Fayard

  • Remonter la Marne,"un voyage de retour", comme disent les ethnologues qui après avoir ausculté d'autres sociétés reviennent au pays pour l'explorer. Cette rivière, longue de 520 km, l'auteur l'a remontée à pied, depuis sa confluence avec la Seine jusqu'à sa source sur le plateau de Langres. Mince cordon nerveux situé trop près de la tête, Paris. " C'est là qu'il faut attaquer la maison France avec une chance d'en enfoncer la porte", a écrit Fernand Braudel. Les catastrophes nationales surgissent toujours du côté de ce cours d'eau. C'est une France inconnue et inattendue que l'auteur a découverte. Au gré de ses rencontres, il a été envoûté par la France hors circuit, celle qui ne va jamais à Paris et s'en félicite, la France des "conjurateurs", toutes ces personnes qui, sans être marginales, sont sorties volontairement de la course. Ces personnages résistent, à leur façon, au pessimisme contemporain et conjurent les esprits maléfiques de l'époque : l'esprit de lassitude, la fascination pour la décadence, la tyrannie du consensus.Voyage fragmentaire plutôt qu'inventaire, sorte d'extrait, comme on le dit d'un passage d'un livre ou de morceaux choisis, mais aussi d'un parfum concentré. Livre d'odeurs, de paysages encore intacts, d'églises désertes et de villages "démeublés" mais nullement moribonds. Seule la marche permet un rapport au temps, au silence, et le marcheur reste ouvert à l'aventure d'une auberge improbable, d'un barbecue dominical sur les berges ou d'un héron tout droit sorti d'une fable de La Fontaine. Remonter la Marne, c'est retourner en arrière, un désir d'aller vers l'origine, comme on se remémore son passé.   

  • Quinze ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, Léa, intrépide héroïne de la Bicyclette bleue, est de retour en France. Entre-temps, le monde bouleversé de l'après-guerre l'avait conduite d'Argentine à La Havane révolutionnaire, en passant par une Indochine en plein chaos.
    Pourtant, à la fin des années cinquante, la France n'est pas de tout repos la guerre qui fait rage en Algérie, agite tout le pays. Le général de Gaulle charge alors François Tavernier de sonder, outre-Méditerranée, une population inquiète et une armée tentée par le putsch. Restés à Paris, Léa et Charles, son fils adoptif, prennent peu à peu le parti de l'indépendance et s'engagent, aux côtés des " porteurs de valises ", dans de dangereuses opérations de soutien aux militants algériens.
    Alors que la rébellion de janvier 1960 précipite Alger au bord du gouffre, Léa doit rejoindre François pour échapper aux soupçons de la DST les voici projetés au coeur d'événements dramatiques qui, une fois encore, les mettront durement à l'épreuve, éprouvant autant leurs convictions que leur amour.

  • Léa et François Tavernier n´en finissent pas de se retrouver mêlés à des combats qui ne sont pas les leurs mais pour lesquels ils se mobilisent au nom de la liberté. Leur engagement met en péril leur amour, les porte à douter d´eux-mêmes et les expose à la mort. Dans les dernières années de la guerre d´Algérie, les voici confrontés aux malheurs du peuple algérien, au désarroi des pieds-noirs comme aux tueurs de l´OAS...

    François, qui a la confiance du général de Gaulle, président de la République, lui fait part de ses inquiétudes quant à l´avenir de l´Algérie, face aux attentats perpétrés par l´OAS auxquels font écho ceux du FLN. Devant le drame que vivent les deux communautés, européenne et musulmane, une issue rapide doit être trouvée. Pourtant, n´est-il pas déjà trop tard ?

    Les généraux du crépuscule peint de l´intérieur, du point de vue des hommes et des femmes qui les vécurent dans chacune des communautés, les derniers feux de la guerre d´Algérie. Au travers de ses personnages, des déchirements qui les meurtrirent, dans le portrait qu´elle trace d´une ville livrée au chaos, Régine Deforges ranime une dernière fois le monde singulier de cette Algérie française à jamais disparue...

