Editions des Régionalismes

  • Comment peut-on parler de géographie sans s'ennuyer ? Pour cela, il faut peut-être (re)-lire l'Histoire d'une Montagne d'Elisée Reclus : un texte à la fois scientifique, humain, poétique et romantique dont le but est de faire découvrir, à travers tous ses aspects physiques, humains, religieux ou purement scientifiques ce que peut cacher ce terme générique de montagne. C'est l'occasion d'une balade foisonnante dans ce véritable univers que sait recréer - avec quel talent ! avec quelle langue ! - un des plus grands géographes français.
    Elisée Reclus, né à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde) en 1830, fils de pasteur protestant, vécut une partie de sa jeunesse à Orthez en Béarn. Il reste l'auteur internationalement reconnu de la monumentale Nouvelle Géographie Universelle (1894-1895) mais son engagement politique (républicain sous le Second Empire, communard en 1871, anarchiste), l'amène à des exils répétés en Suisse et en Belgique où il meurt en 1905.

  • A dix-neuf ans, Gustave Flaubert obtient, non sans mal, son baccalauréat. Ses parents lui ont promis, en récompense, un « tour » dans le sud de la France.
    Le « tour » en question consiste en un voyage qui mène le jeune homme de sa Normandie natale jusqu'en Corse, en passant par Bordeaux, Bayonne, Irun, Bagnères-de-Luchon, Toulouse, le Languedoc, la Provence maritime avec Marseille et Toulon.
    En résulte ce journal de voyage, alerte et romantique à souhait, qui ne sera, pourtant, publié qu'en 1885 (sous le titre de Par les champs et les grèves, - et qui comprend également son périple en Bretagne et Normandie), bien après la mort de son auteur.
    Gustave Flaubert (1821-1880), célèbre romancier français né à Rouen, est l'auteur, notamment, de Madame Bovary, Salammbô ou encore L'Education sentimentale.

  • Lo Libre - jos-titolat « nòva cosmica » a sa primièra edicion en 1973 - foguèt un dels tot primièrs libres de sciéncia-ficcion escriuts en occitan. Part d'un cicle dit « d'Iskèr » (del nom de la planeta que s'i debana l'accion del libre), aquí n'i a los dos tòmes que fan « lo libre de M'orgèn ». Lo Libre desenvolòpa lo tèma de l'emancipacion d'un pòble « minorisat » (los Ogdús) sus ua planeta aluenhada e exotica (Iskèr). Aquel « aliberament » que resulta de l'escritura e mai de l'eicion d'un LIBRE que, a flor e a mesura, s'esdevèn profetic e mòstra un poder invincible de realisacion de l'avenidor. Avenidor que LO LIBRE del M'orgèn Maiarà a previst d'un biais
    Cristian Rapin, nascut en 1931 a Clamart, d'una familha originària de Tonens (Òlt-e-Garona). Militant occitanista, escrivan, lexicològue e òme pragmatic, a totjorn volgut mostrar que la lenga d'òc podiá aver, sens contèsta, una modernitat de las bèlas. Aquel roman de Sciéncia-Ficcion escriut dins una lenga a l'encòp simpla e recercada es una de las jòias de la letradura occitana de uèi.

  • Publié en revue en 1897, puis en livre en 1901, le Sang de la Sirène, est une des nouvelles les plus célèbres d'Anatole Le Braz. Lors d'un voyage à Ouessant pour y recueillir les légendes de l'île, l'auteur découvre celle qui se rapporte aux Sirènes : douze vierges belles comme des anges mais perverses comme des démons, qui avaient leur résidence d'été dans l'île. Un pêcheur ouessantin en attrapa une dans ses filets et elle en fit le roi de la mer : les vagues lui apportaient les poissons et les épaves, les vents et les courants lui obéissaient, mais la malédiction des sirènes s'abattit sur lui et se poursuit encore sur tous ses descendants. Et un vestige en serait la fameuse et singulière cérémonie de proella (du breton bro et ella : rapatriement au pays) qui consiste à remplacer le corps disparu du naufragé par une croix de cire lors des cérémonies de funérailles... Toujours à mi-chemin entre fiction et légende, entre modernité et tradition, voici Le Sang de la Sirène.
    Anatole Le Braz, né à Saint-Servais (Côtes d'Armor), en 1859 ; professeur de lettres au lycée de Quimper ; collecteur infatigable de chansons, contes et traditions populaires ; auteur de nombreux ouvrages sur le sujet : La Légende de la Mort, Contes du Vent et de la Nuit, Le Gardien du Phare, Au Pays des pardons, etc. Professeur à l'université de Rennes (1901-1924). Il s'éteint à Menton en 1926.

  • « Faire le tour de Belle-Isle avait toujours été mon rêve. Mais pour cette promenade pédestre de 80 kilomètres, je désirais trouver un compagnon qui pût me prêter aide et assistance dans les passages périlleux, et dont l'âme fût en communion d'idées avec la mienne. Aussi, dès que cette bonne fortune m'eût été donnée, je m'empressai de mettre mon projet à exécution.
    Et ce voyage nous a laissé une impression de jouissances tellement intense, que je veux le transcrire, afin d'en conserver un souvenir plus vivace encore... » Le 10 août 1907, Eva Jouan commence ainsi son récit du tour de Belle-Île-en-Mer. Il était tentant, à un peu plus d'un siècle d'écart, de rééditer ce texte et de le confronter à la réalité de l'île, en l'illustrant de photographies récentes. Avec, en filigrane, l'idée de pouvoir se mettre, aussi, dans les pas de la poétesse, en suivant ses indications de randonnée. Voilà de quoi marier utilement et agréablement présent et passé !
    On est redevable à Eva Jouan (1857-1910) de ce surnom de « la Bien-Nommée » que l'on rajoute désormais systématiquement au vocable de « Belle-Île-en-Mer ». Femme de lettres, poétesse, native de Belle-Île, Eva Jouan est l'auteure, entre autres, de deux textes de prose relatifs à Belle-Île : Le Tour de Belle-Île, et Trois mois à Belle-Isle-en-Mer.

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