Langue française

  • « Comment dites-vous déjà ? Socialisme, communisme, totalitarisme, stalinisme ? Nos hésitations et nos cafouillages, nos rudes empoignades d'hier et sans doute de demain autour du nom de la « chose » en disent long bien, sûr, quant au mystère de ce qui s'en va avec l'évaporation du « socialisme réel » en Europe de l'Est, la montée du chaos en Union soviétique et la déréliction du mouvement communiste international. En effet, avec et dans l'événement-cassure, ce sont différentes séquences, différentes durées qui viennent se coaguler, qui entrent en collision. Car enfin : quelle est la page, le chapitre, le tome qui s'achève là ? quelle histoire ? celle qui commence avec Yalta ? celle qu'inaugure octobre 2017 ? ou peut-être celle qu'inaugure Le Manifeste communiste ? le messianisme jacobin ? Ou bien encore, pourrait-on dire, suivant le fil d'Hannah Arendt, est-ce là le terme de l'ère noire des mouvements totalitaires qui a pris corps, sur le terreau européen au début des années trente ? »

  • La thèse de ce livre est simple : la démographie est en passe de devenir en France un moyen d'expression du racisme. Mais c'est une thèse explosive parce qu'elle dévoile les liens entre deux domaines que tout paraît opposer, la pulsion condamnable et la science mathématisée, le populisme et l'univers feutré des polytechniciens, le Front national et une institution de recherche prestigieuse, des tribuns qui vitupèrent dans des journaux d'extrême droite et des académiciens qui publient dans la Revue des sciences morales et politiques. Ces extrêmes s'accordent cependant pour parler de Français de souche, pour découper la population selon des origines ethniques, pour stigmatiser des « allogènes », pour amplifier les différences de moeurs entre les groupes ainsi inventés et pour remplacer intégration par l'assimilation. L'analyse serrée des textes scientifiques et des études officielles montre que ces découpages de la population française sont doublement illégitimes, d'abord du point de vue de la reproduction car les métissages empêchent la constitution de groupes clos, ensuite du point de vue politique car la nationalité française forme un bloc qu'aucune origine ne saurait ni diviser ni graduer. Au moment où en France, une partie de la droite s'associe à l'extrême droite, il est important de comprendre comment un tel rapprochement est devenu possible. Plutôt que de proférer des leçons de morale, ce livre démonte les mécanismes par lesquels certains scientifiques, dont nombre de démographes officiels, ont rendu pensables les thèmes de l'extrême droite.

  • Grèves de la faim, passages à la télé, photos publicitaires dénudées, mais aussi SDF quêtant dans la rue ou expert portant sa compétence partout avec lui... nous sommes entrés dans une ère où de plus en plus le corps individuel s'émancipe du groupe pour devenir notre moyen principal de communication et de relation sociale.

  • « Finalement l'ombre disparaît et, par fines touches, des teintes naissent en de multiples points de la voûte haute du ciel, alors, là se découpent des nuages, ils deviennent enfin presque visibles pour celui qui est encore là, pour celui comme moi qui n'a peut-être rien d'autre à faire que d'être là, assis sur le pas de la porte à guetter le premier nuage dans le ciel du matin. L'espace se reconstruit morceau par morceau jusqu'à transformer l'horizon deviné en ligne réelle, les cris d'oiseaux en taches blanches et le bruit des vagues en ondulations visibles. Ainsi, le matin allait finir par arriver, espoir indicible, je n'aurais pu dire que je l'attendais vraiment, non plus que je le désire tellement d'ailleurs, simplement, comme fatalement, cette nuit-là aussi allait finir par s'achever et le temps maintenant allait pouvoir enfin s'organiser en quelque chose qui ressemblerait probablement encore une fois à une journée, journée à venir nouvelle, nette et propre, identique, sortie d'un moule naturel et sain. » Un murmure d'amour et de solitude, sur une petite île de Bretagne perdue dans l'océan. Louis Maspero mêle fantasmes et réalité, pour nous donner un roman onirique qui nous emmène, seuls à notre tour, sur les rives de notre imaginaire...

