Editions du Rocher

  • Antonietta : lettres à ma disparue Nouv.

    Alors que la maladie d'Alzheimer de sa femme Antonietta progresse, Gérard Haddad prend la plume pour écrire à celle qui ne parle déjà plus. Ces lettres retracent la lente progression de la maladie : d'abord le déni, puis la lutte, les traitements et l'espoir de revivre « comme avant », puis les rechutes et l'entrée à l'Ehpad, peu avant l'épidémie de Covid et l'absolue solitude qu'elle impose pendant plusieurs longs mois.Étrangement, du creuset de la maladie émerge un nouvel amour, triomphant de tous les malentendus des années de vie partagées. Les souvenirs des moments de grâce affluent alors, et chaque instant de vie à partager encore prend une intensité et une profondeur insoupçonnée.Un texte poignant, qui dit toute la force d'un amour conjugal confronté à la maladie.
    Gérard Haddad est psychiatre et psychanalyste mais aussi écrivain, traducteur de l'hébreu et éditeur. Il a publié de nombreux ouvrages, notamment coécrits avec Antonietta Haddad, comme Freud en Italie, psychanalyse du voyage (Albin Michel, 1995). Plus récemment, il a publié À l'origine de la violence (Salvator, 2021).

  • Festival de Cannes, 1949. Dans sa suite du Carlton, Orson Welles est visé par un tireur. La balle l'a frôlé avant de briser un miroir. Mais qui peut en vouloir au réalisateur de Citizen Kane ? Pour assurer sa sécurité et démasquer le coupable, Orson engage Jérôme Dracéna, un détective privé cinéphile, aussi à l'aise sur un ring de boxe que devant une caméra. La Croisette et ses vedettes, Paris et ses pièges, des starlettes dangereuses et des producteurs à gros cigares... L'Assassinat d'Orson Welles nous plonge dans le monde pittoresque du cinéma de l'époque. Et la fiction est ici encore plus réelle que la réalité. Ce que va découvrir Jérôme Dracéna en essayant d'entrer dans la tête d'Orson Welles, génie romanesque et grand maître de l'illusion.
    Journaliste pour Paris Match, L'Express ou encore Vogue Hommes, Jean-Pierre de Lucovich a longtemps été un « infiltré dans le beau monde ». Après Occupe-toi d'Arletty ! (Plon, prix Arsène Lupin 2011) et Satan habite au 21 (L'Archipel, 2015), il a publié un livre de souvenirs très remarqué, People Bazaar (Séguier, 2016).

  • Pour promouvoir sa grande opération « barbecue de l'été », Disli, chaîne de hard discount allemande, missionne Stephen Berger, créatif en chef de la célèbre plateforme vidéo française Mystreamy. Ce dernier conçoit une parodie d'émission de cuisine dédiée à l'art du barbecue. Ça s'appellera Braises de stars, et le casting sera « cross-media ». Des ex-stars de la télé dépressives en mal de cash, des youtubeurs immatures (dont le fils du président de la République), sans oublier un producteur psychotique totalement débordé et des clients allemands exigeants. Il y a un sacré pactole à la clé, et surtout beaucoup d'emmerdes...Stephen survivra-t-il aux six jours de tournage à Marseille ? Se remettra-t-il de son histoire d'amour avec la belle Mélody ? Et surtout, sauvera-t-il le million, son job et sa carrière ?
    Une comédie de moeurs hilarante qui, par-delà la légèreté, pointe la vacuité de notre société.
    Jean Desportes est directeur de création chez Canal +. Braises de stars est son premier roman.

  • « Il y a deux personnes absolument indispensables, en ce bas monde, disait-il. La sage-femme et le fossoyeur. L'une accueille, l'autre raccompagne. Entre les deux, les gens se débrouillent »Un petit village à la dérive, quelque part...Là-bas, rue Principale, les pompes funèbres « Edmond Ganglion & fils », en plein marasme, ne comptent plus que deux employés : Georges, un vieux de la vieille, un fossoyeur de la première heure, et Molo, un jeune homme sans expérience.Ganglion s'angoisse, se ronge, et prie pour que les affaires reprennent. Georges patiente, et Molo rêvasse.Un jour, un mort, enfin. Et l'espoir renaît...
    Joël Egloff signait avec ce titre, en 1999, son premier roman, pour lequel il a obtenu le Prix Alain-Fournier. Il a également publié aux éditions du Rocher, en 2000, Les Ensoleillés (Prix Erckmann-Chatrian), et en 2003, Ce que je fais là assis par terre (Grand Prix de l'Humour Noir).

