FeniXX réédition numérique (Payot)

  • Au XIXe siècle, les arriérés de l'asile sont tous issus des classes populaires, notent les médecins de l'époque, en ajoutant que c'est donc dans les taudis ouvriers et l'amoralité des pauvres, qu'il faut aller chercher les causes de la tare. En revanche, un épais silence enveloppe l'existence d'enfants idiots au sein des milieux bourgeois. L'auteur s'attache à démontrer ce que doit à cette imposture l'invention de la débilité légère et, plus globalement, la notion d'arriération mentale dont on use aujourd'hui. La mobilisation des parents, les progrès de la médecine conduisent, dans les années 50, à l'émergence d'associations de parents d'enfants inadaptés, qui ont développé depuis une filière de centres spécialisés situés entre l'école et l'hôpital : les instituts médico-pédagogiques et professionnels (pour enfants et adolescents) et les centres d'aide par le travail (CAT), pour les adultes. Dans cette dernière structure, le travail est présenté comme une technique thérapeutique. C'est l'histoire de cette filière, le poids qu'elle a pris par rapport aux autres modes de prises en charge (asilaire ou familial) et sa logique de fonctionnement qui sont analysés ici. L'auteur montre enfin comment les pouvoirs médico-pédagogique et patronal s'accordent pour invalider la parole du sous-prolétariat des CAT, en la renvoyant perpétuellement dans l'ordre de la folie. Par là, les soignants interdisent définitivement aux arriérés mentaux de se faire reconnaître comme sujets.

  • Confronté à un environnement souvent hostile dont il est étroitement dépendant, l'Africain vit en familiarité avec la mort. À défaut d'outils et de techniques pour pallier le risque permanent de mourir de faim ou de maladie, sa culture lui fournit une exceptionnelle disposition à manier les symboles pour transcender l'angoisse de la précarité. La mort individuelle n'est qu'un moment du cycle vital : elle ne saurait porter atteinte à la continuité de la vie car elle en est la condition implicite. Cette signification particulière donnée à la mort est attestée par les mythes.

  • Trois millions d'exclus en France : infirmes physiques, mentaux, délinquants, immigrés, etc. Ce chiffre et ce concept sont ceux de l'État et de son administration. En parlant d'exclus, l'État rend des milliers d'hommes et de femmes étrangers à eux-mêmes et aux autres. Pour Jean-Marc Bardeau, il s'agit, au contraire, d'une réclusion étatique. En produisant ses handicapés physiques, mentaux, sociaux, à travers ses conditions de travail et d'existence, le capitalisme a dû créer ses ghettos parallèles à ses institutions d'éducation (Instituts médico-pédagogiques) ou de production (Ateliers protégés, Centres d'aide par le travail). Médecins, psychologues, éducateurs, assistantes sociales sont érigés en nouveaux juges et praticiens de cette exclusion-réclusion d'État. L'auteur rend compte ici d'un itinéaire individuel et collectif. L'itinéraire des infirmes moteurs cérébraux n'est pas exceptionnel, mais révélateur de toute une société policée, surveillée. L'étatisation des individus normaux ou inadaptés est la même.