  • En 1855, dans le petit village toscan de Montechiarro, le père Baldassare gravit le chemin de la prestigieuse villa Bosca en compagnie du tout jeune orphelin Adriano Lungo. Cet immense domaine est la propriété du comte Bonifacio Della Rocca, père d'un petit garçon et abandonné par la femme qu'il aimait éperdument : la princesse Lætitia Malcessati.
    En 1919, la crise économique frappe l'Italie. Agnese, la petite-fille du comte Della Rocca, se voit contrainte d'épouser un fils de notable aussi obtus que violent, Salvatore Coniglio, afin de sauver la propriété familiale.
    En 1978, Lætitia, l'arrière-arrière-petite-fille de la princesse Malcessati, revient à Montechiarro, ignorant tout des cinq générations de femmes qui s'y sont battues et y ont souffert le pouvoir absurde des hommes en quête de vaines révolutions. Le Risorgimento, le fascisme, les années de plomb : chacune de ces trois périodes clés de l'histoire italienne sert de cadre à cette magnifique saga où les femmes cherchent à être heureuses et à rendre heureux, tandis que les hommes aspirent à conquérir le pouvoir et la gloire par la force, la ruse ou l'argent.
    Au centre de ce tryptique dont le souffle et le charme nostalgique ne sont pas sans rappeler le grand roman de Tomaso di Lampedusa, Le Guépard, s'imposent les personnages d'Agnese Della Rocca et Sébastien Morgan, photographe et bourlingueur de l'histoire contemporaine, qui tenteront tous deux désespé-rément de mettre un terme à la malédiction qui semble peser sur ce pays et sur ses habitants.Vincent Engel est un jeune professeur de littérature à l'université de Louvain (Belgique). Son dernier roman, Oubliez Adam Weinberger, vient de recevoir le prix Sander Pierron de l'Académie royale de langue et de littératures françaises de Belgique, et fait l'objet de plusieurs traductions.

  • Le jour où un célibataire tranquille et discret accepte de prendre en pension, pour trois semaines, le chien de son meilleur ami, sa vie est bouleversée.
    Néron, boxer bringé, espiègle mais fidèle et tendre, devient vite, avec ses quarante kilos de muscle et de malice canine, un compagnon envahissant. Ceux qui ont connu ou vivent au quotidien la complicité très particulière que l'on peut établir avec son chien apprécieront ce roman humoristique, empreint d'une grande tendresse. Maurice Denuzière y peint aussi la solitude du coeur et le fragilité des sentiments. auteur de trois grandes fresques historiques, il montre ici la diversité de son talent.
    Un chien de saison a fait l'objet d'un téléfilm réalisé par Roland-bernard Le Coq, Evelyne Dandry, Pierre Destailles et Max Amyl dans les principaux rôles.

  • À la fin de la Seconde Guerre mondiale, un jeune homme agonisant est ramassé par des soldats américains sur une route allemande parsemée de cadavres.
    Surnommé Alex, il a tout oublié de l'enfer qu'il a traversé. Jusqu'à son propre nom. La seule identité qui lui reste, c'est un matricule tatoué sur l'avant- bras gauche. Auschwitz.

    Soigné par des médecins militaires français, il réapprend à vivre et découvre l'amour avec son infirmière. Lentement, reviennent par bribes les images de son passé : l'arrestation, la détention au camp de Gurs, dans les Pyrénées, et sa déportation.

    Au gré de son errance dans un Paris qui, comme lui, veut panser les plaies de la guerre, les éléments épars de son existence reprennent chair. Un nom frappe sa mémoire, celui d'une station de métro, disparue au moment de la mobilisation générale. La retrouver, c'est renouer les fils d'une mémoire occultée, refaire le chemin qui mène jusqu'à soi-même.

  • Ma fille est ma meilleure amie ; mon père n'est pas méchant maman ; arrange-toi, tu es déguisée ; ma mère est bête ; ma fille est idiote ; j'aime encore mieux que mon mari me trompe avec notre fille ; ma fille est née dans une rose mais périra dans le chou ; ma mère a un cancer, elle m'énerve ; ma mère se laissait tellement aller qu'elle est morte. Quand les tête-à-tête entre mères et filles deviennent autant de raisons de vivre ou de mourir. Vous parler d'elle, le dernier roman de Claire Castillon, est paru chez Fayard en 2004.

  • Dans un monde qui ressemble à ce que sera bientôt le nôtre, un quadragénaire essaie de survivre. Il remonte une avenue du Président-Bush. Son chien s'appelle Sarko. La monnaie qu'il utilise est l'eurollar. La ville, plombée par une pollution folle, est le territoire des cyclistes et des piétons écolos. Dans la rue, l'homme n'ose plus sourire aux enfants, les vrais maîtres, de peur d'être pris pour un pervers. Au bureau, il se cache aux toilettes pour fumer une cigarette prohibée. Aux prises avec cet univers, l'individu se révolte à sa manière, dérisoire. Il n'y résistera pas. La fable, dans la lignée de Swift ou de Kafka, humour compris, prend la défense d'une créature menacée, l'homme. Au moindre faux pas, le voilà devenu un monstre, chargé d'expier plusieurs siècles de péchés. La nouvelle Inquisition lui collera tout sur le dos, dans l'antichambre des bûchers.