  • En reportage dans le Finistère, cette « fin de la terre » de son enfance, un journaliste quelque peu désabusé, s'intéresse à la disparition en mer d'un marin-pêcheur. Une manière d'oublier sa femme et son fils, qui lui manquent. Préférant la flânerie à l'enquête, David Bourricot peine à chasser ses fantômes et boucler son papier, malgré les liens noués avec des figures du pays : la patronne du bistrot où il a ses habitudes, un peintre nain, double de Toulouse-Lautrec, ou encore Clarisse, la jolie veuve du marin-pêcheur. Retrouvera-t-il, grâce à eux, le goût de la vie ?Roman envoûtant, porté par des personnages fantasques et poétiques, La Faucille d'or allie humour et mélancolie, dans une atmosphère qui évoque à la fois l'univers onirique de Fellini et les ombres chères à Modiano.
    Anthony Palou est chroniqueur au Figaro. Auteur de Camille (Prix Décembre 2000) et de Fruits et légumes paru en 2010 (Prix Des Deux Magots, Prix Bretagne, Prix La Montagne Terre de France). La Faucille d'or est son troisième roman.

  • Aloys et Théodore vivent dans un monde à part. Leur mère, Louise, est en proie à d'incessants élans mystiques, quand leur père, botaniste de formation et inquisiteur amateur, leur impose des lectures pieuses et para-scientifiques. Loin des préoccupations des enfants de leur âge, les deux frères vivent sous le joug de doctrines ésotériques, à l'exemple de la fameuse théorie des signatures, selon laquelle la forme des êtres et des choses indique leur rôle au sein de la création par un subtil jeu de correspondances. Les conséquences de ce mode d'éducation obscurantiste se révèleront désastreuses.
    Ce roman signe l'entrée en littérature d'un jeune auteur pour lequel l'écriture s'avère indissociable des profondes interrogations qu'elle suscite sur l'homme et les innombrables formes de vie qui l'environnent. Texte d'une grande richesse et musicalité, La Théorie des signatures réussit la prouesse de rendre, par son rythme et ses images organiques, l'étrange atmosphère qui pèse sur la famille Delabre et l'émerveillement de deux enfants face à l'intemporelle beauté du monde naturel.
    Joseph Soletier vit en Bretagne. Il publie là son premier roman.

  • Harlem, New York, un soir de novembre. Un sous-sol à l'écart des grandes avenues. Une cérémonie vaudou. Le narrateur regarde. Observateur, et non pas acteur. La nuit qui suit devient rêverie. Va-et-vient inlassable entre Harlem et Port-au-Prince. Le corps interdit de son amie et son enfance lointaine.
    Dans une approche semi-autobiographique, Louis-Philippe Dalembert retrouve l'un de ses thèmes favoris : l'enfance et ses tabous. La magie du récit, la langue, mélange heureux de gouaille et de détours créoles, de métaphores empruntées au vaudou et à la Bible, font de Les dieux voyagent la nuit le lieu d'une autre initiation : celle du lecteur, prêt à braver avec l'enfant téméraire toutes les peurs.

  • « Pourquoi ne pas avoir écrit sur une femme qui a fait oeuvre ? Qui a marqué l'histoire ? Qui a laissé derrière elle autre chose que des bribes et un fils ? Pourquoi m'acharner sur une comparse, sur une figure qui n'apparaît que dans l'ombre que projettent les grands hommes, dans les interstices de leur biographie ? Les feuilles s'entassent sur mon bureau, les livres où je cherche sa trace. Tous parlent de son fils, ou d'Andrieux, le père de l'enfant. Elle n'y apparaît qu'au détour d'une parenthèse, elle est reléguée en note de bas de page... »Dans ce livre, nourri d'une longue recherche, Nathalie Piégay enquête sur celle qui fut la mère cachée d'Aragon. Elle raconte la vie de cette femme libre et la passion qu'elle entretint pour les deux Louis : Andrieux, le père, grand bourgeois parisien, et Aragon, le fils, à qui elle transmit sa passion des arts et de la littérature. Au fil des pages, cette existence invisible et passionnée finit par ressembler à celle d'une autre. L'auteur de ce récit peut-être.
    Nathalie Piégay, ancienne élève de l'École normale supérieure, enseigne la littérature française moderne et contemporaine à l'Université de Genève. Elle est spécialiste de Louis Aragon (sur lequel elle a publié de nombreux livres et articles), de Claude Simon et de Robert Pinget. Une femme invisible est son premier récit.

