Fayard/Pauvert

  • 28 août
    Le sentier longeait la falaise. Il était bordé de calamines en fleur et de brouillouses un peu passées dont les pétales noircis jonchaient le sol. Des insectes pointus avaient creusé le sol de mille petits trous ; sous les pieds, c'était comme de l'éponge morte de froid.
    Jacquemort avançait sans se presser et regardait les calamines dont le coeur rouge sombre battait au soleil. A chaque pulsation, un nuage de pollen s'élevait, puis retombait sur les feuilles agitées d'un lent tremblement. Distraites, des abeilles vaquaient.

  • Paru pour la première fois en 1948, Et on tuera tous les affreux est le troisième ouvrage de Boris Vian écrit sous le pseudonyme de Vernon Sullivan.Sexe, sang, anticipation scientifique, suspense, espionnage et froide rigolade y sont superbement dosés.

  • "L'Histoire de l'oeil" sans doute le premier livre de Georges Bataille, a été publié en 1928 sous le nom de Lord Auch. Le "Plan d'une suite de l'histoire de l'oeil" a paru pour la première fois dans l'édition de 1967.

  • La vieillesse renouvelle la terreur à l'infini. Elle ramène l'être sans finir au commencement. Le commencement qu'au bord de la tombe j'entrevois est le porc qu'en moi la mort ni l'insulte ne peuvent tuer. La terreur au bord de la tombe est divine et je m'enfonce dans la terreur dont je suis l'enfant.
     

  • Les onze récits de ce recueil ont été rassemblés par Boris Vian lui-même; leurs nombreuses rééditions ont apporté la preuve de l'importance de cet ouvrage dans son oeuvre.
    Onze récits où se conjuguent l'émotion, la verve, la fantaisie, la tendresse et la saine insolence de Vian.

  • Le verbe vivre n'est pas tellement bien vu puisque les mots viveur et faire la vie sont péjoratifs. Si l'on veut être moral, il vaut mieux éviter tout ce qui est vif, car choisir la vie au lieu de se contenter de rester en vie n'est que débauche et gaspillage. A son niveau le plus simple, le Bleu du ciel inverse cette morale prudente en décrivant un personnage qui se dépense jusqu'à toucher la mort à force de beuveries, de nuits blanches et de coucheries. Cette dépense, volontaire et systématique, est une méthode qui transforme la perdition en connaissance et découvre le ciel dans le bas. Face à la mort, et sachant que rien ne lui échappe, il ne saurait être sérieusement question de " salut ", aussi la volonté de se perdre est-elle la seule éclairante _ la seule d'où puisse surgir une nouvelle souveraineté. Le Bleu du ciel en décrit l'apprentissage en dénudant au fond de chacun de nous cette fente, qui est la présence toujours latente de notre propre mort. Et ce qui apparaît à travers la fente, c'est le bleu d'un ciel dont la profondeur " impossible " nous appelle et nous refuse aussi vertigineusement que notre vie appelle et refuse sa mort.

  • Quel point commun entre Billie Holiday et Stephen King ? Entre Amy Winehouse, Marguerite Duras et l'auteure de ce livre ? L'art - l'art et l'addiction.
    Après ses Examens d'empathie, Leslie Jamison se penche sur les liens entre écriture et toxicomanie, en commençant par sa propre expérience. De sa première gorgée de champagne au délitement de sa vie de jeune adulte, Leslie Jamison livre un témoignage sincère sur l'emprise de l'alcool et son chemin vers la sobriété. Elle met en regard sa propre trajectoire éthylique avec celles de femmes et d'hommes de lettres tels que Raymond Carver, William Burroughs, Jean Rhys et David Foster Wallace, déboulonnant page à page le mythe de l'ivresse inspirée. Ce choeur de voix dessine les contours d'un récit commun qui en dit autant sur les toxicomanes que sur la société qui, selon la couleur de leur peau, leur origine sociale ou leur genre, réécrit leurs histoires.
    À la croisée de l'enquête socio-littéraire et des mémoires, le nouveau livre de l'héritière de Susan Sontag et de Joan Didion est un témoignage fascinant ainsi qu'une somme d'une prodigieuse érudition sur l'addiction, et, plus encore, une cure collective salutaire.
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Emmanuelle et Philippe Aronson
     
     
    « Un témoignage d'une justesse pénétrante et d'une grande tendresse. »The Washington Post 
     
    « L'exemple rare d'un témoignage sur l'addiction qui devient encore meilleur une fois que la sobriété reprend ses droits. »The New York Times

  • Elles se rendent pas compte paraît pour la première fois en 1950 sous le nom de Vernon Sullivan, traduit par Boris Vian. " D'abord, ça devrait être interdit, les bals costumés. Ça assomme tout le monde et au vingtième siècle, on n'est tout de même plus d'âge à s'habiller en bandit sicilien ou en grand air de la Tosca juste pour avoir le droit d'entrer chez des gens dont on fréquente la fille... ".

