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  • A partir de sa longue expérience de psychiatre, dans des structures extrahospitalières destinées à des personnes affectées de psychose ou de troubles graves de la personnalité, Marcel Sassolas a élaboré une théorie du soin relationnel ancré dans la réalité clinique quotidienne. Il en précise pas à pas le cadre à travers la description du fonctionnement des différents dispositifs - hospitalisation à domicile, communautés thérapeutiques (soin au long cours), centre de crise (moyen terme), soins ambulatoires intensifs, service d'accompagnement médico-social pour adultes handicapés - et de leur évolution au cours du temps. Il met l'accent sur la nécessité de toujours questionner, en équipe et pour chaque patient, la fonction soignante pour éviter les deux écueils qui menacent ces institutions : la somnolence ou le chaos.

    Le stylo du psychiatre constitue une réflexion lucide autour de la transmission :  une régression  de la pensée du soin est en cours, la psychiatrie relationnelle qui nécessite temps et patience n'a plus les faveurs de l'époque pressée de se sentir efficace. Comment alors transmettre l'héritage de la psychothérapie institutionnelle ? Marcel Sassolas y répond à sa manière, modeste et pragmatique, en l'explicitant toujours davantage sans prêches ni jargon, et en invitant les jeunes soignants à se l'approprier pour inventer aujourd'hui de nouveaux dispositifs pour les patients psychotiques.

  • Comment le petit d'homme nait-il à lui-même et aux autres à partir des réseaux langagiers, familiaux et sociaux qui structurent son monde ? Devant les métamorphoses et les ruptures de l'ordre social qu'attestent la plupart des observateurs, on peut entendre la souffrance des sujets rencontrés dans le cadre d'un travail en santé mentale comme étroitement liée aux questions touchant la filiation, la sexuation, et enfin, l'identité. Cet ouvrage rassemble les exposés de penseurs et de cliniciens autour de ces questions. Le parti pris est celui de la pluridisciplinarité. Les angles philosophique, historique, anthropologique, psychanalytique et systémique éclairent une même réalité, celle d'un sujet aux prises avec ces questions qui le travaillent à son insu.

    Karl-Leo Schwering, psychanalyste, docteur en psychologie, codirecteur du service de santé mentale Centre Chapelle-aux-Champs de l'université catholique de Louvain, maitre de Conférences à l'université Paris VII Denis Diderot

  • La proximité psychique entre patients et soignants est-elle devenue indésirable dans la technologie psychiatrique ? Ce livre montre qu'elle est un élément essentiel du soin. Il développe une réflexion à plusieurs voix sur ce qui la rend possible, supportable et féconde. Le terme de « clinique » met le malade au centre de l'activité soignante, et suppose donc la recherche d'une proximité avec lui. Pour le somaticien, proximité avec l'intimité corporelle du patient, pour les soignants psy, proximité avec son intimité psychique. Aujourd'hui la technologie psychiatrique cherche à en faire l'économie. Elle n'est nécessaire ni pour une prescription médicamenteuse, ni pour la mise en œuvre d'un programme comportementaliste. Lorsque la relation soignante en psychiatrie est amputée de cette dimension clinique, que devient-elle sinon une rencontre opératoire dont la seule finalité est la normalisation du sujet par l'extinction de ses déviances sociales ou symptomatiques ?

  • Une invitation à inventer une clinique de l'accueil de la souffrance psychique en institution, à refonder une psychiatrie à visage humain. Malgré les emp êchements d'ici et d'ailleurs, y compris ceux qui sont à l'intérieur de chacun, il s'agit d'inventer et de créer de nouveaux possibles en psychiatrie et dans toutes les institutions du médico-social. La psychothérapie institutionnelle est une méthode qui cultive l'inventivité. Les auteurs témoignent de leur engagement à en faire vivre les développements, en dépit de tout ce qui semble s'y opposer.

  • Faire " l'expérience de la folie " renvoie en premier lieu chacun à l'énigme de l'Inconscient que l'invention freudienne a défriché mais qui nous revient toujours de façon inédite et bouleversante. Cela relance une traversée de ce qui, au plus intime de chacun, fait obstacle ou empêchement à la rencontre de la folie. Renoncer au leurre séducteur d'un " savoir par avance ", quand bien même il puiserait aux meilleures sources est nécessaire pour privilégier " la parole vraie " et le geste nécessaire. Encore faut-il sans cesse subjectiver les théories analytiques pour fabriquer sa " boite à outils conceptuels " qui se trouvera malmenée à chaque fois, et surtout prendre le risque de la rencontre. Les auteurs en rendent compte chacun à leur manière. Mise en vente le 27 mai 2010.

