Eres

  • Dispositifs psychothérapeutiques : maladies graves et handicaps ; une nécessaire créativité Nouv.

    Ce livre est l'aboutissement d'un travail de deux années réalisé au cours d'un séminaire de recherche universitaire organisé dans le cadre du Séminaire international interuniversitaire sur la clinique du handicap (siiclha). Il montre la diversité des soins psychiques qu'il est possible de proposer aux personnes en situation de handicap et à leurs proches, à tous les âges de la vie. Il évoque aussi la multiplicité des pratiques en cabinet privé, à domicile, au téléphone, en institution médico-sociale, à l'hôpital.

    L'objectif des auteurs est de dépasser la phase d'une pure description pour aller vers une véritable pensée de la pratique, sa fabrique en quelque sorte, y compris dans l'exploration des lieux souterrains que la rencontre clinique impose par le truchement du transfert et du contre-transfert. Cette exploration faite de l'intérieur du dispositif est nourrie par les approches théoriques qui sous-tendent leur conception du fonctionnement intrapsychique, familial, institutionnel. Il s'agit de rendre les pratiques visibles et transmissibles, d'expliciter les fondements théoriques et surtout les effets du travail psychothérapeutique.

    Les praticiens verront dans ce livre une porte ouverte vers l'échange, la diffusion, la réflexion autour de ces pratiques peu souvent enseignées à l'université et les chercheurs y trouveront des pistes originales de réflexions théoriques et cliniques.

  • Les réformes aux intentions les plus nobles et formellement bien conçues pour favoriser la scolarisation de tous les enfants et leur réussite peuvent défaillir du fait d'une mise en oeuvre approximative. Dans cette enquête inédite sur l'école primaire et la scolarisation des enfants les plus vulnérables, Sylviane Corbion dresse un état des lieux des dysfonctionnements du système scolaire, qui ont été criants durant la pandémie du Coronavirus. Elle s'appuie pour cela sur des histoires de vie professionnelle d'enseignants du primaire dans des contextes sociodémographiques différents, sur ses expériences propres de professeure des écoles et sur les résultats de sa recherche doctorale.

    Ce livre montre l'écart abyssal entre, d'un côté, les prescriptions et recommandations des politiques ministérielles, qui affichent le souci d'une école inclusive et bienveillante, et de l'autre, le travail des enseignants, peu formés, qui doivent faire preuve d'inventivité pour les élèves les plus vulnérables, dont les besoins éducatifs particuliers sont insuffisamment pris en compte.

    Alors que la crise sanitaire est venue corroborer son travail approfondi, l'auteure contribue utilement au débat sur l'école inclusive et propose des principes d'action qui donnent à penser, et ouvrent des possibles.

  • La liberté de connaitre une vie intime, amoureuse, sexuelle participe, pour chacun d'entre nous, de la construction de soi et de l'édification de relations interpersonnelles. Ces expériences ne sont pourtant pas également accessibles à tous.

    Dans les établissements médico-sociaux, organisés selon des principes de vie collective et d'accompagnement, quels espaces de liberté et d'intimité sont-ils ouverts pour les personnes qu'ils accueillent ?

    Issu d'une recherche de terrain, l'ouvrage donne la parole aux personnes en situation de handicap et aux professionnels qui cheminent à leurs côtés. Quelle diversité d'approches et de pratiques leur propos révèlent-ils?

  • La génétique est plus que jamais présente dans la clinique du handicap. En effet, les progrès dans l'identification des gènes permettent maintenant de déterminer les facteurs génétiques impliqués dans certains syndromes, déficiences, maladies, troubles neuro-développementaux. Mais ils  provoquent des interrogations nouvelles pour lesquelles il n'y a pas de réponses binaires. Les diagnostics prénatal et préimplantatoire, les tests présymptomatiques et la nouvelle ère de la médecine génomique nous confrontent à des dilemmes qui engagent l'intime, la liberté de savoir ou de ne pas savoir, les valeurs existentielles, l'éthique, les limites entre l'acceptable et l'inacceptable, les rapports au temps, à la vie et à la mort.

    Les professionnels sont amenés à questionner leurs pratiques auprès des personnes qui se trouvent en situation de handicap en raison d'une maladie d'origine génétique et surtout à amorcer des changements profonds dans les représentations individuelles, groupales et institutionnelles sur le handicap lui-même, sans renoncer à donner une place prépondérante aux potentialités d'évolution face à ce qui pourrait être conçu comme un déterminisme écrit dans le code génétique. Les auteurs ouvrent des pistes pour comprendre comment un nécessaire travail d'anticipation se différencie d'une prédiction génétique qui pourrait être assimilée à une parole oraculaire, dans un contexte où règnent encore beaucoup d'incertitudes.

