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  • L'art prolonge l'enfance et l'adolescence, période où la culture est particulièrement investie. Le goût pour les jeux vidéo et les références pop, notamment numériques, se sont imposés et laissent supposer que les héros de séries ou les super-héros sont entrés dans notre vie, comme de nouveaux amis ou des membres substitutifs de notre famille interne. Séries, cinéma, peinture, jeu vidéo, bande dessinée, livre ou autre flash mob, la pop culture ne se décline pas seulement en fonction de son média, elle a modifié notre façon de vivre.

    L'auteur explore la possibilité d'un voyage associatif à partir de son expérience clinique et d'artistes qui ont laissé une empreinte souvent essentielle. Des peintres modernes au Street Art, d'Arcimboldo, Iron Man aux transhumanistes en passant par Michaël Jackson et certains de ses patients, il s'attache à créer un décalage en subvertissant le réel.

    Cet entrelacs entre la culture et la clinique pose sans cesse de nouvelles questions voire de nouveaux défis quant à la compréhension de l'humain au contact de la modernité.

  • L'auteure embarque le lecteur dans les méandres du soin comme dans un grand voyage. Les escales sont faites de différentes séquences de soin en intra comme en extra-hospitalier. La diversité d'expériences qu'elle aborde lui permet de présenter mille et un visages de ceux que l'on appelle des « fous » et de témoigner de leur courage.

    Elle témoigne aussi du désarroi, parfois du désespoir, des soignants devant l'inhospitalité hospitalière et le dévoiement de leur métier. Elle raconte les combats qu'ils ont à mener à chaque instant pour qu'une rencontre advienne et que leurs soins puissent éventuellement devenir thérapeutiques.

    Mais loin d'être dans la plainte, elle donne mille et une raisons de continuer ce combat en racontant la magie de la rencontre humaine dans la relation de soin. Elle ne donne pas de leçon. Simplement, elle décrit certains chemins qu'elle a empruntés avec des patients, les explorations qu'ils ont menées ensemble sur des territoires inconnus de l'un, de l'autre ou des deux. Elle invente pour chacun une « bonne distance » sans craindre de puiser dans ce que Jean Oury appelait son « arrière-pays ». Elle fait feu de tous bois et balade une besace d'infirmière pleine de lectures, d'échanges et d'expériences mais aussi de contes et de bouts de chiffons.

  • « Une nouvelle génération qui pense en images est née. Cette génération digitale peut vivre le meilleur comme le pire avec sa main, métaphore du moi.

    J'en ai évoqué le meilleur, c'est-à-dire tout ce qui a trait aux modes d'accès au savoir, aux modes d'être, de pensée et de langage, aux modes relationnels et aux compétences aussi. Mais cette génération peut aussi connaître le pire des usages toxiques. Je ne suis pas assez naïf pour le nier.

    La voie de l'avenir me semble être à mi-chemin entre la surexcitation face à tout ce que la main peut entreprendre dans le virtuel et le rejet massif des mondes numériques. J'ai choisi l'enthousiasme parce que je suis confiant dans les ressources humaines pour apprivoiser un outil encore sauvageon, et pourquoi pas, empoisonné, dont je cherche pourtant comme psychanalyste à explorer les usages thérapeutiques.

    Je reste chercheur tout en estimant d'expérience que le virtuel est un outil plein de richesses pour panser des blessures. J'ai surtout voulu montrer que les mondes numériques peuvent réellement aider les enfants à grandir et les adultes à retrouver l'enfant qui est en eux, à cheval entre illusions nécessaires et désillusions constitutives. » M.S.

  • A travers son séminaire, l'auteur articule, au plus près de la problématique des enfants autistes et psychotiques et en alliance avec leurs parents, les différentes pistes de recherches et de pratiques dans les domaines de la santé publique, de la psychothérapie institutionnelle, de la psychanalyse, de l'anthropologie. Les nombreux exemples cliniques, qui ponctuent cet ouvrage, montrent conceptuellement et concrètement les raisons de la complexité du dispositif souhaitable (ouvert sur différents partenaires, parentaux, médicaux, pédagogiques, sociaux...) et les aspects nécessairement institutionnels de la prise en charge de ces enfants. Une introduction actualisée fait le point des avancées cliniques et théoriques dans ce secteur. Pierre Delion est professeur de pédopsychiatrie au CHU de Lille. Depuis longtemps engagé dans la défense de la psychiatrie de secteur et de la psychothérapie institutionnelle, il a acquis une véritable notoriété auprès des professionnels de la santé mentale et de tous ceux qui s'intéressent aux prémices de la vie psychique.