  • Pierre Chaunier, journaliste à l'ancienne, entame une belle histoire avec « l'Orangée de Mars ». Avec elle, il partage plaisirs de la chair, affinités littéraires et dégoût de l'ultralibéralisme qui gangrène la société. Un matin, ils décident d'agir : « Et si on plaquait tout pour fonder une communauté dans le Vaugandy ? » Ils parviennent à convaincre leurs amis et achètent une fermette perdue. Mais la petite bande et ses idées originales font rapidement des envieux. Un mystérieux voyou en col blanc s'est mis en tête de convertir le phalanstère humaniste et libertaire en un fleuron du capitalisme. Parviendra-t-il à ses fins, tandis que la révolte gronde dans le Vaugandy et partout en France ? Dans cette fable politique à l'humour rabelaisien, Chaunier et sa fine équipe vont mener une héroïque bataille qui risque bien de faire vaciller jusqu'au président de la République lui-même.
    Né en 1956, Philippe Lacoche est journaliste au Courrier Picard. Il est l'auteur de plusieurs recueils de nouvelles et de romans salués par la critique. Le chemin des fugues (Le Rocher), qui mettait déjà en scène Pierre Chaunier, a reçu le prix des Hussards 2018.

  • Histoires d'amour impossibles... ou presque esquisse des portraits d'hommes et de femmes qui se sont parfois aimés puis séparés. Parfois se sont frôlés sans jamais se toucher. Et qui traversent la vie avec, dans le regard, la mélancolie de cette rencontre manquée. Ces histoires disent aussi des amours interdites, que trahissent par moments des fantasmes... ou des désirs confondus avec la réalité. Toutes le font avec légèreté et humour, comme celle de L'homme qui attendait d'être aimé, ou encore ce Dialogue par-dessus l'Atlantique aux voix brouillées par les incompréhensions et les décalages horaires. Histoires impossibles, peut-être, mais aussi d'impossible amour. Dans ce jeu de dupes que le "presque" du titre atténue néanmoins, il reviendra au lecteur de trancher...

  • L'icône orthodoxe représente l'image humaine telle qu'elle devrait être, allégée de ses imperfections, nettoyée, purifiée. Ainsi, est-ce comme une icône qu'apparaît dans la mémoire de Virgil Gheorghiu le visage de son père, Constantin, car ce prêtre d'un village situé sur le versant oriental des Carpates, a su intensément vivre son ministère en homme de coeur, en homme de bien, en saint.Retracer la vie du Révérend Père Constantin Gheorghiu, « deux fois son père », revient à dessiner le Roumain idéal, celui qui inspira Les Immortels d'Agapia, et le destin d'un pays broyé par les envahisseurs.On était prêtre de père en fils dans la famille Gheorghiu. Le fils de Constantin, Virgil, a été contraint par la pauvreté à y renoncer. Il est devenu poète, écrivain. Il a vécu, souffert, témoigné par ses livres, La Vingt-cinquième heure entre autres. Puis il a été ordonné prêtre à son tour...Virgil Gheorghiu raconte ses souvenirs dans des pages émouvantes, vibrantes de poésie, et son autobiographie nous éclaire à la fois sur l'homme, son oeuvre et son pays, la Roumanie, dont il a si bien su dire les malheurs et la beauté.Né en 1916 en Moldavie, au nord de la Roumanie, Virgil Gheorghiu s'exile après l'occupation de son pays par l'Armée Rouge. Il vit en France depuis 1948. Il a publié plus de quarante livres, dont une bonne partie écrits en français. Son célèbre roman, La Vingt-cinquième heure, a été traduit dans toutes les langues.

