Ex-Æquo

  • Une mystérieuse lettre, dont l'expéditeur est mort 40 ans plus tôt, échoue dans la boîte aux lettres de Pierre...
    C'est pour lui l'occasion de replonger dans son passé, d'évoquer son enfance pendant les frileuses années 50-60 et l'éblouissante histoire d'amour clandestine qu'il vécut avec Frédéric lorsqu'il était étudiant. Avec l'aide de Kate, une jeune Australienne qu'il héberge, il essaiera de résoudre l'énigme de ce déroutant message : qui a a pu le déposer chez lui ? Quelles sont les véritables circonstances de la mort de celui qu'il a tant aimé ? Outre les réflexions sur la vie, la mort, le droit à la différence, l'intégrisme religieux, le récit qui mêle émotion et rebondissements tient le lecteur en haleine jusqu'à la résolution finale pleine de surprises.
    Une enquête haletante qui évoque aussi des questions de société essentielles.
    EXTRAIT
    Bon, voilà, j'y suis devant ce maudit cahier que je viens d'acheter à Auchan, moi qui pourtant aime écrire, je me retrouve comme un imbécile devant cette première page blanche. Dieu sait que j'ai souvent essayé de repousser ce pensum, mais c'est une nécessité contre laquelle je renonce à présent de lutter. Elle s'est emparée de tout mon être et a balayé toutes les résistances que j'essayais de lui opposer. L'événement inexplicable et totalement incongru qui est venu perturber une vie dans laquelle j'avais cru pouvoir censurer définitivement le passé, vie que j'avais eu l'illusion de rendre sans aspérités, sans surprises, avec de petits bonheurs, disons plutôt de petits plaisirs sans conséquences et, pour le pire, quelques petites contrariétés sans gravité, en est la cause troublante.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Issu d'une famille d'enseignants, Jean-Luc Emmanuel Chassard est né en 1948 à Nancy où se déroule toute son enfance. Il poursuivra ses études secondaires et universitaires dans la capitale lorraine, avant d'exercer en tant que professeur de lettres classiques dans plusieurs établissements du sud de la France. À présent il se consacre à ses passions, la musique, c'est un brillant flûtiste, et l'écriture. Il est aussi l'auteur d'un roman policier Meurtre au collège largement inspiré de son expérience d'enseignant.

  • Les héros se transforment parfois en bourreaux...
    « Dès que j'ai croisé Since, il ne m'a pas fait bonne impression. Il est grand et je déteste les grands. Surtout depuis que je sais que je ne grandirai plus. À quatorze ans, j'ai la taille d'un gosse de huit ans. Un truc héréditaire, incurable. Une maladie qui fait rire les autres et me bouffe l'existence. Une saloperie dont je me serais bien passé... »
    Souvent, tout commence par une rencontre. Belle ou mauvaise, nul ne le sait au prime abord. Mais ces premiers instants vont tisser la trame de ces faits divers noirs, surréalistes, voire même poétiques. Surprenant ? Je vous laisse juge. Mais pour cela, laissez-vous embarquer pour des voyages brefs et intenses en compagnie de personnages à votre image. Enfin, presque. Car derrière les masques se cachent bon nombre de fêlures, de doutes, d'envies qui font que ces héros se métamorphosent vite en bourreaux. Alors, tentés par l'aventure ? Vous n'en sortirez pas indemnes.
    Découvrez un ensemble de nouvelles qui sont autant de voyages brefs et intenses en compagnie de personnages à votre image : derrière les masques se cachent souvent des fêlures...
    EXTRAIT
    Le Snake 3 dansait à allure modérée. L'océan moutonnait dans sa livrée habituelle. Un mélange d'émeraude, de bleu anthracite et d'ivoire crémeux.
    Le soleil tapait déjà dur. Les hauts-fonds du Pratt approchaient.
    Mel Thorpe menait son embarcation avec assurance, guidé par les fanions qui se dandinaient sur les crêtes. Sous la lumière vive, les hommes n'avaient que faire de la beauté sauvage des éléments. Toute leur attention était centrée sur la besogne à accomplir.
    Tico Mendes repéra bientôt un premier casier aux couleurs de son patron. Une tête de mort sur un fond jaune.
    Thorpe l'aperçut à son tour. Le moteur décrut et le bateau vint se positionner face à la vague. À l'aide d'une gaffe, Mendes agrippa la perche au fanion et attira la bouée à lui. Puis il hissa le tout sur le pont et commença à remonter l'élingue. Lorsqu'il en eut dégagé une longueur suffisante, il l'enroula au palan et en actionna le moteur. La corde se tendit et fut bientôt aspirée sur un rythme plus soutenu. Parfois, une algue jaillissait des profondeurs. Tico la décrochait machinalement et la rejetait au loin sur la houle, comme s'il avait toujours effectué le job.
    Puis la masse sombre du casier creva la surface de l'eau. Tico joua avec les commandes du treuil et le déposa en douceur sur le pont.
    L'intérieur grouillait de crustacés. Il l'ouvrit et plongea la main au milieu des prises. Il écarta les araignées de mer qu'il rejeta à l'eau. Seuls les homards avaient de la valeur.
    De cette première nasse, il en sortit un de fort belle taille. Puis un deuxième. Au troisième, son coeur se souleva. Ces lambeaux de chair... Cette main... L'horreur le submergea tandis qu'il croisait le regard halluciné de Thorpe qui s'avançait vers lui, un croc à la main.
    Mendes se saisit de la gaffe, bien décidé à vendre chèrement sa peau...
    A PROPOS DE L'AUTEUR
    Patrick Morel vit dans la proche banlieue de Rouen. Romancier et nouvelliste reconnu, il livre ici une fresque du Nouveau Monde au travers de 13 nouvelles aussi noires qu'insolites. Ce recueil succède à son premier opus, Le coup de pied au cul dont la nouvelle a été adaptée sur les ondes de la R.T.B.F., il y a une vingtaine d'années.

  • Un amour fusionnel sur fond de Mai 68.
    Ruptures historiques et ruptures personnelles se télescopent dans ce roman qui parcourt les années 1960 à 1990 et leurs bouleversements. Ruptures... s'attarde, plus précisément, sur deux faits marquants de cette période : Mai 68 - sur rappel de contexte national et international, le roman évoque, de Nancy à Metz et Strasbourg, la situation régionale et raconte, en particulier, le Mai strasbourgeois - et la chute du Mur de Berlin. Parallèlement à cet argument historique, Ruptures... développe un argument romanesque, celui du désespoir amoureux dont il explore les différentes facettes. L'amour fusionnel qui lie Mathilde à Matt, sur fond de Mai 68, alors qu'ils sont tous deux étudiants, marquera celle-ci à tout jamais et elle n'aura de cesse de retrouver le paradis perdu. D'emblée, cette quête d'absolu, de secrètes blessures, également, voueront à l'échec sa rencontre avec le peu sympathique François. Elles l'enfermeront dans un schéma répétitif dont elle ne parviendra que difficilement à se libérer, grâce en particulier à sa passion pour l'art. Mais, prendra-t-elle le risque, dorénavant, de s'abandonner à l'instant et à l'éternité, selon cette formule de Nietzsche qu'elle avait faite sienne autrefois ?
    Ruptures historiques et ruptures personnelles se télescopent dans ce roman qui parcourt les années 1960 à 1990 et leurs bouleversements.
    EXTRAIT
    - Si nous n'avions pas lancé le mouvement, jamais vous n'auriez bougé ! Et si, par conséquent, les accords de Grenelle vous ont gâtés, c'est grâce à nous ! Dois-je te rappeler vos augmentations de salaire ? Non, peut-être pas, tu t'en es assez vantée ! Alors, te faire la liste des autres avantages que vous avez obtenus ? Dont la réduction du temps de travail et la possibilité, dans vos entreprises, d'élire vos représentants, des entreprises, par conséquent, où vous avez votre mot à dire désormais ? Par conséquent, au lieu de t'en prendre aux étudiants, tu devrais les remercier, ma chère !
    A PROPOS DE L'AUTEUR
    Romancière et essayiste d'origine mosellane, Madeleine Zimmermann-Munsch vit à Strasbourg. Ruptures... est son troisième roman après Quand la guerre s'en mêle, qui a obtenu le Grand prix de la Ville de Saint-Avold en 2013, et Puis vinrent les années grises.

