Littérature générale

  • Le 17 janvier 1941, l'Indochine offre à la Mère patrie, aux dépens de la Thaïlande, sa seule victoire navale flotte contre flotte des deux guerres mondiales réunies. Mais, voilà, elle est entachée d'une tare originelle, elle est "vichyste". Cette bataille navale constitue le pivot de cette évocation romanesque de l'Indochine et de la Thaïlande dans cette ambiance si singulière qui y prévalait en ces années de guerre.
    Dans une époque où les passions ambiguës, flamboyantes dans leur déraison, s'exacerbent, s'exonérant enfin des contraintes communes, la fantaisie et l'excès ne sont-ils pas les derniers repères, l'apogée voluptueux de l'illusion ? Luxe, opium, sexe, domination.
    Le destin croisé d'un officier de marine français et de son frère d'adoption thaïlandais quand tous les repères s'inversent.

  • Point de morale ordinaire dans ces récits exhaussés des brumes hallucinantes du Siam et des confins alentour ; mais des histoires merveilleuses transmises intuitivement au fil des générations.
    N'eût été leur genre littéraire qui détermina l'auteur à préférer le mot  histoires plutôt que celui de contes ou de nouvelles pour les intituler, les narrations présentées ici ont en commun d'être des récits au propos  drôle ou édifiant, à portée morale ou philosophique, certains tirés de  l'histoire siamoise proprement dite et tous s'apparentant, pour le plaisir  de raconter - ou celui d'écouter raconter -, aux légendes ou aux fables  de notre enfance.
    Mais pour l'Occidental, pétri de culture chrétienne, l'analogie  s'arrêtera là. Car peu chaut à ces conteurs exotiques de nous faire la  leçon. La morale - au sens où nous l'entendons - est ici bien peu présente.
    La ruse l'emporte sur la probité. La simonie des moines, la débauche  de quelques fieffés bougres ou les manigances de vieillards en quête de  fraîche compagnie sont bien souvent récompensées. Comme l'inverse  peut être vrai aussi, vertu inattendue cachée au détour de quelque  espièglerie. La frontière entre le bien et le mal est bien ténue dans ces  pays d'or.
    Et voilà bien là l'illustration de la singularité de ces peuples qui, sous  l'apparent détachement de Jean Marcel, fuse impudemment à rebours de  notre entendement. Pour notre plus grand plaisir.
    Jean Marcel est médiéviste, essayiste et romancier. Après une prolifique carrière universitaire comme enseignant et chercheur, il a fait de la Thaïlande son pays d'adoption, où il continue aujourd'hui sa réflexion et son oeuvre pour laquelle il a reçu plusieurs prix littéraires. Dans le même genre que le présent livre, il a publié Des nouvelles de Nouvelle-France (1994). Jean Marcel est décédé à Bangkok le 30 juin 2019.

  • It is Autumn in Paris, and Pierre is frankly bored. He is fifty years old and he has long since abandoned any kind of commitment to the relationship with his wife Hélène Grazziano-Benz, the promiscuous and media-obsessed president of the NGO  Terre d'enfants (A Land for Children). Though his life is comfortable and secure, he is intensely bored by its dreary and tedious routine. However he manages to create some excitement in his life through occasional furtive sexual encounters with men, though they are never more than one-night stands.
    His encounter with Laum, a beautiful young man from Laos, who seems shy, well-educated yet eager to learn, ambiguous yet determined, suddenly plunges Pierre headlong into a full-blown love-affair. The passion which Laum arouses will lead to the breaking down of all the barriers with which Pierre has so carefully surrounded himself; there will be no more certainties, no more inhibitions.
    From the hushed salons of polite French society to the deceptive tranquillity of Vientiane and the vibrant sexual excesses of Pattaya life. All the taboos will be challenged in an explosion of sexual promiscuity, corruption, greed and human venality.
    Crooked politicians, corrupt NGO's, ruthless businessmen and blackmail; all are portrayed here against the backdrop of a gay scene both in Paris and Asia. And the price to be paid for breaking the rules...? Death beckons at the end of the road.

  • Thaï-crayons

    Bud E. Weyser

    Les déboires de touristes occidentaux en mal d'exotisme au pays du sourire. Mais aussi de bien jolies Thaïlandaises, pas si bêtes et attachées à leur culture ! Quand deux mondes se rencontrent...
    Le facétieux et truculent Baudoin de Duve revient avec une nouvelle présentation de son célèbre recueil de croquis. Cette sélection de dessins est d'abord destinée à sauver quelques croquis originaux des naufrages de plusieurs années de mousson en Thaïlande : l'humidité, les fourmis, les termites étant d'impitoyables prédateurs d'archives. Avant de s'atteler à Tintin en Thaïlande en 1996, l'auteur a réalisé quelques cartoons dans Chiangmai News, magazine anglophone aujourd'hui disparu.
    Enfin depuis 2000, Baudouin de Duve, alias Bud E.Weyzer, a aussi dessiné pour le mensuel Gavroche publié en Thaïlande.
    Comprend également "La saga du Dieu mystérieux", envoyée au jour le jour par télécopie aux amis puis reliée à 50 exemplaires introuvables depuis.
    En tout, plus de 130 dessins hilarants.
    « Bravo c'est très drôle, férocement caricaturé », préface de Stéphane Steeman.