  • Sept femmes autour d'une tablebien garnie célèbrent la « Journée des femmes ». Parmi elles, Lyane,la narratrice, seule Française dans le groupe...Nous sommes à Tachkent, capitalede l'Ouzbékistan (ancienne Tartarie, comme on désignait autrefois cette Asiecentrale lointaine et mystérieuse), le 8 mars 2014.Sous formed'interviews et de récits croisés ou emboîtés, un peu à la manière des Contesdes Mille et une nuits, Lyane Guillaumenous entraîne dans une fresque multicolore à la suite de ces femmes d'aujourd'huiou d'hier, anonymes ou célèbres, humbles ou puissantes, qui ont marqué etcontinuent de marquer l'Ouzbékistan de leur empreinte. Des harems de la Routede la Soie (Samarcande, Boukhara) aux business women actuelles, de Bibi, épousedu redoutable Tamerlan, à Rano, mariée contre son gré à son cousin, en passantpar Tamara Khanoum, première danseuse ouzbèke à se produire sur scène, ouencore Sayora, médecin de campagne sur les rives de la mer d'Aral, à larecherche de son fils radicalisé, c'est toute la réalité riche et complexe del'Ouzbékistan - terre d'Islam mais aussi ex-république soviétique - qui serévèle à travers ces voix féminines.Tour à tour épique, bouleversant,drôle, coloré, pimenté, en tout cas savoureux comme la cuisine ouzbèke, cerécit à sept voix sur les femmes d'Ouzbékistan est à la fois un livre d'histoireset un livre d'Histoire.Enseignante, femme de théâtre, journaliste, écrivain avant tout, Lyane Guillaume a vécu en Inde, en Russie, en Ukraine, en Afghanistan et, entre 2012et 2016, en Ouzbékistan.

  • «Les histoires d'amour qui s'achèvent ne sont pas des histoires d'amour. »Un jour, le narrateur de ce roman réalise le miracle : sa femme et lui s'aiment depuis plus de trente ans. De la rencontre à l'université à la vieillesse qui s'annonce, des liaisons adultères à la vie quotidienne, il ausculte le sentiment amoureux, rendant hommage à sa femme Hélène et faisant l'éloge des couples au long cours.C'est avec une grande honnêteté psychologique, sans cynisme ni sentimentalisme, que Brice Torrecillas évoque les bonheurs et les turbulences de l'amour qui dure. Un amour « qui constitue la chair de l'existence ».
    Professeur et journaliste indépendant, animateur de l'émission télévisée Au Pied de la lettre consacrée à la langue française, Brice Torrecillas a publié trois romans (La Confession, De Parfaits inconnus, L'Ombre et le fard), un récit (Collioure, la Mémoire et la mer), ainsi que plusieurs nouvelles.

  • « Il suffit de si peu pour ébranler un sentiment. En nous, tout oscille tout le temps. »Une tempête fait rage. Perdues au milieu d'un immense parc, cinq personnes se sont réfugiées dans un abri. La nuit mouvementée qu'ils passeront ensemble à huis clos les révélera à eux-mêmes, tant il est vrai que le destin porte parfois le masque du hasard.
    Emmanuel Moses est écrivain. Il a reçu le Prix Méditerranée en 2018 pour son recueil Dieu est à l'arrêt du tram (Gallimard, 2017).

  • Pendant l'Occupation, à Paris, deux jeunes femmes se lient d'amitié dans un abri. Elles ne vont plus se quitter. L'une est enceinte d'un résistant, qui disparaîtra avant même de connaître son fils : François. L'autre est la nurse de Camille, fille d'un marchand d'armes et homme politique en vue. Camille et François vont grandir côte à côte, vivre ensemble les bouleversements des Trente Glorieuses : guerre d'Algérie, Mai 68, premiers chocs pétroliers. Bientôt, les deux enfants, qui n'en sont plus, amorcent de brillantes carrières. Bien qu'ils soient inséparables, il leur semble impossible à l'un comme à l'autre, élevés en frère et soeur, de nouer une relation amoureuse. De Paris à Manhattan, en passant par le Bourbonnais, vont-ils transgresser l'interdit familial ?Camille et François est à la fois un bouleversant récit d'apprentissage et le roman trépidant d'une fin de siècle débordée. De nouvelles Destinées sentimentales.
    Écrivain et journaliste, Gérard Pussey est l'auteur de plus de vingt livres chez Gallimard, Denoël, Fayard ou L'École des loisirs. Il s'est notamment fait remarquer avec L'Homme d'intérieur (Prix Roger-Nimier), Les Succursales du ciel, Au temps des vivants ou Menteur (Prix Alexandre-Vialatte).

