Flammarion

  • « Un livre n'est que le portrait du coeur, chaque page une pulsation », écrit Emily Dickinson. À cela Andrée Chedid ajoute qu'un livre est aussi la soif d'un ailleurs, une salve d'avenir. Dans L'Étoffe de l'univers, la poétesse née au Caire remonte aux origines de sa vie, explore à travers de courts poèmes le mystère du passage sur terre, la beauté et la force, mais aussi la fragilité, surtout quand l'aventure est malmenée par la vieillesse, la mort qui rôde.
    En revenant à saint Augustin et Shakespeare, Rilke ou encore Dylan Thomas, Andrée Chedid éclaire sa propre écriture. Sans qu'aucune certitude ne tienne le haut du pavé, elle précise : « Ne vous méprenez pas / Je ne suis que de passage / Un être fictif sur un trajet/Sans itinéraire / Je pousse des portes / Qui s'ouvrent / Sur la vie / Et d'autres portes / Qui mènent je ne sais où ».

  • maintenant dans les allées, avec les arbres, et la foule autour les pierres, la terre jetée

    seul le bruit du vent

    rouler cette pierre,
    d'un point à l'autre ne se dissout pas mais nous est utile

    à force d'être dispersé

    sur toutes les surfaces
    et tous les coins de la terre

    sans direction

  • La poésie ne s'arrête pas aux frontières.
    C'est pour cela qu' Yvon Le Men a choisi, dans le sillage de Jules Verne et de son héros le gentleman anglais Phileas Fogg, de traverser à nouveau les mers et de proposer cette fois-ci un tour du monde en 8o poèmes et presque autant de pays. De l'Antiquité à nos jours, de l'Afrique du Sud au Venezuela, de la Hollande à la Grèce en passant par l'Irlande, l'Espagne, le Brésil, la Pologne, c'est un atlas inédit que l'on découvre poème après poème.
    Au cours de la traversée, on croisera Sapphô, Emily Dickinson, Katherine Mansfield, Pasolini, Issa Kobayashi, Constantin Cavaf, Tarjei Vesaas, mais aussi Seamus Heany, Nuno Jûdice, Mahmoud Darrvich, Claude Vigée, Nicolas Bouvier...

    Cette anthologie est une heureuse invitation au voyage.

  • Ces textes tentent d'explorer des bribes de notre terre commune ; à travers cavernes et soleils, dégradation et renouveau.
    Ils sombrent ou s'élancent, actionnés par un rythme, propulsés par leur propre mouvement ; avant d'être décantés et remis en question par un regard plus serré. Pas de terme au mystère des choses naturelles: l'ailleurs est ici. Pas de point final à nos déroutes. Ni à l'émerveillement!

    photo : collection Andrée Chedid

  • Dans la poésie, faut il choisir la voie obscure ou la voie lumineuse? Le livre du Visage des nuits pose cette question de la forme poétique et de sa capacité d'ouvrir dans la prose, comme le préconise Dantes à propos de l'éloquence dans la langue vulgaire.
    On trouvera dans cet ouvrage des proses et des poésie alternées capables de se fondre les unes dans les autres, avec des formes courtes: fuscelli, épigrammes, aphorismes, énigmogrammes. Mais aussi des comptines, des sonnets dissimulés, des chansons et des milongas.
    Les proses sont consacrées à Chateaubriand (Les Martyrs), à Edward Young (Les nuits), à la correspondance du marquis de Sade avec sa femme Renée Pélagie de Montreuil, à la navigation et la visite des îles volcaniques, au nord de la Sicile.
    Les poèmes du Visage des nuits, enfin, sont une reconnaissance du drame et de la douleur. Les causes ne sont pas nommées. Le dernier poème, La terre est dure, écrit autrefois pour la tragédie moderne du Chili, désigne à la fois notre angoisse et notre possible espérance.
    Couverture: Catherine Marchadour

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