  • C´est formidable, le téléphone portable, mais ça ne sert pas uniquement à annoncer de bonnes nouvelles. Ce jour-là, lorsqu´il sonne dans l´atelier de Babou, elle ne se doute pas que le ciel va lui tomber sur la tête. Serait-elle, comme son Pacha d´époux semble le penser, une mère et une grand-mère accaparante ? Mais comment dire non à un enfant qui crie à l´aide ? Et ne vaut-il pas mieux être trop présente plutôt qu´aux abonnés absents ?

  • Alexandre, la cinquantaine, romancier à succès, puise le plus fort de son inspiration dans sa vie amoureuse. Mais les femmes qui l´entourent supportent mal ses aventures à répétition. Pis encore, son épouse comme ses maîtresses sont lasses de se reconnaître dans ses romans : à croire qu´il les utilise sans vraiment les aimer. Alexandre décide alors de vivre avec Delphine, vingt-trois ans, qui lui fournit du plaisir tout en le renseignant sur les moeurs de la nouvelle génération... Mais soudain - est-ce l´âge ? - il est saisi par une ambition supérieure : rédiger un essai où il compte mettre tout son savoir et son expérience de l´amour. Il est convaincu d´en obtenir la gloire. Son éditeur le met en garde : en voulant philosopher, le romancier court à l´échec. Alexandre s´entête et publie En voguant sur l´amour. Raté, l´ouvrage tombe à plat et, déconfit, humilié, l´écrivain voit se défaire sa relation à ses lecteurs, aux femmes, à l´écriture... Blessé, il cesse d´écrire, peut-être même d´aimer... Rompant avec Delphine, il se réfugie chez une tante âgée pour s´y s´interroger sur sa vocation : l´aurait-il choisie par incapacité à vivre dans le réel ? Etre un écrivain est certes valorisant, mais pourquoi celui-ci doit-il le payer dans sa vie comme dans sa chair ? Madeleine Chapsal nous révèle, à travers ce roman bouleversant, la déformation parfois monstrueuse qu´un écrivain peut faire subir à son existence comme à celle des autres pour continuer à écrire.

  • Michel croit encore à l'amour et à son pouvoir de transfiguration quand, à cinquante ans, il épouse Ioura, Vingt ans.

    Il a un secret, mais elle aussi.

    II est éditeur, propriétaire d'un beau domaine viticole au-dessus de Nice.

    Elle est oenologue, romantique, et déguster à l'aveugle lui délie la langue. Mais l'art du vin, la beauté des mots qu'il fait naître ne suffisent pas à repousser la mémoire, et quiconque espère abolir son passé par l'amour est condamne à le revivre.

  • 1821 - En Haute-Provence, dans la vallée de Barcelonnette, Pierre, l'aîné des Arnaud, quitte les siens et s'embarque pour le Mexique. Là-bas, une nation naît dans les convulsions ; les Créoles, les Indiens patriotes abattent le régime des gachupines, le pouvoir colonial des Espagnols.
    Suivant l'exemple de Pierre Arnaud, des centaines d'humbles colporteurs provençaux traversent l'Atlantique et débarquent au port de Veracruz. A Mexico, ces aventuriers vont bâtir une formidable puissance commerciale. Grands magasins, usines textiles, bientôt ils traitent d'égal à égal avec le gouvernement mexicain.
    Coups d'Etats, intrigues amoureuses, fortunes et destins s'échafaudent et s'effondrent dans le premier volet de cette saga qui s'étend sur tout le XIXe siècle.

    Le Mexique est en quelque sorte le personnage principal du roman. Il est en proie à la guerre, et la guerre, bien sûr, sert de révélateur pour les personnages qui se déchirent, qui s'aiment, qui se haïssent. Nous vivons page à page avec eux au rythme d'Alexandre Dumas dans des décors à la Jean Giono. On ne peut se détacher d'eux, on ne les oublie pas une fois le livre refermé comme pour la plupart des romans. On s'est identifié... Ils nous habitent, et c'est le premier mérite d'une création romanesque.
    Alphonse Boudard Alain Dugrand est l'auteur d'une douzaine de romans et d'essais littéraires, dont le plus récent, Conrad, l'étrange bienfaiteur, est paru en 2003 chez Fayard. Anne Vallaeys a publié plusieurs documents et romans, dont Coup de Bambou (Payot, 1991), La mémoire du papillon (Flammarion, 1997) et Les Filles (Fayard, 2002).