  • À la fin des années soixante, le narrateur s'est rendu dans la Guinée de Sékou Touré. Après un incident de vol qui le retient au Maroc, il découvre cette dictature, en compagnie de deux femmes, entre lesquelles il se partage. Mais c'est son amitié pour Tidiane, opposé au dictateur qui va orienter son propre engagement, jusqu'à ce qu'il éveille des soupçons... Cette fiction lyrique est une plongée «au coeur des ténèbres» qui conduira le héros sur le chemin de la rédemption et de la lumière. Avec La Chose noire, Marc Rombaut a écrit un grand roman de la mémoire qui est aussi un chant à l'Afrique et à la vie. D'origine belge, Marc Rombaut a passé son enfance à Bordeaux. Après des études universitaires à Bruxelles, il a fait de la recherche et a enseigné en Afrique de l'Ouest. Collaborateur à la RTBF, il fut producteur des émissions Idem, Opéra et Écriture. Écrivain confirmé, il est notamment l'auteur de plusieurs romans au Seuil : Chat noir laqué (collection «Fiction & Cie», 1996), Ombres sur une piscine jaune (collection «Fiction & Cie», 2000), et Ville sanguine (collection «Fiction & Cie», 2003). Il vit entre Bruxelles et Antibes.

  • Exercices de mémoire, exercices d'amour pour des cours patients, en marge du temps. Des enfants s'inventent une cité de sucre dans un cimetière, un laveur de vitre funambule attend l'orage, un éboueur, depuis son beau navire, s'imagine uneidylle africaine ; dans un jardin ouvrier, les cendres d'une lettre brûlée se mêlent aux fleurs d'un cerisier, les passagers d'un bus se croisent et s'accompagnent dans leur solitude, les murs d'une prison, d'un hôpital appellent la magie de la neige ou des fleurs des champs. Il y a aussi des escargots, des abeilles, des colombes, messagers de la vie d'avant. Une montre à gousset, un violon, un parfum s'abîment un jour pour délivrer un secret. Une certaine mélancolie accompagne ces héros malgré eux comme une façon d'être au monde sans vouloir renoncer à leur chagrin parce qu'il parle encore du bonheur perdu. A travers cette vingtaine de fictions courtes, l'esprit d'enfance se décline contre le souffle de la mort, des vies fragiles auxhorizons tissés de fils de soie ou de fils barbelés, une " concertina " enroulée dans une belle écriture, rapide et précise, traversée par des éclairs de poésie. Ces nouvelles valent par la sensibilité fine qui s'y manifeste à l'égard des plus démunis, des êtres qui vivent dans le silence, auxquels un langage est prêté, sans pathos ni fioritures, par un auteur subtil qui maîtrise ses effets en préservant toujours un halo de mystère. Distillée par petites touches, des petits bouts de phrases au ton toujours juste, l'émotion dévoile un regard délicat qui fait vivre le moindre geste dans toutes ses répercussions affectives et permet à chacun de trouver soudain sa lumière.

  • Le Jardin dans l'île est à la fois réel et symbolique. C'est, en effet, en même temps qu'un vrai jardin, le royaume de l'enfance et des enfants, petit monde fabuleux que gouvernent mythe et poésie, en marge de la vie des hommes. Est-il, en son secret, drame plus déchirant que celui du congé qu'il faut, un jour, donner à son enfance ? Est-il aussi de thème plus difficile, et plus délicat ? Il y faut l'imagination du romancier, la lucidité du psychologue et l'intuition du poète. Et telles sont les dimensions cardinales de l'art de Maurice Genevoix. Mobilisé pour la Grande Guerre dès 1914 alors qu 'il n 'est âgé que de vingt-quatre ans, puis réformé le 25 avril 1915 pour blessures graves, Maurice Genevoix (1890-1980) aura vécu les horreurs du combat en première ligne. Cette expérience le transformera complètement. Universitaire brillant, se préparant à devenir enseignant ou haut fonctionnaire, il décide de se consacrer entièrement à la littérature à partir de 1918. L'auteur de Ceux de 14 et de Sous Verdun (son premier livre) est tout d'abord taxé de romancier de guerre, de pacifiste. Il faudra attendre 1925 et la parution de Raboliot (récompensé par le prix Goncourt) pour qu'enfin cette image s'estompe, vite remplacée par une autre, celle d '«observateur fidèle des hommes et des bêtes». Le jardin dans l'île est paru pour la première fois en 1968 aux éditions Plon.