  • Commenter la France, quel beau titre en cette période de nationalisme ! Un titre qui souligne bien le pari que tente ici Michel Wieviorka : revenir sur ses commentaires des années quatre-vingt-dix, garder et valoriser ce qui fut écrit à chaud, le regarder en savant - comme aurait dit Max Weber -, mais en s'interrogeant sur son engagement de chercheur, d'intellectuel dans la Cité, aux confins du politique. Michel Samson, hier responsable des « Rebonds » de Libération, et actuellement journaliste au Monde, a souvent sollicité des textes de Michel Wieviorka : « L'éditer dans les pages d'un quotidien, c'est dire au lecteur que le monde est plus compliqué (ou plus simple parfois...) que ce qui est décrit par le journal. » Le lecteur, lui, appréciera la force de ces propos réorganisés et mis en perspective. Il élargira sa perception de la montée de l'exclusion, de l'extrême droite, de la violence, de la différence culturelle, de la vacuité du politique, et il ressentira l'utilité de ce type d'intervention des intellectuels. Un livre clair et stimulant qui fera débat.

  • « - En voyant la multitude des vices que le torrent de la Révolution a roulés pêle-mêle avec les vertus civiques, j'ai tremblé quelquefois d'être souillé aux yeux de la postérité... L'immortalité s'ouvrait devant nous. - À tes appels je suis venu, fantôme de la postérité - Et avec qui crois-tu dialoguer ici ? - Avec un fantôme, une figure du passé que j'ai poursuivie parmi des archives. - Avec un Robespierre de papier : tu viens de le suggérer. » Un Robespierre de papier, est une adaptation très libre de Robespierre, derniers temps de Jean-Philippe Domecq, paru aux Éditions du Seuil en 1984. De l'oeuvre originale, Pierre Béziers a gardé l'esprit, et souvent la lettre, tout en inventant de toutes pièces les personnages du drame

  • Walter Benjamin, André Breton, Blaise Cendrars, Edmonde Charles-Roux, Max Ernst, Lisa Fittko, Henri Frenay, André Gide, Jean Giono, Peggy Guggenheim, Arthur Koestler, Claude Lévi-Strauss, Alma Mahler, André Masson, Henry de Montherlant, Henriette Nizan, Gérard Oury, Carlo Rim, Anna Seghers, Victor Serge ou Simone Weil... De 1940 à 1942, ces écrivains - au milieu de la foule - sont passés par Marseille. Leurs témoignages nous restituent une ville oubliée où tous, habitants et réfugiés, seront convoqués à « faire avec » le discours et la politique de Vichy. Une ville singulière donc, mais aussi, pour David Rousset et tous ceux qui erreront du Vieux-Port à la Joliette, « une ville trompeuse dans la médiocrité de ses trafics coutumiers, trompeuse dans sa fallacieuse liberté, trompeuse parce qu'ouverte sur les fascinantes illusions de la mer et où nuits et jours sont dans la violence suspendue de la guerre, embrasés par un orage qui ne crève pas ». Il crèvera le 11 novembre 1942, avec l'arrivée des premières troupes allemandes. Un livre de mémoire et d'émotion à mettre au bilan d'une ville fascinante.

  • Une réflexion sur la spécificité créatrice en Méditerranée, tant d'un point de vue historique que contemporain.

  • Ce livre est un essai bâti du quotidien d'une vie. La femme qui s'y exprime parle autant de son expérience que de son savoir et c'est cette double dimension qui donne sa force à ce livre. Car, dit-elle, « Corps, esprit, âme... Doit-on fatalement confiner l'Algérienne dans un seul de ces éléments au détriment des deux autres, ou bien lui sera-t-il loisible un jour d'assumer les trois à la fois ? Loin d'être seulement la beauté séductrice, la dynamique compagne ou la dévote austère telles que la perçoivent ou la veulent ses compatriotes masculins, loin d'être la femme soumise, esclave et cloîtrée, ou encore l'odalisque oisive et sensuelle, telles que l'ont vue ou la voient encore des yeux étrangers, la femme algérienne peut vivre tout cela à la fois, ou combiner en elle plusieurs de ces facettes. » Se poser ces questions dans le contexte actuel n'est évidemment pas neutre. Et le travail de Rachida Titah, en nous entraînant dans la poésie algérienne ou la peinture coloniale, dévoile peu à peu cette figure de l'absente qui pèse si lourd sur la société algérienne, et sur les femmes algériennes en particulier. Une contribution forte à un enjeu décisif.