  • Paris, automne 2008. Pierre s'ennuie. À cinquante ans, il a abandonné depuis longtemps à son épouse Hélène Grazziano-Benz, papillonnante et médiatique présidente de l'ONG Terre d'enfants, le devant de la scène conjugale. Sa fille, qu'il adore, et quelques aventures aussi, sans lendemain, colorent un peu la grisaille routinière d'une vie confortable et sécurisée  ; précautionneuse.
    Sa rencontre avec Laum, un jeune homme laotien, d'apparence timide, cultivé et curieux - mais aussi ambigu et déterminé -, le projette soudain dans une passion fulgurante. Une passion qui brise toutes les barrières protectrices dont il s'était patiemment entouré  ; toutes ses certitudes, tous ses interdits.
    Des salons feutrés de la bonne société française au calme trompeur du Laos, à la permissivité ludique de Pattaya. Une révélation libératoire, jouissive  ; une fusion explosive et charnelle. Le rêve d'une transgression inaccessible  ?
    Politiciens véreux, ONG corruptrices, chantages sexuels, raffinements orientaux... sur fond de «  milieu gay  » à Paris comme en Asie. Peut-on franchir sans danger toutes les limites  ?

  • En 1877, le récit d'explorations mouvementées d'un « baroudeur-scientifique » au coeur du Laos sauvage.

    < i>« Si j'étais riche, j'achèterais au roi de Bangkok ce coin perdu de ses immenses possessions, et je viendrais m'y établir avec quelques Français. Il n'y a pas de parc qui vaudrait celui-ci. »
    En deux explorations extrêmes, Jules Harmand nous plonge dans les mystères de ce coin d'Indochine alors inconnu, le Sud Laos, et nous fait vibrer à l'unisson de ses découvertes et des mille périls que cet aventurier colonial surmonte, le fusil toujours bien à portée de main ; car ce médecin de marine passionné, ancien compagnon de Francis Garnier dans sa guerre contre les Pavillons Noirs, a le courage chevillé au corps.
    Aujourd'hui, pour le voyageur qui connaît ou s'apprête à découvrir cette magnifique région entre Paksé, Champassak, Saravane et la cordillère vietnamienne, quel plaisir d'imaginer, de reconnaître les sites, les monuments, les ethnies d'alors. Sur les pas de Jules Harmand, ce bâtisseur d'empire solitaire, découvrez ces bastions encore vierges aux moeurs étranges, les Hauts Plateaux des Bolovens ou l'extraordinaire beauté des torrents indomptés et des cascades vertigineuses. Regardez le Vat Phou, un des nombreux dessins d'Eugène Burnand qui illustrent le texte : retirez le casque colonial ; vous y êtes, rien n'a changé ! Laissez-vous maintenant entraîner dans l'aventure. L'auteur y délie sa plume comme il manie son fusil !
    Comprend 75 illustrations d'Eugène Burnand

    Jules Harmand (1845-1921), après des études scientifiques et militaires, sert en Indochine comme médecin de marine et participe à la première mission archéologique de Louis Delaporte.
    En 1873, il combat les pirates qui ravagent le Tonkin. Il se consacre ensuite à l'exploration du Cambodge et du Laos dans des conditions périlleuses. Ses relevés scientifiques et ethnographiques font toujours référence.
    En 1881, le Dr Harmand embrasse la carrière diplomatique où il s'illustre notamment en obtenant l'annexion du Tonkin à la France. Passionné du fait colonial, il publiera en 1910, sur le conseil de son ami Gustave Le Bon, Domination et colonisation qui en pose les principes.
    Toute la vie de Jules Harmand représente brillamment cette génération de « militaires-scientifiques », à la fois découvreurs, conquérants, pacificateurs, diplomates et administrateurs, qui ont édifié l'empire colonial français.