  • C'est le Journal d'un jeune hussard de quatre fois vingt ans qui revit sa vie au galop. C'est le grand balayage, d'humeur et d'humour, d'irrévérence et de flamme, d'émotion et de colère d'un siècle tumultueux qui palpite sous la plume d'un écrivain libre de toutes entraves. Glanés de 2011 à 1928, des souvenirs, des rencontres, qui étonnent, passionnent, serrent le coeur ou font éclater de rire. Nimier et Aymé, Morand et Céline, Vialatte et Blondin, Mauriac et Léautaud, Cendrars et Desproges, Hemingway et Orson Welles. Hitler à son balcon, Churchill avec la Callas, l'abbé Pierre au Crazy Horse... Alger sous la mitraille, les grands procès de l'OAS, le goulag de la Mer Blanche, l'été 1940... Les travelos de Singapour, les coupeurs de têtes d'Amazonie... La grande Histoire et la petite filent au galop du siècle. Christian Millau est l'homme de plusieurs vies. Grand reporter, critique littéraire, romancier, mémorialiste, chroniqueur judiciaire, satiriste, voyageur et amoureux de bonne chère, son talent est chaleureusement reconnu par la critique et le public. Parmi ses parutions les plus récentes : Au Galop des Hussards (Grand Prix de l'Académie française de la biographie et Prix Joseph Kessel), Bons baisers du goulag et, aux éditions du Rocher, Dieu est il gascon ?, Le Passant de Vienne (Un certain Adolf) et Le Petit Roman du vin.

  • Cette pièce de théâtre est à l'origine du roman éponyme de l'auteur. Il y est question, bien sûr, des thèmes chers à Vladimir Volkoff : la Sainte Russie éternelle contre la Russie communiste dévoyée, l'espionnage, ses retournements et ses coups bas, ainsi que la confrontation orthodoxie-catholicisme, Est-Ouest, Orient-Occident. Comme toujours, ce grand écrivain sut se renouveler et apporter un éclairage absolument original à sa problématique. Surtout, il parvenait comme personne à brosser une galerie de personnages à la présence extrêmement forte. Celle du pape, dont le court pontificat constitue la toile de fond de ce texte, ou la très belle figure de l'archevêque orthodoxe, l'autre protagoniste majeur ou encore celle de la religieuse. A travers ces personnages se révèlent les lignes de fracture de notre monde; celles qui nous divisent nous-mêmes.

  • Un journaliste est chargé d'organiser un grand concours de sosies. Mais les sentiments, l'amour en particulier, n'ont-ils pas eux aussi leurs sosies ? Deux hommes se rencontrent à la suite d'une annonce nécrologique : l'un triche ; et l'autre ? Les jours de cafard, un homme et une femme se donnent rendez-vous au deuxième étage d'un immeuble qui domine la ville. A la fête des anciens, un couple en crise assiste aux tours de magie d'un prestidigitateur. Un voyageur et la réceptionniste d'un hôtel... Un peintre et son élève sous la lumière d'un soir... Deux amants dans une chambre alors que se dispute la grande finale... Les personnages de ces nouvelles nous ressemblent étrangement. Leurs couleurs sont les nôtres, certains jours. Une touche de lâcheté. Une touche de mélancolie. Une touche de cocasserie. Une touche de bonté. Et une touche de désastre.

  • Après une honorable carrière dans l'infanterie coloniale, le lieutenant Gaston Le Torch, sorti du rang, vit paisiblement en retraite à Paris. Il partage son temps entre la Bibliothèque nationale, où il cherche à reconstituer le passé héroïque des Le Torch, qui furent tous marins, et un petit bistro qui est le seul à détenir un petit vin blanc sec qui n'ait point gout d'eau. Il découvre un jour qu'un de ses ancêtres, Eugène Le Torch, qui commandait la frégate La Doulce en 1697, a fui devant les Anglais. Il veut réparer la honte ainsi attachée à tous les Le Torch. Un beau soir, peut-être sous l'influence du petit vin blanc, il se trouve brusquement sur la frégate La Doulce en présence d'Eugène Le Torch. Alors commence une merveilleuse histoire de combat naval pleine de personnages hauts en couleur, aussi animée qu'un film de corsaires. Il n'y manque pas même la grande dame d'une beauté ineffable qui sera le prix d'un combat épique.