  • 1652 : trois navires de la Compagnie générale des Indes orientales mouillent au Cap. Commence alors l'histoire tragique de la prise de possession de cette terre. De la conquête de la culture orale noire par l'écriture blanche, de la dépossession matérielle des tribus noires réduites en esclavage à l'exclusion des métis, elle aboutira à l'enfermement légalisé par un arsenal de lois fondatrices de l'apartheid en 1949. Se basant sur les méthodes de l'anthropologie historique, Dominique Lanni retrace les étapes de cette aventure dramatique en lui rendant toute la saveur du récit. Il célèbre la naissance d'une nation arc-en-ciel composée de blancs, noirs, métis, Indiens après l'abrogation de l'apartheid en 1994, sans dissimuler la difficulté de « bâtir une nation alors que des barrières ethniques, culturelles, identitaires, linguistiques ont été érigées et maintenues tant d'années ». Un livre indispensable pour la compréhension des enjeux actuels de la vie politique sud-africaine et, au-delà, pour la cohabitation d'hommes aux trajectoires différentes.

  • Le service militaire n'étant plus obligatoire, il était temps d'en écrire l'histoire et de s'interroger sur les manières dont cette institution a transformé la société française. Depuis toujours, parce qu'il touche à la vie, à la mort, aux libertés, le service militaire a déchaîné passions et polémiques : caserne éducatrice ou avilissante ? Moyen de préserver la paix ou facteur de guerre ? Garantie démocratique ou fantasme d'une armée populaire visant à conjurer la hantise des prétoriens ? Illusions et légendes sont tenaces ; et complexes les relations entretenues entre le citoyen, le soldat et l'idée républicaine. Plus qu'aucune autre institution, le service militaire fut objet de mythologies politiques, investi d'images qui l'ont ancré dans les moeurs. La caserne fut l'une des matrices de l'unité nationale, creuset complémentaire de l'école publique. Mais aussi symbole d'égalité, incarnation du régime républicain. Et consécration de virilité puisque les femmes en étaient exclues. L'imaginaire collectif en a été marqué en profondeur. À la croisée de l'histoire sociale et de l'histoire culturelle, cet ouvrage retrace, pour la première fois, des origines à nos jours, les fonctions, perceptions et représentations de ce mode de recrutement, de ce rite singulier. À la fois érudit et accessible, cet essai permet de comprendre les mutations d'aujourd'hui et leurs enjeux. Il ouvre à une réflexion sur la société de demain, celle où les jeunes des deux sexes découvriront l'âge adulte de la même manière.

  • La ville est aujourd'hui l'objet de nombreux questionnements. Dans l'actualité, dans la gestion urbaine, dans la recherche. L'originalité de ce petit livre réside dans ce regard porté sur les analyses des chercheurs et les expériences des praticiens venant de collectivités territoriales ou d'entreprises. L'auteur a assisté à un colloque à Cerisy organisé par la RATP avec le soutien de la Communauté européenne. Elle en tire un récit vivant et documenté des différentes écoles de pensée, de l'apport des débats entre praticiens et chercheurs, de l'évolution de ce qu'on appelle aujourd'hui la gouvernance urbaine. Un livre rapide et percutant d'où ressort la nécessité de créer un nouvel espace public où la ville et ses services deviennent des lieux de coopération et de coproduction entre salariés et consommateurs. Pour engendrer une nouvelle citoyenneté urbaine.

  • Lorsqu'après de trop longues tergiversations, les dirigeants occidentaux se sont décidés à agir militairement contre la guerre entreprise au Kosovo par Milosevic, une certaine gauche s'est levée, scandalisée. Pour la première fois depuis l'effondrement du communisme, ces nostalgiques ont dû répondre à des questions qu'ils tenaient à distance : D'où vient l'épuration ethnique ? La guerre, faut-il la faire ? Avec qui ? Et contre qui ? Qui sont les victimes ? Les résistants ? Ou encore, la sortie du communisme, ça donne quoi ? Le nouvel ordre (désordre) mondial, faut-il le réduire à la toute-puissance américaine ? Et ils nous ont assené des slogans défraîchis. Tel un miroir, la bataille du Kosovo nous a révélé une certaine gauche identitaire dans la tête de laquelle le mur de Berlin n'est pas encore tombé. Avec cet essai qui s'ouvre sur une traversée du Kosovo d'après-guerre, Alain Brossat et Jean-Yves Potel leur opposent une réflexion lucide sur nos responsabilités nouvelles.