  • Michel Muscadier nous conte ici, au fil du Mékong, un peu des charmes de cette relation très subtile qui nous unit toujours à cet Extrême-Orient si intimement lié dans l'histoire à notre grand roman impérial.
    Michel Muscadier n'est pas seulement un homme de nostalgie  ; il est aussi un homme de symbole, où les dates deviennent repères, organisant ainsi harmonieusement autour de lui le temps qui court. Son voeu était-il ainsi de publier en cette fin 2014 ceux de ses poèmes auxquels il est le plus attaché, soigneusement composés sur toutes ces années et enfin rassemblés dans un recueil. Pour les quatre-vingt printemps d'existence et le demi-siècle de vie à Bangkok de cet éternel adolescent. Vues fugaces, impressions tout à la fois mystérieuses et proches, d'une plume toujours déliée et concise, éclairage délicat et puissant de cette passion très française pour cette région d'Asie et les peuples qui la composent ; les éditions Soukha ne pouvaient manquer à l'appel. Le lecteur, sûrement, n'y manquera pas non plus.
    Né en France en octobre 1934, parti dès 1954 vers des terres plus exotiques où l'Inde et le Pakistan ne seront qu'une étape exploratoire - mais ô combien révélatrice d'un ailleurs tout empreint de chaudes perspectives pour ce jeune homme peu enclin à la froidure trop probable qui se profilait pour lui dans nos contrées européennes -, Michel Muscadier ne retournera plus que pour de courts et rares séjours en «  métropole  », comme l'on disait alors. Après sa découverte enthousiaste du Laos, du Vietnam et de la Birmanie - pays qui verront sa fibre pour l'écriture se révéler  -, c'est en Thaïlande qu'il se fixera à partir de 1964, quand il s'établira pour de bon à Bangkok.
    Captivé de même par cette «  cité des anges  », qu'il célèbre à son rythme dans les vers qui suivent, autant que par le royaume dont elle est la capitale et, à ses confins, ces terres d'Asie dès lors devenues siennes, Michel Muscadier n'en délaissera pas pour cela sa culture d'origine. D'abord enseignant à son compte et dans sa langue auprès d'une jeunesse thaïe curieuse de notre civilisation, il collabora à l'Alliance française de 1964 à 1968 et fût recruté par le Ministère des Affaires étrangères français pour diriger la Cinémathèque Régionale pour l'ensemble des douze pays et territoires de l'Asie du Sud-Est, fonction qu'il ne quittera qu'en 1994 pour prendre sa retraite.

  • Le témoignage exceptionnel du dernier gouverneur général de l'Indochine qui préserva la « Perle de l'Empire » des turbulences de la Seconde Guerre mondiale et posa les bases de ce qui aurait pu devenir des pays indépendants et en paix associés à la France.
    Alors que l'Amiral Jean Decoux était la cible d'un procès «  d'épuration  » - qui se conclurait par un non-lieu -, le Roi du Cambodge, Norodom Sihanouk, lui écrivit le 20 juin 1946 :  «  ... je dirai avec quelle abnégation vous avez, en Indochine, servi les intérêts supérieurs de la France et avec quelle noblesse de coeur vous avez assuré, pendant quatre ans, la protection des peuples indochinois contre l'ennemi. Je suis certain que justice vous sera rendue et que la France vous considèrera comme un des meilleurs parmi ses fils  ».
    Ainsi va l'Histoire. Selon ses aléas, le héros devient bien vite le «  traître  » aux yeux d'une opinion désinformée par des intérêts qui la dépassent ou, à tout le moins, est-il «  effacé  » d'une mémoire qui dérange. L'Amiral Decoux, malheureusement, n'a pas échappé à cette règle.
    À la barre de l'Indochine  - le récit de son gouvernorat - était introuvable depuis de nombreuses années. Et pourtant... quel témoignage exceptionnel  !
    D'une écriture élégante et avec un soin extrême des détails, l'Amiral nous explique comment il tint le «  navire Indochine  » hors de l'eau au milieu de la tempête de la Seconde Guerre mondiale. Il nous décrit l'enchaînement des évènements et les défis qui s'amoncellent, auxquels  il doit faire face avec pour unique objectif l'accomplissement de sa mission  :  maintenir  l'Indochine dans le giron français.
    Mais la portée de son action va bien au-delà. L'énergie de Jean Decoux était aussi tendue pour construire les fondations profondes d'un avenir commun librement décidé entre la France, les royaumes du Laos et du Cambodge, et le «  Vietnam  ». L'Amiral Decoux fut ainsi le premier haut responsable français à employer le mot  Vietnam  pour ce qu'on nommait encore le Tonkin, l'Annam et la Cochinchine.
    Le coup de force nippon du 9 mars 1945 et ses funestes conséquences fracasseront l'espoir de l'Amiral d'une indépendance pacifique de ces pays en association avec la France. Toujours est-il qu'À la barre de l'Indochine  pose clairement les bases de ce que pourraient encore être demain ces rapports fraternels et privilégiés avec des peuples qui nous sont si proches à tant d'égards. Si nous voulions bien un jour assumer  aussi  les bienfaits de notre histoire coloniale...
    En ce sens,  À la barre de l'Indochine  n'est pas seulement un extraordinaire document historique. Il est aussi un livre terriblement actuel.
    Préface de Jacques Decoux.

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