Editions Le Mono

  • En lisant l'histoire du malheureux Werther, vous ne pouvez vous retenir d'admirer son esprit, d'aimer son caractère, et son sort vous fera peut-être verser des larmes. "Et toi qui souffres du même mal que lui, puise de la consolation dans ses douleurs, et permets que ce petit livre devienne pour toi un ami, si le destin ou ta propre faute ne t'en ont pas laissé un qui soit plus près de ton coeur."

  • Découvrez le 'Joueur d'échecs de Maelzel'. Aucune exhibition du même genre n'a jamais autant excité l'attention publique que le Joueur d'échecs de Maelzel. Partout où il s'est fait voir, il a été, pour toutes les personnes, l'objet d'une intense curiosité.

  • Eureka

    Edgar Allan Poe

    L'énigme que ce livre se propose d'élucider est celle de l'Univers. Embrassant d'un seul coup d'oeil l'immensité de l'univers, là où un esprit ordinaire ne percevrait que complexité et chaos, Edgar Allan Poe y découvre au contraire une unité, un ordre, un plan...

  • Vie de Beethoven

    Romain Rolland

    Roman Rolland, prix Nobel de littérature, retrace ici la vie du célèbre compositeur Beethoven.

  • Gerbault n'était pas le premier, mais son exploit, en 1923, eut un retentissement considérable. Ancien joueur de tennis, Alain Gerbault accomplit un exploit en affrontant la mer. Seul à travers l'Atlantique est un Témoignage du navigateur sur sa traversée de l'Atlantique en solitaire.

  • "L'Invasion de la mer" est souvent présenté comme le dernier roman de Jules Verne. L'histoire se déroule dans les années 1880 ; elle raconte un authentique projet, caractéristique de l'esprit colonial de la France de cette époque.

  • On s'est beaucoup occupé des effets de l'attention, mais très peu de son mécanisme. Le travail présenté dans ce livre permet de combler cette lacune et aide à comprendre la psychologie de l'attention. L'objet de ce travail, c'est d'établir et de justifier les propositions suivantes : Il y a deux formes bien distinctes d'attention l'une spontanée, naturelle; l'autre volontaire, artificielle. La première, négligée par la plupart des psychologues, est la forme véritable, primitive, fondamentale, de l'attention. La seconde, seule étudiée par la plupart des psychologues, n'est qu'une imitation, un résultat de l'éducation, du dressage, de l'entraînement. Précaire et vacillante par nature, elle tire toute sa substance de l'attention spontanée, en elle seule elle trouve un point d'appui. Elle n'est qu'un appareil de perfectionnement et un produit de la civilisation. L'attention, sous ses deux formes, n'est pas une activité indéterminée, une sorte d' «acte pur» de l'esprit, agissant par des moyens mystérieux et insaisissables. Son mécanisme est essentiellement moteur, c'est-à-dire qu'elle agit toujours sur des muscles et par des muscles, principalement sous la forme d'un arrêt; et l'on pourrait choisir comme épigraphe de cette étude la phrase de Maudsley : «Celui qui est incapable de gouverner ses muscles est incapable d'attention.» « Dès à présent et sans sortir des généralités, nous pouvons ... arriver à définir l'attention. Si nous prenons un homme adulte, sain, d'intelligence moyenne, le mécanisme ordinaire de sa vie mentale consiste en un va-et-vient perpétuel d'événements intérieurs, en un défilé de sensations, de sentiments, d'idées et d'images qui s'associent ou se repoussent suivant certaines lois. À proprement parler, ce n'est pas, comme on l'a dit souvent, une chaîne, une série, mais plutôt une irradiation en plusieurs sens et dans plusieurs couches, un agrégat mobile qui se fait, se défait et se refait incessamment. Tout le monde sait que ce mécanisme a été très bien étudié de nos jours et que la théorie de l'association forme l'une des pièces les plus solides de la psychologie contemporaine. Non que tout ait été fait; car, à notre avis, on n'a pas assez tenu compte du rôle des états affectifs comme cause cachée d'un grand nombre d'associations. Plus d'une fois il arrive qu'une idée en évoque une autre, non en vertu d'une ressemblance qui leur serait commune en tant que représentations, mais parce qu'il y a un même fait affectif qui les enveloppe et qui les réunit. Il resterait aussi à ramener les lois de l'association à des lois physiologiques, le mécanisme psychologique au mécanisme cérébral qui le supporte mais nous sommes bien loin de cet idéal. L'état normal, c'est la pluralité des états de conscience ou, suivant une expression employée par certains auteurs, le polyidéisme. L'attention est l'arrêt momentané de ce défilé perpétuel, au profit d'un seul état c'est un monoïdéisme. Mais il est nécessaire de bien déterminer dans quel sens nous employons ce terme. L'attention est-elle la réduction à un seul et unique état de conscience? Non; l'observation intérieure nous apprend qu'elle n'est qu'un monoïdéisme relatif, c'est-à-dire qu'elle suppose l'existence d'une idée maîtresse attirant tout ce qui se rapporte à elle et rien d'autre, ne permettant aux associations de se produire que dans des limites très étroites et à condition qu'elles convergent vers un même point. Elle draine à son profit, du moins dans la mesure possible, toute l'activité cérébrale. »