  • Chaque génération laisse à la suivante un reste à penser et des restes impensés. C'est dans l'investissement de ces écarts que nous sommes créateurs. Toutefois une question essentielle subsiste que chaque génération doit reprendre à son compte : comment, de l'impensé qui nous précède, ne pas fabriquer de l'impensé qui nous devance ? Par cette phrase, René Kaës engage les professionnels de la santé mentale dans une réflexion féconde sur leur formation : quels sont les processus – intrapsychique, interpersonnels, sociologiques, familiaux, éducatifs, pédagogiques... – en oeuvre dans la transmission? De quels savoirs psychiatriques se sont-ils nourri ? Qu'en ont-ils fait ? Comment transmettent-ils leur pratique clinique ?

    Marcel Sassolas est psychiatre et président de l'association Santé mentale et communautés dont il a été responsable médical pendant trente ans.

  • Ce recueil d'images et de courts récits se lit comme un livre, et se regarde comme un carnet de dessins. Il vient dire l'irréductible humanité des fous. Derrière ces anecdotes rapportées dans un langage simple, les théories permettant de penser la souffrance et soutenir le soin se devinent aisément. Les images sont des portraits au crayon de femmes et d'hommes rencontrés à l'hôpital psychiatrique. Les histoires disent de minuscules éclats de vivre, de petits riens. Elles racontent les détails de la vie, les petits endroits où se niche le coeur de notre être. Les fous sont nos frères, nos soeurs, nos pères, mères, cousins, cousines, ils sont parts de nous-m êmes... Ne l'oublions pas. Ce recueil vient aussi dire les talents et les faiblesses de ceux qui en prennent soin.

  • Comment aujourd'hui travailler institutionnellement avec les outils de l'éducation spécialisée, auprès d'enfants et d'adolescents autistes et/ou manifestant des troubles du comportement alors que l'évolution législative et la pression des lobbies associatifs imposent leurs contraintes. La loi est la loi. On ne peut la contourner. Elle change ce qui était, qui devient passé, et procure de nouvelles conditions. Certaines d'entre elles sont contraignantes, la plupart organisent des aspects sociétaux, d'autres permettent d'extrêmes interprétations, pourtant les interstices qui subsistent dans son organisation ouvrent des possibilités de continuer à faire fonctionner de façon institutionnelle une organisation des soins qui soit bientraitante à l'égard des enfants et des adolescents présentant des troubles psychiques.

  • Dans cette fiction-témoignage où tout est faux mais tout est vrai, l'auteur psychologue raconte l'ordinaire de son travail clinique, tel qu'elle l'exerce au quotidien dans ces zones dites « sensibles ». Elle évoque ainsi les différentes situations auxquelles elle est confrontée à la consultation pluri professionnelle pour femmes enceintes et petits enfants - Rêvedemaison -, ou au domicile de familles dont un bébé est décédé subitement. Dans son récit où se côtoient des gens de tous horizons, elle parle de la ville, de la banlieue, de l'exil, de son métier, de son usage non orthodoxe de la psychanalyse comme pratique et comme théorie, de ses motivations, de son rapport au territoire, à la formation, à son identité professionnelle... Une « clinique incarnée » au sein de la banlieue dans tous ses états. José Morel Cinq Mars est titulaire d'un doctorat en psychanalyse et psychopathologie fondamentale de Paris 7 et travaille pour les services de PMI de Seine-Saint-Denis .  

  • La clinique témoigne de façon insistante et polymorphe de l'après-coup traumatique des massacres et génocides qui ont marqué le XXe siècle. La Shoah mais aussi les totalitarismes et enfin les guerres coloniales ont laissé des traces profondes de chaque côté de la Méditerranée. Il s'agit de prendre acte de crimes et de tortures qui pour certains restent encore déniés, sans pour autant fixer les sujets en souffrance dans une jouissance victimaire. Même si les témoignages resurgissent, il n'en reste pas moins que la transmission s'avère difficile, se heurtant à des déformations ou des silences de l'Histoire officielle. Ce qui n'a pu être reconnu et symbolisé revient alors dans la souffrance du symptôme, voire dans des productions délirantes qui témoignent bien souvent de morceaux d'histoires encryptées sur plusieurs générations. Patrick Chemla, psychiatre, chef de service, psychanalyste, Reims.

