Editions L'Harmattan

  • Après une entrée fracassante sur la scène politique lors du procès Blaise Diagne, l'ancien tirailleur sénégalais Lamine Senghor se lance corps et âme dans le combat anticolonisaliste jusqu'à sa mort prématurée en 1927. Ce livre rassemble pour la première fois ses écrits dispersés, dont La violation d'un pays (1927), allégorie anticolonialiste d'une violence étonnante.

  • Les dénonciations des scandales nés des relations entre la France et le continent africain ne sont pas neuves. Dès la conquête, ce qui se passait aux colonies était scandaleux : népotisme, corruption, prévarication, incompétence... tous les vices de la République se répandaient outre-mer, créant une vraie pétaudière ! Le réquisitoire d'A. H. Canu n'épargne personne, ni la Marine, ni le tout nouveau ministère des Colonies, ni le lobby colonial et son personnage emblématique Eugène Étienne.

  • Le regard extraordinaire que Lafcadio Hearn a porté sur la Martinique justifie amplement la présente réédition.
    L acuité de sa perspective s explique non seulement par ses origines hybrides et son statut d étranger, mais aussi par sa culture de francophile et sa profonde fascination pour les Tropiques. Hearn, fin portraitiste de la Martinique du XIX siècle finissant, propose un témoignage séduisant surtout par son savant mélange de registres, notamment ceux de l artiste, du folkloriste, du conteur et de l ethnographe.

  • Paru en 1909, cet ouvrage racontait l'histoire de la colonisation de l'Afrique puis annonçait tour à tour le déclenchement de la Première Guerre mondiale et le rôle déterminant des troupes coloniales, la mutation de l'empire, l'indépendance des colonies africaines, l'arrivée au pouvoir des socialistes en France et les dangers du « fanatisme musulman ». Marcel Barrière mobilise ici un véritable talent prophétique pour écrire un roman à la croisée de deux sous-genres romanesques : le roman d'anticipation coloniale et le roman de la revanche militaire.

  • Pendant l'hiver 1936, l'auteure de ce reportage noue des amitiés parmi les Tunisiennes qui lui demandent de plaider la cause de leur émancipation ; celle-ci en revanche est contestée dans son principe même par la plupart des hommes de leur pays. Lucie Paul-Margueritte a le courage de ses opinions : "Mon opinion est que l'évolution de la Tunisienne se fera et, tout au fond de vous-même, vous la voulez tout en la redoutant. Cette évolution se poursuivra en dépit des nationalistes et des traditionnalistes."

  • Aimé Merlo alias Marius-Ary Leblond et Georges Athénas sont deux cousins originaires de la Réunion. Au début du XXe siècle, ils se font praticiens, historiens, critiques. Leurs écrits sur la littérature coloniale présentent un intérêt triple, avec notamment des renseignements bio-bibliographiques, des jugements sur des ouvrages de l'ère coloniale. Quant à la "théorie" coloniale, elle garde un intérêt documentaire incontestable : elle laisse apercevoir les rouages d'une logique devenue opaque, qu'il convient d'élucider.

  • L'année 1789 a été caractérisée par un débat serré pour et contre la traite et l'esclavage des Noirs, et par la publication d'un grand nombre d'ouvrages les concernant. Le long roman de Lavallée a le mérite de plaider la cause antiesclavagiste en mettant en scène le drame déchirant -personnel, familial et social- des esclaves arrachés à leur pays, souvent par la ruse, et de nous les montrer comme des hommes nobles et généreux, en dépit de la condition humiliante qui voudrait en faire des animaux.

  • Maïotte décrit avec truculence l'intimité de l'aristocratie blanche de Saint-Pierre. Alternant burlesque et tragique, cette histoire dévoile sa mentalité à travers ses interactions avec les domestiques noirs et les étrangers à l'île. Jenny Manet évoque le mieux le génie et l'esprit du pays et de la culture de l'époque. Dans Maïotte, les descriptions « ethnographiques » du spiritisme ou du quimbois, du carnaval ou encore des marchandes, soulignent la richesse et la complexité de cette fin de siècle.