  • Sous la forme d'un abécédaire, une équipe de soutien en soins palliatifs témoigne de sa pratique. Elaboré à partir d'une supervision assurée pendant plusieurs années par Jean-Pierre Lebrun, cet abécédaire rend compte du travail d'ajustement incessant de détails auquel se soumettent les membres de l'équipe Delta, pour couvrir - palliatif venant de palliare, qui veut dire recouvrir - d'un manteau d'humanité jusqu'à leur dernier souffle, ceux et celles que la vie est en en train de quitter. Dire cette clinique du détail, de la broutille, voire m ême de la bricole, fait émerger l'importance cruciale de ces choses apparemment anodines, mais aussi des frottements, parfois des frictions, m ême des heurts, dans la rencontre entre le patient en fin de vie et celui qui l'accompagne.

  • Les médiations thérapeutiques sont aujourd'hui largement utilisées dans la clinique. Avec l'essor du numérique, les jeux vidéo ont fait leur apparition dans le soin et sont devenus des objets de médiation que les auteurs ont tous expérimentés dans leur pratique.

    Ils développent les enjeux de l'usage des jeux vidéo et de la console dans la séance de thérapie auprès d'enfants ou d'adolescents, en soin individuel ou groupal, institutionnel ou libéral, et analysent la place de la parole dans la partie de jeu partagée. Dans leurs présentations cliniques de jeunes sujets - qu'ils soient, ou non,  habitués, adeptes du jeu vidéo ou joueurs excessifs -, ils montrent que l'important n'est pas le jeu vidéo en lui-même mais bien sa caractéristique de médiation, induisant des effets de transfert et contre-transfert à l'oeuvre dans toutes rencontres thérapeutiques.

    Ce livre, destiné à tous les professionnels de l'enfance et de l'adolescence, en exercice ou en formation, en offrant une vision précise de quelques jeux vidéo et de leurs intérêts en thérapie, ouvre la voie à d'autres possibilités de prises en charge créatives autour du numérique !

  • La réédition de ce petit livre modeste, faisant état d'une pratique marginale utilisée dans quelques cas graves voire gravissimes de troubles psychopathologiques chez l'enfant, prend d'un coup d'un seul l'allure d'un manifeste pour la défense de la pédopsychiatrie d'inspiration psychanalytique et au-delà de toute la psychiatrie humaniste. Enracinée dans les différentes cultures du maternage et de l'hydrothérapie à travers le monde, cette technique de soins a été récemment revisitée par les psychanalystes pour devenir une technique au service de la psychothérapie des sujets autistes et psychotiques, qui, pratiquant des automutilations, se mettent gravement en danger. Il s'agit d'envelopper le corps dénudé du patient dans des linges trempés dans l'eau froide et d'être-là avec lui au cours du réchauffement, attentif à ce que la situation particulière va lui permettre d'évoquer, de revivre. Le packing peut être ainsi un moment thérapeutique pour une reprise développementale des représentations du corps (« image du corps ») que ne peuvent obtenir ni les médicaments ni les méthodes comportementales à eux seuls. Pierre Delion est psychiatre des hôpitaux, responsable d'un service de psychiatrie infanto-juvénile à Lille. Il est engagé depuis plus de vingt ans dans la rénovation de la psychiatrie contemporaine avec les différentes équipes qu'il a animées et qu'il anime encore aujourd'hui. Pour mieux soigner les enfants autistes et psychotiques, il tente d'allier les avancées rendues possibles par la psychiatrie de secteur et celles résultant de la psychothérapie institutionnelle.

  • Clair et rigoureux, cet ouvrage, sans cesse réédité depuis sa parution en 1995, constitue un outil pertinent pour tous ceux qui ont professionnellement à mener des entretiens cliniques. Favoriser l'usage des mots pour dire, proposer des mots pour continuer à entendre et à faire entendre ce qui est dit sont les objectifs de cet ouvrage qui ne constitue pas un exposé des techniques mais offre au lecteur des éléments de réflexion clinique sur les principes organisateurs de la conduite de l'entretien. Benjamin Jacobi est psychanalyste à Marseille, ancien professeur de psychopathologie clinique à l'université de Provence, membre du comité de rédaction de la revue Cliniques méditerranéennes depuis sa création.