  • Deux femmes cheminent ensemble jusqu'aux rebords de la vie.
    Line est mandatée par le tribunal pour protéger les intérêts d'une vieille femme précaire. Celle-ci refuse la tyrannie de la longévité à tout prix : elle ne veut plus végéter dans un mouroir les yeux rivés au plafond. Les deux femmes s'opposent puis concluent tacitement un terrible pacte. Elles vont cheminer ensemble sur le rivage de l'Atlantique jusqu'aux rebords de la vie.
    Dans un texte profondément humaniste, Anne Bert propose une réflexion sur le délicat sujet du dénuement de la vieillesse et de la fin de vie. La mort est aujourd'hui devenue plus taboue que le sexe. Mais la longévité a souvent un prix : celui de la pauvreté, de la solitude et de la misère. En évitant l'écueil du pathos, avec tendresse et même humour, ce roman bienvenu dérange et bouscule. (Ce texte est une 2ème édition, initialement paru sous le titre Épilogue aux éditions Edicool en format numérique, nominé pour le Prix du livre numérique 2013).
    A travers ce roman, découvrez une réflexion humaniste sur le dénuement de la vieille et de la fin de la vie.
    EXTRAIT
    Marguerite était douce et rugueuse comme une pierre ponce. Patiente, si patiente à s'user, longuement, interminablement... ne laissant filtrer que de microscopiques poussières témoins de son existence.
    Line allait à elle comme on va au rebord, à l'extrémité d'un équilibre, d'un corps, d'une existence. Voilà ce qu'était Marguerite : une vie en suspens. Une minuscule vie insignifiante de rien du tout qu'habitait le genre humain.
    Line ne savait pourquoi cette vieille femme plutôt que les autres - pourtant plus déglingués - retenait toute son attention. Peut-être parce que le corps et l'esprit étaient épargnés et que seules la misère, la solitude et la pauvreté l'avaient laissée sur le bas-côté. Sans doute aussi parce Marguerite était une femme en latence, tramant derrière ses petits yeux parcheminés quelque chose qui lui échappait. Certainement parce que Marguerite était vieille et lourde de tant d'années.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Anne Bert publie des romans et des nouvelles depuis 2009. Elle s'intéresse particulièrement à ce qui se passe derrière les écrans opaques de la bienséance. Après avoir écrit plusieurs livres érotiques, elle entend poursuivre l'exploration de ses thèmes de prédilection, l'intime, l'impermanence des choses et l'hypocrisie de la convenance. Elle tient le blog Impermanence et chronique également sur le webzine « le Salon Littéraire ».

  • Fécamp est mis sous cloche et coupé du reste du monde par une brume inquiétante...
    Une brume inquiétante envahit la côte d'albâtre. Fécamp et ses environs se retrouvent brutalement coupés du monde extérieur, comme mis sous cloche durant des jours, des semaines et des mois. La municipalité ne sait plus comment endiguer l'exode et la violence d'une population affamée. L'armée intervient mais ne peut empêcher les révoltes, les pillages et même les assassinats de notables.
    Jean-Mary, artiste peintre local, décide de fuir vers la Seine. En chemin il croisera des personnages surprenants puis une femme mystérieuse qui le ramènera au port.
    La brume obsédante semble vouloir nettoyer cette portion de terre, lessiver l'âme de ses habitants confrontés aux grands choix. Est-ce leur part d'ombre qui se cache au milieu des gouttelettes assassines ?
    A travers ce roman, découvrez comment les gouttelettes d'une brume obsédante fait ressortir la part d'ombre des habitants de Fécamp.
    EXTRAIT
    Il arriva à vive allure. À quelques mètres de la plage de galets, je pouvais maintenant me rendre compte qu'il ne s'agissait ni d'une vague géante ni d'un quelconque cyclone à l'horizontale. Haut d'une centaine de mètres, comme les falaises de craie, entonnoir géant ouvrant l'accès au port, il ressemblait à un mur obscur chargé de gouttelettes d'eau. Ce brouillard monstrueux s'approchait, oppressant, il touchait maintenant les escaliers de la digue. Je compris soudain mon erreur de ne pas avoir suivi le troupeau. Non seulement il me serait impossible de prendre la moindre photographie, mais ce nuage gigantesque qui s'apprêtait à recouvrir la ville me rendait soudain aveugle sous l'épaisseur de ses membres cotonneux qui me bandaient les yeux et enveloppaient mon corps de sa housse adipeuse et glaciale. M'agrippant à la statue de pierre, je me laissai dévorer par ce monstre humide et d'un coup, ne vis plus à un mètre de mes pieds. Je ne percevais absolument rien sinon le socle granitique et déformé de ma chère sculpture. Nous étions seuls sur la digue promenade, seuls dans le silence d'une nuit artificielle, engloutis à attendre la conclusion de ce cauchemar d'une fin d'après-midi estivale pas tout à fait comme les autres.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Jean-François Rottier est depuis l'adolescence un passionné de l'écrit. D'abord travailleur social, son dernier métier sera d'occuper les fonctions de directeur des services municipaux de la ville de Fécamp sur le littoral normand.
    Après toutes ces années au service d'une population attachante, il gardera en mémoire bon nombre de témoignages et d'anecdotes qui nourriront son imaginaire. En retraite depuis 2015, il se consacre presque exclusivement à l'écriture et poursuit sa dissection des êtres d'une plume acérée et tendre. Dans ses livres, les paysages marins contribuent pour beaucoup à l'étrangeté des situations et à la complexité des relations humaines, comme si les marées et les tempêtes successives se chargeaient d'organiser la vie de ses personnages.

  • Les incestueux

    Jean-Paul Lebel

    Trois questions hantent ce roman. La vérité vaut-elle mieux que l'ignorance ? La répétition de l'inceste est-elle une fatalité ? La parole suffit-elle à guérir du silence ?
    Ces questions, Louise se les pose depuis 47 ans, depuis le jour de la colère, ce jour funeste où elle osa, contre toute prudence, enfreindre la loi du silence en révélant ce qui aurait dû être tu. Elle n'avait pas 15 ans. Quarante-sept années de mépris et de rejet plus tard, elle s'apprête pourtant à recommencer. Cette fois, pense-t-elle, elle le fera moins brutalement.
    Mais les évènements la rattrapent. De découvertes fortuites en retrouvailles inattendues, de confidences en révélations, la vérité de cette famille, par ailleurs lisse et sans histoire, apparaît. Elle est faite de drames anciens et de blessures jamais cicatrisées, de questions sans réponses et de silences contraints, de faux secrets et de curieux mensonges. Apparaissent également la fausseté des sentiments, la tyrannie du silence, le mélange des genres et des générations...
    Dans ce livre, où se mêlent intrigue familiale, conte métaphorique et enquête généalogique, l'auteur explore les failles et les problématiques d'une famille incestuelle.
    EXTRAIT
    C'est Louise qui a décidé de ce dernier combat. Comme un défi à cette histoire qui se répète. Elle sait pourquoi elle a bu. Elle sait pourquoi elle a arrêté. Elle sait ce qui la ferait recommencer, si elle n'y prenait garde.
    Les confidences de Lucille l'avait plongée dans un marécage de souvenirs glauques. Et de quatre. Ce n'était pas un hasard. Cela ne pouvait pas être un hasard. Il fallait comprendre, refuser la thèse du fatalisme, ou pire encore, de la coïncidence.
    Louise regarde la bouteille posée en évidence sur le coin droit du bureau, à portée de main. Elle a même ajouté un verre, un beau verre à whisky, aux formes avenantes. Une provocation. Un démon.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Jean-Paul Lebel est agrégé de Sciences sociales, et enseigne dans la région nantaise. Il a co-écrit et co-dirigé plusieurs manuels scolaires, aux Editions Hachette. Il est également l'auteur de plusieurs ouvrages parus aux éditions Ellipses, dont Lire Alain Touraine : Sociologie de l'action. Passionné par l'écriture, il publie ici son premier roman.

