FeniXX réédition numérique (Presses de la Renaissance)

  • Fanfan et Petite-Fleur, inséparables frère et soeur. Leur enfance est un monde à part, magique et fragile comme une bulle de savon. Pour les consoler du deuil de la Babouchka, grand-mère tant aimée, la mère leur a raconté : Aux grandes marées, ceux qui n'ont pas oublié ceux qu'ils ont aimés, sont appelés par les sirènes. Cette nuit, Grand-Père est venu chercher Grand-Mère pour l'épouser pour l'éternité. Je te protégerai toujours, a dit Fanfan. On se quittera jamais, a promis Petite-Fleur. Un soir, tout bascule. Petite-Fleur rentre en retard. Chargé de la punir, Fanfan obéit et surtout il rit. Le coeur brisé, Petite-Fleur se sent étrangement vide et seule. Rejoindre sa Babouchka au pays des sirènes devient son but. Comment résister à l'appel des sirènes ? Dans la solitude, quel mât assez solide peut nous retenir à la vie ?

  • Placé sous l'invocation d'Éros, le livre de Jacques Mazel nous initie, à travers une galerie de personnages empruntés à l'Histoire et à la mythologie (Aspasie, Socrate, Épicure, Aphrodite...), à toutes les formes de l'amour pratiquées dans la Grèce antique. Il en dévoile les rites et les secrets, depuis la couche conjugale, dominée par l'épouse - avant tout mère des enfants et gardienne du foyer - jusqu'au monde de la prostitution, du lupanar sordide, au luxe effréné des grandes courtisanes. Mais c'est sur la palestre, ou au cours du banquet, haut lieu de la convivialité chez les Grecs, que l'homme atteint peut-être l'absolu de la volupté. Pleinement et librement vécu, l'amour pédérastique suscite cet échange d'un genre unique entre l'homme mûr et le jeune garçon, où s'exprime l'essence d'une civilisation. Toujours attentif à l'exactitude archéologique, et cela dans les moindres détails, l'auteur ne sacrifie pas pour autant l'art du récit. Cette fresque de l'amour en Grèce nous est restituée à travers une écriture élégante et sensible.

  • Comme chaque année, Lucile Séverac passe ses vacances dans la propriété de sa belle-famille. L'été, ici, est moite, oppressant, l'ordre des choses immuable, à peine ponctué par l'espoir, toujours déçu, de l'orage. Égarée dans cette vie de bourgeoise aisée, Lucile arrache au temps des bribes de vertige, vaines tentatives de reprendre possession d'elle-même. En un seul et bref été, elle recompose un monde, dont elle avait perdu la vérité, et se l'approprie par la grâce de Lorenzo, l'adolescent, dont la beauté viole son regard assoupi. Hallucinée dans son désir, Lucile Séverac fait le choix du plus fou des actes d'amour. La nuit fauve est le roman d'une passion, d'un assouvissement absolu, au-delà des limites où l'on peut encore continuer à vivre.

  • Victime de la terreur d'État orchestrée par le régime communiste de Pékin, le peuple tibétain, bouddhiste et non-violent est, depuis un demi-siècle, plongé dans l'horreur. Monastères rasés, transferts de population, répression sanglante, désastre écologique : dans l'indifférence des nations, la Chine étrangle le Toit du Monde et bafoue les droits de ses habitants. La civilisation tibétaine est en danger de mort. En 1959, le Dalaï-Lama dut fuir vers l'Inde. À Dharamsala, où il établit son gouvernement en exil, un combat s'est engagé, par l'éducation et la transmission de la culture, contre cette mort programmée. Le chef spirituel et temporel du Tibet n'a jamais pu retourner dans son pays. Cependant, celui pour qui le seul vrai garant de la paix est en soi, ne cesse d'adresser au monde un message de tolérance et de compassion. Menée à partir de rencontres avec le Dalaï-Lama, son entourage et des réfugiés tibétains, cette enquête mêle de bouleversants témoignages à la réflexion historique et philosophique. Ces paroles d'hommes et de femmes, révèlent que la puissance de l'esprit est une forme essentielle de résistance à la barbarie. Enrichi de nombreuses photos inédites, ce document sans concession, pose la question cruciale de l'avenir du peuple tibétain, et lance un appel au monde occidental. Au risque d'ébranler nos consciences tranquilles. les auteurs s'interrogent sur le double langage en matière de droits de l'homme en Chine et au Tibet, Un plaidoyer à lire de toute urgence !

