Editions de l'Université de Bruxelles

  • Cet ouvrage propose un commentaire généalogique sur la question du corps dans les travaux de la biologiste et philosophe féministe des sciences Donna Haraway.
    À PROPOS DE L'AUTEURE
    Nathalie Grandjean est docteure en philosophie et maitresse de conférences à l'Université de Namur (Belgique).

  • Comment lire un texte poétique ? Une étude sémiotique et phénoménologique de la poésie contemporaine montre que l'univers poétique fait exister des traces de mimésis, offre prise par des images et des rythmes à un corps du lecteur mentalisé, qui combine les grains de sensations et crée des spectres.
    À PROPOS DE L'AUTEURE
    Béatrice Bloch est professeure de littérature française contemporaine à l'Université de Poitiers, et membre de l'équipe de recherches FORELLIS. Ses travaux portent sur la littérature contemporaine et sur les rapports entre musique et littérature. Elle a publié Une Lecture sensorielle : Le Récit poétique contemporain, Gracq, Simon, Kateb, Delaume (Rennes, PUR, 2017), et, en collaboration, sur l'art comme Écriture de la littérature et des art (Presses universitaires de Bordeaux, Modernités n°41, 2017).

  • Ce livre a pour objectif de mettre en exergue les principaux développements et enjeux relatifs à l'insertion de l'islam en Europe en s'appuyant sur le cas de la Belgique.
    À PROPOS DE L'AUTEURE
    Corinne Torrekens est docteure en sciences politiques et sociales de l'Université libre de Bruxelles (ULB). Chargée de recherches au FNRS et chercheuse au METICES (ULB), ses travaux portent sur l'inscription de l'islam dans la société belge et notamment dans le régime de reconnaissance des cultes.

  • Certains facteurs influencent l'état du français dans les productions journalistiques belges.
    L'usage de la langue par les journalistes est régulièrement critiqué. Que les reproches à cet égard soient fondés ou non, de nombreux facteurs peuvent expliquer l'état du français dans les productions journalistiques. L'ouvrage offre une analyse approfondie de ces facteurs, en se focalisant sur cinq sites d'information belges francophones (DH.be, La Libre.be, Le Soir.be, RTBF Info et RTL Info). La question est envisagée à partir d'un angle particulier : les représentations et les discours de journalistes et de rédacteurs en chef, rencontrés lors d'entretiens.
    L'ouvrage propose une analyse approfondie des facteurs de l'usage de la langue par les journalistes en Belgique francophone !
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Antoine Jacquet est titulaire d'un doctorat en Information et communication obtenu en 2018 à l'Université libre de Bruxelles. Situées au croisement de la sociologie du journalisme et de la sociolinguistique, ses recherches portent principalement sur l'usage de la langue par les journalistes en Belgique francophone. L'auteur est aujourd'hui rattaché à l'ULB et à KBR dans le cadre d'un vaste projet de recherche consacré à l'histoire du journalisme en Belgique.

  • L'OTAN suscite bon nombre de questions, auxquelles ce livre répond de façon novatrice !
    Pourquoi l'OTAN continue-t-elle à exister alors que l'ennemi qui a justifié sa création, l'Union soviétique, a disparu ? Ce livre répond de manière novatrice à cette question fort débattue, en traitant du développement du contre-terrorisme à l'OTAN dans les années 2000-2010.
    Cet ouvrage de science-politique veut éclairer les lecteurs sur les questions autour de l'OTAN.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Julien Pomarède est docteur en sciences politiques et sociales de l'Université libre de Bruxelles (ULB). Il est chercheur au centre Recherche et études en politique internationale (REPI) de l'ULB. Ses recherches portent sur les relations internationales, et plus spécifiquement sur les questions de sécurité et de guerre. Il enseigne aussi ces domaines dans différentes universités.

  • Découvrez la sexologie à l'heure de la guerre froide : les questions de sexualités sont abordées sous le prisme de cette époque particulière...
    La guerre froide n'est pas qu'un bras de fer entre deux puissances politiques qui mesurent leurs capacités militaire, nucléaire, technologique et scientifique. S'y joue également une lutte pour gagner un pouvoir d'influence culturel beaucoup plus large et profond. Les deux blocs prétendent, notamment, défendre et incarner les normes de genre et de sexualité les plus justes et les plus en phase avec le « vrai » bonheur et l'harmonie amoureuse, ferments indispensables d'une société en bonne santé. Pour ce faire, ils puisent tous les deux dans les savoirs de la sexologie, alors en plein bouleversement. L'époque est en effet marquée par le développement de machines dont on attend qu'elles mesurent les performances sexuelles. Les progrès de l'imagerie médicale laissent croire en un avenir où tous les aspects du corps humain seront visibles et, donc, soignables (voir la photo de couverture : le psychiatre W. Reich à la recherche d'une force vitale universelle).
    Les études ici rassemblées montrent que, dans le domaine de la sexologie, le rideau qui sépare l'est et l'ouest était pour le moins déchiré, pour reprendre le titre d'un film d'Alfred Hitchcock qui traite d'espionnage scientifique. Les scientifiques, justement, et leurs théories sur la sexualité circulent d'autant mieux que l'un comme l'autre bloc partagent des valeurs communes de valorisation de la famille traditionnelle et de hantise de l'homosexualité. Des deux côtés, les sexologues, alors en voie de professionnalisation, tentent d'élaborer une expertise congruente avec le supposé savoir scientifique, le vécu raconté par leurs patient·es, les directives du régime dont ils dépendent et une société progressivement conquise par le discours de la « révolution sexuelle ». Entre conservation et subversion, ils soufflent ainsi le chaud et le froid sur les représentations de la sexualité.
    À travers cette étude de genre, les auteures retracent une partie de l'Histoire !
    À PROPOS DES AUTEURES
    Sylvie Chaperon est professeure des universités en histoire contemporaine du genre à Toulouse 2 Jean-Jaurès. Elle est spécialiste de l'histoire des femmes, du féminisme et de la sexologie.
    Carla Nagels est chargée de cours à l'Université libre de Bruxelles. Elle a travaillé sur les mécanismes qualifiés de déviants, qu'ils soient commis dans un cadre professionnel (les élites) ou dans une catégorie sociale (la jeunesse).
    Cécile Vanderpelen-Diagre est professeure d'histoire à l'Université libre de Bruxelles. Elle est spécialiste de l'histoire du catholicisme contemporain, et tout particulièrement de ses dimensions sociales et culturelles.

