode de Worth avait autant d'importance que la guerre de 70 ? Lequel soutient que nous ne changeons pas plus d'opinions et de maîtres que de chaussettes ? Quel poète aurait préféré être renversé et dardé par l'éblouissement d'une jupe relevée plutôt que par un garçonnier pantalon? Quel personnage célèbre ne porta jamais de bonnet de nuit, ni de robe de chambre, ni de peignoir, ni de pantoufles ?
    Le lecteur amateur de vêtements et de livres trouvera la réponse à ces questions considérables - et à bien d'autres encore - dans ce livre frivole et savant qui explore les liens multiples entre mode et littérature.

    Denis Reynaud a enseigné une dizaine d'années dans des universités britanniques, américaines et japonaises, avant de devenir professeur de littérature française du xviiie siècle à l'université Lumière-Lyon2. Il a publié, en codirection avec Chantal Thomas, Le Régent, entre fable et histoire, CNRS éditions, 2003.
    Martine Boyer-Weinmann est professeur de littérature française contemporaine à l'université Lumière-Lyon2. Elle a notamment publié Vieillir dit-elle (Champ Vallon, 2013).

  • « C'est un sujet inédit. L'amour contemporain. Ne riez pas. Ou plutôt les amours de rencontre. Les amours médiologiques, corrélés à une technologie, suivez-moi bien. On n'a encore jamais vraiment réussi à parler de ça au sens où je l'entends moi : l'amour au temps du TGV, au temps du porno sur toutes les chaînes, l'amour comme force générale, coeur et corps confondus, comme très grande vitesse de recherche éperdue de l'autre par tous les moyens. »Voici un roman de gestes, de voix et d'oreilles, un roman de portable et d'ipod, un roman de désir et d'inhibition, un roman à grande vitesse...

  • Boucherie-charcuterie Croquard à Monsac vers la fin des années 50, spécialités: pieds de cochon et littérature! Richard, le boucher, s'active en sautillant derrière ses étalages, tandis que Mariette, la bouchère, écrit en secret un roman sous l'oeil critique de Troubadour, son faux caniche nain.Le monde apparemment lisse et clos du petit commerce de province recèle pourtant quelques surprenantes et tragiques échappées...Bernard Jannin est auteur de films et réalisateur de documentaires. Une vraie boucherie est son premier roman.

  • Il y a Arthur Bernard, l'auteur, le narrateur qui court toujours derrière les autres noms. Il y a Arthur Ferdinand Bernard ou AFB, apprenti relieur de dix-huit ans à Montparnasse en 1890, également apprenti assassin puisqu'il ratera son crime et même son châtiment. Condamné à mort, il sera gracié et transporté à la Nouvelle-Calédonie. Le dossier sur lui aux Archives s'arrête en 1895. Alors on va lui inventer une suite. C'est là-bas qu'il deviendra vraiment relieur et notamment de L'Odyssée. Il construira aussi des cerfs-volants dont un oiseau géant capable de l'élever dans les airs, au-dessus de l'océan. Il ne reviendra jamais. Tout appartient à la poussière, cette insatiable. Elle dissout les morts et protège les livres que liront les vivants.Arthur Bernard a publié, entre autres romans, La Chute des graves (Minuit), Les parapets de l'Europe (Cent pages) et Gaby et son maître (Champ Vallon).

  • À quel âge est-on vieille aujourd'hui? Comment les femmes perçoivent-elles l'effet de seuil du processus? Si Balzac périmait nos aïeules à trente ans, la réalité perçue par les intéressées s'avère moins tranchée: George Sand septuagénaire encourage son «vieux troubadour» déprimé de Flaubert à patienter jusqu'à ce «plus bel âge de la vie» pour accéder au bonheur. Duras se dit vieille à dix-huit ans, Beauvoir s'étiole dans ses vingt, avant de vivre l'itinéraire à rebours. Leurs cadettes sénescentes confient désormais à leurs journaux intimes l'émoi de leurs reverdies successives et se sentent assez gaillardes pour renouveler leur jouvence jusqu'au marathon final.Face à la parole des anthropologues, philosophes, gérontologues et autres psychologues, les femmes écrivains (Beauvoir, Cannone, Cixous, Detambel, Duras, Ernaux, Huston, O'Faolain, Rolin...) libèrent au XXIe siècle une énergétique de crise aux antipodes des idées reçues. Vieillir est bien un art du temps, avec ses ruses, ses foucades et ses têtes à queue turbulents. C'est aussi une affaire de style existentiel et d'intelligence du rapport au monde, auquel l'écriture confère une griffe complice.Le lecteur est convié dans cet essai de gai savoir à une anthropologie littéraire de l'âge au féminin, depuis l'effroi de la première ride jusqu'aux surprises ultimes de la connaissance de soi.