  • Dans le débat sur l'euthanasie, la passion l'emporte souvent sur la réflexion. Donner la mort, ou se donner la mort : voilà des actes qui sont loin d'être anodins. Le développement technologique des soins intensifs, place aujourd'hui le médecin devant la possibilité, sinon l'obligation, de gérer la vie finissante. Au-delà des difficultés issues de cette situation nouvelle, le terme même d'euthanasie est lourd d'ambiguïtés. S'il désigne, communément, les procédés destinés à rendre la mort plus douce, diverses pratiques s'en inspirent, qui peuvent être radicalement opposées d'un point de vue éthique. Geste de liberté individuelle, suicide, meurtre ou délivrance : la violence des arguments fait écho à celle de l'enjeu. Pour tenter d'y voir clair, une vingtaine de spécialistes d'horizons divers - médecins, psychologues, juristes, infirmières, psychiatres et représentants des religions - ont constitué, pendant plusieurs années, un groupe de travail collectif. Confrontant leurs convictions et leurs approches, parfois éloignées, souvent complémentaires, dans une volonté de dépassionner le débat, ils ont construit une réflexion approfondie sur la fin de vie, les soins palliatifs et l'accompagnement des mourants. Original et accessible à tous, cet ouvrage propose, face au désarroi des soignants et à la détresse des familles, une vision apaisée de la fin de vie, qui s'appuie sur la dignité de chaque personne.

  • Dans la ville grise, couturée de chantiers, rôdent des bandes de chiens fous. Leur instinct les pousse à attaquer, de préférence, ceux-là même - passants égarés, mendiants de tous ordres - que leur solitude, leur innocence aussi, exposent à la sauvagerie de la horde. Ainsi en est-il de Thomas. Peintre raté, Thomas a décidé de représenter, sur une palissade de chantier, le Jardin des Délices de Jérôme Bosch, cette célébration païenne, colorée et joyeuse de la vie. Les événements le forcent à s'interrompre et à fuir... Dans ce qui devient une véritable descente aux Enfers, Thomas, cependant, n'est pas seul : une jeune Algérienne de dix-sept ans, Malika, l'accompagne, partagée entre cette folie qui l'emporte elle aussi, et la volonté de ne pas s'en laisser conter. Dans ce décor de cauchemar, où les chiens figureraient l'Esprit du mal, dans cette ville inhabitable, incompréhensible, surgit un enfant, Typhus. Lui veut sauver ce qui peut l'être des palissades, avant leur démolition. C'est d'ailleurs avec son regard, que l'auteur nous incite à voir dans le dénouement, tout autant que la promesse de l'aube, la fin d'un sortilège. D'une écriture tendue, dense et obsédante, ce roman singulier révèle un véritable écrivain.

  • La Palestine au temps de Jésus. Dans le vacarme de la Pâque, Jérusalem grouille de pèlerins, de marchands et de soldats. Emboîtant les pas du Christ dans les derniers jours de sa vie, ce roman nous fait pénétrer dans les méandres d'un plan secret tramé par Judas. La mort du crucifié bouleverse la ville. Ébranlée par un rêve prémonitoire, la femme de Ponce Pilate mène l'enquête dans l'entourage des disciples, et se retrouve face au linceul de celui qu'ils disent ressuscité... Vingt siècles plus tard, un vieux cardinal angoissé, doutant de la résurrection des morts, est, lui aussi, frappé par la vue du Saint Suaire. Bouleversé, il se lance, à son tour, dans une investigation qui le mènera beaucoup plus loin qu'il n'avait imaginé. Car, par-delà suspense et rebondissements, l'aventure scientifique du Suaire est déjà un roman en soi : de la science-fiction qui serait vraie. Orchestrée de main de maître par Hubert Monteilhet, l'intrigue de ce grand roman historique, entre épopée et enquête scientifique, est au service d'une confrontation féconde entre les Évangiles et la science.