  • La philosophie française «a défendu l'idée du devoir et l'a fortement séparée de l'intérêt personnel. Elle a défendu la liberté humaine au point de vue philosophique, moral et politique.» (Paul Janet, La Philosophie de la Révolution française.) Le rôle de la France dans l'évolution de la philosophie moderne est bien net : la France a été la grande initiatrice. Ailleurs ont surgi également, sans doute, des philosophes de génie ; mais nulle part il n'y a eu, comme en France, continuité ininterrompue de création philosophique originale. Ailleurs on a pu aller plus loin dans le développement de telle ou telle idée, construire plus systématiquement avec tels ou tels matériaux, donner plus d'extension à telle ou telle méthode; mais bien souvent les matériaux, les idées, la méthode étaient venus de France.

  • Chacun a entendu, ou a pu lire quelque récit de la bataille de Solférino. Ce souvenir si palpitant n'est sans doute effacé pour personne, d'autant plus que les conséquences de cette journée se font encore sentir dans plusieurs des États de l'Europe. Cette rude bataille donna naissance à la création de la Croix-Rouge pour l'amélioration du sort des militaires blessés dans les armées en campagne.

  • Ce livre traite de l'histoire de la gravure: Quelles sont les origines de la gravure ? Comment a-t-elle évoluée dans le temps ? « La recherche des origines de la gravure est peut-être celle qui semble avoir le moins lassé la constance des historiens de l'art. Aujourd'hui encore, après tant de longues discussions, de plaidoyers et d'arrêts en tous sens, elle a le privilège de passionner au dehors l'amour-propre national, de susciter en France des efforts d'érudition aussi zélés, aussi patients que jamais.... Au moment où la gravure est menacée de si près par la photographie, convient-il de laisser le champ libre à de tels envahissements pour se réfugier dans le domaine des curiosités archéologiques et s'amuser à y deviner des énigmes ? N'est-ce pas donner raison à ceux qui ne veulent voir dans les oeuvres du burin qu'un mode d'expression suranné, un procédé matériel désormais anéanti par le progrès ? Si la gravure a fait son temps, comme on le dit, s'il ne reste plus qu'à prononcer l'oraison funèbre de l'art, parlez-nous du défunt pour consacrer les vertus de son âge viril et non les niaiseries ou les erreurs, de son enfance. Au lieu de rechercher si la gravure, en tant que moyen industriel, est née ici ou là, si certains produits d'une imagerie grossière appartiennent précisément à telle année du XVe siècle ou à telle autre, il y aurait plus d'opportunité à nous expliquer, par les oeuvres qu'ont laissées les maîtres, les hautes conditions de la gravure, à nous rappeler ses titres véritables... »

  • Ce livre traite de l'Histoire générale de la Prusse : De la conquête par les Chevaliers Teutoniques aux Princes colonisateurs."Les rois de Prusse empereurs d'Allemagne n'ont point oublié l'origine lointaine de leur puissance ; c'est l'aigle des chevaliers qui est dessinée sur leurs drapeaux, et Guillaume Ier, posant à Marienbourg, en 1872, la première pierre d'un monument à la mémoire de Frédéric II, écoutait avec plaisir un orateur érudit et patriote qui retraçait devant son « très illustre et très puissant empereur, très gracieux roi et sire, » cette merveilleuse destinée commencée à Jérusalem. Il y a deux ans, le prince héritier de Prusse et d'Allemagne inaugurait le monument achevé ; on découvrait devant lui la statue de Frédéric et celles des quatre grands maîtres, placées aux côtés du piédestal, comme pour porter le héros de la Prusse. On dit que le fils de l'empereur Guillaume suit avec un pieux intérêt les recherches faites en terre-sainte pour retrouver les souvenirs et les monuments des teutoniques : arrivé au plus haut degré de la fortune, on tourne volontiers les regards vers son berceau, et le berceau de la monarchie prussienne est bien cet hôpital fondé par un inconnu, un quidam Allemannus, comme dit Jacques de Vitry. On va raconter ici une période de cette histoire, l'établissement des teutoniques en Prusse, la grandeur, puis la décadence de l'état fondé par eux. Vieille histoire, dira-t-on, accomplie sur un théâtre obscur ; mais il ne faut pas négliger les vieilles histoires ; on s'exposerait, en dédaignant celle-ci, à ignorer les causes d'événements très graves et modernes..."