  • La publication par John Locke de son célèbre Essay Concerning Human Understanding (1690) puis de Some Toughts Concerning Education (1694) a marqué un véritable tournant dans le discours européen sur l'éducation.

  • Du parti libéral au Mouvement Réformateur, il y a toute une histoire...
    Cet ouvrage analyse l'histoire du parti libéral, l'évolution de son modèle organisationnel, les transformations idéologiques et programmatiques, sa géographie et sa sociologie électorales, ses perspectives d'avenir.
    Découvrez l'évolution du parti libéral belge, ses transformations ainsi que ses stratégies électorales et ses perspectives pour l'avenir dans cette analyse politico-historique.
    EXTRAIT
    Approcher aujourd'hui les libéraux belges, sous différents angles, avait donc du sens eu égard au nombre assez restreint d'études qui leur ont été consacrées. L'intérêt du sujet est d'autant plus évident que l'Open VLD et, plus encore, le MR sont engagés depuis octobre 2014 dans une expérience gouvernementale inédite qui détonne par rapport aux codes classiques de la vie politique et pose nombre de questions. Quoiqu'il en soit, être l'un des plus anciens partis européens mérite à l'évidence le respect et une analyse approfondie.
    Le parti libéral belge a donc vu le jour en 1846. Cette naissance intervient pendant la phase d'estompement de l'unionisme. L'unionisme avait été porté sur les fonts baptismaux dans les années 1820 pour faire pièce à l'emprise des provinces septentrionales sur les provinces méridionales. Catholiques et libéraux, les deux grandes sensibilités dans la Belgique de l'époque, s'étaient mis d'accord pour réclamer à Guillaume d'Orange un certain nombre de concessions sans que, pour autant, l'indépendance soit une question à l'ordre du jour.

  • Les normes religieuses montrent que le fait de manger est un acte culturel à part entière !
    Cet ouvrage collectif, par une méthodologie multidisciplinaire, diachronique et comparative, entend montrer comment la distinction alimentaire permet de mieux comprendre le fonctionnement d'un système religieux.
    Ces recherches historiques vont analyser les prescrits alimentaires et les systèmes religieux qui y sont rattachés.
    À PROPOS DE L'AUTEURE
    Elena Mazzetto est historienne, spécialisée dans l'étude de la culture et la religion du Mexique préhispanique aztèque et professeure à la Faculté de philosophie et lettres de l'Universidad Nacional Autónoma de México (UNAM).
    Problèmes d'histoire des religions : série dirigée par Guillaume Dye et Sylvie Peperstraete.
    COMITÉ DE RÉDACTION :
    Christian Brouwer, Michèle Broze, Aude Busine, Baudouin Decharneux, Guillaume Dye, Sylvie Peperstraete, Fabrice Preyat, Jean-Philippe Schreiber, Cécile Vanderpelen-Diagre, Monique Weis, Jean Leclercq (Université catholique de Louvain), Philippe Swennen (Université de Liège).
    COMITÉ DE LECTURE INTERNATIONAL :
    Dominique Avon (École pratique des hautes études), Pierre-Yves Beaurepaire (Université de Nice), David Berliner (ULB), Patrick Cabanel (École pratique des hautes études), José Contel (Université Toulouse Jean Jaurès), Lambros Couloubaritsis (ULB et Académie royale de Belgique), Philippe Denis (UCL et Académie royale de Belgique), Jacques Ehrenfreund (Université de Lausanne), Frédéric Gugelot (Université de Reims et EHESS), John Tolan (Université de Nantes), Didier Viviers (ULB et Académie royale de Belgique).