  • Dix-neuf nouvelles, dix-neuf tranches de vie.
    Isabelle reçoit au réveil un texto lui annonçant le décès de sa mère. Il va lui falloir quitter son bureau avec baie vitrée pour se rendre à l'enterrement. Elle va retrouver son frère, il faudra parler de la maison à vendre, des objets à se partager, se souvenir de ce qui fut, mais ce retour aux sources sera aussi pour elle la découverte d'un passé enfoui.
    Madame Michu aime les voyages organisés mais là, décidément, non, ce n'est pas possible, c'est un scandale. Elle va tout raconter à Odette sa voisine...
    Badou perd un peu la mémoire, beaucoup la tête, elle ne se souvient plus très bien, elle ne se souvient plus du tout, pourtant des souvenirs vont resurgir mais pour quelle vérité, quelle réalité ?
    Les nouvelles d'En corps présent ne condamnent pas les êtres mais ne cachent rien de leurs troubles. Chacun vit sa vie comme il le peut. Ces histoires viennent explorer nos séismes personnels, quotidiens. De faible amplitude ou véritables tsunamis, ils font vaciller les existences qui ne seront jamais tout à fait pareilles ensuite. Parfois on rit, souvent on sourit, de ce sourire un peu ironique et pourtant indulgent. On contemple ces corps présents dans leurs simples tempêtes.
    Ces nouvelles décrivent avec délicatesse l'intensité de vies solitaires, fragiles, qui souvent indiffèrent. Le style coloré, parfois saccadé, toujours esthétique et chaleureux, apporte l'humanité qui manque à tous ces héros perdus, abandonnés. La plongée dans l'absurde ou dans la réalité mesquine de vies banales est d'une force saisissante, elle rassérène, envoûte, comme si elle avait le pouvoir discret de nous rendre meilleurs, plus attentifs, plus généreux...
    L'auteur explore avec une rare sensibilité nos tragédies ordinaires.
    EXTRAIT DE LE BUREAU AVEC BAIE VITRÉE
    « Ça y est, Maman est morte cette nuit, à trois heures seize. » C'est le message qui m'attendait ce matin sur mon Smartphone à sept heures, quand le réveil a sonné. J'avais très bien dormi. J'ai pensé à Martine qui aurait pu m'appeler tout de même. Maman est morte et je dormais. Quand je le dirai à Martine, elle me répondra : « Et qu'est-ce que ça aurait changé que je t'appelle ? Tu aurais fait quoi de plus ? Tu es à plus de cinq cents kilomètres. Tu aurais tourné en rond, en attendant le matin. Là, tu as dormi, tu es reposée, tu peux prendre la route, ou le train, réfléchis parce que les routes sont bonnes, mais à cette saison, ça peut vite changer. Et là, à huit heures, tu peux appeler ton grand patron, tu lui diras que ta mère est morte et que tu dois partir, lui, il dira "Sincères condoléances et bien sûr, bien sûr, allez-y", alors que si t'avais appelé en disant : "Je suis sur la route", il aurait dit pareil, mais il aurait pas aimé être mis devant le fait accompli, à cause de toutes tes réunions prévues qu'il aurait dû annuler, alors ça sert à rien que je t'appelle à trois heures du matin pour t'annoncer que Maman est morte, il valait mieux ce matin ». Et je ne répondrai rien parce qu'elle a raisonnablement raison. J'appelle Martine.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Jean-François Dietrich a débuté par l'écriture théâtrale. Ses pièces L'impasse, Le Cinquième Train, Esquisses ont été montées par la Compagnie du Verseau et 5.905 inchs par la compagnie Artemis. Il a ensuite découvert l'écriture de nouvelles notamment grâce à la Maison de l'Écriture. En corps présent est son premier recueil.

  • L'arTmistice

    Gilles Perraudeau

    Au chevet d'un artiste mourant, Béranger Milcent plonge dans la vie d'un homme et l'histoire d'un pays...
    Béranger Milcent, jeune professeur, se souvient. Sur la route qui le conduit vers un vieil artiste agonisant, le passé ne cesse de ressurgir. Dans la chambre mortuaire, commenceront alors trois journées de rituels funéraires, de souvenirs et d'une longue messe de sépulture. Où l'on découvrira progressivement les secrets d'un homme aussi ardent que discret dans ses manifestations ; d'un époux zélé au milieu de nombreuses figures féminines. Où l'Art et l'Histoire se côtoieront parfois dangereusement. Où quelques secondes tragiques du premier conflit mondial sembleront décider de l'orientation de toute une vie d'homme.
    Avec talent, l'auteur mêle art et guerre dans ce récit poignant.
    EXTRAIT
    Éployée sur le vieux chêne d'une table, j'en avais toute une trâlée. « Mais tu n'avais pas mis un plastique en dessous ! » C'était ma pointilleuse mère qui ne manquait jamais de surgir.
    Je me souviens. Donc encombrant la table de Môman - au fond d'une souillarde ! - toute une trâlée de photos sur ce pays de terre et d'eau. L'alliance de mots semble faire fi de mes prétentions du moment. De trâlées, ici, on connaîtrait plutôt celles de saloperies. Et surtout, de gosses. Je crois me rappeler que trâlée descendrait d'un vieux mot - la traille - qui désignait un filet de pêche. Ce qui me ramène à mon sujet : mes photos. Sur la berge d'un étier, des joncs courbes et brisés ont fulguré des poissons-volants. Là, un agneau se désaltère dans le miroir d'une onde claire. J'ai renversé le cliché cul sur tête. Mais où est le reflet et où se trouve maintenant la bête ? Sur la table précieuse, mes photos commencent à rebiquer aux angles après une journée estivale de séchage. Je les ai tirées dans la nuit.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Gilles Perraudeau est né en 1947 à Bois-de-Céné (85) dans un milieu rural. Il a été enseignant en lettres et option théâtre. Il a longuement recueilli et publié la tradition orale du Marais breton-vendéen et du Pays de Retz. On lui doit de nombreuses collaborations chez Geste et l'Harmattan. Il a signé une vingtaine d'ouvrages, tant essais que fictions dont : Gars et filles de l'Ouest (Le cercle d'or, 1986), Les bourrines du Marais nord-vendéen (Séquences, 1988), Quand la mer reviendra (Geste, 1991) L'homme infidèle (Geste 1997), Et Waldeck fit la loi (Théâtre, Sol'air, 2001), La berge aux vierges de Grand-Lieu (Nouvelles, Petit-Pavé, 2004), L'invention du Marais nord-vendéen (Geste, 2006), Contes du Pays de Retz (Geste, 2007), Le printemps des massacres (Durand-Peyroles, 2013), Maraîchins, nous voilà ! (Geste, 2014).