  • Nous sommes sous Louis XV, à l'aube des Lumières. Un salon de verdure éphémère accueille des curistes à Bourbon-L'Archambault. Dans la foule bigarrée qui profite du printemps, on distingue deux jeunes filles, des amies inséparables. L'une, Jeanne-Antoinette, surnommée « Reinette », accompagne sa mère, Madame Poisson. L'autre, Agnès d'Estreville, remarquable par sa beauté et la vivacité de son esprit, subit les tracasseries d'une tante revêche. Ce sont elles, les « demoiselles des Lumières » dont nous suivrons les destins. De retour à Paris, la bonne société se retrouve dans les salons. On peut y écouter Voltaire, le vieux Fontenelle ou d'Alembert. Madame Geoffrin, une bourgeoise enrichie, reçoit dans son hôtel, construit par Fouquet. Chardin est l'un de ses habitués, comme Diderot. Immortalisées par Boucher, Agnès et Jeanne-Antoinette feront leur chemin dans ce monde futile et lettré. Mademoiselle Poisson, à dix-sept ans, épouse le seigneur d'Etiolles. Quant à Agnès, passionnée par les sciences, elle tombe amoureuse d'un jeune savant. Madame d'Etiolles a désormais d'autres ambitions. Le roi multiplie les maîtresses, qu'il choisit parmi les duchesses. Comment attirer son attention ? Jeanne-Antoinette constate que ses terres jouxtent les chasses royales. Et le roi finit par la distinguer. Elle va devenir sa favorite. Le mari proteste, en vain. On ne s'oppose pas aux volontés du souverain. Elle devient Madame de Pompadour et entre dans la légende.

  • « Ma mort me fut aussi douce que la pointe du roseau trempant ses fibres dans l'encrier, plus rapide que l'encre bue par le papier. » Ainsi parle Rikkat, la calligraphe ottomane, d'une voix flottant entre ombre et lumière, alors qu'elle entreprend le récit de sa vie. En 1923, adolescente, elle sait déjà que rien ne pourra la détourner de la calligraphie. Pourtant, la même année, rompant avec l'Islam, la république d'Atatürk abolit progressivement la langue et l'écriture arabes au profit d'une version modifiée de l'alphabet latin. Serviteurs d'Allah et des sultans, les « ouvriers de l'écriture » sont mis au rebut et leurs écoles délaissées. Dans l'une d'elles se croisent Selim, l'ancêtre virtuose, et Rikkat, chargée de fournir papier et roseaux taillés à ces vieillards tenus en mépris par le nouveau régime. Le suicide de Selim va sceller un pacte inviolable entre la jeune élève et l'art des calligraphes. Avant de mourir, l'homme lui a légué son écritoire et son encre d'or, et il lui lèguera bien davantage au cours de ses facétieuses visites d'outre-tombe. Mais la passion de la calligraphie possède Rikkat autant qu'elle la dépossède : sa vie de femme et de mère n'est qu'une succession de ruptures et d'abandons. Et c'est toujours dans l'écriture qu'elle s'épanche, communiquant alors aux arabesques une émotion qui humanise et modernise cet art immémorial. Mêlant le monde méconnu des pratiques scripturales - royaume de l'étrange et du mysticisme - et la Turquie contemporaine livrée aux influences occidentales, Yasmine Ghata signe un premier roman classique et inspiré.

  • «Ma mère lui tient froid. Elle transpire, la pauvre, à force de lui tendre de l'amour, qu'elle dit, qu'elle croit, et qu'il ne prend plus. C'est qu'ils vivent un amour qui ressemble à l'ennui, une étape imbécile, à deux, à se chamailler. Je crois qu'elle l'aime parce qu'il le faut. Lui reste pour l'enfant. L'enfant bientôt jeune homme qu'ils ont eu finalement.» Il a dix ans, il redoute le drame entre ses parents - qu'ils s'entretuent, par exemple. Jusqu'au jour où, las de leurs gesticulations, il accomplit en toute innocence un premier acte barbare et libérateur. Voilà comment on devient un méchant garçon, bien dans sa peau, de loin supérieur aux siens dans l'art de faire mal. Claire Castillon est douée pour ces histoires horribles murmurées à l'oreille du lecteur. Elle décrit la perversité comme un mal ordinaire. Elle a du style et du mordant. Claire Castillon a vingt-sept ans, elle a signé trois romans - Le Grenier, Je prends racine et La reine Claude - ; ainsi qu'une pièce de théâtre, La Poupée qui tousse, qui s'est jouée à Paris.