  • Albert Sarraut fut l'un des maîtres-penseurs du colonialisme de la période de l'entre-deux-guerres. Cet ouvrage de 1931 est l'un des meilleurs exemples de la justification du colonialisme français : il touche à tous les impératifs coloniaux de la France, du tournant du siècle aux débuts de la décolonisation. C'est essentiellement Sarraut qui façonna le langage avec lequel les Français parlaient de leur empire colonial.

  • Paul Bonnetain rapporte de son expérieuce militaire aux Antilles et en Guyane une série d'anecdotes et de descriptions impressionnistes qui sont les témoignages ironiques et pittoresques de la vie coloniale à la fin du XIXe siècle. Il en propose une vision bien plus sombre dans Le Nommé Perreux, roman naturaliste qui dépeint le destin tragique d'un jeune troupier. Les textes rassemblés dans ce volume offrent comme un contrepoids aux récits d'explorateurs et aux romans d'aventures qui ont nourri les illusions coloniales.

  • Louis de Saulieu vit seul à Obock, loin de la ville de Djibouti, capitale de la Côte française des Somalis, méprisé par ses compatriotes à cause de son commerce douteux et de sa vie solitaire. Mais la jeune et belle Andrée va découvrir que Louis cache un héroïsme inattendu derrière ses actions suspectes. En réalité, il travaille en mission secrète pour le bien de l'empire français. Comment Louis va-t-il garantir la sécurisation de la colonie face aux tentatives de déstabilisation menées par les rivaux de la France dans le "grand jeu" impérial ?

  • Il n'est aux Antilles françaises nul récit d'esclave, seuls restent les témoignages des maîtres. Louis-Xavier Eyma est l'un de ceux-ci, dans ses nouvelles il présente l'univers plantationnaire. Son oeuvre, Les peaux noires (1857), s'inscrit dans le contexte de l'anthropologie contemporaine centrée sur les races humaines, sa fréquentation des Noirs et des gens de couleur remédiant sans doute à ce que le discours métropolitain avait de fantasmatique. Ce livre constitue une sorte d'ultime plaidoyer sinon en faveur de l'esclavage au moins de ceux qui le pratiquèrent.

  • Voici la première réédition des Veillées des Antilles de 1821, recueil de nouvelles sentimentales de Marceline Desbordes-Valmore, écrivain plus connu aujourd'hui pour sa poésie que pour sa prose. Elle figure parmi les nombreux romantiques qui se sont intéressés à la condition des Noirs au moment de la renaissance de l'abolitionnisme en France en 1820. Le souvenir du passé esclavagiste de la France sous-tend le recueil, inspiré de son voyage tragique aux Antilles en 1802 ; ces mêmes souvenirs transpercent dans ses lettres et des poèmes, dont un choix est inclus en annexe.

  • Romancière dont la vie et l'oeuvre restent entourées d'un silence provocateur, Madame A. Cashin doit reprendre sa place unique dans les archives coloniales. Son ouvrage Amour et liberté. Abolition de l'esclavage (1847) se déroule à Sainte-Lucie durant le soulèvement des esclaves de Saint-Domingue. Sous le couvert d'un roman historié, voire d'une histoire romancée, l'auteur transmet un plaidoyer en faveur de l'émancipation complète des Noirs.

  • Ce premier ouvrage de littérature orale africaine se situe au rang des grands classiques de l'africanisme français et propose l'un des premiers témoignages sur l'existence d'une littérature et d'une pensée authentiquement africaines restituées au prix d'un travail de collecte auprès des intermédiaires africains par les soins de Jacques-François Roger, commandant et administrateur du Sénégal et dépendance de 1831 à 1827.

  • Au printemps 1943, le philosophe africain américain Alain Locke donne en Haïti des conférences sur l'apport des cultures africaines aux sociétés des Antilles et du Nouveau Monde. Il repense également, dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale, la question des relations raciales ou coloniales et l'avenir de la démocratie. Un livre indispensable pour découvrir la pensée d'Alain Locke, sa contribution aux études culturelles et postcoloniales, et la vitalité de l'internationalisme noir au vingtième siècle.