  • À chaque époque, chaque société a une façon particulière de se représenter l'enfant ; elle en propose des images qui révèlent et trahissent des systèmes de valeurs et des aspirations dont elle n'a pas toujours conscience. Les personnages d'enfant, de la littérature et du film, servent de support à ces représentations et les fixent. Ils sont créés par des adultes qui observent la réalité, mais aussi recueillent, transforment ou inventent des images, des thèmes et, surtout, projettent leurs propres fantasmes. L'image de l'enfant a, en effet, une place privilégiée et ambiguë dans la psychologie de l'adulte : elle est à la fois image d'un autre et représentation idéalisée d'un ancien moi, souvent perçu comme le meilleur, le plus heureux. L'ensemble des récits qui mettent en scène ces petits personnages, constitue actuellement un langage sur l'enfant et, de plus en plus, un langage à partir de l'enfant devenu symbole. Malgré l'importance de cette image pour tout individu, ce double langage n'a pas toujours existé dans la société française. Son apparition se situe à un moment précis : la fin du XVIIIe siècle. L'enfant, considéré jusqu'alors comme futur adulte imparfait, devient un être intéressant en soi, de plus en plus différencié, puis idéalisé. Plus qu'un homme en développement, ayant ses caractéristiques propres mais transitoires, il tend à être perçu comme doté d'une nature à part, il est figé en une essence et il devient le point de départ d'un mythe moderne. L'enfance, monde autre, est investie de valeurs positives ; projection des désirs d'une société : l'enfant authentique révèle une autre façon d'exister qui permet de contester le monde des adultes. Après avoir mis en évidence le système de représentation qui ordonne les images de l'enfant apparemment disparates, puis le système de valeurs qui complète sa signification, l'auteur a dégagé la genèse d'une forme de pensée mythique dont les conséquences sont multiples pour l'enfant, pour l'adulte et pour leurs relations réciproques.

  • Il y a, au plus, 100.000 Tsiganes en France, dont les deux tiers environ, tels les Manouches, voyagent. Minorité, ils provoquent chez nous sédentaires de violentes réactions. Du fait de leur mode de vie traditionnel, différent du nôtre, ils ont toujours été opprimés, exclus, séparés de nous par un double conflit, racial et culturel. Si le voyage est né de leur exclusion, s'il a été le moyen de survivre aux persécutions séculaires dont ils ont été l'objet, il est leur institution fondamentale, le symbole d'un monde différent du nôtre, le catalyseur de leur tradition, leur raison de vivre. Mais au sein de la société moderne, menacés par notre impérialisme technocratique, que vont-ils devenir ? Dans quelle mesure la politique de sédentarisation actuellement préconisée correspond-elle à leur vouloir, à leur pouvoir-vivre ?

  • Selon les expériences que l'on a faites avec les graphologues, capables ou médiocres, on croit à la graphologie ou on n'y croit pas. Et l'on reste sous cette impression qui résulte de la compétence ou de l'incompétence d'un praticien. Mais comment s'y prend-on pour apprécier, en bien ou en mal, le principe même de la graphologie ? Comment explique-t-on, par exemple, que telle tendance caractérielle s'exprime par certains signes et non par d'autres ? Ou qu'un signe ait la même signification pour la totalité des scripteurs, quelles que soient leur origine, leur ascendance et leur structure mentale ? Ces problèmes - et bien d'autres - n'ont pas reçu d'explications satisfaisantes depuis la parution des premiers ouvrages de graphologie. On ne s'étonnera donc pas de voir un graphologue passionné d'authenticité remettre en question les bases mêmes de la graphologie, et lui découvrir, hors des chemins battus depuis un siècle, une origine et une autorité insoupçonnées.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Les livres de Balint ont connu un extraordinaire succès. Son nom même de propre est devenu commun : « on va au balint », « on fait partie d'un balint ». Peu de gens, cependant, enthousiastes ou critiques, connaissent l'oeuvre du « dedans ». Prônée par les uns comme une discipline indispensable, méritant de devenir obligatoire, la Formation Balint est critiquée par les autres, tantôt comme une déviation de la psychanalyse, tantôt comme une forme édulcorée de psychothérapie, tantôt encore comme une ouverture vers l'analyse sauvage ou un frein à l'application « objective » des découvertes scientifiques. Cet ouvrage vise essentiellement à présenter le « matériel » des groupes de formation et à analyser leur évolution. Jusqu'ici, en effet, ce matériel n'a été diffusé que d'une manière fragmentaire. En citant de nombreux protocoles de séances, l'Auteur tente de situer la formation par rapport à l'oeuvre psychanalytique de Balint. Si la Formation repose aujourd'hui sur de nombreuses expériences qui ont permis d'élaborer sa clinique, elle ouvre aussi la voie à de nouvelles recherches. Ce livre en cite de nombreuses, tout en mettant en évidence les interrogations que suscite toute discipline non-rigidifiée.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • La science nous a toujours paru comme un fondement de valeurs sûres.. Elle nous a garanti l'honnêteté dans la recherche, une bonté implicite dans ses buts et la certitude du progrès. Elle est arrivée à nous fournir le sens de l'absolu et la signification la plus concrète de l'humain. Depuis quelque temps cependant, le mythe de la science s'effrite : elle est accusée, entre autres, de cautionner des manipulations génétiques qui détruiraient l'individualité, et d'avoir fabriqué la bombe atomique qui pourrait supprimer l'humanité tout entière. La science ne semble plus capable de nous assurer un absolu réconfortant, et cette relativité qui imprègne les hypothèses, les modèles et les résultats de toute recherche, est vécue comme une déchéance, une mystification. Mais à la base de ces transformations, il y a une profonde interrogation : il n'est plus question de croire à une seule vérité, et les concepts mêmes sont remis en cause. Il en est ainsi pour l'un des piliers de la science : la médecine, dont les certitudes et les valeurs sont devenues indéterminations et questionnements. Et dans le cadre de la médecine, la psychiatrie semblerait nous offrir à son tour une disponibilité particulière pour une remise en cause radicale. Parce qu'elle est caractérisée par des limites estompées, par une pathologie et une clinique essentiellement variables et diverses, par le polymorphisme. Le psychiatre peut, en quelque sorte, guider les nouvelles orientations de la pensée médicale, maintenir l'élan pour une transformation radicale, et aider à définir une médecine plus sensible à des nécessités qui dépassent la seule élimination de la souffrance et des symptômes. Une médecine moins idéalisée certes, mais peut-être davantage prête à répondre à nos questions essentielles.