  • Green man

    Pierre Athanaze

    Un trio d'activistes en cavale...
    Responsable de la mort d'un chasseur, un naturaliste fuit l'Ardèche pour échapper à la justice. Dans son exil jurassien, il rencontrera une jeune artiste néo-païenne et un septuagénaire haut en couleur avec qui il formera un trio activiste hétéroclite mettant à mal constructions illégales et projets destructeurs. Défiant bien-pensants, gendarmes et politiciens dans un parcours semé d'embuches, de belles rencontres et de rites païens, le drôle de gang s'organise pour détruire un barrage hydraulique, point d'orgue de leurs aventures.
    Ce roman d'aevntures rend hommage aux personnes qui s'impliquent activement dans la protection de la nature.
    EXTRAIT
    Cela ne faisait pas cinq minutes que Jean-Jean avait quitté le groupe pour se rendre sous la falaise, qu'il entendit un coup de feu. « Veinard ! » pensa-t-il. Mais quelques secondes après, il entendait les cris désespérés de Maurice qui hurlait : « Dédé ! Dédé ! Au secours, j'ai tué Dédé ! » « Vite, vite, venez ! » C'est le plus vite possible que le père Jean descendit le chemin, puis remonta jusqu'au départ des sentiers où déjà deux autres chasseurs arrivaient. Tout trois remontèrent le passage entre la dense végétation arbustive. Ils arrivèrent au décroché du chemin. Maurice était à genou le visage blême. À côté de lui, gisait le corps d'André Dessaigne et ce qui lui restait de tête. Une mare de sang au sol, et des éclaboussures écarlates tout autour. Maurice ne pouvait plus prononcer un seul mot intelligible. Il était en état de choc. C'est lui qui avait tué Dédé. Il était tombé, et le coup de feu était parti. Dans la mauvaise direction. C'est ce qu'ils comprirent au bout de quelques minutes. Il n'y avait plus rien à faire pour ce pauvre André.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Naturaliste forestier, Pierre Athanaze milite au sein d'organisations et associations de protection de la nature depuis plus de 30 ans. Un parcours qui l'a amené à côtoyer scientifiques et militants, naturalistes et activistes. Et parfois des ministres...
    Auteur de 3 essais sur la protection de la nature : « Le livre noir de la chasse », « Qui veut la peau du lynx ? » et « Le retour du sauvage », il publie aujourd'hui son premier roman en hommage à l'engagement des protecteurs de la nature de toutes sortes et de toutes obédiences. A la condition que leur engagement soit sans compromission.

  • à la frontière

    Cendrine Bertani

    Suivez le guide. Je vous invite à parcourir les contrées américaines.
    Oh, ce n'est pas un voyage classique. Nous allons sortir des sentiers battus, explorer les bas-fonds, aborder des sujets épineux. L'Amérique veut nous montrer des sites majeurs, reflet de sa réussite. Votre guide, lui, aborde tous les thèmes. Je vous présente d'autres paysages. Des lieux de crime. Des scènes où des attentats ont été commis. Ne vous méprenez pas. Vous ne risquez rien. Vous êtes prévenus.
    Si vous vouliez contempler les chutes du Niagara, ou le Grand Canyon, il faut changer de file. Mon collègue propose ce style de circuit, moins aventureux. Vous êtes restés ? C'est que vous avez bon goût. Enfin, vous avez le goût du risque, j'entends. Je vous souhaite d'échapper aux cinglés dont le cerveau est lessivé par les drogues, aux machos qui ont reçu une éducation ultra-nationaliste, aux prédateurs qui ne sont pas tous des bêtes, et même aux esprits vengeurs.
    Cette société corrompue par nos déviances et notre volonté de maîtriser le monde, c'est évidemment la nôtre. Celle de demain, si nous ne réagissons pas maintenant. Alors ouvrez les yeux. Tenez à distance les alligators, ne prenez personne en auto-stop, ne laissez pas vos enfants chercher dans les substances illicites un paradis artificiel. Défendez vos valeurs, et non vos intérêts. Sinon les spectres de vos ancêtres reviendront vous hanter.
    Rassurez-vous. J'ai de l'humour. On va se marrer.
    Partez pour un voyage atypique qui montre, à travers de courts textes, les côtés les plus sombres de l'Amérique d'aujourd'hui.
    EXTRAIT
    Elle était partie sur un coup de tête. Au sens propre, comme au sens figuré. Son nez endolori s'était arrêté de saigner, mais une croûte brunâtre venait souiller sa lèvre supérieure, et elle n'avait pas pris le temps de se nettoyer le visage. Elle n'avait songé qu'à une seule chose : mettre le plus de distance possible entre son mari et elle.
    Quand la dispute avait éclaté, Théo était déjà attaché dans la voiture, occupé à jouer à Mario sur sa DS. Une chance. D'abord parce qu'il n'avait pas tout entendu. Ensuite parce qu'elle avait pu bondir dans la Nissan et démarrer sur les chapeaux de roue.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Cendrine Bertani est née en 1978. Elle est enseignante de lettres classiques et romancière. Ses textes analysent la société actuelle, avec cynisme, dans des fictions où l'auteure s'interroge sur la place que nous accordons à l'éducation, à la culture, et à l'héritage du passé.

  • Il n'a pas choisi le bon endroit pour mourir. Par contre, pour vivre...
    Sa maîtresse vient de le quitter. Effondré, il a fui dans la nuit, quittant femme et enfants pour se retrouver seul au petit matin dans une clairière, un révolver à la main. Il a décidé d'en finir. Hélas, dans la vie, on ne fait pas toujours ce que l'on veut, y compris lorsqu'on veut mettre fin à ses jours. Il n'a pas choisi le bon endroit pour mourir. Par contre, pour vivre...
    « Que la brume était belle ce jour-là. Quel écrin. Imaginez ce corps de femme, élancé, flanqué de formes généreuses et parfaites, élégantes, d'une démarche féline et sensuelle, vous brisant l'âme d'un seul regard, d'un seul sourire. Qu'auriez-vous fait ? Moi, je l'ai aimée. Intensément. »
    Plongez dans un roman qui livre l'histoire d'un homme dont le destin bascule le jour où il décide d'en finir avec la vie.
    EXTRAIT
    Son regard, son doux et si beau regard changea. La déesse de la brume devint l'espace d'un moment, une femme blessée. Elle me regarda droit dans les yeux, une expression de déception sur le visage et dit :
    - Mais qu'est-ce que je fais là??...
    Que cette phrase m'a fait mal. Comme j'ai eu mal, honte, de lui déplaire, de la blesser. Comme je m'en suis voulu. Je m'en veux toujours.
    Bien qu'un peu désemparé, j'ai quand même su trouver les mots pour l'apaiser, non par flagornerie, mais parce que je voulais qu'elle soit bien. Je n'ai jamais voulu que ça d'ailleurs. Qu'elle soit bien avec moi.
    J'étais si bien aussi à ses côtés. Oh, comme j'étais bien.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Patrice Woolley est auteur, mais aussi graphiste et scénariste. Il vit à Monaco.