  • Les discours antimaçonniques recourent aujourd'hui, en plus de la rhétorique classique, à de nouveaux moyens de propagation par le biais d'Internet. Les contributions de cet ouvrage font le point sur ces nouvelles situations et thématiques, peu souvent envisagées jusqu'à présent.
    Le discours antimaçonnique connaît de nos jours une résurgence spectaculaire, en Europe, mais aussi dans le monde musulman, en Afrique subsaharienne ou encore en Amérique latine. Cet ouvrage offre un nouvel état de la question, à la lumière de ses évolutions les plus récentes.
    Cette équipe de chercheuses et chercheurs universitaires de haut niveau, coordonnée par Jean-Philippe Schreiber, présente une lecture kaléidoscopique des mouvements antimaçonniques qui prennent de l'ampleur partout dans le monde, réactivés par l'industrie de l'imaginaire et par les inquiétudes liées à la méconnaissance de ce mouvement. Un ouvrage utile et passionnant.
    EXTRAIT
    Force est de constater que les raisons invoquées pour justifier la résistance, la crainte ou la détestation qu'inspirent aux islamistes la maçonnerie et les maçons sont, d'un point de vue structurel, analogues à celles avancées par les catholiques traditionalistes. La franc-maçonnerie représente une concurrence spirituelle pour l'islam et y adhérer est incompatible avec la foi religieuse. Que ce soit dans la sphère spirituelle ou dans la sphère politique, on ne peut servir deux maîtres à la fois. L'antimaçonnisme islamiste se distingue toutefois de son homologue catholique en assimilant les loges à une importation coloniale et occidentale ; il a donc une dimension géopolitique plus marquée."
    CE QU'EN DIT LA CRITIQUE
    "C'est peut de dire que cet ouvrage collectif soit à la fois passionnant et utile. Comme disait Brecht en substance dans La résistible ascension d'Arturo Ui, « le ventre est encore fécond d'où a surgi la bête immonde ». La renaissance de l'anti-maçonnisme, souvent associé à l'antijudaïsme et arque-bouté sur le mythe des Illuminati réactivé par l'industrie de l'imaginaire nous inquiétera moins si nous en connaissons finement les tenants et aboutissants, ce que cet ouvrage nous permet, avec un travail collectif dont nous ajouterons in fine, qu'il est d'une lecture fort agréable." Jean-Pierre Bacot sur Critica Masonica

  • Les accords internationaux de l'UE n'auront plus de secret pour vous !
    Le présent volume est consacré aux accords internationaux de l'Union et aborde des thèmes qui traversent les divers domaines des relations extérieures de l'Union: les compétences externes, la procédure de conclusion des accords internationaux, les accords d'association et les accords mixtes.
    Cet ouvrage de référence, destiné en particulier aux chercheurs et aux praticiens du droits, traite la matière de façon approfondie et s'appuie sur un ensemble impressionnant de références à la pratique décisionnelle, à la jurisprudence et à la doctrine.
    EXTRAIT
    La notion de compétences est au coeur du système communautaire et, aujourd'hui, de l'Union européenne. Mais sa prise en compte par les traités ne s'est faite que progressivement jusqu'au traité de Lisbonne. La Cour de justice des Communautés européennes, spécialement à propos des compétences externes, a pallié les lacunes du traité CEE et a levé ses approximations. Elle a ainsi érigé un véritable système des compétences externes dont on trouve un exposé particulièrement éclairant dans l'avis 2/94.
    Pour tout accord que la Communauté européenne entendait conclure, il était donc nécessaire de procéder, sur la base des possibilités offertes par le traité et précisées par la jurisprudence, à une identification de la compétence communautaire du point de vue de son existence et de son étendue dans un premier temps, puis de sa nature dans un second temps, afin de savoir si la Communauté pouvait s'engager au plan international et si oui, seule ou avec ses États membres.
    2. Le traité de Lisbonne apporte des nouveautés importantes en matière externe : le traité sur l'Union européenne (TUE) comporte notamment, à l'article 21 TUE, un énoncé des principes et objectifs que l'Union européenne, qui succède à la Communauté européenne et dispose expressément de la personnalité juridique, devra respecter dans l'ensemble de son action extérieure et le traité sur le fonctionnement de l'Union (TFUE) prévoit désormais une cinquième partie spécifique intitulée « L'action extérieure de l'Union », dont est cependant exclue la politique étrangère et de sécurité commune (PESC). Celle-ci, traitée dans le TUE, conserve son particularisme institutionnel en dépit de la disparition des piliers.
    Du point de vue des compétences plus précisément, le traité de Lisbonne adopte également « une démarche tout à fait nouvelle par rapport aux traités initiaux » en procédant à une systématisation qui touche les compétences internes mais aussi externes dans la mesure où, comme l'avait relevé la Cour, « le respect de ce principe des compétences d'attribution s'impose tant pour l'action interne que pour l'action internationale ». Toutefois, s'agissant des compétences externes, certaines particularités largement inspirées par les acquis jurisprudentiels complètent le dispositif général.

  • Ce livre analyse les discours, les modèles et les contre-modèles d'une adolescence féminine qui charrie encore aujourd'hui son lot d'inquiétudes. À travers une analyse socioculturelle de la notion d'adolescence, Laura Di Spurio retrace les mutations et les permanences de la figure de la jeune fille. Au cours du XXe siècle, l'adolescence se mue en classe d'âge pour bientôt devenir un espace culturel, social et biopsychologique. L'adolescence devient un principe explicatif « pour toutes ». Ce nouveau modèle adolescent est dessiné par des adultes emplis de peurs face à cette jeunesse féminine qu'ils jugent plus précoce, plus libre et plus affirmée. Comment accorder cette notion pensée au masculin sans troubler un féminin que l'on voudrait éternel ? Comment appliquer cette notion à toutes les jeunes filles, même à celles dont le quotidien s'éloigne du modèle tracé par les scientifiques ? Que fait l'adolescence aux jeunes filles ? Et enfin, comment celles-ci troublent-elles la notion ?
    Ce sont les questions posées par cet ouvrage qui, à partir d'un corpus de sources variées, raconte un demi-siècle d'histoire du côté des jeunes filles.