  • C'est une croyance générale, et pour ainsi dire une tradition native des temps fabuleux, que l'homme et les animaux, aux premiers jours du monde, partageaient paisiblement entre eux l'empire de la terre. Les tigres, dans l'âge d'or, jouent avec les agneaux, et, sur les gazons du paradis terrestre, les lions et les ours forment un cortège inoffensif au père du genre humain. Les aboiements du chien, léchant des oiseaux, le sifflement des reptiles, ne sont que les dialectes de cette langue universelle des premiers âges qui établit entre les êtres une communauté de rapports et d'idées. La poésie célèbre cette fraternité de toutes les créatures dans la première jeunesse de la terre, et la science antique elle-même, par son représentant le plus illustre, par Aristote, admet entre l'homme et l'animal une parenté mystérieuse, des facultés communes, des facultés voisines, des facultés analogues ; quelquefois même elle admet la supériorité de ce dernier.Ce livre traite de l'épopée des animaux à travers l'histoire de la zoologie légendaire et fantastique. Comme dans le passé toutes les choses se touchent et s'enchaînent, comme le moyen âge n'est souvent que l'héritier direct des souvenirs de la Grèce et de Rome, il est essentiel de jeter un coup d'oeil sur les temps anté-chrétiens pour faire mieux comprendre, dans notre civilisation elle-même, cette vaste épopée où figurent les hôtes sauvages des déserts et des forêts, les monstres de la fable et les dragons de la légende : épopée, bizarre, écrite par les moines dans le silence du cloître, par les trouvères au milieu des désordres de la vie mondaine, et sculptée par des artistes barbares sur les chapiteaux de nos églises et le portail de nos cathédrales.

  • Si nous sommes réunis dans cette solennité et si nous allons pouvoir parler du Rhin avec une fière liberté, c'est une des innombrables conséquences de la fidélité alsacienne et puis du génie et des sacrifices de nos armées. Aussi je vous demande que nous placions ces leçons sous l'invocation des fils de France qui sont tombés pour la délivrance, et je salue, en les nommant dans mon coeur, celles de leurs familles en deuil que je reconnais dans la salle. Parmi ces morts, qu'il me soit permis de placer celui dont le souvenir me vaut pour une large part votre sympathie, le poète-patriote qui dévoua totalement sa vie à la préparation morale des âmes à la guerre et qui ne voulut être qu'un sonneur de clairon pour sonner et sonner sans trêve le ralliement des Français autour de Metz et de Strasbourg, jusqu'à ce que le souffle lui manquât, au matin même de la Revanche qu'il avait prophétisée, et comme au seuil de la terre promise. Le Génie du Rhin. ... Nous vivons dans une époque solennelle et presque décisive où la géographie et l'histoire sont d'accord pour nous imposer une prise de contact avec le Rhin, et les circonstances nous obligent à faire un retour sur nous-mêmes et comme un examen de conscience national. Nous avons à vérifier et à vivifier la notion rhénane toujours sommeillante dans l'âme française.

  • Dagobert Ier fut roi des Francs, de la dynastie des Mérovingiens. Tout le monde connaît la chanson du bon roi Dagobert et du grand saint Éloi. Cette chanson rappelle le souvenir d'un roi qui fut un chasseur sans pareil et d'un grand saint qui a fait quelques actions mémorables; il n'y a pas en France d'ancien roi et de saint plus populaires. Le bon roi Dagobert est l'ami des petits enfants, et le grand saint Éloi voit briller son image sur l'enseigne de tôle de tous les maréchaux ferrants des campagnes. Si l'on en croit la chanson, la France n'a jamais eu de roi plus débonnaire; si l'on interroge l'histoire, peu de princes ont été plus terribles. Adieu donc, petite chanson mensongère; va réjouir les échos des forêts; va faire trembler les petits oiseaux dans leurs nids. Voici l'histoire du roi Dagobert, sa vie et ses légendes.