  • Intégrer la dimension éthique dans toutes nos décisions et actions : but généreux, mais qui peut sembler hors d'atteinte dans la vie professionnelle, où l'on est quotidiennement confronté aux nécessités économiques. Or, bien des difficultés, dans le management d'une entreprise, sont dues à une mauvaise prise en compte des aspects humains. Pour remédier à ces conflits et à ces dysfonctionnements souvent désastreux, nous devons donc remettre l'éthique, c'est-à-dire la loyauté, l'altruisme et la disponibilité, au coeur des rouages de l'entreprise. Comme le montre Jacques Benoit, ce renversement des priorités est tout à fait possible, et l'éthique constitue même un capital précieux. Tirant des enseignements de ses réussites et de ses échecs, celui qui fut le premier patron noté et élu n'apporte pas de réponse toute faite, mais propose à chacun des pistes pour trouver sa réponse. À mille lieues de l'éthiquement correct, la simplicité de son propos permet de comprendre l'essentiel par le bon sens et l'intelligence du coeur. Facile d'accès et libre de ton, cet ouvrage dépasse, par son message, le strict cadre de la vie dans l'entreprise. C'est à chacun qu'il s'adresse : en effet, nous sommes tous concernés par cette dimension d'amour et d'éthique, en famille, avec nos amis, nos collègues, nos relations, et dans toutes les situations de la vie quotidienne. L'éthique selon Jacques Benoit : une réponse simple et efficace au désordre du monde.

  • C'est une histoire simple. Sara, ma fille, avait 23 ans. Elle était la joie de vivre. Un soir, lorsque je suis rentrée à la maison, elle avait disparu. Cela se passait dans les premiers jours de novembre. Je n'ai pas compris... Fugue ou enlèvement : la disparition d'un enfant est le drame que redoutent tous les parents. Quand elle découvre, abasourdie, que sa fille est tombée dans les griffes d'une secte, Marie Joly réalise, soudainement, qu'un tel malheur n'arrive pas qu'aux autres. Refusant de baisser les bras, elle ne cesse de se répéter : Tout, je ferai tout pour sauver Sara ! La seule arme de cette mère bouleversée : l'entêtement de son amour. Elle décide de retrouver, coûte que coûte, l'esclave muette et résignée qu'est devenue sa fille. Commence alors une lutte acharnée contre l'emprise affective et morale que la secte exerce sur Sara, prisonnière volontaire. Torturée par la peur, et puisqu'on ne peut compter que sur soi-même, l'auteur monte l'opération Sara, point de départ d'une aventure pleine de dangers, destinée à sortir sa fille de l'enfer. Le combat de la mère de Sara contre l'impossible, est une véritable leçon de vie, qui ne laissera personne indifférent. Car l'amour est encore la plus efficace des armes.

  • Dans la communauté charismatique de Gethsémani, la vie s'écoule paisiblement, entre prières et visites de prisonniers, quand survient David. Ancienne figure médiatique d'un mouvement étudiant, celui qu'on appelait le roi David, a choisi de donner un sens nouveau à sa vie. Pour obtenir d'être admis dans la communauté, il fait voeu de silence. Peu de temps après, des policiers viennent arrêter le novice. On l'interroge sur ses relations avec Sélim, terroriste algérien recherché pour des attentats commis sur le territoire français. David se tait, muré dans son silence. Soupçonné de collusion avec un réseau islamiste, pris au piège de son mutisme, David emporte avec lui, dans la tourmente, les membres de sa communauté. Mais quels sont les vrais motifs de son silence ? David cherche-t-il à respecter un voeu ? Ou bien n'est-ce qu'un prétexte pour cacher de terribles faits ? Quel est ce secret que David refuse de trahir, et au nom duquel il risque l'emprisonnement ? Au-delà de ces questions, se profile celle des liens entre islam et christianisme. Car, tout au fond de ce silence, réside l'énigme Sélim, alias Malik. David et Malik : une amitié jusqu'à la mort. Ou la prison... Fidélité et trahison, intégrisme et martyre, conversion et vocation se mêlent, s'opposent et se bousculent. De manifestations étudiantes en vagues d'attentats, ce thriller spirituel confronte les exigences de la foi, aux tragiques réalités contemporaines.