  • Le slogan féministe des années 1970 « Un enfant quand je veux, si je veux » résonne encore aujourd'hui. Il pose la question de la liberté de choix dans l'espacement des naissances, dans la décision des femmes d'être mère. Il interroge peu le choix de ne pas être mère. Pourtant, elles sont nombreuses à avoir fait le choix d'une vie sans enfant. Face à « l'évidence du naturel », devant l'injonction moderne au désir d'enfant, ces femmes sont souvent qualifiées de déviantes, d'anormales, d'égoïstes. Ne pas avoir d'enfant par choix demeura longtemps un impensé, y compris dans la recherche scientifique. Depuis plusieurs années, des mouvements et des groupes antinatalistes radicaux se font remarquer sur la scène médiatique par des déclarations fracassantes, des happenings ou des événements. Ceux et celles qu'on appelle désormais les « croisés de la dénatalité » se font plus visibles et revendiquent publiquement leur non-désir d'enfant. Ils et elles avancent des arguments démographiques, politiques ou écologiques. En même temps, des essayistes comme Élisabeth Badinter dénoncent une pression croissante pesant sur les femmes pour les inciter à devenir mères et à une renaturalisation de la maternité. Par ailleurs, l'expérience de la maternité elle-même se transforme et se diversifie. Ainsi, des mouvements qui ont longtemps rejeté l'institution de la famille ont récemment demandé d'y avoir accès. On le voit, la maternité et le refus de celle-ci sont au coeur de nombreux débats contemporains.
    Ce numéro de Sextant interroge ces mouvements et ces débats autour de la non-maternité, en définit les contours et interroge le passé afin de mieux cerner les questionnements actuels. Que signifie ne pas être mère aujourd'hui ? Quels jalons et événements ont rendu ce choix possible dans la société d'aujourd'hui ?

  • Au Maroc, l'expression « filles qui sortent » désigne celles qui se prostituent. Des délires adolescents à la professionnalisation, Les Filles qui sortent analyse la quête de respectabilité de ces jeunes femmes qui se heurtent à un ordre social autant que moral.

  • Cet ouvrage défriche une communication européenne émergente et incertaine : la communication transfrontalière. Celle-ci est abordée au prisme des eurorégions, entités qui s'institutionnalisent dans le paysage européen depuis le milieu des années 2000.
    À PROPOS DE L'AUTEURE
    Maître de conférences en sciences de l'information et de la communication à l'Université Bordeaux Montaigne, Marie-Hélène Hermand dirige le Master communication publique et politique depuis 2018. Qualifiée également en sciences du langage et collaboratrice scientifique à l'Université libre de Bruxelles depuis 2017, ses travaux portent actuellement sur l'émergence de la communication transfrontalière selon une double approche qui articule l'analyse du discours et la sémiotique politique et culturelle.

  • Le point sur les voitures de société en Belgique, leurs usagers et leurs impacts.
    La voiture de société est, sans aucun doute, un des avantages de toute nature (ATN) les plus fréquemment proposés par les entreprises à leurs employés. Combien compte-t-on de voitures de société en Belgique ? Quels sont les profils des usagers ? Et quels sont les impacts sociétaux, environnementaux et économiques de cet « avantage ». Cet ouvrage, qui rassemble les travaux menés dans le cadre de la chaire « Companies and Sustainable Mobility. The Company Car Debate and Beyond » du Brussels Studies Institute (BSI), se penche sur ces questions et les dépasse en ouvrant le débat sur les alternatives possibles pour une mobilité plus durable.
    Un ouvrage de référence qui ouvre le débat sur les alternatives pour une mobilité plus durable, en rassemblant différents travaux réalisés dans le cadre de la chaire Companies and Sustainable Mobility. The Company Car Debate and Beyond
    EXTRAIT
    Dire que la mobilité est un des grands défis sociaux actuels, c'est enfoncer une porte ouverte. Des débats (parfois extrêmement intenses) sur divers aspects du défi de la mobilité ont régulièrement lieu dans les médias nationaux (et régionaux) et entre les partis concernés. La voiture de société, entre autres, est fréquemment abordée lors de telles discussions ces dernières années. En soi, cela n'a rien d'étonnant, compte tenu du nombre (environ 650.000 véhicules, soit 11 % du parc automobile total en mai 2016 ; May, 2017) et de l'importance de ces voitures de société (en termes d'économie, mais aussi de leur impact sur la mobilité, l'environnement, la fracture sociale...). Lors de ces débats règne un grand désaccord sur les concepts, sur les définitions et même, dans certains cas, sur les chiffres utilisés comme références (cf. chapitre 2). En outre, les discussions ne portent souvent que sur un seul aspect d'une problématique plus vaste et une approche plus globale, multidimensionnelle et multiperspective est rarement utilisée. En outre, d'autres domaines et réalités politiques (complémentaires) pertinents ne sont pas toujours pris en considération (Repko & Szostak, 2017 ; Rutting et al., 2014). Comme lors d'autres défis sociaux qui se manifestent dans les (grandes) villes et les régions densément peuplées, il s'agit donc d'une problématique complexe, de nature multidimensionnelle, qui comporte de très nombreuses composantes à différents niveaux et registres (tax shift global au sein de l'économie comme base à la compétitivité, rémunération individuelle, mobilité et politique industrielle, technologie, écologie et durabilité, aspects sociodémographiques tels que les schémas de déplacement pour le travail, l'école, les courses, les loisirs, le sport, etc., emploi du temps, mode de vie...) (cf. chapitre 13 pour quelques références à la littérature universitaire sur le sujet). Parallèlement, il est clair que ce thème ne peut être dissocié des clivages et questions politiques/sociales qui divisent divers groupes sociaux. L'utilisation de la voiture en général et de la voiture de société/voiture-salaire en particulier non seulement renvoie en effet à une logique individuelle, mais possède aussi une dimension sociale évidente, dans laquelle la culture, les mentalités, les identités et le mode de vie jouent également un rôle (cf. Demoli & Lannoy, 2019).