  • Quel rôle les femmes ont-elles joué dans l'histoire de la France ? C'est ce à quoi répond ce livre."La promiscuité la plus complète règne parmi les Mérovingiens. Placés en présence de leurs traditions nationales, qui autorisent les grands personnages à prendre plusieurs femmes en signe de noblesse, - de la législation romaine, qui reconnaît deux sortes d'union, l'une officielle, justoe nuptioe, l'autre purement fantaisiste, - du mariage chrétien, qui n'admet qu'une seule femme, - ils mêlent et confondent tout, et la plupart d'entre eux ont tout à la fois des femmes qu'ils épousent ecclésiastiquement, qui sont déclarées reines et regardées comme légitimes, des femmes qui, pour être mariées ecclésiastiquement, portent aussi par tolérance le titre de reines, mais ne sont point réputées légitimes, et de simples favorites, en nombre illimité, qui ne portent aucun titre, mais qui peuvent toujours devenir reines. Ces diverses catégories formaient comme autant de branches dont les rejetons venaient disputer la couronne, car tous les enfants nés des rois, quelle que fût la condition de leur mère, étaient aptes à succéder. Ce fut là une source de troubles et de crimes : le nombre des prétendants compliquait l'anarchie au moment où s'ouvrait la succession royale. Les leudes, en leur qualité d'hommes libres, repoussaient des princes nés d'esclaves comme Bathilde, de fileuses de laine comme Méroflède; l'ambition de supplanter les reines légitimes engageait des luttes implacables entre les femmes du sérail mérovingien, et la paysanne Frédégonde venait s'asseoir sur le trône de Clovis en marchant sur les cadavres d'Audovère et de Guleswinthe. Le mariage royal ne prit qu'à l'avènement de Hugues Capet le caractère qu'il devait conserver jusqu'aux derniers jours de la monarchie; cependant l'église admit le système de la répudiation, sous la réserve qu'elle aurait seule le droit de rompre les liens que seule elle avait le droit de consacrer, et ce fut encore là dans les premiers siècles capétiens une cause de troubles très graves par les répudiations de Berthe, d'Éléonore d'Aquitaine et d'Ingeburge. L'intérêt dynastique fit comprendre aux rois la nécessité de donner pour base à l'ordre de succession la fixité du mariage, et depuis Philippe-Auguste jusqu'à la révolution Louis XII et Henri IV furent les seuls qui profitèrent des dispositions du droit canonique et de la bonne volonté des papes pour changer de femmes légitimes; mais la plupart se dédommagèrent largement de la contrainte que leur imposaient la politique et la religion..."

  • George Sand est l'une des femmes de lettres ayant profondément marqué l'histoire de la littérature française. Elle raconte dans un de ses livres, cette histoire qui fait écho à sa propre vie: Il y avait au temps de sa jeunesse, un pauvre fou qui s'en allait le long des chemins, cherchant sans cesse on ne savait quoi ; il entrait dans les maisons, regardait de tous côtés et s'asseyait sans mot dire. Mais comme on lui demandait un jour ce qu'il désirait : «Rien de nouveau, répondit-il, je cherche la tendresse. » Et il la chercha toute sa vie, par les sentiers abandonnés et les traines des prés, dans les bois et les landes, comme dans les maisons des hommes. Il ne se lassa point de poursuivre sans trêve cette tendresse qui semblait le fuir d'une incessante fuite, si bien qu'un jour il se jeta dans un puits où il la pensait cachée. L'histoire de George Sand ressemble fort à celle de ce pauvre chercheur de tendresse. Mais plus heureuse que lui, elle a trouvé vers la fin de sa vie cette tendresse apaisée et chaude qu'elle avait si longtemps cherchée ; elle l'a trouvée lorsqu'elle s'est elle-même reconquise, qu'elle n'a plus obéi qu'à elle-même, à cet instinct de bonté généreuse, de bienveillance tendre qui était en elle... Ce livre est publié dans la collection "Les Grands Auteurs".