  • À l'instar de ses célèbres parents, Pierre et Marie Curie, Irène Joliot-Curie a mené son combat personnel avec un talent prodigieux et curieusement méconnu. À dix-sept ans, elle est sur le Front pour radiographier les blessés de la guerre de 1914. Décorée de la médaille militaire en 1918, elle commence sa carrière de chercheur à l'Institut du radium, où elle rencontre Frédéric Joliot, qu'elle épouse quelque temps plus tard. Ensemble, ils découvrent la radioactivité artificielle qui leur vaut un prix Nobel en 1935, mais c'est Irène, seule, qui est à l'origine de la découverte de la fission, premier pas vers la puissance nucléaire et la bombe atomique. Reconnue comme une des leurs par des personnalités de la taille d'Einstein ou de Perrin, première femme ministre en 1936, défendant la cause des femmes et la paix (mais désapprouvant Munich), Irène Joliot-Curie sera de tous les combats contre le fascisme, les injustices sociales, la lâcheté et la bêtise... Une vie riche et forte, une époque passionnante, que ressuscite Noëlle Loriot, en s'appuyant sur de nombreux témoignages et une documentation approfondie.

  • À l'instar de ses célèbres parents, Pierre et Marie Curie, Irène Joliot-Curie a mené son combat personnel avec un talent prodigieux et curieusement méconnu. À dix-sept ans, elle est sur le Front pour radiographier les blessés de la guerre de 1914. Décorée de la médaille militaire en 1918, elle commence sa carrière de chercheur à l'Institut du radium, où elle rencontre Frédéric Joliot, qu'elle épouse quelque temps plus tard. Ensemble, ils découvrent la radioactivité artificielle qui leur vaut un prix Nobel en 1935, mais c'est Irène, seule, qui est à l'origine de la découverte de la fission, premier pas vers la puissance nucléaire et la bombe atomique. Reconnue comme une des leurs par des personnalités de la taille d'Einstein ou de Perrin, première femme ministre en 1936, défendant la cause des femmes et la paix (mais désapprouvant Munich), Irène Joliot-Curie sera de tous les combats contre le fascisme, les injustices sociales, la lâcheté et la bêtise... Une vie riche et forte, une époque passionnante, que ressuscite Noëlle Loriot, en s'appuyant sur de nombreux témoignages et une documentation approfondie.

  • Lors d'un séjour à Palerme, un jeune écrivain tente de retrouver l'inspiration qui lui fait momentanément défaut. Descendu au Grand Hôtel et des Palmes, il se heurte à certains personnages énigmatiques (le portier, la serveuse) qui lui livrent, sans qu'il le veuille, les pièces d'un puzzle dessinant la silhouette d'un individu étrange, dont on lui cache le nom : Raymond R. Au fil des jours, ce fantôme du Grand Hôtel et des Palmes, prend une épaisseur telle qu'il finit par hanter, jusqu'à l'obsession, la conscience du jeune écrivain. Peu à peu, ce dernier acquiert la certitude que ce Raymond R. est, en fait, le célèbre écrivain Raymond Roussel, l'excentrique auteur d'Impressions d'Afrique et de Locus Solus. Ce roman, particulièrement original, se présente à la fois comme une enquête sur un personnage fascinant, et comme la quête d'un auteur en mal de sujet. Le mystère Roussel - sa vie légendaire, sa mort tragique en 1933 dans un palace sicilien - n'est-il pas au centre des grandes interrogations de la littérature contemporaine ?