  • Découvrez la complexité et les enjeux des relations internationales à l'heure de la globalisation.
    Nourri d'une connaissance approfondie des théories développées de part et d'autre de l'Atlantique et d'une expérience internationale affinée par la participation de son auteur à l'agenda scientifique européen, cet ouvrage retrace les origines d'une discipline académique devenue autonome au début du XXe siècle et brosse un panorama critique des divergences et des complémentarités des écoles de pensée qui ont animé le débat théorique ces dernières décennies.
    Cette étude critique parcoure, d'un point de vue européen, les différentes écoles de pensée qui ont participé et participent à l'élaboration des relations internationales.
    EXTRAIT
    Nous l'avons évoqué, cette expérience n'est pas isolée dans le monde globalisé du XXIe siècle. Nonobstant les obstacles multiples, des tendances parallèles - différentes mais similaires - se développent sur chaque continent, des Amériques à l'Asie, de l'Afrique à l'Océanie, vers la coopération régionale et globale, vers une autolimitation de la souveraineté par la coopération entre des Etats voisins : malgré l'hétérogénéité du système global de transition de l'après-guerre froide, de nouvelles formes de gouvernance régionale et globale sont en train d'émerger, des voies originales vers la transformation de l'Etat, de la gouvernance globale et du système mondial, dans le sens de l'institutionnalisation, de la souveraineté partagée, d'un nouvel équilibre entre autonomie des organisations internationales et légitimité. Nous prônons donc dans ce livre un enrichissement réciproque et mutuel entre les Etudes européennes et les théories des Relations internationales.

  • Comment réagirent les populations civiles lors de la Première Guerre quand ils se trouvèrent, souvent pour la première fois, face à des noirs ?
    La France fut le seul pays belligérant à engager des soldats noirs sur le front européen au cours de la première guerre mondiale. L'idéal universaliste de la République coloniale souvent invoqué fut-il un simple alibi idéologique destiné à justifier l'impérialisme ? Comment réagirent les populations civiles qui se trouvèrent souvent pour la première fois face à des noirs en chair et en os ?
    Cet essai d'histoire mondiale présente quelles répercussions eut ce brassage de populations sur la hiérarchie des races en vigueur à l'époque en France, mais aussi dans l'Empire britannique, toujours attaché à la suprématie blanche, aux Etats-Unis, où régnait la ségrégation, ou dans l'Allemagne vaincue, qui ressentit l'occupation de la Rhénanie par des troupes noires comme la transgression ultime ?
    EXTRAIT
    Même s'ils étaient encore engagés exclusivement en Afrique, où d'autres puissances coloniales utilisaient aussi des troupes de couleur, l'attitude française à l'égard des Africains et des soldats africains était exceptionnelle. A l'étranger, et en particulier en Allemagne, on observait l'engagement de soldats africains avec méfiance et inquiétude. Tandis qu'en 1899 les Parisiens applaudissaient les tirailleurs sénégalais, Houston Stewart Chamberlain publiait en Allemagne le best-seller de l'année, La genèse du XIXe siècle, où il présentait l'histoire européenne comme une guerre des races et annonçait le déclin imminent de la race aryenne sous l'effet du métissage. Ce livre fit une telle impression sur l'empereur Guillaume II qu'il le fit distribuer dans son armée. Dans les autres capitales impériales, c'était surtout la séduction exercée par les soldats « de bois d'ébène » sur les femmes blanches qui avait irrité les hommes. Lors du couronnement de George V en 1910, les soldats noirs des armées coloniales ne purent assister à la cérémonie parce que, lors du couronnement de son père, huit ans plus tôt, les femmes britanniques « de toutes les classes » leur avaient réservé une attention particulière3. Dans le monde germanophone, les Africains exerçaient aussi une grande séduction sur « certaines femmes ». Un journaliste allemand rapporta en 1910, dans un article intitulé « Absence de conscience raciale », que des centaines de jeunes filles s'étaient bousculées à la gare, autour des tirailleurs sénégalais qui rentraient chez eux après une excursion à Berlin : « On assistait à des scènes pénibles où des jeunes filles se pressaient autour des noirs et leur faisaient des adieux passionnés. (...) Devant un comportement aussi irresponsable, nous ne pouvons qu'exprimer notre profonde tristesse et l'espoir qu'à la longue il sera possible de remplacer ces inclinations perverses par un état d'esprit sain et patriotique ».
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    Plus novatrice est l'approche globale de ce sujet que justifie pleinement le sous-titre de sa traduction française. Plongeant dans un fonds documentaire multinational, Dick van Galen Last rédige un essai d'histoire mondiale. Les comparaisons qu'il souligne sont étonnantes. - Yves Paris, Babelio
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Dick van Galen Last (1952-2010) a étudié l'histoire à l'Université d'Amsterdam et travaillait depuis 1977 au NIOD.