    Cet ouvrage est issu du 14e Séminaire interuniversitaire international sur la clinique du handicap (SIICLHA).

  • Le handicap peut s'inviter au cours de la vie à n'importe quel âge, à la suite d'un accident ou d'une maladie. Cette survenue, brutale ou insidieuse, inattendue ou prévisible, bouleverse le sujet dans sa relation au monde, change son statut social, modifie ses liens avec ses proches. Elle peut remettre en cause ses investissements les plus fondamentaux et, quand il s'agit d'un enfant, son envie même de grandir.

    En effet, lié à un traumatisme crânien ou coma prolongé, à une maladie évolutive ou une maladie neurodégénérative, le handicap acquis a un impact sur l'avenir du sujet. Projets et souhaits doivent désormais dialoguer entre la nostalgie du passé, les difficultés du présent et la crainte de l'avenir. Comment, dès lors, transformer cette étape possible de la vie en expérience structurante ?

    Les auteurs partent de la clinique, mais également de la littérature, de l'art, de l'anthropologie, pour montrer comment les professionnels, les aidants familiaux, l'entourage concourent au maintien de la continuité d'être du sujet ébranlé dans ses assises identitaires.

    Cet ouvrage est issu du 13e Séminaire interuniversitaire international sur la clinique du handicap (SIICLHA).

  • L'accompagnement des enfants, adolescents et adultes en situation de handicap est souvent très complexe. Surtout si ce handicap est sévère, il est difficile de trouver un point d'appui pour construire un projet éducatif. Partant du postulat que tout être est en capacité d'apprendre avec un environnement éducatif adéquat, l'auteure propose une approche pédagogique basée sur une évaluation positive de la personne, ses connaissances, ses acquis, même minimes, et non ses déficits et ses échecs.

    Elle aborde tous les aspects du développement de l'être humain (moteur, cognitif, sensoriel, affectif, émotionnel...) pour élaborer une démarche éducative basée sur les activités quotidiennes, l'inclusion scolaire et la recherche d'autonomie. Avec l'observation du développement comme base de travail, elle donne des repères précis, illustrés d'exemples concrets, qui sont autant d'outils à destination des professionnels et des parents.

    La recherche du mieux-être et de la qualité de vie pour les personnes en situation de handicap et ceux qui les entourent passe par le choix des priorités éducatives, spécifiques à chaque individu, qui n'est ni objet de soins ni objet de « protocoles », mais sujet instruit dans une approche globale pour atteindre la plus grande autonomie possible et se libérer ainsi de la dépendance, de l'infantilisation et de dangers potentiels de maltraitance.

  • « Une société n'est pas un club dont des membres pourraient accaparer l'héritage social à leur profit pour en jouir de façon exclusive. Elle n'est pas non plus un cercle réservé à certains affiliés, occupés à percevoir des subsides attachés à une normalité conçue et vécue comme souveraine. Il n'y a pas de carte de membre à acquérir, ni droit d'entrée à acquitter. Ni débiteurs, ni créanciers autorisés à mettre les plus vulnérables en coupe réglée. Ni maîtres ni esclaves. Ni centre ni périphérie. Chacun est héritier de ce que la société a de meilleur et de plus noble. Personne n'a l'apanage de prêter, de donner ou de refuser ce qui appartient à tous. Une société inclusive, c'est une société sans privilèges, exclusivités et exclusions. » Charles Gardou est professeur à l'Université Lumière Lyon 2 et dispense aussi des enseignements à l'Institut de Sciences Politiques de Paris. Il consacre ses travaux anthropologiques à la diversité et aux fragilités humaines. Il a créé et dirige la Collection Connaissances de la diversité aux éditions érès, où il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont Fragments sur le handicap et la vulnérabilité ; Pascal, Frida Kahlo et les autres. Quand la vulnérabilité devient force.