  • Mon père se battait en duel au piano avec Horowitz. C'était il y a longtemps.
    Avant la révolution d'Octobre et la défaite de l'armée blanche, avant l'exil à Montrouge, avant qu'il entre au service galvanoplastie des usines Pathé Marconi pour nous faire vivre ma mère et moi. A présent, mon père a baissé sa garde.
    Alors, avant qu'il ne soit trop tard, j'ai décidé de l'emmener à New York. A Carnegie Hall. Ecouter Horowitz une dernière fois. Mais je ne sais pas ce qui nous attend.

  • Un paisible avocat, veuf depuis longtemps, retiré dans l´Île Saint-Louis, enclave villageoise au coeur de Paris, chargée d´histoire mais sans histoires, est témoin d´une agression perpétrée en pleine rue par un inconnu. Ce fait divers fait irruption dans sa vie et le bouleverse. Le suspect ne serait-il pas cet individu qui ne cesse de le poursuivre jusqu´à son domicile, de le harceler pour lui extorquer de l´argent ? Au même moment, la présence d´une jeune femme vient comme un antidote adoucir son cauchemar, égayer sa vie de célibataire d´un dernier flirt sans illusions. La paix reviendra-t-elle dans l´île que la colère des manifestants et des défilés populaires, en cet automne 2010, ne semble pas inquiéter ? On sort de ce roman intrigant, léger et profond à la fois, comme d´un film de Claude Sautet.

  • De son vivant, Flanders, dit "le Belge", fréquentait la société des Agathopèdes : un cercle d´ironistes qui fomentaient des canulars et des mystifications dont le fin mot ne pourrait être découvert qu´à longue échéance, comme l´édition de faux livres anciens. Mort en 1850 et demeurant désormais sous l´escalier d´un petit immeuble de la rue de Buci, Flanders ne sort depuis lors d´un état comateux, propre à sa qualité d´"esprit", que lorsque des spirites entreprennent de lui faire raconter ses frasques. Mais, vers la fin du XXIème siècle, des adeptes de la table tournante lui demandent de s´inventer une nouvelle vie, qui aurait toutefois pu être la sienne. Retrouvant toute sa fantaisie d´ancien mystificateur, Flanders se prête au jeu. Sans se douter qu´il va lui falloir vivre pour de vrai, et jusqu´à son terme, cette existence imaginaire qu´il se fabrique lui-même de toutes pièces. Avec L´esprit de l´escalier, Raúl Ruiz déploie tout l´éventail du fantastique, de Théophile Gauthier à Philippe K. Dick, et se révèle aussi merveilleux conteur que dans ses grands films d´aventure.

  • Un enfant assiste à l´installation d´un camp de Gitans sur le terrain vague près de son école ; un cancre enrôlé dans l´armée demande à ses copains, depuis le front libanais où la guerre fait rage, de lui envoyer leurs cours de philosophie, changeant insensiblement l´histoire de sa vie ; un jeune garçon réalise son éducation sentimentale en s´immisçant dans l´intimité de son père ;
    Une bande de lycéens se retrouve trente ans après leur dernier rendez-vous...

    Des drames minuscules se nouent, des voix résonnent et se répondent, et parfois n´en font qu´une ; voix des faibles et des petits, voix des amours et des chagrins mal effacés.

    Dominique Fabre met à nu les désarrois du quotidien, le menu chaos des passions adolescentes et, jouant d´une écriture où la suggestion prime l´effet, il nous redit comment la vie se désunit en nous, reprend, pour n´être plus que souvenirs.

  • 5 janvier 1853, à Liverpool : Charles Ambroise Desteyrac, jeune polytechnicien, diplômé de l'École des ponts et chaussées, a rendez-vous avec l'homme de confiance de Simon Leonard Cornfield, lord richissime dont la famille est propriétaire, depuis 1667, d'une île des Bahamas.L'ingénieur est chargé de construire un pont assez solide pour résister aux ouragans.L'exil tropical et la quête de l'aventure offriront au jeune républicain qui refuse de servir Napoléon III, découverte de la navigation hauturière, révélation d'une civilisation ignorée, à la fois primitive et raffinée, rencontre de l'amour.Le lord des Bahamas et sa soeur Fish Lady, Edward Carver, ancien major de l'armée des Indes, Malcolm Murray, jeune architecte, viveur et désabusé, Mark Tilloy, séduisant officier de marine, lady Ottilia, Anglaise délurée, ardente féministe, et Ounca Lou, la belle métisse, vont bientôt constituer son cercle familier au sein d'une société insulaire, riche en drames, en passions et en intrigues.Après l'immense succès des séries Louisiane et Helvétie, Maurice Denuzière nous livre ici le premier volume d'une nouvelle fresque romanesque, au coeur du XIXe siècle, dans le décor idyllique de l'archipel des Bahamas.