  • Le marché intérieur, héritier du marché commun qui a longtemps symbolisé la Communauté européenne, reste une des principales réalisations de l'Union européenne.
    Ce quatrième volume de la grande matière « Marché intérieur » du Commentaire J. Mégret porte sur deux thèmes différents mais complémentaires, une introduction au marché intérieur, d'une part, et une étude de la libre circulation des marchandises, d'autre part.
    Cette analyse économique, réalisée par l'Institut d'études européennes et divisée en deux grandes parties, souligne que le marché intérieur ne se limite pas aux quatre libertés qui le composent et qu'il ne doit pas être envisagé uniquement comme un espace de libre circulation mais aussi comme un ensemble normatif encadrant les libertés.
    EXTRAIT
    Le marché intérieur constitue aujourd'hui encore la principale réalisation de l'Union européenne1. Il forme le socle de la construction européenne et représente le creuset à l'intérieur duquel se déploient les activités de l'Union européenne. Héritier du marché commun, auquel on assimilait volontiers la Communauté européenne dans ses origines premières, le marché intérieur représente aujourd'hui un ensemble de plus de cinq cents millions de personnes, à l'intérieur duquel selon le voeu des pères fondateurs de l'Union européenne, la libre circulation des personnes et des marchandises ainsi que des autres facteurs de production, est assurée conformément aux dispositions des traités. C'est probablement le domaine du droit de l'Union qui fait le plus consensus entre les Etats membres. Même les plus minimalistes de la construction européenne s'y retrouvent, dans la mesure où le libre-échange ou la liberté des échanges est censée produire des effets économiques favorables pour tous les partenaires. ontrairement à certaines idées reçues, le marché intérieur n'est pas figé. Il évolue constamment dans le sens d'une sophistication croissante et doit se protéger régulièrement contre les tentatives de retour en arrière des Etats et même d'opérateurs publics et privés, désireux de réintroduire de nouvelles entraves. Le marché intérieur constitue donc une création permanente, qui doit aussi se fixer à échéance régulière de nouveaux objectifs, comme ce fut le cas à l'occasion du vingtième anniversaire de son « ouverture » (chapitre I). Ainsi conçu, le marché intérieur doit non seulement être entendu comme une espace au sens territorial ou géographique du terme mais aussi comme une somme, un ensemble normatif encadrant les libertés fondamentales de circulation et qui bénéficie aux opérateurs économiques européens effectuant cependant des échanges principalement entre les Etats membres (chapitre II).
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Autour de Claude Blumann, professeur émérite de l'Université Panthéon-Assas (Paris II), coordonnateur de la grande matière « Marché intérieur » et du présent volume, l'ouvrage réunit des spécialistes confirmés de la matière : Brunessen Bertrand, professeure à l'Université de Rennes I, Loïc Grard, professeur à l'Université de Bordeaux, Fabienne Peraldi-Leneuf, professeure à l'Université Paris Sud, Yves Petit, professeur à l'Université de Lorraine, et Christophe Soulard, conseiller à la Cour de cassation.

  • Certains ne refusent pas seulement le droit de se marier ou de devenir parents aux couples de même sexe, mais dénoncent aussi ce qu'ils appellent l'« idéologie » ou la « théorie du genre » qui nierait l'altérité et la complémentarité sexuelle.
    Depuis 2012, les mobilisations françaises contre l'ouverture du mariage et de l'adoption aux unions de même sexe ont défrayé la chronique, tant en France qu'à l'étranger. Celles-ci ont révélé l'existence d'un mouvement sans précédent, dont l'agenda dépasse largement la reconnaissance des droits des homosexuel.le.s.
    Cette étude analyse les mobilisations actuelles contre la nouvelle idéologie autour du genre. Les groupes appartenant à cette mouvance ont élargi leur champ d'action et se mobilisent par exemple contre l'enseignement du genre dans les écoles ou à l'université.
    EXTRAIT
    Le colloque « Habemus Gender ! » a bénéficié d'une importante visibilité médiatique et scientifique. Il a aussi été remarqué par les opposants à la « théorie du genre ». Ceux-ci ont mis en place un système efficace de veille des activités scientifiques en rapport avec le genre et leurs mises en garde sont très largement diffusées grâce aux réseaux sociaux. Fin avril 2014, le mouvement traditionnaliste français Civitas, proche de la Fraternité Saint Pie X et dirigé par le Belge Alain Escada, a été un des premiers à sonner l'alerte. Ce message a été largement répercuté au sein de la blogosphère traditionnaliste, notamment à partir de deux articles du blog Medias-presse. Le 1er mai, Alain Escada est venu à Bruxelles pour lancer une section belge de Civitas et donner une conférence sur la « théorie du genre », durant laquelle il ne manqua pas d'attaquer notre événement. La veille du colloque, quelques militants de Civitas ont couvert le campus d'autocollants prônant la défense de la famille traditionnelle, augmentant les craintes de la Police de Bruxelles. Quelques-unes des personnalités belges critiques à l'égard du genre (Bénédicte Gillis De Wagter, Xavier Dijon, Drieu Godefridi) ont aussi assisté au colloque, contribuant à la richesse des travaux.
    Ce numéro thématique est le premier résultat de cette aventure collective. Il s'inscrit dans un champ en pleine ébullition, qui se traduit par l'émergence de publications et de projets scientifiques sur des sujets longtemps délaissés par la littérature scientifique. Ceux-ci réexaminent la notion de genre et ses incompréhensions tout en visant parfois un public profane, les phénomènes de résistance et d'opposition au genre, les mobilisations réactionnaires ou conservatrices et les rapports entre catholicisme, genre et sexualité.