  • On ne trouve pas de rêves d'ouvriers ni de paysans chez Freud. La psychanalyse s'attache aux formes cliniques du rêve comme la plupart des civilisations mettent en avant des rêves de privilégiés. C'est au rêve vulgaire, au rêveur trivial qu'on s'attache ici au terme d'une enquête dans toutes les stratifications sociales et toutes les classes d'âge. On a examiné deux mille rêves ou trames de rêves, recueillis non par sondage mais par libres conversations enregistrées ou écrites. Ce livre suit deux pistes : la première - la société dans le rêve - recherche les particularités des rêves selon les stratifications sociales. La seconde - le rêve dans la société - examine le rêveur au moment où il affronte en dormant l'une ou l'autre des grandes instances naturelles qui lancent un défi à la conscience individuelle ou collective : la faim, la sexualité, la mort, le travail... On tente ainsi de savoir comment l'expérience onirique de l'homme quelconque rafistole ou bricole des éléments arrachés à la vie commune pour composer une sorte de logique chaque fois différente. Le rêve ne serait-il pas un jeu de l'être vivant avec la société et l'espèce elle-même ?

  • Les textes qui composent ce recueil abordent les rapports du sujet à la langue, celle que l'on dit maternelle. Les termes qui la désignent ne peuvent-ils pas d'ailleurs prêter à confusion ? Car les petits restes de l'enfant merveilleux qui ne finit pas de se meurtrir, ces rescapés d'une brisure, ces éclats d'amour, de nostalgie ou de croyance qui occupent le sujet, constituent la langue du maternel. Assujetti à sa passion, le sujet traque cette langue inarticulable du trauma comme d'autres recherchent des fragments de textes, des parchemins égarés, des objets de fouille, ou des insignes, qui toujours se dérobent. L'[enfant-mort] défini ici comme le point d'ancrage de la pulsion de mort dans le Moi, comme une insistance à mettre des mots à l'endroit d'une parole suspendue, esquisserait un terme de passage, un octroi et soutiendrait la fonction symbolisante de la langue maternelle. A ce titre, il procéderait du lieu de l'Autre. L'auteur fera appel à la clinique, à des personnages de romans ou de films, et au souvenir d'un danseur baroque et insensé - image stylisée de l'exilé - pour évoquer ces différentes métaphores conceptuelles.