  • Au-delà de l'actualité des résistances à la psychanalyse, l'objet de ce livre est d'analyser, à partir de la clinique psychanalytique et du travail de psychothérapie institutionnelle, les résistances à l'Inconscient, de l'Inconscient, ce qui toujours ramène à la question du transfert et à celle de l'engagement du désir de l'analyste ou du soignant. Patrick Chemla, psychiatre hospitalier, psychanalyste (Reims) et président de l'association La Criée.

  • Il s'agit d'un ouvrage avant tout clinique, qui explore les moments de traversée et d'invention des thérapeutes et des soignants confrontés à la clinique des psychoses et des " situations limites ". Patrick Chemla, psychiatre et psychanalyste, anime le centre Antonin Artaud et l'association La Criée à Reims.

  • Le métier d'infirmier en psychiatrie nous dit l'auteur, est un acte de résistance qui doit être mis en paroles. Dans cet ouvrage où elle raconte son engagement personnel auprès des patients psychotiques, elle témoigne de la lutte commune soignés/soignants pour reconnaitre et faire reconnaitre la valeur humaine de la folie. Blandine Ponet exerce comme infirmière dans un hôpital psychiatrique (Toulouse).

  • En coédition avec l'AFIRAC Cet ouvrage fait le point sur les initiatives prises dans les institutions pour développer des activités associant l'animal. Il identifie et recense autour d'une enquête les expériences conduites en France qui font intervenir un chien auprès de publics en difficulté. Ce livre propose une illustration des bonnes pratiques et dessine les contours d'un cadre méthodologique de référence.

  • Aujourd'hui la psychiatrie est en crise : crise de moyens, d'effectifs, crise aussi des modèles et de la pensée. Certains se posent la question de son utilité et voudraient la réduire à ses seules missions de maintien de la sécurité, de contrôle des déviances sociales et de prévention des conséquences du stress. La dimension soignante au long cours pour laquelle trois générations de psychiatres ont milité est remise en cause. Plus que jamais cet ouvrage de réflexion à plusieurs voix est d'actualité. Il rassemble quelques-uns des formateurs qui, par leur action, contribuent à soutenir cette psychiatrie humaniste - dont Francis Jeanson avait fait l'éloge - en exhortant les soignants de la psychiatrie à allier l'intelligence du monde humain avec des capacités autoréflexives et de résistance à tout système totalisant.

  • OEuvre personnelle, reflet d'un trajet singulier dans la psychiatrie contemporaine et témoin des mouvements de son temps, ce travail est aujourd'hui donné à lire pour la première fois à travers un choix des textes les plus importants de Jean-Luc Graber. L'ensemble est rendu cohérent par la démarche et le projet d'un enseignement rigoureusement articulé à sa référence psychanalytique et ancré dans la clinique psychiatrique. En effet, en tant que chef de service, son souci clinique, soutenu par une théorie de la pratique et un rapport à l'institution, l'a poussé à modifier les dispositifs pour rendre possibles les conditions de la rencontre avec l'enfant souffrant, effrayé, soumis à la répétition de symptômes étranges et invalidants. Pédopsychiatre et psychanalyste, Jean-Luc Graber était chef de service à Lyon.

  • Même si elle est rarement évoquée et/ou analysée, la vie quotidienne est déterminante dans la pratique des équipes de psychiatrie et elle reste un enjeu vital pour les personnes psychotiques, qu'elles soient enfants ou adultes. des partenaires de l'équipe soignante témoignent ici de leurs pratiques et de leurs avancées théoriques en acceptant de se confronter à des questions telles que : comment s'articulent dans nos expériences professionnelles les thérapeutiques et la vie quotidienne ? comment faire vivre la psychiatrie de secteur et organiser les lieux de soins pour tenir compte de la vie quotidienne ? comment fonder, à l'instar de freud, une psychopathologie institutionnelle de la vie quotidienne ?

  • Alors que se trouve ravagée toute une tradition de droit d'asile et des lois de l'hospitalité, au fondement du lien social, comment la haine et la peur de l'étranger retentissent-elles sur les pratiques d'accueil de la folie ? Penser l'hospitalité en psychiatrie à l'entrecroisement hétérogène de plusieurs champs (psychanalytique, philosophique, littéraire, poétique) s'impose avec insistance. L'enjeu consiste, en évitant la nostalgie d'un âge d'or, à soutenir les collectifs qui résistent et développent une pratique inventive, tout en évitant un repli dans des institutions qui pourraient vite devenir de petites « forteresses vides », si le mouvement de subversion de l'institué n'y était pas relancé.