  • Pierre-Marie Lettrin est journaliste au service Informations générales d'un grand quotidien parisien, lorsque les gendarmes viennent le chercher, à son domicile, un matin de mai. Quarante-huit heures plus tard, il se retrouve incarcéré au quartier bas d'une des plus vétustes maisons d'arrêt de France, la Santé. Mais il veut croire encore à une simple erreur policière. Seulement, la machine est lancée. Il va alors découvrir et partager le sort de tous les hommes - ou femmes - innocentés chaque année après avoir subi, souvent par excès de zèle ou indifférence des magistrats, les irréversibles atteintes morales de la prison. Rythmé comme un polar, tour à tour effrayant, émouvant ou drôle, ce reportage authentique décrit, avec une précision saisissante, l'exaspération de l'attente, l'angoisse vertigineuse de l'incarcération absurde. Et tandis que défile, au jour le jour, la radiographie minutieuse de 2 661 heures d'enfermement, Un tunnel sous l'été tisse, en filigrane, autour de Catherine, passion omniprésente par-delà les murs, un vrai roman d'amour.

  • Martine Verdier, jeune interne en médecine, fait l'apprentissage de la vie, à travers les servitudes et les grandeurs de sa profession. Confrontée aux réalités journalières de l'hôpital - urgences, gardes de nuit harassantes, médecine quotidienne, ou utilisation des techniques de pointe, folklore des salles de garde, etc. -, elle va apprendre, à ses dépens, qu'il est encore difficile d'être une femme, dans un monde où la suprématie masculine triomphe. Une série de portraits de grands patrons, tantôt odieux et arrivistes, tantôt humains et passionnés par leur métier, vient compléter cette peinture du monde hospitalier parisien. Martine découvrira, avec surprise, un autre visage de son travail, en remplaçant pendant trois semaines son père, médecin de campagne. Mais Docteur Martine Verdier, ce n'est pas seulement la description fouillée d'un milieu, c'est également une riche fresque humaine, avec son poids de bonheur et de larmes. Martine, tendre, amoureuse, fera, par deux fois, les frais de l'ambition professionnelle des hommes qu'elle a choisis. Docteur Martine Verdier : un roman chaleureux, émouvant, avec pour toile de fond la médecine. Le roman aussi d'une femme d'aujourd'hui, qui parvient à trouver son équilibre sentimental et professionnel, mûrie par ses expériences successives.

  • En trois ans, les travestis ont conquis le bois de Boulogne et une partie de Pigalle. Aujourd'hui, ils sont 700 - dont 400 Brésiliens - et représentent le dixième de la prostitution totale de la région parisienne. Pour en savoir plus sur ces nouveaux mercenaires du sexe, Élisabeth Salvaresi a vécu, plusieurs mois, parmi les travestis. De ce voyage au pays de la nuit, elle rapporte le récit dur et cruel de vies singulières et étonnantes. Ainsi, nous fait-elle partager l'existence de Mimi, prostituée bretonne et transsexuelle, celle de Dune l'hermaphrodite, de Rita et Luna, les Brésiliennes. L'histoire de leur vie - exil, déracinement, prison, drogue... - est, en soi, une descente aux enfers, où la réalité dépasse toutes les fictions. Cette enquête, où foisonnent anecdotes et histoires vécues, est, à la fois un roman-vérité, et un document de premier ordre sur l'univers parallèle de ces êtres au sexe impossible.

  • Un soir de vent et de pluie, on découvre, à l'embouchure du Rhône, le corps de Louis Pergolletti, dit Pergo, député communiste et membre du Comité central du Parti. Le jeune secrétaire d'un maire communiste enquête sur cette mort dérangeante. Remontent alors à la surface des pans entiers de la vie du disparu, de son itinéraire politique et sentimental... Autour du drame, évolue tout un monde étrange et finalement méconnu, celui des militants. Si Un hiver de notre histoire parle de politique, ce n'est pas, pour autant, un livre politique. Il y a, certes, une évocation des crises auxquelles est confronté le PC depuis quelques années mais, ce qui séduit davantage ici, c'est le portrait d'hommes et de femmes confrontés à un vécu quotidien, où désirs et sentiments finissent par l'emporter sur l'idéologie. Roman autobiographique, Un hiver de notre histoire ne se livre à aucune espèce d'apologie ou de réquisitoire. Simple constat, traversé d'une émotion blessée mais intacte, ce livre pourrait être le manifeste de toute une génération. Comme si les enfants de Mai 68 demandaient des comptes à leurs pères, sur leurs rendez-vous manqués avec l'Histoire...