  • Ce livre présente l'histoire de l'île Sainte-Hélène, essentiellement connue pour avoir été le lieu d'exil et d'emprisonnement de Napoléon Bonaparte, après sa défaite à Waterloo face à une armée coalisée dirigée par les Anglais. Située à 1850 kilomètres environ des côtes sud-ouest d'Afrique et à 3000 kilomètres d'Amérique du Sud, la position de l'île dans l'océan Atlantique, les ressources qu'elle fournit à la nation qui s'y établit, et les avantages qu'elle offre sur le plan commercial, lui ont valu de la part des Anglais le nom de Gibraltar des mers de l'Inde.L'île Sainte-Hélène a été découverte en1502 par le capitaine Joao de Nova Castella, commandant une escadre portugaise revenant de l'Inde. Inhabitée à l'époque de sa découverte, l'ile ne laissait apercevoir d'habitants que des oiseaux de mer, des phoques, des tortues et autres animaux... Les Portugais restèrent discrets sur cette découverte. Le 9 juin 1588, lorsque le capitaine Anglais John Cavendish, à l'issue d'un voyage autour du monde, tomba sur cette île dont il ignorait l'existence, elle était déjà bien cultivée et fournissait en abondance des volailles, des ovins et des fruits et légumes. D'autres navires anglais ne tardèrent pas à visiter l'île, suivis des Hollandais et des Espagnols...

  • Ce livre traite de l'histoire de la peinture française et des différentes écoles ayant influencé son évolution."L'histoire de l'art en France soulève deux questions particulièrement dignes d'étude : quelles sont les qualités distinctives de notre école ? Depuis quand avons-nous une école, et quelles périodes diverses peut-on distinguer dans son développement ? C'est sur ces deux questions que nous interrogerons les auteurs des récents travaux sur la peinture française, et que nous présenterons aussi nos propres vues. Ce sera le moyen d'indiquer à la fois les conditions qu'on n'a pas suffisamment remplies dans les ouvrages publiés, et les exigences légitimes auxquelles des travaux plus complets devraient satisfaire. On n'a jamais contesté à la France la gloire d'avoir produit de grands peintres, mais on a dit maintes fois et l'on répète encore que la peinture française, envisagée en général, manque d'unité et de tendances originales. Suivant l'opinion accréditée au XVIIIe siècle par Watelet et acceptée de nos jours en vertu d'une certaine inclination à sacrifier de trop bonne grâce les mérites qui nous appartiennent, l'art n'aurait en France qu'une physionomie d'emprunt, sinon même une physionomie négative..."

  • Laisse saigner tes blessures, laisse tes larmes couler sans tarir ; il y a dans la douleur des débauches de volupté secrète, et les pleurs sont un baume bien doux. Si une main étrangère ne t'a pas blessé, tu feras bien de te blesser toi-même ; n'oublie pas non plus de remercier gracieusement le bon Dieu quand des larmes mouilleront tes joues. Le bruit du jour s'évanouit, la nuit descend avec ses longs crêpes. Dans son sein, point de fripon ni d'imbécile qui vienne troubler ton repos. Là tu seras en sûreté contre la musique, contre la torture du piano-forte, contre la magnificence du Grand-Opéra, contre ses terribles tintamarres de bravoure. Là tu ne seras plus poursuivi, torturé, par la tourbe des virtuoses, par le génie de Giacomo, et par les applaudisseurs chargés de porter son nom jusqu'aux confins du monde.

  • L'île de Pâques

    Pierre Loti

    Il est, au milieu du Grand Océan, dans une région où l'on ne passe jamais, une île mystérieuse et isolée ; aucune autre terre ne gît en son voisinage et, à plus de huit cents lieues de toutes parts, des immensités vides et mouvantes l'environnent. Elle est plantée de hautes statues monstrueuses, oeuvres d'on ne sait quelle race aujourd'hui dégénérée ou disparue, et son passé demeure une énigme. J'y ai abordé jadis, dans ma prime jeunesse, sur une frégate à voiles, par des journées de grand vent et de nuages obscurs ; il m'en est resté le souvenir d'un pays à moitié fantastique, d'une terre de rêve. Sur mes cahiers de petit aspirant de marine, j'avais noté au jour le jour mes impressions d'alors. C'est ce journal que j'ai traduit ici, en essayant de lui donner la précision qui lui faisait défaut. « Depuis plusieurs jours, nous avons quitté, pour venir là, ces routes habituelles que suivent les navires à travers le Pacifique, car l'île de Pâques n'est sur le passage de personne. On l'a découverte par hasard, et les rares navigateurs qui l'ont de loin en loin visitée en ont fait des récits contradictoires. La population, dont la provenance est d'ailleurs entourée d'un inquiétant mystère, s'éteint peu à peu, pour des causes inconnues, et il y reste, nous a-t-on dit, quelques douzaines seulement de sauvages, affamés et craintifs, qui se nourrissent de racines ; au milieu des solitudes de la mer, elle ne sera bientôt qu'une solitude aussi, dont les statues géantes demeureront les seules gardiennes. On n'y trouve rien, pas même une aiguade pour y faire provision d'eau douce, et, de plus, les brisants et les récifs empêchent le plus souvent d'y atterrir. Nous y allons, nous, pour l'explorer, et pour y prendre, si possible, une des antiques statues de pierre, que notre amiral voudrait rapporter en France. »Ce livre est publié par la collection "Les Grands Auteurs".