  • De plus en plus d'infirmiers doivent faire face seuls à des prises en charge psychiatriques lourdes, surtout en extra-hospitalier, qui demandent une inventivité et des ressources personnelles solides pour faire face à la folie de l'autre sans s'y laisser engloutir, tout en la respectant.
    Les familles, appelées aujourd'hui aidants naturels , sont de plus en plus appelées à compenser les défaillances du service public alors qu'elles n'ont que leur bonne volonté et leur amour filial pour faire face à la maladie de l'un des leurs qui met à mal tous les liens.
    Ce livre qui témoigne de la spécificité de la clinique infirmière apportera une aide précieuse tant aux professionnels qu'aux familles concernées. Il donne des outils pour penser la folie et défendre le cadre de soins, si souvent attaqué aujourd'hui au nom de raisons budgétaires à l'efficacité douteuse. Jalonné de récits à forte intensité, élaborés à partir des rencontres avec les patients, il permet d'approcher cette clinique de la psychose à travers le regard de l'infirmière.

    Blandine Ponet exerce comme infirmière dans un hôpital psychiatrique.

  • Cet ouvrage n'est ni un manuel sur la résolution des conflits ni un traité savant sur la conflictualité psychique. Plutôt une illustration vivante de cette vérité aujourd'hui si vite oubliée : les conflits ne sont pas des aspérités à raboter ni des dangers à éviter. Ils sont l'expression spontanée, parfois anarchique, de la conflictualité psychique inhérente à la condition humaine. L'objet du soin psychique est justement là : reconnaitre chez notre interlocuteur l'existence de cette conflictualité, cerner ses contours, puis adapter notre réponse à ces particularités. A ce prix-là, nous avons quelques chances de l'aider à vivre puis à dénouer ses conflits sans les dénier, évitant ainsi qu'ils dégénèrent en symptômes ou en violence.

  • La honte de soi entraîne un effondrement narcissique qui déchire en mille morceaux, comme un éparpillement, le regard, le désir de l'autre. Créer des liens dans ces circonstances particulières, c'est aussi pousser la porte de la honte, où l'intime est mis à mal, détruit, oublié. C'est s'engager avec quelqu'un qui ne demande plus rien, qui a rompu tout lien d'appartenance, de tendresse, de soin, c'est accueillir du mal de vivre. Par son regard, sa voix, sa présence, son désir, le psychanalyste donne du corps à cette rencontre. Les premiers rendez-vous, les heures et les jours, servent de petits cailloux de reconnaissance : peu à peu le patient trouve prise dans le réel.

  • Les prises en charge institutionnelles actuelles, volontiers séquentielles et multifocales, multiplient, pour les patients comme pour les professionnels, les occasions d'être confrontés au début et à la fin d'une démarche soignante. Cet ouvrage propose une réflexion sur la manière dont sont pensées les modalités d'entrée et de sortie dans les divers dispositifs soignants proposés aujourd'hui en psychiatrie : prise en charge individuelle, groupe, centre de jour, appartement ou communauté thérapeutique, centre de crise ou service hospitalier. Il suscite la question des relations avec les professionnels qui sont au-delà des portes de la psychiatrie, dans les structures sociales notamment.

  • Dans les différentes problématiques de la psychose, infantile ou adulte, les équipes soignantes sont amenées, à un moment où à un autre, à en revenir au corps de la personne psychotique. Mais de quel corps s'agit-il ? Du corps physiologique, neurologique, endocrinien ? Ne sommes-nous que des " hommes neuronaux " ? Les soignants ne sont-ils que les " biologistes des passions " ? Ou bien sommes-nous encore davantage ? C'est là que la notion d'image du corps vient articuler le corps et l'appareil psychique dans un langage organisateur. Or dans la psychose, cette question insiste, résiste, mais existe. Il est nécessaire de se la poser en la mettant en perspective avec les problématiques institutionnelles.

  • La clinique, et en particulier celle des psychoses, est là pour témoigner des catastrophes qui peuvent affecter toute une lignée. Ne s'agirait-il pas alors pour le thérapeute d'œuvrer à ce que cette catastrophe puisse se mettre en scène, faisant advenir " un semblant de trauma " qui permette au sujet psychotique de se construire dans l'espace du transfert ?

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