  • Ce roman de Madeleine Chapsal, qui se déroule dans le beau décor de la Saintonge automnale, est à sa façon une fable sur le monde actuel, menacé par la folie de quelques uns, dans la découverte renouvelée de ce qui compte le plus pour chacun de nous : l'affirmation continuelle de l'amour et de valeurs qui visent toutes à préserver, répandre, élargir la liberté.

    Romancière, journaliste, dramaturge, membre du jury du prix Femina, Madeleine Chapsal a récemment publié chez Fayard : Nos jours heureux, La femme sans, La Maison, Les Chiffons du rêve et Deux femmes en vue.

  • " Dès qu'elle m'a sentie venir, et tandis que je courais vers elle de toutes mes petites jambes de chair, mes bras minuscules tendus vers elle, j'avais deux ans, elle a écarté ses vastes bras de pierre pour m'étreindre, m'accueillir, ne plus me lâcher ! Née trois siècles avant moi, elle m'attendait. Moi seule..." Madeleine Chapsal

  • Comme au générique d´un film, Villa Jasmin s´ouvre sur une vieille photographie prise à Tunis. Un homme la regarde et se souvient. Le cliché lui suffit à faire surgir un monde englouti, coloré et joyeux, à reformer le puzzle d´une histoire familiale brisée par l´Histoire.
    Le narrateur, omniprésent, navigue à sa guise dans le temps et dans l´espace.
    Il retrouve avec ses parents les jours heureux d´avant sa naissance, l´odeur têtue du jasmin de la Tunisie du Protectorat, la nonchalance de l´avant-guerre.
    C´est la douce présence de sa mère, Odette, le courage de son père, Serge, un juif, socialiste et franc-maçon. C´est l´Occupation, quand le drapeau nazi flotte sur la villa et qu´un jeune fasciste français règne cruellement sur le pays. C´est la résistance du père, déporté en Allemagne, relâché par miracle et libérateur de Paris.
    Dans une fresque qui mêle, des deux côtés de la Méditerranée, les collabos de Paris et les combattants anti-fascistes, les Allemands et leurs victimes, Villa Jasmin dévoile des aspects peu connus de la colonisation et de la Seconde Guerre mondiale. Mais c´est aussi un chant d´amour offert par l´auteur à la mémoire de ceux, exilés du côté de la Mort, qui ne cessent de frapper à la porte des vivants, contre l´oubli.

    Serge Moati est réalisateur et producteur. Il a mis en scène un grand nombre d'oeuvres de fiction et adapté pour la télévision des romans de François Mauriac, Guy de Maupassant, Roger Grenier, Emmanuel Boue, Nine Moati et Bernard Thomas. Il est aussi l'auteur de nombreux documentaires et anime, depuis 1999, l'émission Ripostes sur France 5. Il a publié un roman, La Saison des palais.

  • Des clochers raclent le ciel comme des navires échoués, tout un paysage tangue au fil de ces pages : au milieu des terres labourées, un tracteur Fiat bleu passe ; à son volant, un ouvrier agricole. C´est son histoire qui est ici racontée. Ses semaines, partagées entre les champs, le café du village sur la nationale, la bâtisse familiale au décor inchangé depuis son enfance, les bals du coin, qu´il fréquente assidûment pour tromper sa solitude et rencontrer, qui sait, la femme de sa vie. Mais quelle est celle qui voudra de cet homme entre deux âges, sa veste pied-de-poule un peu démodée sur les épaules ? Et que fera- t-il lorsqu´il découvrira un soir, en rentrant du boulot, sa mère morte dans le poulailler, face contre terre ?

    Son histoire est aussi celle d´un monde qui finit, où les petites exploitations meurent, et où la télévision, lucarne vide de sens, luit dans la nuit des fermes. Reste la beauté des paysages et des chemins creux, que l´auteur, dans un souffle, rend palpable.

empty