  • « Orphelin, scorpion/buffle se complaisant dans l'entourage de vieillards et de fortes femmes seules mais pas esseulées, gaucher contrarié, myope et curieux comme une taupe, menteur et voleur ou plutôt hâbleur - en patois provençal on dit garofeur - plein de bouche et chapardeur, toujours pressé mais jamais stressé, rarement ému, sceptique sur les valeurs inculquées par rapport aux pratiques que je ne qualifiais pas encore de sociales, complètement isolé en dépit de la naissance de Moncadet et d'un nombre impressionnant de cousines, mais tous venus trop tard, après moi, c'est-à-dire après la guerre donc après Lui, il n'en fallut pas plus pour m'apprendre à dire NON systématiquement et me positionner toujours ailleurs : c'est donc l'hystérie salvatrice autant que protestante qui m'a poussé vers l'épistémologie ! Comprendre le monde plutôt que de ne pas le comprendre, même s'il est irrémédiablement corrompu et même si cette connaissance ne me donne pas le moyen de le changer. Je ne voulais pas mourir idiot, je décidai donc de vivre jusqu'à ce que j'eusse tout compris, y compris ce misérable tas de petits secrets... » Bruno Étienne nous confie ici une grenade entrouverte (essai d'anthropologie complémentariste), sorte de « vie mode d'emploi » qui, si elle est Perec-ement jubilatoire, constitue par ailleurs, un formidable travail d'anamnèse : celui qui nous fait parcourir le trajet d'un enfant provençal devenu professeur de science politique, spécialiste de l'Algérie et de l'Islam, mais aussi professionnel de karaté, et maître dans l'appétit de vivre !

  • « Je rapporte les tranches d'une autre vie possible de cette femme ou la mienne, à grands traits, sans donner de détails particuliers, n'en pouvant trop donner, comme si ma mémoire s'était, elle aussi, chargée de sable volatil qui rendrait le tout flou, j'aime aussi ces souvenirs, ceux qui restent accessibles, d'autant que seul à en posséder vraiment les clés, je n'ai aucun besoin de raconter autre chose que ce que j'aime, particules triées sur le volet des plaisirs subtilement sélectionnés par une mémoire particulière, la mienne... » Louis Maspero nous confie ici son second roman. Un roman d'amour fait de murmures et de chair, d'une nature complice et multiple qui mêle rêves et fantasmes à la réalité du quotidien. La confirmation d'un talent d'écrivain.

  • « Tout était étrangement solitaire pareil aux traces d'un monde oublié. Les champs semblaient abandonnés et brillaient durement dans la lumière du soleil. J'ai dévalé la pente en courant jusqu'à la petite rivière ; je me suis agenouillé sur le bord, j'ai trempé mes mains dans son eau transparente, j'en ai humecté mon visage, puis je me suis étendu sur le dos et je l'ai écouté couler. J'ai respiré longuement l'odeur de bois mouillé des bâtons écorces. Le plus fort que j'ai pu, j'ai collé mon dos, les bras en croix contre la terre couverte de mousse pour que toutes les sèves me pénètrent, qu'elles se répandent dans tout mon corps. Encore une fois, j'ai regardé le ciel comme je ne l'avais jamais regardé, je me suis fondu en lui. J'avais sept ans. Je savais que j'allais quitter ce pays pour toujours. » Sept ans et la fin de l'enfance pour le petit garçon qui a poussé dans le tendre monde des femmes de son village et l'amour vigilant de sa grand-mère Zina, la vieille femme kabyle aux pouvoirs un peu sorciers. Mais à sept ans, les petits garçons deviennent grands, brusquement, et Mounsi doit rejoindre son père, travailleur émigré en France. Commence alors l'autre versant de sa vie... Mais Zina et les parfums de la terre perdue réussiront leur ultime sortilège : Mounsi deviendra écrivain et nous confiera ces Jours infinis, un superbe roman d'enfance.