  • « Dés sa parution en 2002, Clinique du suicide s'est imposé comme une contribution essentielle à l'étude du suicide. Le débat qu'instaure cet ensemble d'articles ? où des psychanalystes, des philosophes, des critiques littéraires et des anthropologues se penchent résolument sur cette question toujours énigmatique : pourquoi un être humain se donne-t-il la mort ? ?
    Infléchit le problème dans des directions inédites, avec une richesse et une absence de dogmatisme rares dans ce domaine. Si le cadre de ces essais est psychanalytique, leur portée est incontestablement plus large. Les « épidémies » de suicide qui ont attiré l'attention du public ces dernières années - chez France Télécom en Europe, chez Toyota et d'autres entreprises en Asie - témoignent de ce changement radical de la vie moderne.
    L'individu en est réduit à n'être, sur le marché, qu'un agent de la compétition pour l'obtention de biens et de services. Les aspects de sa subjectivité qui ne peuvent devenir les acteurs d'aucune de ces opérations dites de « ressources humaines » font retour dans le réel sous la forme de suicides comme effets de la conception libérale moderne de la vie humaine.
    L'ironie de l'affaire est que, plus le suicide devient la chose à éviter à tout prix, plus régresse la compréhension réelle du suicide.
    Le manque à savoir du sujet sur sa tentative de suicide rencontre celui des discours ambiants. Or, et les articles de cet ouvrage le démontrent amplement, aider le sujet à élaborer ce savoir est un enjeu crucial, non seulement pour réduire les risques d'une récidive, mais aussi pour qu'il devienne le sujet de son expérience et établisse les bases d'un travail sur son histoire, en fait, sur la question de vivre elle-même. »

  • La peau, surface vivante et vibratile, réagit tout autant aux évènements physiques et psychiques intérieurs qu'aux facteurs extérieurs liés à l'environnement. En utilisant des analogies entre la peau du corps et l'épiderme pictural qui subit une série de transformations plastiques et imaginaires, Martine Colignon s'aventure avec les patients sur des chemins créatifs qui mettent en évidence et en dynamique le lien entre des productions concrètes et des processus psychiques tels qu'ils se manifestent lors des séances d'atelier.

    Dans une traversée tant littéraire que clinique, tant artistique que psychanalytique, elle ouvre de nouvelles voies de compréhension des mouvements propres à toute aventure créative en milieu de soin, dont notamment la possibilité pour les patients de reformer psychiquement une peau, enveloppe contenante et protectrice capable de soutenir leur élan vital.

  • L'intérêt persistant des lecteurs pour ce livre est un argument suffisant pour justifier sa réédition en format poche, dix ans après sa première parution. L'évolution de la psychiatrie ces dernières années et plus précisément ces derniers mois en est un autre, qui donne d'ailleurs à cette nouvelle publication une dimension militante. Aujourd'hui, les psychiatres devenus rares ont peu de temps à consacrer à la réflexion avec les membres de leur équipe sur leur vécu quotidien avec les patients ; les infirmiers dont le nombre ne cesse de diminuer doivent passer de plus en plus de temps à veiller à la bonne tenue des dossiers et au respect des normes de sécurité. La gestion banale du quotidien grignote le temps de la rencontre, de la parole, de la réflexion – c'est-à-dire du soin psychique. Il est plus que jamais utile de dire ce qu'est ce soin psychique, dans sa dimension personnelle comme dans sa dimension institutionnelle. De rappeler les conditions nécessaires à son exercice. De souligner son utilité, si on souhaite éviter l'enfermement progressif de la démarche de soins dans la répétition et la chronicité. La démarche soignante décrite dans ce livre est en péril. Considérée comme coûteuse par ceux qui limitent leur horizon à la gestion comptable de l'actualité immédiate du soin, sans situer cette dernière dans l'histoire du sujet et de son parcours thérapeutique, elle est de plus en plus privée des moyens d'exister.

    Marcel Sassolas est psychiatre et psychanalyste.