  • Boris Vian n'aura jamais fini de nous étonner, (ce qui est une raison supplémentaire de ne jamais désespérer). Et de même que ses romans sont d'une actualité de plus en plus troublante, de même ses chroniques - où le jazz est souvant prétexte aux luttes passionnées d'un homme libre - par leur vivacité, leur ironie et leur amour, ont une jeunesse miraculeusement préservée. Réunies en volume, elles ont même un "punch" supplémentaire : c'est qu'on ne lutte jamais assez contre la bêtise, l'ignorance, la méchanceté, et que le bon Vian est un pourfendeur infatigable, un polémiste irrésistible, un attaquant sagace et généreux. Ceux qui connaissent ces chroniques ne manqueront pas d'être attendris, mais toujours étonnés ; quant aux autres, ils trouveront là un vin généreux d'une force inaltérée. Et quel plaisir rare que celui de la découverte !

  • En 1948, Boris Vian est choisi par une radio de New York pour présenter aux auditeurs " amerlauds " le jazz tel qu'il se crée à Paris depuis les années trente. Pendant près de deux ans, il prend plaisir à enchaîner les disques des jazzmen français ou des groupes franco-américains enregistrés en France. Il le fait dans un anglais bien à lui, avec son élan habituel _ variations comiques et stylistiques, jeux de mots bilingues, fantaisie et humour _, mais aussi avec le sérieux du connaisseur pédagogue.Voici donc en édition bilingue un (ultime?) complément indispensable aux quelque 1 200 pages de chroniques de jazz déjà publiées du vice-président du Hot Club de Paris. Il se révèle toujours, même dans des textes d'une forme convenue, un instructeur aimable et un écrivain brillamment original que chaque titre de jazz peut faire glisser vers les régions fécondes de l'imaginaire.Gilbert Pestureau

  • Comment éprouve-t-on la souffrance de l'autre ? Qu'est-ce que ressentir la douleur d'autrui, sachant que cette douleur peut être acceptée, déformée ou contrefaite ? En se confrontant à la douleur - la sienne et celle des autres, simulée ou réelle -, Leslie Jamison découvre la nécessité pressante, personnelle et culturelle de ressentir. À partir d'expériences vécues, elle explore la question en étendant son champ de curiosité bien au-delà de son cas particulier : de sa pratique d'actrice médicale - payée pour feindre des symptômes que les étudiants en médecine doivent diagnostiquer - à son agression au Nicaragua, d'une réunion de personnes pensant être atteintes d'une même maladie imaginaire au Los Angeles des gangs, de la téléréalité à l'expérience de la prison.
    Dans ce recueil de textes virtuoses et audacieux qui tiennent à la fois de l'essai, des Mémoires, de la critique littéraire et du journalisme d'investigation, Leslie Jamison interroge avec grâce et humilité une dimension essentielle de notre rapport à l'autre.
     
     
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Emmanuelle et Philippe Aronson
     
     
    « Éblouissant, exigeant et magistral. »
    The New York Times
    « Leslie Jamison pourrait être la petite-fille de Joan Didion et Susan Sontag, et pourtant elle se distingue totalement par un mélange unique d'esprit et de vivacité. »
    The Atlantic
    « Nous traversons un âge d'or de l'essai, et Leslie Jamison en est sans aucun doute l'étoile montante. »
    The Boston Globe
     
    Leslie Jamison est une jeune essayiste et romancière américaine. Après avoir étudié à Harvard, elle travaille actuellement à une thèse à Yale. Elle est l'auteur d'un roman, The Gin Closet, paru aux États-Unis en 2010. Ses essais ont été publiés dans The Believer, Harper's, Oxford American, A Public Space, Tin House et The Best American Essays. 