  • A travers récits, dialogues, observations, références théoriques, cet ouvrage aborde les questions essentielles suivantes : quels sont les processus esthétiques à l'oeuvre dans les créations des comédiens en situation de handicap ou les méthodes de travail théâtral les plus appropriées ? Quels sont les traits communs et les différences entre ces démarches artistiques et l'art-thérapie ? Comment et par quels méandres la société a-t-elle progressivement construit la pos-sibilité d'un art fait par des personnes handicapées et reconnu comme tel ? Pourquoi l'art brut a-t-il devancé de plusieurs dizaines d'années la diffusion de spectacles intégrant des personnes en situation de handicap dans leur distribution ? La création du Théâtre du Cristal, parmi les toutes premières expériences dans le champ du handicap, et la trentaine d'années passées à faire du théâtre avec des personnes en situation de handicap ont constitué un observatoire privilégié pour décrire et analyser l'émergence d'un art brut au théâtre.

     

  • Le processus éducatif, depuis sa première parution, est devenu une référence pour de nombreux éducateurs en exercice et en formation. Jacques Marpeau y pose les bases d'une compréhension nouvelle de la complexité de « ce qui se passe » dans la démarche éducative, et qui concerne, bien au-delà de la question de la socialisation ou de la construction des savoirs, la structuration de la personne. Comment les éducateurs spécialisés peuvent-ils initier et soutenir ce processus face aux jeunes, et aux moins jeunes, handicapés, en difficulté sociale ou psychologique ? L'auteur dénonce l'idéologie de la maîtrise qui ferait de l'éducateur le maître qui à la fois conduit et libère. Pour lui, au contraire, l'acte éducatif n'a pas pour objet de soigner ni de combler des « manques », il doit créer les conditions pour que le sujet, pris dans les rets d'une situation sans issue, puisse devenir acteur de sa propre vie en s'ouvrant à de nouveaux possibles.

    Dans cette nouvelle édition, Jacques Marpeau met en évidence l'évolution du contexte sociétal des métiers de l'éducation et de l'accompagnement, mais aussi de la formation. Son objectif est de se situer en passeur de repères et de clés de compréhension, pour approcher les cheminements singuliers d'humanisation dans lesquels se déploie le processus éducatif.

  • Cet ouvrage présente au lecteur un ensemble de points de vue, issus aussi bien de professionnels que d'artistes sur la rencontre entre le monde de l'art et le monde du handicap. Quel est le rôle de l'art et de l'expression artistique dans les lieux de vie et les dispositifs de soins, s'adressant aux personnes en situation de handicap, à tous les âges de la vie ? Comment le handicap apparaît-¬il dans différents domaines artistiques : littérature, arts plastiques, danse, théâtre, cinéma... ? Que nous enseigne l'art des personnes handicapées quant aux processus de création, aussi bien pour les artistes handicapés que pour tous les artistes ? Les pratiques artistiques dans les institutions sont-elles un moyen de modifier les représentations sociales, souvent dévalorisantes et stigmatisantes, suscitées par le handicap ?

  • Interroger le handicap comme une possible valeur positive implique d'emprunter des chemins inédits, parfois périlleux, qui exigent de ne pas l'approcher exclusivement sur le registre tragique que l'habitude lui prête, ni sur les seuls modes du déni de la souffrance et des pertes vécues par ceux qui les vivent et par ceux qui les accompagnent.

    Dans cet esprit, les auteurs développent les vertus et les vertiges des ressources individuelles, collectives dans une zone de réflexion tempérée à l'abri des impasses extrémistes. Aux côtés des notions de traumatisme, deuil, douleur, violence, ils abordent des sujets rarement évoqués tels que : les défenses maniaques, les stratégies de contournement, le dévouement sacrificiel, les bénéfices secondaires, le gain, le plaisir, les effets pervers, la dépression...

    En tant que cliniciens, ils replacent les problématiques spécifiques que le handicap impose dans l'universalité des processus psychiques propres à l'humain. Pour cela, l'élaboration des mouvements contre-transférentiels de forte amplitude que la rencontre avec le sujet handicapé induit est essentielle.

    Ce livre est issu du 8e séminaire interuniversitaire international sur la clinique du handicap (SIICLHA).

  • Handicap et mort, ce thème est encore, à double titre, tabou. Pourtant cette question est essentielle, fondamentale. Chaque soignant y est confronté, notamment dans les situations de handicap lourd, de maladie évolutive, dégénérative, dans le travail auprès des sujets en fin de vie, mais aussi partout dans le quotidien des pratiques.

    La question de la mort est envisagée à tous les âges de la vie, et dans des contextes divers. Depuis le deuil périnatal jusqu'à la fin de vie des sujets vieillissants. Depuis la « condamnation à mort » que représentent certains handicaps, certaines maladies génétiques, jusqu'aux handicaps provoqués par des actes suicidaires. Les auteurs parlent de l'approche individuelle, institutionnelle, familiale, groupale, sociétale de la mort. Ils rendent compte de la manière dont le sujet en situation de handicap et son entourage - familial, fraternel, institutionnel - sont convoqués par la question de la mort, réelle, imaginée ou fantasmée.