  • On rêvasse un voyage : un autre le fait et vous en donne des nouvelles. Et que faire ensuite, quand une décision administrative vous oblige à un décathlon médical pour retrouver le permis de conduire ? Dans l'allée Marthe, la Twingo délaissée s'ennuie. Sur le trajet quotidien et immuable de la ligne de bus 114, dans le train ou le car descendant aux Cévennes, il vous reste des oreilles pour écouter, des yeux pour lire les livres et le monde. Mais quelle force il retrouve, le monde, quand vous revient le droit d'y circuler en voiture ! Vite, le canal de l'Ourcq, et voilà que s'y présentent une eau grouillante de poissons, un cerisier chargé de fruits... Que ces petits coeurs palpitants se multiplient dans nos bouches ivres d'éternité.

    Né en 1959 à Courbevoie, Jocelyn Dupré s'est beaucoup et lentement imprégné : de musique, de paysages, de gens, de livres, sans jamais forcer, tâtant de la correction, mais de livres médicaux, et même de la vente, mais de livres d'artiste. Un jour d'avril 1992, à deux doigts de vendre des bas à varices, il est entré à l'Éducation Nationale. Il y enseigne les lettres modernes dans un collège de l'Académie de Créteil.
    Il a publié en revues des récits, des poèmes et des textes sur Jacques Réda.

  • Au siècle dernier, en divers lieux d'Afrique et d'Europe, deux hommes assez différents attendent chacun le moment propice qui donnera sens et plénitude à leur vie. Ils se rencontrent et découvrent que leurs espérances sont complémentaires : l'acte héroïque que l'un des deux voudrait accomplir est l'épisode même dont l'autre désire être le témoin favorisé. Quand l'un se destine à l'action, l'autre se voue à la contemplation. Apparaissent un héros et un écrivain en puissance. Grâce aux ambitions solidaires des deux hommes se réalise une forte amitié. Mais les années passent et entament leur fraternisation, ils s'impatientent, se découragent. Lorsque leur espoir paraît incroyable, leur dénuement parfait, arrive le moment propice: il faut savoir saisir la chevelure du dieu Kairos.
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    Didier Laroque, architecte DPLG, est Professeur de théorie et pratique de la conception architecturale à l'École nationale supérieure d'architecture Paris-val-de-Seine. Il est membre de l'UMR 8210, ANHIMA, à l'Université Paris Diderot. Il est l'auteur de nombreux ouvrages de théorie et de l'histoire de l'architecture. Il a publié en 2014 un premier roman (La mort de Laclos, Champ Vallon) très remarqué par la critique.

  • On arrive à Paris à vingt ans, sans penser qu'un jour, plus d'un demi-siècle après, on devra rendre le bonjour et adresser ses adieux. Nous y sommes, enfin le narrateur, lui y est. Il a fait son temps. Sous l'horloge sinistre de la Gare de Lyon, qui lui donna l'heure, les heures de la Ville, pour toujours et dès la première fois, reconnaissant tout ce qu'il voyait sans jamais avoir rien vu avant, grâce aux livres, aux films, leurs correspondances avec la réalité. Maintenant, il convient de saluer cet Hier, sans même avoir à le quitter. Celui qui narre aura vécu, regardé autant que lu, cohabité avec les mots, les images, les photographies, les films, dehors comme dedans, jour et nuit, à la Bibliothèque ou dans les salles obscures. C'est terminé. Clap de fin.

    Arthur Bernard a publié sous différents noms des romans et des ouvrages historiques et sociologiques (en particulier sur Paris). Champ Vallon a publié nombre d'entre eux.