  • Georges Bataille n'a pas songé à blanchir Gilles de Rais. Il l'aimait noir, abominable, fastueux et sot. Monstrueux? Oui, mais en cela, justement, proche.
    Pierre Descargues, La Tribune de Lausanne
    Le monstre véritable, c'est donc ce temps même: un monde, une société, une classe. Cet élargissement du procès et de l'acte d'accusation, les analyses socio-psychologiques qu'il comporte, forment la partie la plus neuve de l'étude, et celle qui provoquera le plus de remous.
    Yves Florenne, Le Monde
    (...) L'intérêt, la fascination, le trouble que cette grande figure noire, la plus noire peut-être de l'Occident, suscite aujourd'hui même...
    Alain Jouffroy, L'Express
    Mystifié plus que mystique et chrétien comme un soudard qui veut partir pour Jérusalem après avoir massacré gaiement, tel apparaît Gilles de Rais d'après les documents du temps.
    José Cabanis, Le Figaro

  • Théatre

    Boris Vian

    Boris Vian naît le 10 mars 1920 à Villed'Avray. - Elevé dans le plus parfait mépris de la Trinité Sociale : Armée, Eglise, Argent" (Noël Arnaud), il passe son baccalauréat latin-grec à quinze ans. Il apprend la trompette. 1939 : le 6 novembre, il est admis, avec un rang moyen, à Centrale. 1943 . ingénieur à l'Association Française de Normalisation, Vian s'y distingue en établissant une "Norme des Injures", Il écrit "Troubles dans les andains" (qui ne paraîtront qu'en 1966) et "Vercoquin et le Plancton", texte que Jean Rostand fait lire à Queneau. Sartre, Camus, Prévert sont de ses amis. 1946: Vian entre à l'Office Professionnel du Papier et du Carton, et c'est la qu'il termine "l'Ecume des jours", puis "l'Automne à Pékin", Il publie, sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, "J'irai cracher sur vos tombes". Gros succès (un demi-million d'exemplaires vendus), et scandale (le livre est interdit). 1947:Boris Vian renonce à son poste à l'Office. Il fait désormais figure de "roi" de Saint-Germain-des-Prés. Il joue au Tabou, puis publie "L'Ecume" et "L'Automne". C'est le temps des caves. Mais Vian se détachera bient6t d'un quartier qui lui doit sa légende. 1950 : représentation de "L'Equarrissage pour tous". Echec. 1950/1951 : Vian écrit l'Arrache coeur, que Gallimard refusera. "Découragé, harcelé ", écrit Noël Arnaud, Vian met un terme à sa carrière de romancier. Il abandonne la trompette. 1953 : Vian publie "L'Arrache coeur", avec un avant-propos de Queneau. 1955: entre ses diverses activités (trompette, littérature, bricolage d'envergure, économie, sciences, Journalisme), Boris compose des chansons (plus de 400), parmi lesquelles le Déserteur. 1959 : Boris Vian donne des signes d'extrême fatigue. Il meurt le 23 juin, à 39 ans, pendant la projection privée du film tiré de "J'irai cracher sur vos tombes".

  • Imprimé en 1941, puis en 1945, à un très petit nombre d'exemplaires, Madame Edwarda a été édité pour la première fois en librairie en 1956, sous le pseudonyme de Pierre Angélique. Seule la préface était signée de  Georges Bataille. C'est en 1967 que Madame Edwarda a reçu définitivement le nom de son véritable auteur.

  • ...fête à laquelle je m'iinvite seul, où je casse à n'en plus pouvir le lien qui me lie aux autres. Je ne tolère aucune infidélité à ce lien....

  • Conte de fées à l'usage des moyennes personnes, écrit en 1941, échappe simplement à la définition. C'est déjà du Boris Vian, bien avant L'Ecume des Jours, L'Arrache-Coeur ou L'Herbe Rouge. "Il était une fois un prince beau comme le jour. Il vivait entre son chien et son cheval, à l'orée d'un bois, dans un château aux murs gris et au toit mauve...".

  • "Lampisteries" précédées des "Sept manifestes Dada" et quelques dessins de Francis Picabia : textes lus entre 1916 et 1920 lors de manifestations Dada dont la première eût lieu à Zürich -Salle Waag - le 14 juillet 1916.

  • Peintre colombienne renommée, Emma Reyes était également une conteuse hors pair. Encouragée à écrire par Gabriel García Márquez, elle fit de son enfance accidentée dans la Colombie des années vingt le plus étonnant des récits.
    Dans ces vingt-trois lettres inédites adressées à son ami Germán Arciniegas entre 1969 et 1997, Emma Reyes raconte à travers la lorgnette d'une petite fille à l'imagination fantasque les aventures terribles, cocasses, émouvantes qui ont jalonné son enfance.
    Fille illégitime, ses premières années furent cousues d'errances, de misère et de mauvais traitements. Jusqu'à son évasion rocambolesque du couvent où elle fut recueillie avec sa soeur, et dont elle sortit sans savoir lire ni écrire à l'âge de dix neuf ans.
    Sans détour ni pathos, dans une langue spontanée, éprise de rébellion, Emma Reyes livre des mémoires épistolaires hauts en couleur, qui tiennent à la fois de Márquez, Dickens et des grands récits de la littérature picaresque. Publié pour la première fois en 2012, Lettres de mon enfance est aujourd'hui un classique, traduit dans le monde entier.