  • En lisant Molière

    Emile Faguet

    Voici un livre qui traite de la vie de Molière : de l'homme et de son temps, de l'écrivain et de son oeuvre. Collection «Les Grands Auteurs ».Molière est essentiellement un homme du temps de la jeunesse de Louis XIV. Ce temps est curieux. C'est l'époque de la monarchie absolue qui est triomphante qui est indiscutée et qui plaît, étant représentée par un jeune homme charmant, brillant, amoureux des fêtes et, en même temps, prudent, avisé, appliqué et intelligent. Cette époque de 1668-1675 est à la fois pour la France comme une aurore et une apothéose. La France se sent débarrassée des éternels agitateurs que, de 1610 à 1653, étaient les grands seigneurs suivis des petits et qui ont été définitivement réduits à la fin de la Fronde. Elle réalise son rêve éternel qui est un pouvoir très fort, qui ne soit pas bête. Elle se sent aimée - et c'est vrai - de son chef et de trois ou quatre ministres qui se payent largement, ii est vrai, mais qui travaillent, qui sont très attachés au bien public et qui sont des hommes supérieurs. Elle n'a jamais désiré plus et a le plus souvent obtenu moins. Elle sent la religion protégée, respectée, mais peu aimée, point trop aimée au moins, point jusque-là que les chefs de l'État obéissent à ses ministres ou dirigent la politique dans leur intérêt. Ce temps très particulier a beaucoup inspiré Molière et il en a été un des représentants les plus exacts et il s'est infiniment complu à lui plaire...

  • La nuit était tout à fait venue. A la pointe du Raz, qui domine l'Océan de ses falaises, et tout le long de la baie des Trépassés, des formes vagues erraient çà et là, se collaient contre les roches, se blottissaient dans les moindres anfractuosités des murs de granit. Beaucoup cherchaient un abri dans les grottes qui bordent le rivage, car le froid était rigoureux. Hommes et femmes arrivaient d'un peu partout : de Ker Is, dont on apercevait les feux à une portée de flèche ; des chaumières isolées où l'on descendait courbé en deux, comme dans des caves ; et là-bas, de plus loin, de l'intérieur des terres. Tous marchaient sans bruit ; tous se rassemblaient silencieux comme devant une tombe : et c'était bien un immense ossuaire, la mer sauvage où pour une nuit leurs morts devaient revenir, pressés comme un vol de mouettes. On était en novembre. C'était la nuit des âmes. Depuis le matin la pluie tombait, fine et triste ; maintenant, d'instant en instant, des éclairs jetaient des reflets froids sur les grèves, sur les êtres anxieux qui se penchaient pour mieux voir ; et ces lueurs aveuglantes rendaient ensuite les ténèbres plus sinistres et comme vivantes... La mer montait depuis des heures, lente d'abord, avec des allures sournoises ; puis déchaînée, furieuse, grondant d'un bruit de tonnerre dans les grandes roches. La mer, la nuit, a une sorte d'épouvante spéciale. On dirait que cette sombre masse mouvante porte en elle toute l'horreur de l'invisible, d'un invisible conscient et hostile. Presque toujours, pour rendre la fête des âmes plus tragique, la tempête sur ces côtes se mêlait à la nuit. Les blanches crêtes d'écume dessinaient, aux éblouissements des éclairs, la hauteur fantastique des lames qui rejaillissaient à plus de quatre-vingts pieds, et, dans leur remous, creusaient ces gouffres où les morts roulaient et hurlaient, éperdus. Pourquoi les âmes qui hantaient ces rives traînaient-elles toujours l'orage à leur suite ? Que trouvaient-elles donc dans la survivance à laquelle tout Celte croyait d'une foi si ferme ? Pourquoi revenaient-elles ainsi, avec des lamentations et avec des sanglots ?...

