Langue française

  • Ambassadeur du Koweït puis du Soudan, né en Algérie, l'auteur a accompli presque toute sa carrière dans les pays de l'Islam. Il en offre une vision personnelle et originale, à travers une fiction.

  • En décembre 1987, débutait dans les territoires occupés par Israël depuis 1967 la « révolte des pierres », désignée aussi sous son nom arabe d'Intifada (« sursaut »). Les « Palestiniens de l'intérieur », c'est-à-dire de Gaza et de Cisjordanie (« Judée-Samarie », dans la terminologie israélienne) et, surtout, les plus jeunes d'entre eux affrontent des soldats israéliens, parfois à peine plus âgés qu'eux, à coups de pierres, de couteaux, de cocktails Molotov. Ce soulèvement a déjà causé la mort de plusieurs centaines de Palestiniens, dont des enfants, et de dizaines d'Israéliens, militaires ou civils. Pour chaque camp, l'Intifada a servi de révélateur. Chez les Palestiniens, c'est la prise en mains de leur propre destin, face à l'O.L.P. de Yasser Arafat empêtrée dans les contradictions de la scène arabe. La violence du soulèvement est apparue au sein même du mouvement palestinien : règlements de comptes, élimination des collaborateurs avérés ou supposés, émergence de l'islamisme incarné par la formation radicale Hamas, etc. Avec la guerre du golfe Persique, ces « années de pierre » sont entrées peut-être dans une phase plus aiguë, plus cruelle encore. Pour les Israéliens, c'est la dure révélation que plus de vingt ans d'occupation n'ont fait que creuser le fossé entre les deux peuples et assombrir le rêve des anciens pionniers qui voulaient que l'État juif soit juste, exemplaire même, et accepté de ses voisins arabes.

  • L'auteur relate la fin du règne du dernier chah d'Iran à travers ses confidences recueillies au cours d'entretiens et les propos d'une foule de dirigeants du système monarchique abattu.

  • Michel Boldoduc s'était déjà fait connaître par deux romans, « L'encerclé vif » et « Le bateau de craie », et par une pièce de théâtre, « Les remontoires », trois oeuvres publiées par Gallimard. Disparu prématurément en 1989, il venait d'achever Rétaorah, chronique « imaginaire » d'une ville sans doute gréco-arabe, clôturant une grande civilisation par une agonie épicurienne. Ce texte à mi-chemin du roman et du récit est dû à un écrivain qui s'était tenu à l'écart des courants littéraires ou médiatiques, leur préférant la thébaïde d'une écriture lentement maturée ; il est aussi le parcours dramatique d'un homme rongé d'avance par la perspective de sa propre destruction. En attendant, Boldoduc nous conduit dans le lacis des rues et des vies secrètes de la cité condamnée ; dans le creuset des passions au sein d'un univers achevé mais encore assez fécond pour colorer violemment son crépuscule. Des touches d'humour très fines ainsi qu'un art certain pour saisir au passage les bonheurs quotidiens, viennent à propos relativiser l'atmosphère de « déclin ».

  • La vie quotidienne de la population irakienne pendant la guerre du Golfe, vue par l'auteur, une journaliste qui a recueilli des témoignages à l'occasion de plusieurs reportages réalisés dans ce pays.

  • L'esclavage est une des plus vieilles et des plus durables institutions humaines. Dans quelques-unes de ses formes antiques, qui ont perduré au Maghreb jusqu'au début du XXe siècle, la servitude a suscité un certain « voyeurisme » occidental, une « érotisation » de la vision de cette pratique. Déjà Montesquieu, dans ses lettres Persanes, se montrait fasciné par le trio Maître-Esclave-Épouse et plus tard Hegel se penchera sur le rapport Maître-Esclave. Mohammed Ennaji, jeune universitaire marocain, disciple du sociologue Paul Pascon a, au cours de ses recherches, retrouvé nombre de faits lui permettant de ressusciter à travers la vie des militaires, des domestiques, des concubines et des serfs, ce que le professeur Ernest Gellner - qui a préfacé cet ouvrage - a nommé « un aspect très significatif de la vie marocaine » même si l'esclavage ne jouait plus, au XIXe siècle, un rôle fondamental dans le fonctionnement de la société. Attirant tant pour son érudition que pour le plaisir de lecture qu'il procure, Soldats, Domestiques et Concubines est un peu l'envers des Mille et une Nuits à la marocaine, à l'heure où le protectorat français va précipiter l'Empire chérifien dans la modernité.

  • A travers les pérégrinations d'un professeur français qui joue les apprentis sorciers, une mise en perspective des affrontements religieux en Iran.

  • Et si un grand amour était à l'origine de la bataille de Poitiers qui, en 732, arrêta l'expansion arabe en France? Le choc des armées franque et musulmane à Poitiers en toile de fond et Lampégie, fille du duc de Toulouse, qui mène son djihad : une vengeance sans merci contre les bourreaux de son époux...

  • Périple au plus profond de l'île, au coeur du vaudou, cette religion populaire qui est l'âme du peuple haïtien, ce récit est aussi l'histoire des libérateurs de l'île : Toussaint-Louverture, Dessalines et Christophe, le roi de la jungle tropicale. Il se termine sur le retour du président Aristide.

  • Après avoir retracé l'évolution chaotique de son pays au cours de ce siècle, A. Akram explore dans le détail et analyse les phases successives de la confrontation soviéto-afghane et ses implications internationales. Ancien conseiller du président intérimaire afghan résistant, l'auteur est docteur en histoire contemporaine de l'université française.

  • 1998 marque le 800e anniversaire de la mort d'Averroès, grand philosophe de l'Espagne musulmane. Roger Arnaldez fait ressortir la forme très particulière de pensée musulmane incarnée par Averroès, notamment sa tolérance philosophique pour les autres croyances et son aristotélisme harmonieusement conjugué avec la religion de Mahomet. Les fondamentalistes passés ou contemporains ont obscurci ce qui fait la profonde originalité de leur coreligionnaire. En Occident, Averroès fut enseigné durant trois siècles à l'université de Paris - malgré les critiques de saint Thomas d'Aquin - jusqu'au rejet de ses théories par le pape Léon X. Renan, au XIXe siècle, réhabilita ce grand penseur produit par la civilisation arabe et dont l'actualité est criante aujourd'hui.

  • Royaume insulaire de l'océan Indien gouverné par des femmes, protectorat puis colonie française, État de nouveau indépendant sous l'égide gaullienne en 1960, riche terre « rouge » agricole bientôt ruinée par un socialisme étatique démesuré, Madagascar s'était éloigné de nous, au milieu des imprécations à la nord-coréenne d'un fougueux capitaine de frégate, Didier Ratsiraka, président de la République malgache de 1976 à 1993. Grand reporter, essayiste, familier de la Grande île et du président Ratsiraka, Éric Revel, après avoir dressé le tableau d'un pays superbe, nous montre d'une manière impitoyable la descente aux enfers de toute une nation, entraînée par la passion d'un chef d'État honnête mais aveugle. Lorsque Didier Ratsiraka, enfin conscient de ses erreurs, sera redevenu un chantre de la francophonie et de l'économie de marché, le peuple ne voudra plus de lui. Aujourd'hui, Madagascar panse ses plaies tandis qu'un président déchu est seul avec ses remords, cloîtré dans l'ex-palais présidentiel.

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