  • « Nous, femmes, il est indubitable que nous venons à la politique avec dans nos bagages les références de notre vécu. C'est une chance. La loi va venir en soutien du mouvement que nous avons provoqué. Les motifs de doute sur notre volonté de nous engager ou les tentations de dissuasion disparaîtront de fait. Mais il y a encore du chemin à parcourir pour que dans la sphère publique comme dans la sphère privée, égalité rime avec mixité. » Catherine Trautmann

  • « L'amour. Tordre le temps et du monde recréer la durée. Est-ce pour cette raison que deux corps s'entremêlent, grisés, enfiévrés dans l'espace d'un lit et qu'au pied de leur nudité le néant gît dans l'océan des possibles ? » Aloïs et Carlotta, par les jeux de l'amour et du langage, nouent leur histoire autour de multiples personnages qui hantent deux villes-symboles, Bruxelles et Tanger. Ali Serghini, écrivain marocain de langue française, nous livre ici son premier roman.

  • « Entre eux, il n'y aurait pas eu la place pour glisser même le moindre mot. Jusqu'à leurs souffles, tout fut silencieux, un désert aveugle, sans pierre ni sable, de la minceur d'un doigt scellant les lèvres. Et si le pourtour de leurs bouches un instant avait tremblé, ce fut peut-être que chacun, se tenant pour abandonné, s'était adressé à lui-même en une plainte. » Dans ce court roman chatoyant d'images, le narrateur offre un chant d'amour à un personnage fascinant.

  • « Les bruits se sont tus, les arbres et la rivière dansaient dans une sorte de brouillard, il se tenait légèrement renversé, en appui sur son bras gauche, faisant de sa main droite des signes, des dessins sur la terre ; pendant que je creusais, je sentais son souffle dans mon cou, sur ma nuque ; j'ai levé les yeux vers lui, il a renversé la tête en arrière, comme pour jouer ou pour fuir, ne pas voir ou pour quoi il riait. Je ne bougeais plus ; lui, toujours en appui sur son bras gauche, a glissé sa main droite dans son maillot, recouvrant de celle-ci l'amas de son sexe ; le soleil partout, le ciel, et ce silence ; la sueur ruisselait de mes aisselles, il riait, sa main pétrissait son sexe qui se tendait à travers le maillot ; le soleil ; d'un geste je l'ai poussé en arrière, il est tombé allongé sur la terre, bras et jambes écartés, presque nu, allongé, il riait » Un village, l'été. La chaleur, une touffeur d'images et d'odeurs, traversées par les jeux de jeunes garçons au bord de la rivière. Bernard Desportes, dans une écriture ciselée, nous fait vivre une belle et tragique histoire d'amour.

  • Écrits entre le Printemps de Prague, l'intervention soviétique et la Révolution de velours. sept poèmes consacrés à Václav Havel, Jan Palach, Jan Hus et Jan Patocka. « On les appelle depuis le Quatuor de Prague... »

  • Une petite fille, née Européenne dans une ville du haut plateau algérien, raconte. Elle grandit, la puberté la traverse. En même temps, l'Algérie se disloque. L'entourage vit dans la violence le passage de l'Histoire. Crimes, terreurs, sang. Le livre croise le récit de ces deux blessures. Écriture singulière, comme séchée au soleil, dénuée de la moindre parure, qui capte dès les premières lignes et tient le lecteur, jusqu'au bout. Neutralité habitée, qui envoûte. C'est ici un premier roman : on pourrait risquer le pari que cette voix n'a pas fini de nous inquiéter de son timbre.

  • L'homme est la première richesse : cette vérité est trop souvent oublié sous-tend set essai dans lequel André De Los Santos analyse l'aventure du peuplement du Vaucluse. Il nous montre les forces et faiblesses de l'évolution démographique en éclairant les bouleversements que connaît le Sud français depuis trente ans et nous interroge sur les qualités du cadre départemental en ces temps de décentralisation. Sans oublier que le Vaucluse a, comme atouts décisifs pour son avenir, la beauté de son cadre, les traditions de son agriculture et des noms qui chantent, Avignon, Orange, Vaison-la-Romaine, Durance, Rhône, Ventoux, Luberon.

  • « Je pressai de nouveau les jumelles contre mes yeux. Je le regardais se balancer, décrivant un arc de cercle d'une tendresse infinie. Sa chevelure blonde bougeait à peine, il était superbe, finement dessiné. Il tomba à 7 h 37 précises. Sa chute avait été parfaite ; » Des nouvelles tendres qui posent un regard insolite sur l'enfance, la mort, l'amour... soutenu par une écriture forte, tendue par la passion de l'observation du monde.

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