  • Les barbariques

    Eric Deverrewaere

    Notre monde est-il barbarique ?
    Eric Deverrewaere vous propose un nouveau voyage à travers ce roman au parfum médiéval et malgré tout tellement contemporain. Un mot prononcé dans une échope d'une ville romantique a suffi à éveiller sa plume : "barbarique".
    Notre monde est-il barbarique ? L'actualité et les faits divers nous l'expliquent quotidiennement, mais l'auteur a choisi une autre voix, celle de l'amour pour rendre doux l'atroce, pour rendre beau l'insupportable. Rentrez dans son monde frontière où la fiction embellit la vie, franchissez le seuil de la boutique, laissez vous attirer par un ours en peluche et à la dernière page tournée vous aurez la réponse à cette question !
    Découvrez un roman au parfum médiéval, et plongez dans un récit qui prend le parti de choisir la voix de l'amour pour rendre doux l'atroce et beau l'insupportable.
    EXTRAIT
    La boutique fermée, l'ours Max remisé, nous voici quittant l'échoppe, Thomas droit comme un I... Et l'homme de se lancer dans un discours à forte résonance gutturale où il m'est possible de reconnaître quelques mots d'allemand, appris à l'école, ou d'anglais découverts dans les pubs à siroter des Guinness.
    - Eh oui, notre langue est vraiment « barbarique »... Restez avec moi une heure durant et je vais vous conter une bien curieuse histoire. Puis comme le dit, si bien, un vieil ami, véritable philosophe de la vie, « l'important dans une histoire c'est d'y croire... » Alors, tout à l'heure vous me direz si vous y avez cru...
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Eric Deverrewaere, cheminot retraité, choisit l'écriture pour occuper son temps libre. Écrire pour être lu, pour distraire, pour faire sourire, pour que le moment passé soit le plus agréable possible.

  • L'ivre mort

    Alain Bourmaud

    Peut-on se sauver par la fuite ?
    Jean-Baptiste Bardouin, professionnel de la presse écrite à la dérive et auteur en panne d'inspiration, ne supporte plus rien ni personne. Spectateur de sa propre déchéance intellectuelle, morale et sociale - il ne travaille plus ou presque depuis sa dépression, depuis qu'il a cessé de boire deux ans auparavant -, Bardouin a décidé de tout quitter : femme, enfants, Paris, et ce qui le constituait : son métier. Mais faut-il (se) renier pour renaître ? Et peut-on se sauver par la fuite ? Car Bardouin a planifié sa disparition, prévue pour ce samedi, premier jour des vacances pascales. Profitant du départ dans le Médoc de son épouse qui conduit les enfants chez leurs grands-parents maternels, Bardouin prépare son sac mais tous ses actes et ses gestes sont l'occasion de raviver les souvenirs et d'un appel au bilan d'une existence en up & down. Un passé surgissant comme un boomerang ; le jour de son départ, Bardouin se remet à boire...
    Accompagnez Bardouin dans une réflexion difficile, ponctuée de souvenirs, bons et mauvais, qui le fera retomber dans ses vieux démons.
    EXTRAIT
    Ça faisait vingt-quatre mois, cent quatre-vingt-sept jours, cinq heures et maintenant cinquante-neuf minutes que JiBé luttait, même en rêve, non plus contre l'envie d'alcool, mais contre le seul souvenir de l'ivresse.
    Clairement : Bardouin n'avait pas su transformer cette sobriété en une ébriété nouvelle.
    L'abstinence, cette béquille pour marcher droit, qui l'empêchait de faire le premier pas.
    L'abstinence, ce Subutex de l'alcoolique.
    L'abstinence, ce mot que Bardouin se refusait à dire quand il parvenait à parler.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Né en Vendée, voici un demi-siècle, Alain Bourmaud a d'abord embrassé le métier de journaliste. Une aventure entamée au sein du quotidien nantais Presse-Océan, puis poursuivie à Paris, où il rencontre, au début des années 90, Thierry Ardisson, qui l'engage alors aux poses de chef d'édition d'Entrevue. Depuis lors, Alain Bourmaud a poursuivi sa carrière d'auteur pour animateurs auprès de Stéphane Bern, Yann Artus-Bertrand, Éric Naulleau... Il travaille aujourd'hui avec François Busnel, présentateur de La Grande Librairie sur France 5. Il est aussi l'auteur de la première biographie de Valérie Trierweiler, La Dame de pique, parue aux éditions First.

  • Dire le vieillissement de la mère est difficile.
    Dire le vieillissement de la mère est difficile. L'urgence de l'écriture s'est imposée sur plusieurs saisons, pudique, entre tâtonnements, tendresse et silences.
    Plongez dans ce roman pudique, entre tâtonnements, tendresse et silences.
    EXTRAIT
    A l'intérieur de ma tête ça tourne à vide. Une poulie ou je sais quoi, des mots et des choses que j'essaie d'effacer. Mais tu lis dans ma tête et je lis dans la tienne, ma fille, quand on se parle comme aujourd'hui. Avec notre langage à nous, le langage de nos doigts qui se rencontrent et qui s'étreignent sous la tablette où sont posés mon étui à lunettes, mon goûter chocolat pain d'épice et le programme télé que je feuillette même pas.
    On s'absente des autres si les autres sont là, on les entend plus on est comme seules toi et moi. Nos doigts se disent tellement de choses maintenant ! Et nos yeux aussi. Plus que dans toute notre vie ensemble et après. C'est vrai que je cause pas, que tu causes pas, c'est vrai que je fais que te regarder et que tu fais que me regarder. C'est vrai que nous plongeons dans les pensées de l'autre très loin si loin comme jamais nous n'avons plongé. C'est vrai que tu lis en moi et que je lis en toi. Tout est devenu simple on dirait. Si simple que les mots ne servent à rien et qu'on se rejoint comme quand je te portais dans mon ventre (...)
    Tes doigts me rassurent ils sont aimants. J'ai toute ta main dans la mienne sur mes genoux maintenant...
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Ecrivain pluri-indisciplinaire, Thérèse André-Abdelaziz explore toutes les formes d'écriture, de la poésie à la dramaturgie en passant par les nouvelles, le roman et les faits de société. Elle a publié sept ouvrages dont Quelque part une île (1980) Ed. du Cerf, Je, femme d'immigré (1987) Ed. du Cerf, réédition (2004) La Part Commune, Je m'appelle Atlantique (2006) Ed. La Part Commune, ainsi que L'Estuaire (2011) et Moi, Julienne David, corsaire nantaise jamais soumise (2012) Ed. Ex Æquo.
    Elle est l'auteur également de sept pièces radiophoniques et neuf pièces théâtrales.

  • Onze nouvelles écrites à quatre mains où le fantastique s'invite dans le banal...??
    Le quotidien, parfois, nous joue des tours. ?En témoignent ces nouvelles insolites dans lesquelles on croise des personnages surpris par la vie. La tonalité « réaliste fantastique » de l'écriture s'inscrit dans une tradition d'inspiration latino-américaine. Ces textes illustrent bien l'idée que Julio Cortázar se faisait du récit bref : un jeu magique. Il ne tient au lecteur, pour s'en convaincre, que de pousser la porte. À ses risques et périls...??
    Une expérience d'écriture originale, riche en jeux de langage.??
    EXTRAIT DE LE CIMETIÈRE DES LOCOMOTIVES
    Il pensa aux réfugiés. À tous les laissés pour compte qui fuyaient la misère, la mort et la guerre. Ils auraient pu trouver, dans ce cimetière de locomotives aux flancs gros de voyages avortés, un asile sûr. Il y avait bien longtemps qu'aucune correspondance ne laissait plus à quiconque le loisir de caresser des rêves de destinations heureuses...
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    Le lecteur est invité à voguer par-delà d'authentiques sentiments alors même que des notes fantastiques se dispersent au gré de l'imagination fertile des deux amis. Leur amour de la langue et de la poésie est ici réellement palpable. - Ange77, Babelio
    À PROPOS DES AUTEURS
    Max Alhau est nouvelliste, poète et traducteur de l'espagnol. Il collabore à plusieurs revues littéraires et poétiques.
    Romancier, nouvelliste, essayiste et poète, Michel Lamart se consacre entièrement à l'écriture après avoir enseigné les lettres et la philosophie en Classes Préparatoires scientifiques et commerciales.