  • Tlapallán, quelque part en Amérique centrale, entre jungle et océan. Tlapallán - souvenez-vous -, dans la mythologie indienne, c'est le lieu où mourait Quetzalcoatl, le dieu-serpent à la peau blanche. Tlapallán, la ville où se joue aujourd'hui le destin de trois hommes et d'une femme. Il y a George-Luis Conors, un ingénieur anglais, travaillant sur les plates-formes pétrolières installées au large de la petite cité. Il y a Jesus Cruz, alias Julián Martinez, une étrange figure de poète subversif, recherché et pourchassé par la police politique de la junte militaire. Il y a Jean dit l'Albinos. À la recherche des racines profondes de son peuple, cet Indien à moitié clochard joue le rôle du bouffonshakespearien, celui qui dit la vérité. Mais il incarne aussi l'image révolutionnaire d'un Quetzalcoalt ressuscité. Enfin, il y a Josepha, la femme, une métisse, star du bordel local, et qui va servir de détonateur à toute l'histoire, provoquer haines et passions, espoirs et insurrections.

  • Dans le New York d'entre les deux guerres, qui se remet lentement de la crise de 29, tout un petit peuple, venu des quatre coins du monde, lutte pour subsister et retrouver une raison de vivre. Comme beaucoup d'immigrés russes, la famille Goloubine y achève son long périple qui, commencé à Moscou avec la Révolution, l'a menée jusqu'en Amérique, avec des escales à Berlin et à Paris. Tandis que les parents trouvent un gîte provisoire à la campagne, la fille emménage dans un modeste appartement de la 89e Rue, dont elle espère faire son port d'attache et son foyer. Elle rêve d'y assurer à ses parents une vieillesse paisible, et gagner ainsi leur amour dont elle a été frustrée, enfant. Elle essaye aussi de s'arracher à l'emprise de l'enfance, et à la nostalgie du pays où elle est née. Autour de la cuisine vétuste, hantée par la présence insolite d'un génie tutélaire du logis, se noue la tragi-comédie de la vie, avec ses espoirs et ses passions. Ce très beau roman, où le fantastique perce insidieusement sous le quotidien, possède des accents qui font songer à Gogol et à Kafka.

  • Une petite ville au bord de la mer. C'est la morte saison. Le destin va réunir, le temps d'une passion, deux jeunes femmes. Gabrielle, qui sera la narratrice, propose à Laura, rencontrée dans un café, de venir s'installer chez elle, dans sa maison solitaire, sur la dune. La séduction est immédiate, totale. Qui est Laura ? Pourquoi a-t-elle quitté Paris ? Gabrielle l'apprend, à travers le récit partiel que lui fait Laura de son amour pour Antoine. Tentée par le jeu de l'écriture et de l'érotisme, Gabrielle se lance dans une double narration, celle de leur histoire à elles deux et, parallèlement, celle de Laura et Antoine, beau garçon au charme décevant, avec, en toile de fond, Gilles, personnage ambigu et inquiétant, qui manipule les cartes. Gabrielle aime Laura, et en fait un personnage de roman : c'est, croit-elle, le moyen de la posséder en toute impunité. C'est oublier que la passion peut se défaire, comme du sable entre les doigts...

  • Imaginez que Louis XVI soit mort d'une chute de cheval, survenue le 3 juillet 1789, lors d'une partie de chasse, au lieu d'avoir été guillotiné le 21 janvier 1793. Eh bien, l'Histoire de France, et même la face du monde, en eussent été changées ! À commencer par la suppression - ni plus ni moins - de la Révolution française ! Bernard Quilliet, historien et romancier, s'est donc amusé à reconstruire une Histoire de France, selon un scénario parfaitement vraisemblable, qui nous mène jusqu'à l'élection de Mitterrand en 1981, mais avec bien des changements, cocasses et inattendus, par rapport à l'histoire officielle. Le livre qui en découle, est d'une drôlerie rare. Rendez-vous compte : Robespierre devenu saint et docteur de l'Église, Napoléon passé aux oubliettes, Victor Hugo pas même conçu puisque, faute de guerre de Vendée, son père ne put rencontrer Sophie Trébuchet !... Quant à Hitler, il devient un peintre français contemporain de Picasso, et la France, le pays qui a récolté le plus de médailles d'or aux Jeux olympiques. Si l'on ajoute que la langue française se retrouve langue universelle, à la place de l'anglais, et que les trois premiers hommes à marcher sur la Lune s'appellent Dupont, Durand, Dubois, voilà de quoi faire rêver et s'interroger. Au-delà du gag, s'impose une réflexion sur la manière de faire, défaire et contrefaire l'Histoire.