  • Dans un ancien hangar de la SNCF, quelque part dans la Champagne profonde, une dame brésilienne, la Senhora Doutora, exerce au noir le métier de psychothérapeute. À deux pas du hangar, dans la maisonnette où il s'est réfugié après avoir perdu sa belle ferme du Sombrevoir, le père Manouvrier essaie d'écrire le récit de ses rêves. Hélas ! ils se font de jour en jour plus rares. Pour continuer à écrire, il demande à la Senhora de lui raconter les rêves de ses patients.La Senhora Doutora, qui fut l'épouse d'un illustre analyste, et le père Manouvrier, qui regrette toujours de n'avoir pas pu être instituteur, s'entendent au mieux : leur petit commerce de rêves s'accompagne d'aimables privautés, autour de plantureuses feijoadas arrosées de cachaça.Mais ces excellentes relations courent un risque mortel : la Senhora menace de révéler les infidélités conjugales du seul ami de Manouvrier, le pharmacien du lieu. Pour échapper à son chantage, il songe à utiliser contre elle les talents de sorcier que Manouvrier a hérités de son grand-père, le vieux Béhanzin.Que va-t-il se passer ?

  • Disons que nous sommes tantôt à la fin des années 20, tantôt au début des années 30. Vous arrivez dans un village d'une quinzaine de foyers, village situé au beau milieu d'une forêt, village où on ne parle à peu près que le patois, où le français ne s'apprend qu'à l'école. Vous ne faites que passer et n'y comprenez rien. Vous y séjournez quelque temps et commencez alors à comprendre. Vous y demeurez, et voilà que peu à peu dans la toile du langage vous distinguez qui est qui, quels sont les fils qui relient les uns aux autres, ainsi tissant un réseau de plus en plus complexe - et d'autant plus complexe qu'il est le fait d'âmes simples.

  • Il est depuis toujours un élément qui, lorsqu'il vient à l'esprit des uns et des autres, déclenche les réactions les plus contradictoires, allant de la haine à l'empathie : la judéité.Or l'histoire de notre littérature, lorsqu'on la contemple dans le miroir de notre société et de son Histoire, étonne sur ce point par l'ampleur du phénomène. De Céline à Barthes en passant par Sartre, le Juif fait figure d'élément dérangeant, inquiétant, prescrivant les défoulements ou les refoulements les plus divers. Car cet outsider rappelle tout un chacun à une vigilance nécessaire face aux représentations stéréotypées, aux désinformations et aux idéologies partisanes qui continuent de nous menacer. C'est dans ce cadre qu'on comprend mieux ce que fut l'écriture pour Perec, Gary, Cohen, Wiesel, Modiano, mais aussi Duras ou Blanchot. La judéité aura été pour eux une épreuve et un défi, un garde-fou contre les débordements de l'Histoire, tout comme une nécessité de réinvention de soi et de l'oeuvre.A l'heure où les tensions identitaires augmentent, où la mémoire des camps est suspectée d'abus et de monopoles, où l'antisémitisme revient en force, il semble ainsi nécessaire de se retourner sur les relations singulières, faites de partialité, de silence ou de fantasme, entretenues entre la judéité et la littérature, si l'on ne veut pas céder aux cécités les plus indéracinables, aux illusions les plus gratuites, aux excès les plus dangereux, dont notre société est aujourd'hui encore la proie.

  • Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ?

  • Douze portraits disent l'énigme de figures féminines, la sorcellerie intime par laquelle ces figures ne cessent d'être absentes et présentes simultanément. D'Amina, l'enfant malicieuse trop tôt disparue, à Kavira qui déroule sa mélopée envoûtante dans le métro parisien, en passant par la poétesse irakienne Nazik ou l'étrange Cécile aimée sur le Carré Magique de Cruas, toutes ces figures relèvent à la fois du mythe, du rêve et du souvenir ; elles communiquent mystérieusement entre elles pour dessiner en creux une figure absente, peut-être l'unique pièce manquante de ce puzzle...François Dominique, essayiste et romancier, a publié récemment chez Verdier Solène (Mention spéciale du jury, Prix Wepler-Fondation La Poste 2011, Prix Littéraire Charles Brisset 2012) et La Chambre d'Iselle (2015).

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