  • Un regard plein de naïveté et de poésie sur le monde.
    Georges n'est pas comme vous et moi. Il porte sur le monde, notre monde, un regard d'enfant, plein de naïveté et de poésie. Empreint d'une certaine lucidité aussi. Au fil de sa plume apparaissent des personnages qui l'accompagnent dans son quotidien. Son fidèle copain Franz, qui a tendance à briser les envolées utopiques de Georges. Rose, la boulangère, dont Georges est amoureux. Véronique, la fleuriste, chez qui Georges passe tous les matins pour commenter les nouvelles compositions. Le Docteur Monsieur Maurice, très bienveillant, qui suit Georges à l'hôpital. Louisette, une autre thérapeute, qui accueille Georges dans son groupe de parole. Ou encore Ernestine, une très vieille voisine de son oncle et sa tante, qui lui fait découvrir son magnifique jardin.
    Le manuscrit de Georges est un récit rafraîchissant, à la fois drôle et émouvant, qui nous questionne sur notre propre rapport aux choses et aux personnes qui nous entourent. Une autre façon, également, de percevoir la « différence ».
    Découvrez un récit rafraîchissant, à la fois drôle et émouvant, qui nous questionne sur notre propre rapport aux choses et aux personnes qui nous entourent
    EXTRAIT
    Quand je retourne à l'hôpital tous les jeudis à 9h00 en passant devant la gendarmerie, je pense à Grégoire et mon coeur se serre un peu, juste un petit peu comme s'il était pris dans un petit étau d'un établi. C'était un bon copain, Grégoire. Quand je suis parti de l'hôpital, il m'a pris la main et il m'a dit :
    - Sois prudent, Georges, bonne chance !
    Je ne sais pas pourquoi il m'a dit ça. J'ai toujours été prudent moi. Ce n'est pas comme certains qui traversent la rue n'importe où alors qu'il y a des voitures qui roulent dans les deux sens. Moi j'attends que le feu soit rouge et que le petit bonhomme soit vert. Je suis prudent moi. J'ai toujours été prudent.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Pierre Cousin est né à Paris en 1962. Il a passé son enfance à Epinay sur Seine en région parisienne. Après des études de géographie physique à Jussieu, il devient instituteur et s'installe en Touraine. Il est depuis une vingtaine d'années instituteur spécialisé, travaillant auprès d'enfants en difficulté scolaire. Il est également peintre, et c'est l'une de ses encres qui a été choisie pour la couverture de ce livre.
    Il a publié aux éditions Ex Aequo, Le tireur de sable, Le dernier cerf et La forêt du Dessous.

  • Bhoutan

    Monique Pantier

    Le parcours d'un jeune Français miraculeusement rescapé d'un accident au Bhoutan.
    C'est au coeur du Bhoutan, dans un ermitage perdu, qu'Aryan, seul rescapé d'un terrible accident, est recueilli par Tenzin, le sage aux rochers d'or.
    Mais à 25 ans, à la surprise de tous, Aryan accepte de revenir en France pour faire valoir son héritage.
    Il rencontrera Fleur, une adolescente qui n'a plus la force de vivre depuis la disparition de son père, grand reporter au Pakistan, il retrouvera aussi son cousin, Édouard, qui le préférait mort. Du Bhoutan, au Pakistan, en passant par la France et l'Inde, Aryan mettra sa sagesse à l'épreuve de la folie des hommes.
    Du Bhoutan, au Pakistan, en passant par la France et l'Inde, Aryan mettra sa sagesse à l'épreuve de la folie des hommes.
    EXTRAIT
    Aryan ouvrit les yeux et se mit à hurler. Il se souvint du cri de son père, de celui de sa mère, puis de l'accident, et son hurlement se fit plus aigu encore. Plus fort que sa peur, son instinct le poussa à se relever et à s'éloigner le plus vite possible de ce qui n'était plus qu'un tas de tôles et de boues mélangées.
    Il réprima un sanglot, se redressa péniblement sur ses jambes tremblantes et avec l'énergie du désespoir, entreprit de gravir les blocs de pierre et les amas formés de troncs d'arbres épars que le glissement de terrain avait entraînés dans sa course.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Monique Plantier est née à Sète en 1961. Avec un Brevet d'état de voile, un parcours d'élève infirmière, puis d'esthéticienne, pour finir professeur agrégée d'arts plastiques, elle a donc cumulé les compétences et les centres d'intérêt.
    Aujourd'hui, elle vit en Ardèche. Bhoutan est son second roman aux éditions Ex Aequo après le thriller Entre nulle part et jamais plus paru en 2016.

  • Un grand manège de cultures, de générations et d'idées.
    Julien Redoul, enseignant à la retraite, voit sa vie basculer par la remontée à la surface d'un passé tumultueux. À l'origine des drames à venir, Sibylline, sa vieille mère acariâtre et revancharde qui vit dans une maison de retraite médicalisée. Ramata, éditrice franco-sénégalaise, et François-Xavier, comédien à la Comédie de Caen, personnages solaires de cette histoire familiale imprégnée de secrets et de sentiments refoulés, tenteront de relier les fils et de colorer l'horizon.
    Le grand manège des cultures, des générations et des idées restera malgré tout vertigineux...
    Découvrez une histoire familiale imprégnée de secrets et de sentiments refoulés.
    EXTRAIT
    La standardiste des « Jonquilles » venait de lui annoncer avec une sorte d'ironie ambiguë la visite d'un charmant jeune homme. Sibylline se demanda dès lors s'il s'agissait d'une farce salace insinuant sa transformation en couguar à la mode ou d'une véritable rencontre souhaitée par un quelconque préposé des postes ou d'une compagnie funéraire en mal de clients. Elle savait que la jeune Jasmine était coutumière de ce genre de mascarade, d'ailleurs, souvent d'un goût douteux. Depuis qu'elle occupait cette fonction, après un an de formation, la jeune chargée d'accueil, en plus d'avoir appris à sourire au téléphone, avait retenu qu'il fallait amuser les vieux résidents, leur muscler les zygomatiques et stimuler leurs neurones par des charades ou blagues à tiroir non seulement pour les maintenir en vie, mais surtout pour prévenir la décrépitude physique et morale habituellement favorisée par la vie en institution.
    Dans le doute, et se préparant à toute forme d'équivoque, Sibylline bien campée sur son fauteuil Voltaire, remit en ordre sa chevelure immaculée puis saisit une revue afin de prendre une pause convenable.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Jean-François Rottier est depuis toujours un passionné de l'écrit.
    D'abord travailleur social, son dernier métier sera d'occuper les fonctions de directeur des services municipaux de la ville de Fécamp sur le littoral normand.
    De ses années au service d'une population attachante, il garde en mémoire bon nombre de témoignages et d'anecdotes qui nourrissent son imaginaire. En retraite depuis 2015, il se consacre presque exclusivement à l'écriture et poursuit sa dissection des êtres d'une plume acérée et tendre. Dans ses livres, les paysages marins contribuent pour beaucoup à l'étrangeté des situations et à la complexité des relations humaines, comme si les marées et les tempêtes successives se chargeaient d'organiser la vie de ses personnages.