  • Psychomotricienne, l'auteur met à profit sa double expérience - avec des bébés et leurs parents et avec des enfants et adultes psychotiques - et sa pratique de formation et d'enseignante (Formation de psychomotricité université Pitié Salpétrière et ISRP ) pour dégager les points essentiels qui font de l'activité aquatique une médiation corporelle bonne pour la symbolisation, ouvrant sur une capacité à jouer en utilisant le corps comme "médiateur et enjeu relationnel entre deux psychés, et entre la psyché et le monde" (Piera Aulagnier). Mieux qu'une synthèse théorique, cet ouvrage témoigne d'un cheminement personnel et professionnel où ce qui est privilégié dans le contact avec l'eau n'est ni la pédagogie ni l'adaptation, mais l'appropriation subjective du corps. Catherine Potel est psychomotricienne, thérapeute en ambulatoire (CMPP et clientèle privée).

  • Alors que le monde du travail est soumis aux exigences de la performance et de la   rentabilité, il  n'est pas facile pour les personnes en situation de handicap psychique d'accéder à l'entreprise ou d'y rester. Pourtant, depuis 1991, les efforts uniques et prolongées du Club ARIHM (Club Action et recherche, insertion et handicaps psychiques ou mentaux), dont les pratiques sont orientées vers l'accès des personnes en situation de handicap psychique au monde du travail ordinaire et leur maintien dans l'emploi, confirment que cette ambition reste possible.

    En suivant les parcours de personnes engagées avec eux dans des projets d'insertion professionnelle, les auteurs décrivent les modalités de la méthode d'accompagnement (AMPP®) proposée par le Club ARIHM. Ils mettent en évidence les tensions qui traversent ce champ de l'inclusion, entre les risques du travail pathogène et les espoirs que l'emploi constitue un facteur d'une meilleure santé mentale. Ils analysent les échecs et les perspectives nouvelles ouvertes  par le décret du 27 décembre 2016 relatif à l'emploi accompagné, et montrent qu'une stratégie d'accompagnement des personnes en situation de handicap psychique vers et dans l'entreprise peut contribuer à préserver ou promouvoir une part d'humanité dans le monde du travail.

  • Des histoires qu'enfant on entend raconter, aux histoires que racontent les grands-parents, en passant par les histoires que chacun se raconte ou dont se nourrissent le roman, le cinéma, les actualités et les feuilletons, la vie est tissée d'histoires. Tout comme cet ouvrage. Qu'il s'agisse de celles des professionnels ou de celles qu'ils relatent, ce sont des histoires graves. Elles sont ici transcrites dans un souci d'analyse et de formation, leur charge émotionnelle ayant été métabolisée pour autoriser une prise de distance formative et ne pas court-­circuiter le jugement. Le lecteur est mis dans la position du stagiaire en formation qui est amené à se situer par rapport à elles.
    Ce livre foisonnant décrit une pratique souvent dérangeante au sens où elle met en question notre confort et nos habitudes de pensée. Riche en concepts et enseignements concrets, il constitue un remarquable outil de formation. Mony Elkaïm dans sa préface

    Avec la collaboration d'Alain Boyer

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    Quels sont les effets de la violence subie par les victimes ? Sont-ils différents selon leur âge, leur environnement, leur parcours de vie ? Quels sont les mécanismes qui permettent au sujet d'être résilient - au sens où l'entendent Boris Cyrulnik et Michel Manciaux qui ont contribué à diffuser ce concept en France et à montrer son importance -, c'est-à-dire à résister et à poursuivre son développement après avoir rencontré un ou plusieurs événements potentiellement traumatiques ?

    Les auteurs mettent en évidence que la violence subie s'inscrit non seulement au niveau intrapsychique, mais également au niveau neurobiologique et cérébral. Chaque être humain possède à ce niveau un codage lié aux transmissions intergénérationnelles dont il a hérité, qui vont le rendre plus fragile ou plus résilient face aux nouveaux traumatismes qu'il rencontrera durant son existence.

    Tout au long de cet ouvrage, sont abordés, tant pour l'enfant, l'adolescent que l'adulte, les dispositifs de prévention nécessaires pour évaluer l'impact de la violence subie, remédier à ses conséquences négatives et éviter les rechutes.

    Mise en vente le 11 juin 2015.

     

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