  • Jacques Perret (1901-1992), patriote hardi et romanesque, a connu la célébrité avec  Le Caporal épinglé  et  Bande à part  (prix Interallié 1951), sans doute les meilleurs livres sur la captivité et le maquis. Pol Vandromme, dans un essai à la fois d'analyse et d'évocation, rappelle ce que la littérature doit à la noblesse humaine d'un personnage hors norme et à un grand écrivain aussi original que familier. En même temps, il montre l'ampleur et la diversité d'un auteur qu'il est impossible de réduire à ses deux titres fétiches. Perret a publié d'autres ouvrages que l'on peut considérer, eux aussi, pour des manières de chefs-d'oeuvre : dans  La Bête Mahousse  singulièrement, modèle de récits à l'imaginaire fantastique, un admirable nouvelliste ; dans  Articles de sport, Rôle de Plaisance  et  François, Alfred, Gustave et les autres, un chroniqueur flamboyant, parfois d'une ardeur vagabonde, gaulois de fibre, de souche et de tradition. Un styliste exemplaire qui ne ressemble à aucun autre et un Français, fidèle au sens de l'honneur jusqu'à l'héroïsme de défi. Il fallait le mettre à sa place, la première dans les lettres contemporaines. C'est l'ambition et la réussite du livre de Pol Vandromme.

  • « Tu te souviens » est une histoire d'exils successifs où le lecteur suit les nombreux périples d'une famille de colons installée tout d'abord en Malaisie. Helen, une jeune anglaise, a épousé François de Moronval qui possède un riche commerce de caoutchouc. A la veille de la Seconde Guerre mondiale, Helen devra s'enfuir pour l'Australie avec leurs deux jeunes enfants, Stanislas et Isabeau, dans l'attente que François les rejoigne. Le voyage sera chaotique, aussi devront-ils débarquer à Bombay. Sans nouvelles de son époux, la jeune femme devra reconstruire sa vie, travailler, éduquer ses enfants sur ce territoire hostile. Quand Helen apprend la mort de sa mère, elle décide de retourner en Angleterre avec ses enfants, pour une vie plus paisible, plus équilibrée. Après trois ans, François réapparaîtra soudainement. Il lui faudra apprivoiser Stanislas et Isabeau, lui qui ignore les obligations familiales. Le couple ne cesse de se déchirer. François décide d'amener sa famille à Bordeaux, sa ville natale, afin de fuir sa belle-famille. Triste et névrosée, Helen suivra cependant François à Hong-Kong, nouveau départ que nécessite son commerce. C'est loin de ses racines qu'elle reprendra goût à la vie : grâce à l'amour de Jean, un amant dévoué, qui multiplie les attentions délicates pour Stanislas et Isabeau. Ceux-ci verront en lui un substitut de figure paternelle. Atteint d'une maladie incurable, Jean décédera bientôt, plongeant ainsi Helen dans le plus profond désespoir. S'en suivra un retour à Bordeaux, puis un nouvel exil. Stanislas vivra le départ de sa mère pour le Japon comme un véritable abandon, de loin le plus douloureux de tous les exils endurés depuis sa naissance. D'autant que cette séparation est une décision de François, soucieux d'éloigner son fils d'Helen parce qu'ils formeraient à ses yeux un couple ambigu, trop fusionnel. Marie Josèphe Guers nous livre ainsi une grande fresque romantique sur fond de peinture historique et surtout une histoire d'amour entre un enfant et sa mère.
    Marie-Josèphe Guers, agrégée de lettres, est notamment l'auteur de La femme inachevée (Roman Actes Sud 1987 Prix du premier roman, Prix A. Louis Barthou de l'Académie Française), Paul Claudel (biographie Actes Sud 1988 Prix Roland Dorgelès), Peines Perdues (Roman Robert Laffont 1989 Prix des lectrices de Elle) La Fiancée du Nord (roman JC Lattès 1992 Grand Prix littéraire de la ville de Caen), Le Petit marquis (Roman Mercure de France 1993 Prix du printemps du livre de Montaigu), la Maîtresse du Consul (Roman Albin Michel 1998 Prix de la Fondation de France Charles Oulmont, Prix de la Société des Gens de Lettres) L'amour en guerre (Roman Albin Michel 2002). Elle a publié également des livres jeunesse chez Hachette Littérature et crée le Grand Prix de saint Emilion Pomerol-Fronsac.

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