  • Des centaines de milliers de femmes vivent, actuellement, avec un homme qui est déjà un papa. C'est un véritable phénomène de société. Hier, ces femmes auraient épousé des veufs ; aujourd'hui, elles épousent des divorcés. Cela change tout : la maman des enfants, qui est aussi la première épouse du père, existe encore et sa place n est pas à prendre... Envers les enfants de son compagnon, comment les deuxièmes épouses doivent-elles se définir : marâtres, belles-mères, secondes mamans, copines... ou, tout bonnement, femmes de papa ? Le propos de ce livre est d'énoncer, à voix haute, les problèmes communs à toute cette nouvelle génération de belles-mères, qui n'a encore ni modèle (hormis la marâtre de Cendrillon), ni mot exact pour se présenter... On parle de famille reconstituée, mais quel rôle la belle-mère moderne doit-elle y jouer ? Le temps d'un week-end (cas le plus répandu), ou tous les jours de la semaine, comment établir un modus vivendi agréable, et une relation affective réelle avec l'enfant du père ? Quels sont les droits, les devoirs... et les désirs profonds de nos nouvelles marâtres ? Cet ouvrage est une enquête, où tous les membres du cercle familial tentent de répondre à ces questions : s'y expriment les belles-mères concernées, les papas, les beaux-enfants... et les vraies mamans. Chacun témoigne ici de son expérience, livre sa pensée et le fond de son coeur. Quel que soit le point de vue, le constat est le même : on élabore, ensemble, une nouvelle cuisine familiale.

  • Lorsque Jeanne, après vingt ans de vie citadine, revient au village de son enfance, les habitants veulent voir en elle l'héritière de sa mère, qui fut une guérisseuse réputée dans cette province conservatrice. À cette confrontation avec des souvenirs pesants et ambigus, s'ajoute l'énigme de Daniel. Avant de mourir, cet homme, qui fut son amant, lui a transmis un journal intime. Jour après jour, Jeanne cherche à déchiffrer le mystère enfoui au creux de ces pages brûlantes. La trame romanesque se tisse, au rythme d'une double quête d'identité, celle de Daniel, celle de Jeanne. Le jeu des personnages fait affleurer des parcelles d'un univers secret : Jeanne, Daniel, Ida, Paul, Anne-Marie, Louis, Belette, autant d'êtres différents, réunis un instant par le destin, mais au travers desquels s'énonce une tyrannie de la mémoire qui nous concerne tous. Meurtrie par le présent, prisonnière du passé, Jeanne réussira-t-elle à rompre cette emprise du temps sur sa vie ? De la réponse à cette question, dépendent sans doute son salut et sa survie...

  • Xavier Lacroix s'est fichu dans un beau guêpier ! Chargé de procéder au contrôle financier d'une caisse de retraite guadeloupéenne, ce cadre métropolitain découvre rapidement de graves irrégularités. D'importantes sommes d'argent ont été détournées. À quoi et à qui ont-elles servi ? Lacroix enquête. Et il soulève de jolis lièvres. Des histoires politiques, des règlements de compte, des embrouilles. Il se retrouve, malgré lui, au centre d'un gigantesque imbroglio. Pire, pour les maîtres de l'île, il devient désormais une cible. L'homme à abattre... Aventure et action, sensualité et violence : dans la nuit créole, tous les coups sont permis. Un récit à couper le souffle, où les rebondissements les plus imprévisibles se succèdent à un rythme d'enfer. Le roman d'un homme. Le roman d'une île.

empty