  • Ecrivaine et philosophe, fondatrice des Cahiers du GRIF, Françoise Collin nous a quitté.e.s à l'automne 2012, laissant la scène féministe belge orpheline de l'une de ses figures les plus engagées et les plus influentes sur le plan international.
    Ce numéro de Sextant souhaite rendre hommage à Françoise Collin, écrivaine et philosophe belge, et souligner à la fois la singularité et la pertinence de son oeuvre dans notre société contemporaine.
    Des textes inédits de Françoise Collin sont suivis de contributions de jeunes chercheures philosophes, historiennes, sociologues ou littéraires qui ont entendu son injonction à recueillir un héritage sans mode d'emploi et se sont approprié sa pensée à la lumière de leurs références et de leurs engagements propres.
    EXTRAIT
    En effet, la reconnaissance de Françoise Collin dans le milieu académique belge est loin d'être à la mesure de sa contribution réelle à la communauté scientifique. A deux exceptions près dont il sera question plus loin, jamais elle ne fut invitée dans une université francophone, ni récompensée par une distinction honorifique, alors que des universités étrangères l'accueillirent et l'honorèrent. Même le milieu associatif féministe a manqué d'intérêt et de gratitude puisque seul le réseau Sophia l'invit à plusieurs reprises, publia une de ses conférences et organisa après son décès un colloque dont plusieurs interventions ont inspiré des articles de ce numéro.
    Sans doute, cette absence de reconnaissance a placé Françoise Collin dans un ailleurs du monde académique propre à conforter une position insurrectionnelle que le féminisme est venu renforcer. Il est vrai que dès ses travaux sur Blanchot, Françoise Collin a développé une pensée rebelle qui allait compromettre son intégration institutionnelle, la prédestinant en quelque sorte à occuper une position minoritaire. Il appartient à celles et ceux qui, aujourd'hui et demain, recueilleront son héritage d'analyser le processus d'exclusion et de marginalisation qui l'a frappée, processus qu'elle a souvent dénoncé pour les autres.

  • Cette analyse des évolutions contemporaines de l'extrême droite scrute les précédents historiques et les divers ressorts de son développement, tels que l'utilisation des techniques du discours et du marketing ou l'existence de causes sociales objectives.
    Cet ouvrage offre un regard et une analyse pluridisciplinaire sur le phénomène polymorphe dit de la « banalisation » de l'extrême droite.
    Découvrez une analyse pluridisciplinaire inédite, centrée sur la France, la Grande-Bretagne et la Suisse et composée des contributions d'historiens, de politistes, de linguistes, de civilisationnistes, de sociologues et de juristes.
    EXTRAIT
    Avancer l'idée de « tentatives » de banalisation laisse néanmoins entendre que le processus est difficile et périlleux, qu'il est long et mal assuré. C'est pourquoi la banalisation de l'extrême droite ne saurait se mesurer uniquement à travers la progression électorale durable d'un mouvement politique qui oscille entre adhésion et protestation. Elle doit également être examinée sous l'angle de ses mécanismes car le processus de banalisation est tout à la fois plurivoque et dialectique.
    Plurivoque, la banalisation affecte l'extrême droite d'un point de vue à la fois formel et substantiel. Formellement, elle cherche à modifier son image publique, changeant de nom, de logo, de chef et de cadres, afin de laisser de côté les attributs du passé. Elle modifie également son discours public, l'atténue, l'euphémise, se fait porte-parole du « bon sens » populaire, emprunte des références aux autres familles politiques tout en se départissant des siennes propres. Elle revendique parfois auss un positionnement politique original, à l'instar du Front national qui se dit ni de gauche, ni de droite, signifiant implicitement qu'il ne saurait relever de l'extrême droite. Substantiellement, l'extrême droite devient une force politique pérenne et contribue à structurer le jeu politique ; elle marque son ancrage dans la société, élargit son vivier de cadres politiques, parce qu'adhérer à ses groupements n'est plus vraiment honteux. Il s'agirait donc en substance d'une forme d'institutionnalisation, les partis d'extrême droite quittant la sphère uniquement protestataire ou tribunicienne pour tenter d'accéder au pouvoir politique.