    Ce livre est issu du 12e séminaire interuniversitaire international sur la clinique du handicap (SIICLHA).

  • Cet ouvrage est entièrement consacré à la subjectivité de la personne handicapée. Que peut dire la personne handicapée de son expérience singulière, en partant de l'hypothèse que toute personne humaine, aussi démunie soit-elle, a quelque chose à dire de sa position subjective ? Encore faut-il l'entendre... Peu de publications font place à cette dimension qui implique d'interroger les places respectives du Soi et de l'Autre. Car la question de la subjectivité engage celle de l'identification. Comment s'identifier à une personne qui paraît si différente ? Si loin de notre expérience quotidienne et de nos certitudes perceptives, de nos éprouvés corporels ? Bref de nos présupposés inquestionnés ? Qu'avons-nous en commun ? Malgré les conséquences invalidantes et l'impact de la réalité traumatique et traumatisante, les personnes atteintes d'un handicap ont quelque chose à dire et nous avons quelque chose à entendre. Simone Korff-Sausse est psychanalyste et maître de conférence à l'université Paris 7 (CEPP). Albert Ciccone est psychanalyste et professeur à l'université Lyon 2 (CRPPC). Sylvain Missonnier est psychanalyste et maître de conférences à l'université Paris 10 (LASI). Roger Salbreux est pédopsychiatre (ANECAMPS, AIRHM, Conseil national du handicap). Régine Scelles est psychologue clinicienne et professeur à l'université de Rouen (PRIS).

  • L'auteur se refuse à considérer les personnes avec handicap comme ayant une sexualité elle-même handicapée. Dans un objectif de bientraitance, ce livre est un engagement personnel et professionnel contre les violences qui entourent trop souvent la sexualité dans les institutions. La vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap ou de vulnérabilité pose, dans notre pays, un problème de maltraitance quasi généralisé. Une maltraitance active ou « en creux » surtout quand les personnes doivent vivre en institution. Les professionnels de l'accompagnement sont le plus souvent gênés dans leur action dès que cette question surgit. Cet ouvrage se veut un guide pour comprendre ce qui vient faire frein à cette reconnaissance et propose un soutien pratique, méthodologique et éthique pour tous ceux qui ont le désir et la volonté de ne pas en rester là.

  • A travers le récit de l'oeuvre-vie de Robert Schumann, Frida Kahlo, Blaise Pascal, Jean-Jacques Rousseau, Fedor Dostoïevski, Joë Bousquet, Helen Keller et Démosthène, Charles Gardou donne à voir la place de la vulnérabilité dans toute vie et les ressorts nécessaires pour la surmonter. A l'heure où l'on exalte la facticité, où s'affiche la loi de la force avec indécence, il met en lumière, à travers eux et bien d'autres figures, souvent mythifiées, les valeurs oubliées de la fragilité. Il montre que le mépris et l'exclusion naissent de cet oubli. A l'instar de Fragments sur le handicap et la vulnérabilité (érès, 2005), il ouvre à une intelligence de la fragilité et donne à comprendre que l'Homme est d'autant plus fort qu'il se connaît et s'assume vulnérable. Un ouvrage passionnant qui s'adresse à tout un chacun. Charles Gardou, professeur à l'Université Lumière Lyon 2.

  • Le handicap force la philosophie à repenser ce qu'est un homme. Platon demandait « si la vie valait la peine d'être vécue avec un corps en loques et en ruines ». Il nous parlait ainsi d'une société qui n'était pas prête à envisager la situation de handicap. Mais la philosophie n'est pas un savoir mort. C'est une pratique sans cesse à réactiver. Bertrand Quentin ne se contente pas de donner la parole aux grands philosophes de l'histoire, il se risque à proposer de nouveaux concepts (« l'empathie égocentrée », les « compensations inopportunes », etc.) et à poser des questions gênantes : la personne qui ne pense pas est-elle un humain ? La médecine a-t-elle à résoudre les problèmes posés par le handicap ? Pourquoi avons-nous davantage peur de la ressemblance avec la personne handicapée que de sa différence ?

  • L'accompagnement d'enfants en difficultés, de personnes âgées, en situation de vulnérabilité (handicap, précarité, etc.) confronte chaque professionnel à une rencontre humaine toujours singulière, dans un contexte à chaque fois particulier et complexe.

