Sciences politiques & Politique

  • Quelques reportages peu ordinaires sur le Proche-Orient, dans le Monde et le Nouvel Observateur, avaient fait remarquer Marie de Varney. Par son premier livre, cette jeune journaliste a choisi de mettre à nu l'Irak, peuple et pouvoir, après la guerre du Golfe. Déjà présente entre Tigre et Euphrate au moment de l'invasion du Koweït, Marie de Varney s'y est rendue de nouveau récemment. Elle a sillonné ce pays bombardé, affamé, mis en quarantaine sous le signe de la bonne conscience internationale ; elle a parlé avec ces Irakiens qui n'en finissent pas de s'étonner que les Américains et leurs alliés aient ravagé leurs villes et leur économie mais aient laissé intact Saddam Hussein... Est-ce là le « nouvel ordre mondial » annoncé par Washington, Paris et Londres ? Derrière la désinformation américaine et la propagande irakienne, l'auteur a su découvrir l'étrange rôle des organisations humanitaires occidentales, indifférentes au sort des chiites matraqués par Bagdad et soudain prises d'amour pour les Kurdes certes pourchassés mais qui eux-mêmes persécutent leurs compatriotes chrétiens ; elle a écouté, à travers la Mésopotamie arabe, toute une population vouant aux gémonies son dictateur mais approuvant son attitude face aux États-Unis et à Israël ; elle a capté le message tragique lancé par les poètes de Mossoul à Bassora mais elle a aussi observé ces femmes citadines épanouies qui ont su habilement profiter du féminisme paradoxal de Saddam-le-Moustachu... Le prix de cet ouvrage, écrit comme un grand reportage, est dans la totale indépendance du regard posé par Marie de Varney sur un Irak finalement bien différent de celui des médias internationaux.

  • Royaume insulaire de l'océan Indien gouverné par des femmes, protectorat puis colonie française, État de nouveau indépendant sous l'égide gaullienne en 1960, riche terre « rouge » agricole bientôt ruinée par un socialisme étatique démesuré, Madagascar s'était éloigné de nous, au milieu des imprécations à la nord-coréenne d'un fougueux capitaine de frégate, Didier Ratsiraka, président de la République malgache de 1976 à 1993. Grand reporter, essayiste, familier de la Grande île et du président Ratsiraka, Éric Revel, après avoir dressé le tableau d'un pays superbe, nous montre d'une manière impitoyable la descente aux enfers de toute une nation, entraînée par la passion d'un chef d'État honnête mais aveugle. Lorsque Didier Ratsiraka, enfin conscient de ses erreurs, sera redevenu un chantre de la francophonie et de l'économie de marché, le peuple ne voudra plus de lui. Aujourd'hui, Madagascar panse ses plaies tandis qu'un président déchu est seul avec ses remords, cloîtré dans l'ex-palais présidentiel.

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