FeniXX réédition numérique (Les Éditions du Ricochet)

  • Patrick Raynal promène son imaginaire dans une série de paysages urbains peints par son fils. Marseille. La Plaine. « Les contours du monde tremblent comme un flan qu'on démoule ». La peur déforme les visages, les mots et les images. Un univers gris/bleu, des odeurs de métro, le souvenir d'une bavure généralisée et la couronne de fleurs, presque innocente, d'une communiante disparue. Dans les relents « opaques et lactescents » de son pastis, un flic suit les méandres du puzzle, alors qu'à sa propre vie manquent tant de pièces. « Les femmes sont sans illusions, surtout les mères. » Si l'aveugle a tout vu, la pute borgne a tout dit. « Trop nul pour être coupable. » Dans le tunnel de l'histoire un homme appelle son destin. Une aventure Noire sans vraie intrigue ni vraie fin, une quête qui devient une errance, les mots du polar pour écrire de la poésie.

  • Lancé sur ses lignes intérieures, Jean-Bernard Pouy se livre à tous les aiguillages. Bifurcations d'époques et de lieux, identités que recoupent de parlantes initiales, il traverse les stations de son paysage. Sur le quai de certaines gares, on croise Fausto Coppi en « poète Florentin du Dolce Stil Nuovo ». Plus loin, Nietzsche signe le numéro 2000 de la Série Noire, « dans le genre tueur hâve et parano galopante ». Derrière la vitre, les parents font toujours signe. Simple question de rails, mais quand le machiniste du train s'appelle Gilles de Rais, on peut s'attendre à suivre de singuliers itinéraires. « Pourquoi Gilles de Rais c'est moi ? (...) Parce qu'il y a un aveu » C'est cet aveu qui couve au coeur des « Cendres chaudes ».

  • Aussi léger qu'un funambule, Hervé Prudon coupe l'émotion au rasoir des mots. Il joue au vertige et nous lance des images d'aujourd'hui. Muzo les saisit et grave sur le papier des humeurs d'humour et d'amour.

  • Jean-Claude Izzo jongle avec le polar, le roman noir et la poésie. Avec pour dénominateur commun, la lumière de la Méditerranée, et le tragique qui se profile derrière l'ombre. Avec L'aride des jours, il poursuit cette marche solitaire commencée dans Loin de tous rivages. Et, comme toujours dans le silence des pierres, il questionne notre aujourd'hui, ce temps des illusions. La photographe Catherine Bouretz patiemment, après lui, a relevé signes et traces oubliés par cette vie plus cruelle que vaine.

  • Pavloff voyage-t-il pour écrire, ou bien, de ses voyages, la poésie surgit-elle comme trace de souvenirs ? Il traverse le sillage d'un Michaux ou d'un Cendrars, menant leurs pas d'un bout à l'autre de la planète, mêlant quête et enquête au risque de découvrir la barbarie du monde. Découpages, collages, encrages... Guth Joly assemble les images et l'émotion reste gravée. Pour le Ricochet, Arlette Fétat. Jardins de barbarie livre un torrent d'impressions, de sensations sonores et rythmées, des lieux de voyages, mais Franck Pavloff les note à l'intérieur des êtres, surtout à partir des yeux, des corps et des coeurs de ceux que la vie a floués gratuitement. Pour Écrits des Forges, Bernard Pozier.

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