  • Un vieillard, dernier habitant d'un village à moitié submergé par les eaux, semble attendre sa fiancée disparue...
    « Toutes les mémoires n'ont peut-être pas la même valeur, mais toutes les souffrances comptent. Beaucoup ont tout perdu, dans ce village. Il est vrai qu'on a débarrassé la région de ses habitants. Résultat, c'est calme maintenant... »
    Le vieil homme, le dernier habitant du village à moitié submergé par les eaux d'un barrage, semble attendre sa fiancée disparue. Il est perturbé par l'arrivée de quatre jeunes venus dégager une mosaïque romaine. Les filles, Yasemine et Dilara, en profitent pour effectuer un pèlerinage là où habitaient leurs parents. Derrière les souvenirs resurgit une histoire trouble. Le Vieux n'a-t-il pas joué un rôle dans les malheurs de leur famille ? Qui lui voulaient les bandits revenus autrefois au village ? Un soir de tempête, en proie aux soupçons, il disparaît. Revenue dans son université, Yasemine va enquêter sur le lien inavouable qui, au-delà du temps, la reliait à lui.
    Découvrez un roman passionnant et suivez pas à pas les réflexions et les investigations de Yasemine, bien décidée à démêler les mystères de son passé familial.
    EXTRAIT
    En passant par l'unique pièce de la maison pour se rendre sur la terrasse, ils avaient effectivement remarqué un portrait, « lumineux » dans la pénombre. À cause des couleurs, peut-être. Car, autour, tout était définitivement sombre, comme si un étrange couvre-feu en plein jour noyait ce qui échappait à un soleil presque écrasant. La photo, d'un style ancien à ce qu'on pouvait voir, montrait un visage à l'ovale délicat. La chevelure noire laissait deviner une raie soigneusement peignée. Elle était recouverte d'une coiffe brodée de couleurs rose et vert d'où sortaient trois longues nattes habilement tressées. Sur le côté, la très jeune fille portait une rose rouge plantée dans les cheveux. Son sourire était doux. Plus que tout, ses yeux retenaient immédiatement l'attention. D'un noir très pur, ils formaient avec les longs et fins sourcils qui les surmontaient un ensemble fascinant de gravité et de bonté. Gerd et Mikael venaient d'en faire l'expérience, on ne pouvait décidément pas passer à côté de ce portrait sans être frappé par sa présence. Dans la pauvre pièce, la fraîcheur conservée de ses couleurs paraissait presque magique.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Après Sciences Po Paris, une maîtrise de philo, puis un troisième cycle de gestion à Dauphine, Michel Dessaigne a travaillé au ministère de l'industrie, dans une société de services, et dans une banque d'affaires. Ayant fondé sa société d'études en matière de protection sociale, il a été responsable associatif et Professeur associé à l'Université de Strasbourg. Pèlerinage en eaux troubles est son troisième roman.

  • Grâce à un précieux souvenir d'enfance, Jeanne éprouve un très fort attachement pour la légende du Père Noël.
    « Jamais une guerre n'a été déclarée en son nom » dit-elle « mais grâce à lui des millions de familles se réunissent chaque année, passent quelques heures dans l'amour et la sérénité, et se bâtissent ainsi de beaux souvenirs. Et pour cela, son existence dans nos coeurs ne peut être contestée ».
    Assise sur un banc face à la mer, Jeanne revisite sa longue vie qu'elle a toujours su embellir en transformant de jolies rencontres et des événements joyeux ou graves en contes de Noël réconfortants. Mais un jour une tragédie insurmontable a plongé Jeanne dans une peine infinie et a imposé le silence au vieux Bonhomme en rouge... jusqu'à ce qu'elle rencontre Lucas, un petit garçon d'une dizaine d'années, à la mèche rebelle et aux grands yeux bleus qui passait devant chez elle sur son petit vélo rouge.
    Un roman touchant, comme un souffle d'espoir.
    EXTRAIT
    De ma petite enfance, je garde le souvenir confus d'une rentrée scolaire. Ma mère me tient la main. Nous nous dirigeons vers un grand bâtiment qui occupe tout le côté ensoleillé de la place de la Halle. Une femme portant une blouse à petits carreaux bleus et blancs se tient, souriante, sur le pas d'une porte grande ouverte sur une cour sablée. Il y a beaucoup d'enfants accompagnés de leur maman, certains pleurent, les mamans les consolent et moi, je fonds en larmes. Ma mère se penche vers moi, son regard iceberg se plante dans mes yeux et m'impose le silence. Puis elle salue rapidement la dame qui me regarde en souriant, lâche ma main et s'en va de sa démarche légère et pressée. Elle ne se retourne pas... Ma mère ne m'aime guère.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Dominique Bailly est née en 1950 à Pithiviers. Elle y a passé toute son enfance et son adolescence. C'est quelques années après son mariage qu'elle s'est installée, avec sa famille, dans un petit village enroulé autour de son clocher, au milieu des champs, à seulement quelques kilomètres de sa ville natale à laquelle elle est très attachée.
    Après une longue carrière dans le secrétariat, elle a passé quelques années au sein du journal hebdomadaire local au titre de correctrice, tout en écrivant quelques piges.
    Le Noël de Jeanne est son premier roman.

  • Peut-on encore trouver l'amour après 60 ans ?
    Après quelques romans inspirés du bord de mer dont les tempêtes nettoient l'âme de personnages attachants et ténébreux, l'auteur nous livre ici une nouvelle marquée par le désarroi d'une femme soudainement amoureuse au crépuscule de sa vie. A-t-elle encore droit à l'amour, aux caresses d'un homme, peut-elle encore rêver, plaire, s'amuser sous les regards réprobateurs de la normalité ? Mais qui est cet homme surgi de nulle part ? Est-ce un mirage ou le mauvais reflet d'un miroir déformant ? Comme à son habitude, l'auteur se joue des ambiguïtés, des paradoxes et du refus de mal vieillir.
    Une nouvelle douce amère qui retrace les péripéties amoureuses d'une femme mûre.
    EXTRAIT
    Paul était mort depuis un an déjà mais Caroline n'avait pas résisté au sourire enjôleur du chauffeur de taxi. Depuis peu, son corps assoupi bramait d'impatience même si des relents de morale chrétienne lui avaient jusqu'alors interdit d'ouvrir son coeur à un quidam aux ventricules garnis. Un mariage de trente-deux ans, ça ne s'oublie pas facilement. Et pourtant elle avait fini par céder. Son ventre frigorifié, ses bras qui n'avaient pas enlacé depuis longtemps, attendaient le déclic, la pression délicate sur l'interrupteur de son intimité. À soixante-cinq ans, elle n'était pas résignée à réfréner ses désirs ; son torrent intérieur véhiculait encore des monceaux de brindilles amoureuses qu'il déposait ici ou là sur la berge de ses rencontres. Trois ou quatre amis avaient cligné de l'oeil à son approche, tenté quelques phrases équivoques lorsque leur femme se trouvait loin. À l'occasion de dîners, quelques pieds volontaires avaient effleuré les siens avant d'oser encore sur une piste de danse, mais par pudeur autant que par respect de Paul et de ses amies qu'elle n'acceptait pas de cocufier, Caroline avait rejeté ces avances au-delà de son cercle en se disant qu'un jour viendrait, loin de Fécamp, où elle finirait bien par rencontrer un nouvel amant.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Jean-François Rottier est depuis toujours un passionné de l 'écrit.
    D'abord travailleur social, son dernier métier sera d'occuper les fonctions de directeur des services municipaux de la ville de Fécamp sur le littoral normand.
    De ses années au service d'une population attachante, il garde en mémoire bon nombre de témoignages et d'anecdotes qui nourrissent son imaginaire. En retraite depuis 2015, il se consacre presque exclusivement à l'écriture et poursuit sa dissection des êtres d'une plume acérée et tendre. Dans ses livres, les paysages marins contribuent pour beaucoup à l'étrangeté des situations et à la complexité des relations humaines, comme si les marées et les tempêtes successives devaient se charger d'organiser la vie de ses personnages.

