Langue française

  • En décembre 1987, débutait dans les territoires occupés par Israël depuis 1967 la « révolte des pierres », désignée aussi sous son nom arabe d'Intifada (« sursaut »). Les « Palestiniens de l'intérieur », c'est-à-dire de Gaza et de Cisjordanie (« Judée-Samarie », dans la terminologie israélienne) et, surtout, les plus jeunes d'entre eux affrontent des soldats israéliens, parfois à peine plus âgés qu'eux, à coups de pierres, de couteaux, de cocktails Molotov. Ce soulèvement a déjà causé la mort de plusieurs centaines de Palestiniens, dont des enfants, et de dizaines d'Israéliens, militaires ou civils. Pour chaque camp, l'Intifada a servi de révélateur. Chez les Palestiniens, c'est la prise en mains de leur propre destin, face à l'O.L.P. de Yasser Arafat empêtrée dans les contradictions de la scène arabe. La violence du soulèvement est apparue au sein même du mouvement palestinien : règlements de comptes, élimination des collaborateurs avérés ou supposés, émergence de l'islamisme incarné par la formation radicale Hamas, etc. Avec la guerre du golfe Persique, ces « années de pierre » sont entrées peut-être dans une phase plus aiguë, plus cruelle encore. Pour les Israéliens, c'est la dure révélation que plus de vingt ans d'occupation n'ont fait que creuser le fossé entre les deux peuples et assombrir le rêve des anciens pionniers qui voulaient que l'État juif soit juste, exemplaire même, et accepté de ses voisins arabes.

  • L'esclavage est une des plus vieilles et des plus durables institutions humaines. Dans quelques-unes de ses formes antiques, qui ont perduré au Maghreb jusqu'au début du XXe siècle, la servitude a suscité un certain « voyeurisme » occidental, une « érotisation » de la vision de cette pratique. Déjà Montesquieu, dans ses lettres Persanes, se montrait fasciné par le trio Maître-Esclave-Épouse et plus tard Hegel se penchera sur le rapport Maître-Esclave. Mohammed Ennaji, jeune universitaire marocain, disciple du sociologue Paul Pascon a, au cours de ses recherches, retrouvé nombre de faits lui permettant de ressusciter à travers la vie des militaires, des domestiques, des concubines et des serfs, ce que le professeur Ernest Gellner - qui a préfacé cet ouvrage - a nommé « un aspect très significatif de la vie marocaine » même si l'esclavage ne jouait plus, au XIXe siècle, un rôle fondamental dans le fonctionnement de la société. Attirant tant pour son érudition que pour le plaisir de lecture qu'il procure, Soldats, Domestiques et Concubines est un peu l'envers des Mille et une Nuits à la marocaine, à l'heure où le protectorat français va précipiter l'Empire chérifien dans la modernité.

  • Basée sur des sources variées et sur une large connaissance du terrain par l'auteur, cette Histoire de la guerre d'Afghanistan est le premier grand livre sur le sanglant conflit à tiroirs suscité par l'invasion soviétique de 1979. Après avoir retracé l'évolution chaotique de son pays au cours de ce siècle, Assem Akram explore dans le détail et analyse l'affrontement soviéto-afghan, la résistance populaire, les implications internationales jusqu'en Occident, les tentatives de paix, le retrait soviétique, le problème des « Afghans », combattants islamistes arabes, enfin la féroce guerre civile depuis 1992, y compris le phénomène des Talibans. Le livre apporte des éléments inédits, notamment sur les violents conflits au sein de la Résistance ou entre communistes afghans et aussi sur le rôle des puissances étrangères. (États-Unis, Pakistan, Arabie, France, etc.) Tableau complet d'une crise qui continue d'être un imprévisible foyer de tension en Asie musulmane et fut l'un des principaux facteurs de la chute de l'empire rouge : « Le reflux de la Grande Armée soviétique en Afghanistan ressemble à la légendaire retraite de la Grande Armée napoléonienne en 1812. » (Pavel Felgengauer, analyste militaire russe.)

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