  • Félix Eboué, Grand Commis et Loyal serviteur est un des derniers ouvrages publiés par René Maran (1887-1960). Maran y retrace l'itinéraire et la personnalité de son ami Félix Eboué (1884-1944), utilisant beaucoup de lettres inédites. Né à Cayenne, administrateur des colonies en Afrique centrale, secrétaire général des Gouvernement de la Martinique et de la Guadeloupe, puis en 1939, gouverneur du Tchad, Félix Eboué fut nommé en 1941 par le général De Gaulle Gouverneur général de l'AEF et Compagnon de la Libération.

  • En dépit de l'abolition de la traite négrière imposée par l'Angleterre au Congrès de Vienne, l'infâme trafic se poursuit illégalement entre l'Europe, la côte d'Afrique et la mer des Caraïbes. En France, le Journal de la Société de la Morale chrétienne dénonce le commerce du "bois d'ébène" et rend compte du combat mené par les philanthropes protestants jusqu'à la loi de mars 1831.

  • Pour parvenir à l'abolition de l'esclavage, le Journal de la Société de la Morale chrétienne publie les expériences et les témoignages venus des colonies françaises qui s'opposent au lobby des planteurs et révèle le rôle joué par cette Société, à l'origine directe de la Société française pour l'abolition de l'esclavage, fondée en 1834 après le vote du Bill anglais.

  • C'est une femme, Charlotte Adélaïde Dard, qui la première a offert une vision de l'Afrique noire au public français du 19ième siècle. Elle est sans doute aussi une des seules à avoir survécu à un naufrage et à le rapporter dans un livre. Ouvrage hétéroclite, composé de scènes sentimentales et personnelles, de relations de faits historiques et politiques, de descriptions géographiques et anthologiques du Sénégal, ce livre décrit la classe moyenne colonisatrice à laquelle l'auteure appartient, les conditions matérielles et politiques de la colonisation en Afrique au 19ième siècle, et les rapports entre Noirs et Blancs.

  • Avec Une conquête morale Georges Hardy, le jeune inspecteur de l'enseignement de l'A.O.F., articula la mission civilisatrice de la France à l'aube du vingtième siècle à l'égard de l'éducation des indigènes en Afrique subsaharienne. Pour lui, l'éducation ne saurait se concevoir en dehors de la colonisation en général, étant une forme plus douce mais non moins rigoureuse de la conquête par les armes. Hardy était donc surtout un serviteur enthousiaste de la République, son but - à la fois généreux et équivoque - le rayonnement des valeurs républicaines parmi "les races que le hasard nous a confiées".

  • Aventures d'Hercule Hardi est un roman à la fois captivant et déroutant. Captivant par sa description d'une nature encore sauvage, par la présence inquiétante d'étranges superstitions locales et, surtout, par son contexte dramatique : la révolte des esclaves marron au Surinam en 1772. Déroutant car, là où le lecteur s'attend à rencontrer un héros traditionnel, Eugène Sue met en scène un poltron, un « héros par peur », incapable d'affronter la réalité. Un antihéros qui se couvre de gloire à son insu. Eugène Sue excelle dans cet art du contre-pied et transforme un roman qui s'annonçait conventionnel en un chef-d'oeuvre au comique décalé.

  • Commerçant et prospecteur minier en Afrique Equatoriale française entre 1888 et 1922, Louis Charbonneau ne recueille pas de contes existants mais rédige des nouvelles à partir de son vécu. Certaines sont des esquisses préparatoires pour son roman "Mambu et son amour", d'autres récrivent des fables de La Fontaine en fonction de la faune africaine, d'autres enfin reflètent sa vie aventureuse dans des régions largement inexplorées entre le Gabon, les deux Congo et l'Angola.

  • Après son retour définitif en Europe et son pactole dilapidé, Louis Charbonneau reprend ses carnets et décide d'en faire des récits. Celui-ci, agrémenté de ses photos et dessins inédits, parle bien plus du zoo qu'il a constitué que de son entreprise commerciale. Entourée des animaux qu'elle gâte, Marikiri, petite fille banziri, s'attache à son maître et vice versa. Mais il vit un paradoxe, non seulement celui d'un chasseur qui aime les bêtes, mais encore celui d'un paradis colonial pavé de bonnes intentions.

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