  • Albert Dauzat, Directeur d'études à l'École pratique des Hautes Études et Président du Premier Congrès International de Toponymie, aborde ici deux grands problèmes d'intérêt général, que la toponymie étudie en collaboration avec la géographie, l'archéologie et l'histoire : les rapports entre les noms de lieux et le peuplement du sol, sa mise en valeur, - en prenant pour exemple la Beauce.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • oPourquoi, depuis le séjour prolongé de Malinowski aux Trobriands, l'ethnologue doit-il se rendre sur le terrain, et ne peut-il se contenter d'interpréter des faits rapportés de seconde main ? oLes auteurs de ce livre, attachés de recherches au C.N.R.S. et actuellement en mission en Nouvelle-Guinée, estiment que le terrain n'est pas un rite de passage, dont on pourrait aisément se désintéresser, mais qu'il constitue l'expérience à partir de laquelle s'organise la science ethnologique : le terrain apparaît comme un laboratoire où l'ethnologue doit faire des séjours longs et répétés. oL'ouvrage défend ainsi une conception de l'ethnologie selon laquelle l'expérience directe, nécessairement limitée à quelques sociétés, se révèle plus féconde que la course, à travers livres et revues, à des informations dont la valeur reste toujours douteuse. oL'apprentissage ethnographique est une véritable éducation. Il semble difficile de tricher sur le terrain. L'expérience ethnographique sollicite en effet de l'ethnologue tout autre chose qu'un simple savoir : il comparaît en chair et en os, et le verdict de ce tribunal portera aussi bien sur ses qualités morales, affectives ou sensorielles, que sur des connaissances purement académiques. oOn comprend alors la résistance de beaucoup, leur peu d'enthousiasme à se rendre sur le terrain, les artifices qu'ils mettent en oeuvre pour truquer cette expérience, s'ils s'y sont, en fin de compte, résignés, et leur silence au retour. C'est justement ce mutisme que ce livre voudrait rompre.

  • Le deuxième tome de cette Histoire de la psychologie est consacré à la psychologie qui, dans la mentalité positiviste de la seconde moitié du XIXe siècle, naquit comme science résolue à jeter le contenu de l'ancienne pour n'en conserver que le nom. L'histoire de la nouvelle science a toutefois révélé que ce contenu se prêtait difficilement aux méthodes des sciences naturelles prises d'abord comme modèle. Depuis les premières recherches, visant à étudier abstraitement des phénomènes psychiques et des fonctions mentales tenues pour élémentaires, de grands changements sont intervenus ; dus surtout aux révolutions psychanalytiques et gestaltistes qui ont imposé l'exigence d'étudier l'être humain non plus désarticulé par un artificiel morcelage, mais dans sa totalité. Une totalité qui fait d'ailleurs problème. Chassée par la porte, la philosophie rentra par la fenêtre. Sous l'aspect en particulier de la phénoménologie husserlienne et de la pensée de Heidegger, dont les répercussions multiples ont modifié les perspectives au point que la physiologie désormais, loin d'apparaître comme le modèle, tend à s'intégrer elle-même dans une anthropologie. L'auteur, plutôt que de fournir un tableau qui ne saurait être exhaustif des sciences psychologiques de notre temps, s'en est tenu aux aspects de celles-ci qui lui ont paru les plus typiques. Son enquête, soucieuse de fidélité, ne prétend pas à une neutralité indifférente. Il ne méconnaît pas le moins du monde l'importance de la psychologie scientifique dans le monde contemporain, son utilité pratique, sa capacité de rendre compte de nombreux aspects du psychisme et du comportement. Mais il est persuadé que les recherches y impliquent une interprétation et, en dernière analyse, des postulats philosophiques ; même si certains psychologues, au prix d'un « coup de pouce », prétendent réduire à leurs schémas l'homme total : cet être qui, tout en restant attaché à ce qu'il dépasse, rompt incessamment les cadres dans lesquels on voudrait l'enfermer.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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