  • Découvrez une nouvelle étude sur le XVIIIe siècle, qui s'intéresse à la place des femmes dans les échanges polémiques censés garantir leur foi et faire taire les propos des philosophes des Lumières.
    Quelle place les femmes, réputées « querelleuses » selon Richelet, ont-elles occupée dans les échanges polémiques censés garantir leur foi et mettre une sourdine aux propos de « la philosophie » des Lumières ? Quel rôle exact ont-elles joué dans le déferlement des affrontements qui ont accompagné la structuration du champ intellectuel et dans l'appropriation positive de disciplines traditionnellement réservées à l'Église et à ses pasteurs ? Voici quelques questions soulevées par ce livre.
    Cette étude historique de la littérature et de la philosophie des Lumières s'interroge sur la place des femmes, réputées « querelleuses » selon Richelet, dans ce débat.
    EXTRAIT
    Lorsqu'elle s'est enfin emparée de la catégorie des « anti-Lumières », l'histoire littéraire a largement contribué encore à exacerber et à homogénéiser les oppositions entre les tenants des Lumières et leurs adversaires, empêchant par-là de restituer toute la complexité de phénomènes culturels, retors à la rigidité de cadres réducteurs. Cette radicalité a rétréci, sous prétexte de le comprendre, l'« esprit » d'un siècle où triomphaient, presque « naturellement », la diversité et la mouvance et où bon nombre d'acteurs sociaux ont témoigné de positions tantôt franches, tantôt mitigées, mais le plus souvent métissées. L'exemple de Jean Henri Samuel Formey, évoqué ici dans l'attribution inédite de La Laïs philosophe, incarne sans doute l'exemple le plus à même de « ruiner l'idée d'une opposition tranchée et simpliste entre `Lumières' et `anti-Lumières' ». Le portrait contrasté de Juliane de Krüdener conforte la relativité des étiquettes. Les multiples appropriations de l'archevêque de Cambrai par les Philosophes et les antiphilosophes témoignent de la même incongruité qu'il y a à dresser une démarcation étanche entre les deux « camps ». Teresa Margarida da Silva e Orta offre, dans ce recueil, une illustration supplémentaire de ces réinterprétations des figures spirituelles et philosophiques du siècle précédent, mêlant intentions progressistes et conservatrices. Elle invite aussi à mieux sonder leur instrumentalisation dans un contexte extra-européen.

  • Découvrez cet éclairage sur les politiques européennes et de promotion de la démocratie dans le monde arabe.
    Dans cet ouvrage, Leila Mouhib décrypte les politiques européennes de promotion de la démocratie dans le monde arabe, à travers les cas de la Tunisie et du Maroc. Les déterminants de telles politiques sont analysés de manière fine en démontant les rouages de la complexité institutionnelle européenne et en donnant la parole aux acteurs, de la conception à la mise en oeuvre.
    Cette étude vise à montrer la complexité institutionnelle de l'Europe. Pour cela, elle donne la parole aux acteurs et prend les cas de la Tunisie et du Maroc.
    EXTRAIT
    Janvier 2011. Révolution du jasmin, place Tahrir, printemps arabes, révoltes arabes, révolutions arabes... les termes ne manquent pas pour désigner les protestations populaires dans le monde arabe dès le début de l'année 2011, qui déboucheront, en fonction des pays, sur un changement de régime (Tunisie), une guerre civile (Lybie, Syrie), une ouverture politique mineure (Maroc) ou davantage de répression (Bahreïn). Très vite apparaissent des questionnements sur le soutien apporté jusqu'alors à ces régimes par différents acteurs, dont l'Union européenne. Le discours européen de soutien aux droits de l'homme et à la démocratie est présenté comme peu crédible, voire manquant de sincérité. Depuis un quart de siècle, pourtant, avec la fin de la guerre froide, la démocratie et les droits humains ont acquis une place centrale parmi les principes organisateurs d'un nouvel ordre international. C'est sur la base de ces principes que, de plus en plus, doit se fonder la légitimité des pouvoirs nationaux et internationaux. Tant les institutions internationales que les démocraties libérales industrialisées se donnent pour objectif de promouvoir la démocratie et prétendent en faire une condition de la légitimité des gouvernements et de l'instauration de relations commerciales et de coopération. Dans ce contexte international de globalisation et d'après-guerre froide, l'Union européenne a progressivement mis en place un engagement en faveur de la démocratisation dans ses politiques extérieures et de développement, ainsi que des politiques et des outils au service de cet engagement. Dans le cas des relations avec ses voisins méditerranéens, la démocratie a constitué l'un des éléments présentés comme centraux dès la mise en place du partenariat euro-méditerranéen et du Processus de Barcelone en 1995. Cet ouvrage étudie les pratiques de l'Union européenne dans ses politiques de promotion de la démocratie au Maroc et en Tunisie. Il analyse les déterminants de ces politiques, pour mettre en évidence l'importance de la complexité institutionnelle européenne, à même d'expliquer les pratiques des acteurs tout au long de la chaîne de production et de la mise en oeuvre des politiques de promotion de la démocratie.

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