  • Après avoir commis « la seule faute impardonnable du début du XXIe siècle » - exprimer publiquement une opinion impopulaire -, Adeline, célèbre illustratrice de bande dessinée, devient la cible d'attaques haineuses sur les réseaux sociaux. Ellen, une jeune femme de vingt-deux ans sans histoires, subit le même sort lorsque des photos de ses ébats sexuels avec son petit ami du lycée se propagent de manière virale sur la toile. Dans le San Francisco de 2013, elles ont
    fait l'erreur d'être des femmes au sein d'une société qui déteste les femmes.
    Dans Je hais Internet, Jarett Kobek pose un regard satirique sur une société hyper-connectée, tout acquise au virtuel, intrusive. Il s'en prend à l'idéal libertaire aux origines d'Internet, et se demande comment les géants du net ont réussi à générer des milliards de dollarsen exploitant la créativité d'internautes impuissants, sans rencontrer d'opposition. À l'ère du sacre des réseaux sociaux, un récit jubilatoire et salutaire.

  • Au cours de  recherches aux Archives de la police de Paris, Daniel Grojnowski a trouvé le dossier d'une femme hors du commun : Eugénie Guillou, qui, après être entrée dans les ordres, est devenue prostituée puis maquerelle. Instruite, la « dame » prend volontiers la plume : d'abord pour plaider sa cause et se raconter, ensuite pour concevoir des stratagèmes érotiques dont elle compte tirer profit, enfin au titre de femme d'« affaires » pour monter ses petites entreprises.                Née en 1861, Eugénie Guillou entre à dix-neuf ans comme novice chez les soeurs de Sion. Mais, le moment venu, soeur Marie-Zénaïde se voit interdire de prononcer ses voeux : elle quitte la congrégation, engage des poursuites et demande des dédommagements. Dès 1901, elle publie des petites annonces,  sollicitant de se faire fouetter ou de pratiquer la fessée. Pour ses mises en scène, elle revêt l'habit de religieuse.                 Celle qui multiplie les pseudonymes ne fait pas le trottoir ni ne travaille en maison close. Elle reçoit à domicile, avant de fonder sa propre maison de rendez-vous. À partir de 1903, proxénète, elle déguise des jeunes femmes en mineures pour les corriger tandis que des messieurs espionnent derrière un rideau... Durant toutes ces années, la police des moeurs la surveille et multiplie enquêtes et rapports. En 1913, on perd sa trace.

  • LORSQUE Edouard retomba mort, un vide se fit en elle, un long frisson la parcourut, qui l'éleva comme un ange.

  • On peut compter sur les doigts d'une main les dictionnaires qui répertorient les expressions du sexe, mais ils ne font guère de place aux préliminaires et à leur vocabulaire, qui ne sont pourtant ni à dénigrer ni à négliger. Trop souvent escamotés dans la vie comme dans la littérature, ces prémices ont pourtant été propices aux inventions verbales les plus échevelées, dans les siècles passés comme aujourd'hui encore. L'une des images les plus belles et les plus poétiques étant les « bagatelles de la porte », qui signifie rester sur le seuil, ne pas pénétrer... Ce dictionnaire est une grande première. Il est le fruit d'un travail d'enquête considérable. Avant lui, il n'existait aucun ouvrage de référence. Agnès Pierron répare cette injustice en plus d'un millier de mots et expressions, agrémentés de citations littéraires et de commentaires.Docteur ès Lettres, Agnès Pierron est un auteur de renommée internationale pour ses dictionnaires de spécialités, dont le Dictionnaire des mots du sexe (Balland, 2010) et Le Bouquin des dictons (Robert Laffont, 2013). Spécialiste du théâtre d'épouvante (le Grand-Guignol), elle a reçu le Prix de la Critique pour son Dictionnaire de la langue du théâtre (Le Robert, 2003). Collectionneuse, conférencière, elle se définit comme chercheur lexicographe indépendant.

  • Chez le même éditeur
    POEMES
    Je voudrais pas crever
    ROMANS
    L'Arrache-Coeur
    L'Ecume des Jours
    THEATRE
    Les Bâtisseurs d'Empire, Le Goûter des Généraux
    L'Equarrissage pour tous
    Le Dernier des Métiers
    Aux Editions de la Jeune Parque
    Chroniques de Jazz
    Trouble dans les Andains
    En avant la zizique

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