  • Entre-temps

    Anne Le Roy

    Une femme, dévastée par l'absence de son mari, trouve refuge dans une quête étrange...
    Liberté Guillaume, écrivain public à Hennebont se voit déstabilisée dans son quotidien par l'attente du retour de son lointain mari. Elle se mesure à l'ennui et l'inconfort d'une situation imposée. Focalisée sur l'absence de son époux, elle se cherche des élans créateurs. L'amoureuse contrariée évoluera dans son Entre-temps ballotée par ses certitudes et ses doutes. Comment va-t-elle finalement appréhender sa solitude malgré un entourage très présent ? Va-t-elle se révéler à elle-même lors d'une rencontre troublante ? La quête d'un ouvrage mystérieux pourrait en être la clef. Dans son Entre-temps, Liberté cheminera sur des voies périlleuses.
    Un roman psychologique au suspense subtil.
    EXTRAIT
    Novembre pleure sur le clocher de la basilique Notre-Dame-de-Paradis et arrose les chrysanthèmes rouges, jaunes et cuivrés, bordés de bruyère qui fleurissent le puits ferré du quartier du centre-ville d'Hennebont.
    Les vêpres ont attiré une foule vers l'église. De sublimes reliques, des morceaux de crâne de Saint-Matthieu, des larmes de la Vierge, un bout de la couronne d'épines du Christ rapportée par Saint Louis, ont été exposées à la sacristie, à l'occasion, qui l'ont fort intriguée. Elle a participé aux commémorations.
    Mais aujourd'hui, dimanche 1er novembre, elle demeure discrète à prier ses défunts en serrant fort une croix achetée lors d'un voyage à Moscou. Elle s'attarde dans l'enceinte de son appartement pendant l'entretien de sa chevelure longue aux pointes naturellement ondulées. Maintenue chez elle, un mari absent voilà huit jours, elle espère un appel avant midi.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Anne Le Roy, née en 1972 à Hennebont, a obtenu un DEA en Culture et Société dans la CEI et en Europe orientale. D'abord professeur de français en Russie, elle a ensuite suivi un long parcours dans le milieu sociopro-fessionnel, puis s'est immiscée dans le monde médical pour enfin travailler comme formatrice en Français Langue Étrangère. Une autre histoire en parallèle. Celle de l'écriture et de ses outils, les mots, qu'elle travaille avec ardeur...
    Entre-temps est son premier roman.

  • Des nouvelles noires et décalées, où règnent l'humour et le cynisme
    Quatre nouvelles, quatre proses, pour illustrer le court en littérature. Des textes qui se composent et des êtres qui se décomposent : crus ou cuits. Mais toujours en petits morceaux ! Dans ce recueil de "fables tragiques", on excuse volontiers les assassins tant les victimes sont odieuses.
    Véronique Cohu démontre ici que le chemin le plus court est le meilleur, quoiqu'on en dise !
    EXTRAIT
    Marcel est laid. Il pue, il est gros et bouffe des madeleines à longueur de temps. Il a des goûts bizarres. Rien ne le met plus en joie que l'odeur suave de la lessive. Dès qu'il hume une émanation de poudre blanche, il en bave de plaisir. Ses lèvres humides et pendantes deviennent encore plus luisantes. Ce qui ne le rend pas particulièrement séduisant. Mais tout le monde - ou presque - s'extasie devant lui !
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Véronique Cohu est journaliste et romancière. Après des études littéraires à Orléans, elle s'est formée aux métiers de l'information à Strasbourg. C'est dans cette ville qu'elle obtient le Prix spécial du jury de la Nouvelle, organisé par le Crous, pour son court récit "Sans traces". La scène l'attire ; elle écrit et interprète sketchs et chansons pour diverses revues de cabaret. Son premier roman "Rêvez... je ferai le reste" est publié en 2014 chez Grasset. Nourrie aux polars américains à la Chandler, cette auteure installée en Gironde manie un humour des plus corrosifs. Elle excelle dans la Nouvelle et son recueil "Histoires courtes pour personnes raccourcies" est un bijou du genre.

  • Intrigue et course au pouvoir.
    L'histoire de France est parsemée d'intrigues, avouées ou non, dénoncées ou cachées, qui ont influencé son cours au fil des siècles. Dans Compte à rebours pour Monsieur X, le lecteur est amené à suivre une de ces intrigues destinées à éliminer un concurrent à la course au pouvoir pour mieux en détruire le vainqueur. C'est le thème de la vengeance. Le lecteur sera libre de se retrouver dans la simplicité des gens de la vigne ou dans l'arrogance des assoiffés de pouvoir et s'amusera de certaines visions du monde politique et des médias, pas plus éloignées que cela des réalités.
    La vengeance précoce d'une enfant surdouée n'aura de cesse de briser le petit garçon qui l'a jadis humiliée et qui deviendra un politicien déshumanisé. L'ombre du pouvoir imprégnée de calculs, mépris, enrichissements, médisances et jalousies sera heureusement éclairée par le bon sens et la solidarité des gens de la vigne. Deux mondes se juxtaposent, l'un haineux ou arriviste et l'autre simple et besogneux. La destruction progressive d'une personnalité, a priori prometteuse, est amplifiée par d'habiles digressions symboliques et par le cynisme des médias qui assombrissent la fresque du pouvoir. Le style léché, la fine psychologie des personnages et l'intrigue elle-même sont de véritables appels à la lecture.
    Découvrez un roman où se juxtaposent deux mondes : celui de la politique, haineux et arriviste, et celui de la vigne, plein de bon sens et de solidarité.
    EXTRAIT
    Ils ont pris un jet privé et même s'ils ne le montrent pas, leur satisfaction personnelle s'en trouve considérablement flattée. Un jet privé cela correspond à une certaine catégorie de puissance liée au compte en banque. C'est savoureux et donne cet air détaché et satisfait des biens repus. Une certaine suffisance aussi.
    L'avion file droit, appliqué à tirer son trait si fugitif dans le ciel. On ouvre une bouteille de champagne. Les voix sont joyeuses, les rires s'excitent. Femmes, maîtresses, collaborateurs, enfants, courbettes, scandales étouffés ou à venir sont profondément enfouis sous les nuages frappés d'un blanc immobilisme. Tous les ans Jo leur mitonne une petite sortie pas piquée des vers, une escapade très secrète où est fermée à double tour la page de leur vie publique et professionnelle. Il a carte blanche et leur apporte sur un plateau tout ce qu'ils désirent de licite ou d'illicite avec une discrétion exemplaire. Des filles toujours. À chaque sortie des filles bien cachées derrière un but prétexte genre signature d'un contrat énorme, visite officielle, invitation bidon. Ce coup-ci, bien sûr il y aura les filles, c'est quasi obligatoire, mais il y aura beaucoup plus gros, beaucoup plus gros... Et ce ne sera pas un prétexte !
    Ils dorment. Après l'excitation du départ, vite noyée dans les bulles, ils dorment d'un sommeil chaviré dans une moelleuse impatience.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Jacques Papin est né à Paris en 1953 et vit dans les Vosges. Passionné d'équitation, directeur de centre équestre, formateur, dresseur, il a écrit de nombreux livres sur l'univers des chevaux. Dans Compte à rebours pour Monsieur X, Jacques Papin change de sujet et met à jour une intrigue machiavélique à travers laquelle on retrouve d'originales descriptions de la nature humaine.

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