    Pierre Bonjour propose de les accompagner à leur tour dans des domaines où ils n'osent pas toujours s'aventurer. L'éthique, la morale, la déontologie, la laïcité sont des « grands mots » qui peuvent rebuter et les acteurs sociaux imaginent parfois qu'ils n'ont, de leur place, rien à en dire. Aujourd'hui pourtant, leur quête de repères et, encore plus, de sens montre qu'il est indispensable de multiplier les outils de compréhension pour mieux respecter la personne, qu'il s'agisse d'un usager, d'un résident, d'un élève ou encore d'un patient.
    />
    A partir de nombreux travaux théoriques toujours ancrés dans des situations concrètes issues de leur quotidien, l'auteur apporte sa contribution pour aider les professionnels des  secteurs social et médico-social, de l'éducation et de la santé, à répondre aux questions fondamentales : dans le travail social, au nom de quoi agissons-nous et pour qui ? Pourquoi le faisons-nous et comment ?

  • « Nous avons l'honneur de vous signifier votre admission au sein de l'établissement. » Cette phrase, adressée chaque année à de nombreux adultes en situation de handicap, marque le début d'une authentique aventure humaine. Loin d'être uniquement celle du futur usager, elle convoque de nombreux enjeux pour ses proches ainsi que pour l'institution elle-même et les professionnels qui y exercent.

    Comment construire une pratique favorisant un accompagnement propice au bien-être et à l'épanouissement de chacun ? Quels sont les écueils d'un système institué visant le délicat équilibre entre individualisation et vie en collectivité ?

    Ces questions constituent le coeur de cet ouvrage qui explore différentes facettes de l'aventure institutionnelle dans ses dimensions tant éthiques que cliniques. L'entrée en institution, le quotidien de la dépendance physique et mentale, les projets de vie, le devenir de chacun, la vie affective et sexuelle, les défis institutionnels... Autant de thématiques dont l'abord permettra de dessiner une démarche concrète de concertation éthique au sein des établissements.  

    Les auteurs, psychologues expérimentés dans l'accompagnement des personnes en situation de handicap et de dépendance, développent une approche intégrative mêlant différents courants de la psychologie contemporaine à des considérations éthiques héritées de la philosophie. L'esprit humaniste de leur démarche vise en premier lieu à favoriser un accompagnement institutionnel respectueux de chaque sujet dans sa singularité.

  • Ça bouge dans le monde du handicap ! Avec la loi de 2005, l'intégration des enfants porteurs de handicaps est obligatoire dans les lieux d'accueil (crèches, écoles) proches de leur domicile. Pourtant, en pratique, rares sont ceux qui peuvent profiter de ces dispositions. A la maison Dagobert, cela fait 15 ans qu'un tiers des enfants accueillis présente un handicap quelle qu'en soit la gravité. Dans ce lieu, l'enfant n'a pas à fournir de preuve de son adaptabilité, les parents épuisés peuvent confier leur enfant sans avoir à expliquer, justifier, raconter ; les équipes spécialisées peuvent adresser des enfants sur un simple coup de téléphone, sans dossier à remplir, sans réunions préparatoires. Les auteurs présentent et analysent cette expérience originale, riche d'enseignements applicables dans d'autres institutions, dans d'autres secteurs que la petite enfance. Elles montrent dans quelles conditions cette utopie humaniste peut être réalisable et vécue au quotidien. Une réédition particulièrement actuelle. Cécile Herrou a créé et dirige la halte-garderie La maison Dagobert (1992), le jardin d'enfants L'école Gulliver (1998) et la structure multi-accueil La caverne d'Ali Baba (2006) dans le cadre de l'association pour l'accueil de tous les enfants. Simone Korff-Sausse est psychanalyste.

  • Pour le psychanalyste, le psychologue clinicien, la personne handicapée est avant tout un « sujet », et les questions relatives à la sexualité, à la filiation, à la temporalité, ou encore à la parentalité se posent pour elle, comme pour tout autre sujet. Malgré ses déficiences, cet « autre » reste un être pensant et induit des mouvements contre-transférentiels réellement originaux sur lesquels il est nécessaire de se pencher. Les réflexions théoriques, cliniques et épistémologiques menées dans ce livre ouvrent sur des questionnements et des propositions concernant les dispositifs de soin qui favoriseraient le travail de la pensée permettant pour tous une subjectivation singulière et aussi groupale de l'atteinte au corps, ceci à toutes les étapes de la vie des sujets.