  • Notre pauvre histoire de France, grâce aux historiographes patentés, a acquis une réputation d'ennui. Ce serait une grande et belle chose cependant, que d'oser réveiller le génie de l'histoire, de le suivre, et de l'interroger à travers les générations mortes et les siècles éteints, comme Dante suivait et interrogeait Virgile ; de redescendre en lui donnant la main, de Charlemagne, le Napoléon du moyen âge, à Napoléon, le Charlemagne moderne ; ce serait un spectacle nouveau, en le considérant du côté pittoresque et poétique, que celui que présenterait notre mère-patrie, vue à neuf siècles de distance du haut du trône de ses deux puissants empereurs, et cependant si rétrécie sous Charles VII, que le vieux sang français ne circule plus que goutte à goutte au travers des trois provinces qui lui restent, comme au milieu d'un sablier, ne passent qu'un à un les grains de poussière qui mesurent le temps. Certes ce serait là une tâche à remplir la vie d'un homme, à ne lui rien laisser à désirer à l'heure de la mort, et à placer sa statue sur un piédestal pareil à celui d'Homère ou de Byron. Quel est le poète auquel cette idée ne soit pas venue vingt fois comme un remords, et qui n'ait passé bien des heures de sa vie à l'abandonner et à la reprendre jusqu'à ce qu'il se soit aperçu qu'un tiers des heures de sa vie était déjà derrière lui, et qu'il ait dit en regardant à l'oeuvre à accomplir et le temps qui lui restait : il est trop tard ; maudit soit Dieu !...Consolons nous donc que le temps manque à qui veut l'écrire, et si quelques-unes d'elles, par hasard, ou par caprice, désirent que nous dirigions leurs regards vers une de ces grandes époques qui marquent l'accroissement ou la décadence d'une nation, exigent que nous leur apprenions à bégayer ces noms d'hommes que peut seule prononcer assez haut la voix d'un peuple entier ; déchirons quelques feuillets d'un fabliau gothique, naïvement enluminé d'or, de rouge et de bleu ; rapetissons la taille d'Hugues Capet, de François Ier ou de Richelieu, à la dimension des pages d'un album ; laissons le vent emporter cette page sur leurs genoux, et quand elles auront, depuis sa naissance jusqu'à son agonie, dévoré un siècle en une heure, que l'oeil humide d'une dernière larme, elles, diront, en nous apercevant : Oh ! j'ai lu votre nouvelle ! c'est délicieux ! Voilà comme j'aime l'histoire. Oublions nos espérances sublimes, nos rêves d'immortalité. Oublions travail, gloire, avenir, tout enfin pour cette larme tremblante aux cils d'un oeil noir, que notre bouche peut recueillir avant qu'elle ne tombe...

  • Ce livre traite de la bataille d'Alesia à travers des études sur la campagne de César contre les Gaulois. « La Gaule, quand César y parut, était divisée en deux grands partis : l'un avait pour chefs les Éduens, l'autre les Séquanes. » C'est ainsi que s'exprime César au douzième chapitre du sixième livre de ses Commentaires. Assurément notre Gaule moderne n'est plus aussi docilement rangée derrière les Éduens ou les Séquanes ; mais la rivalité de ces deux vaillantes nations ne s'est pas amortie. Il y a deux cents ans, la guerre des deux Bourgognes était tout aussi acharnée que du temps de César ; les gens de « la duché » et de « la comté » faisaient des prodiges de valeur pour s'arracher Dôle ou Saint-Jean-de-Losne. Aujourd'hui, bien que le niveau de la révolution ait passé sur nos traditions provinciales, comme le niveau de la conquête romaine avait passé sur les passions celtiques, le vieux levain subsiste toujours. J'entendais naguère les bateliers de la Saône crier France ou Empire suivant qu'on devait approcher de la rive droite ou de la rive gauche, et je vois que l'on combat encore ; mais l'imprimerie seule fournit des armes dans cette lutte, qui est restée vive, quoiqu'elle ait cessé d'être sanglante : on n'échange plus que des arguments et des mémoires, on ne se dispute que l'emplacement d'Alesia... Qu'est devenue la ville d'Alésia ?...

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