  • L'éducation inclusive est une notion qui interroge. Mondialisée au cours des années 1990, elle est pourtant aujourd'hui encore émergente au plan des politiques publiques en France, notamment avec la création récente du CAPPEI (Certificat aux pratiques professionnelles à l'éducation inclusive). Quels sont les enjeux de son déploiement ?

    L'éducation inclusive est un processus d'ouverture à la diversité culturelle par l'éducation qui concerne la sphère scolaire mais également d'autres secteurs de la vie publique (santé, politique, justice...). L'auteur en éclaire les problématiques fondamentales à partir d'exemples singuliers. De niveau scientifique et à l'écoute de l'expérience internationale, l'ouvrage constitue un outil pour la formation professionnelle initiale et continue des enseignants, amenés à devenir de véritables interprètes de la diversité culturelle et à orchestrer le difficile accompagnement des élèves à besoins éducatifs particuliers. Avec des convictions fortes, étayées sur la recherche, Magdalena Kohout-Diaz y défend le droit de tous à une éducation de qualité, pour en finir avec toute forme de discrimination scolaire et favoriser la cohésion sociale.

  • Le handicap est interrogé par la culture, tout comme il interroge la culture de manière spécifique. Comment la culture influence-t-elle les pratiques de soin, d'accompagnement et de traitement des situations de handicap, pour le sujet et le groupe familial ? Le traumatisme que génère le handicap affecte les liens aux autres, et plus particulièrement les liens entre enfants de la famille et entre les enfants et chacun des parents. Dans ces situations, la culture offre au sujet une manière de penser, de rêver, de fantasmer à propos des multiples expressions de la vulnérabilité humaine que représente le handicap. Elle propose ou impose un cadre pour affronter la réalité des pathologies et ses conséquences. Elle peut favoriser l'inclusion comme l'exclusion de la famille et du groupe social, favoriser ou entraver le travail de pensée de chacun des membres de la famille individuellement et collectivement. Ce livre propose des clefs pour comprendre les processus qui donnent à la culture tantôt des fonctions protectrices, tantôt aliénantes et traumatiques face au handicap d'un membre de la famille.

  • Partout et toujours, les hommes, façonnés par leur culture, ne cessent de chercher des explications au handicap, ce signe de leur chétivité qu'ils ne parviennent pas à « naturaliser ». C'est à cette quête, donnant lieu à un cours tumultueux de représentations collectives, que s'intéresse cet ouvrage à plusieurs voix. Il « fait assaut contre les frontières » pour proposer un voyage sur le continent océanien, en pays Kanak et aux Îles Marquises ; en Amérique du Nord, chez les Inuits du Grand Nord et au Canada ; en Amérique du Sud, au Brésil, en pays amérindien, au Surinam et en Guyane ; sur le continent asiatique, en Chine et au Liban ; en Afrique, au Sénégal, au Congo-Brazzaville, en Algérie et à La Réunion ; sur le continent européen, en Italie, en Norvège, en Allemagne, en Grande-Bretagne, au Portugal et en France. Par-delà la multiplicité des cultures et des représentations, cette fresque anthropologique montre que les personnes en situation de handicap restent, ici et là-bas, les proies d'un monde imaginaire, alimenté par des croyances immémoriales ayant fait souche, qui fabrique lui-même « du handicap ». Elle met au jour la difficulté universelle à penser ce qui réunit l'homme et à accepter la condition humaine telle qu'elle est, non comme on l'imagine. Elle souligne que la chose la mieux partagée du monde est le désarroi angoissé des hommes face à leur vulnérabilité, avec diverses manières de l'esquiver, la compenser, la conjurer ou l'évacuer, mais avec le même rêve paradoxal de se désencombrer de leur humanité. Pour réaliser cette fresque anthropologique, Charles Gardou a rassemblé autour de lui une trentaine de chercheurs de tous les continents : Mezhoura Amarouche, Jacques Brandibas, Andrea Canevaro, Sophie Dalle-Nazébi, Sieglind Ellger-Ruettgardt, Eivind Engebretsen, Benoît Eyraud, Charles Gaucher, Patrice Godin, Isabelle Guinamard, Alain Goussot, Berit Johnsen, Birgit Kirkebæk, Frédéric Laugrand, François Lupu, Ingrid Markussen, Suely Marques, David Noël, Patrick Pelège, Francine Saillant, Isabel Sanches, Rose Sarraf, Aliou Seye, Michèle Therrien, Diane Vernon, Pierre Vidal-Naquet, Zina Weygand.

empty