Grasset

  • Né dans le Piémont en 1932, titulaire de la chaire de sémiotique de l'Université de Bologne, Umberto Eco a enseigné à Paris au Collège de France ainsi qu'à l'Ecole Normale Supérieure de la rue d'Ulm. Il est l'auteur de nombreux essais dont Comment voyager avec un saumon et de trois romans, Le Nom de la Rose, Le Pendule de Foucault et L'île du jour d'avant. Un très grand livre... Baudolino, un jeune paysan fantasque et menteur, fait la conquête de Frédéric Barberousse et devient son fils adoptif. Baudolino fabule, invente, et, comme par miracle, tout ce qu'il imagine devient histoire. Ainsi, entre autres, il écrit la lettre mythique du Prêtre Jean, qui promettait à l'Occident un royaume fabuleux dans le lointain Orient gouverné par un roi chrétien, qui a fait rêver de nombreux voyageurs, dont Marco Polo. Baudolino grandit. Alexandrie naît vers 1168 et des années après, poussé par le génie inventif de Baudolino, Frédéric part, prenant pour prétexte une croisade, rendre au Prêtre Jean la relique la plus précieuse du christianisme, que certains appellent le Gradale. Il mourra lors de ce long voyage, dans des circonstances mystérieuses que seul Baudolino saura dévoiler. Mais son fils continuera la fabuleuse expédition vers ce royaume lointain peuplé de monstres qui ont hanté le bestiaire du Moyen Age. Il vit des aventures extraordinaires dont une histoire d'amour avec une créature des plus singulières des descendantes d'Eve... Raconté à l'historien byzantin Nicéta Coniate, tandis que Constantinople se consume après le sac, l'histoire réserve encore quelques surprises. En parlant avec Nicéta, Baudolino comprend des choses qu'il n'avait pas encore compris, d'où une fin inattendue.

  • Ce recueil peut être considéré comme une suite logique des Six promenades dans le bois du roman ou d'ailleurs ou de Lector in Fabula. Ces textes s'adressent à un vaste public averti : ils traitent de la fonction de la littérature, de l'influence dans l'histoire d'un écrit sur des évènements historiques, des problèmes spécifiques à la narration comme la représentation verbale de l'espace, l'ironie intertextuelle, la nature des mondes possibles de la fiction, et quelques concepts clés de l'écriture « créative », comme les symboles, le style, les « béquilles »... D'autres interventions portent sur les auteurs qu'Umberto Eco a beaucoup lu. Bien des pages sont d'une richesse, d'une force et d'une beauté exceptionnelle, celles où éclot le véritable amour d'Eco pour Manzoni, Borges, Joyce, Nerval... mais aussi aussi Dante et Aristote. La littérature française occupe une place de premier plan : Proust, Stendhal, Rabelais ainsi que les classiques italiens et anglo-saxons. Dans le dernier chapitre : « Comment j'écris », Umberto Eco évoque son activité d'écrivain. Il prend pour exemple sa propre expérience et nous éclaire sur son savoir-faire. Eco nous fait ainsi entrer dans son jardin. Bien sûr nous le connaissons. Nous savons quelles fleurs et quels fruits il y cultive. « Un jardin à l'anglaise » dit-il. Il faut être un esprit très libre et très riche pour donner ainsi tout de soi, un auteur qui ne craint pas qu'on « voit » ses trucs et ses manigances... Umberto Eco montre, démonte et démontre.

  • "Et si c'était lui, le mort et les autres, les vivants ? Et qu'il ne pouvait pas les voir parce qu'il se trouvait déjà de l'autre côté du mur invisible de la mort ? Seuls les morts ne rêvent pas. C'était peut-être pour ça qu'il ne voyait pas d'autre être humain qu'un Indien dans de vieux vêtements ? Parce que Lance était mort et l'Indien aussi, et que les morts ne voyaient que les morts..."V. S.Un roman envoûtant sur la solitude et le poids du passé, une plongée dans un épisode méconnu de l'histoire américaine - la colonisation scandinave à la fin du XIXème siècle d'une terre peuplée d'Indiens -, la résurgence d'histoires oubliées qui côtoient les mythes qui ont fait l'Amérique, une réflexion sur le temps qui passe et détruit les rêves.Un personnage pris au piège de sa conscience, mais jusqu'à quand ?

  • Auteur d'oeuvres aussi célèbres que En Patagonie ou Le chant des pistes, Bruce Chatwin était un nomade qui exprimait son désir d'aventure et de découvertes à travers ses écrits. Homme à l'énergie débordante et à la personnalité complexe, il était, dans sa vie comme dans osn art, en quête perpétuelle d'exotisme et d'inattendu. Les voyages qu'il a faits tout au long de sa vie l'ont mené dans les contrées les plus reculées d'Asie, d'Afrique, d'Amérique du Sud et d'Australie.
    Cette merveilleuse sélection de lettres (à sa femme Elisabeth, à ses parents Charles et Marguerite, et à ses amis, parmi lesquels Patrick Leigh Fermor, James Ivory, Paul Theroux et Susan Sontag) écrites avec la verve et l'acuité qui ont fait de lui un écrivain au talent rare, offre un nouvel éclairage sur cet auteur exceptionnel.

  • Madrid, 3h du matin. La mère de Marco, une célèbre chorégraphe, est morte la veille - et pour lui, sans elle, rien ne peut plus être comme avant. Il nous parle du sommeil, des rêves, du bien que cela lui procure en attendant le médicament qui lui permettra de ne plus jamais dormir.
    Marco a un don : il voit dans les souvenirs des gens, et la police fait souvent appel à lui. Aujourd´hui, on lui demande d´examiner « l´étranger », pour tenter de découvrir son passé et sa véritable identité. Leur rencontre se révèle surprenante car ils possèdent le même don. Ayant inversé les rôles, l´ « étranger » le supplie de l´aider à s´échapper.
    Une fable sur la perte, la douleur et l´amour, empreinte de tendresse mélancolique. Jusqu´où serions-nous prêts à aller pour retrouver un être qui nous a été cher ?
    Un roman qu´on lit d´une traite, d´abord étonné puis captivé, et transporté dans une autre galaxie Un best-seller à la fois ingénu et transgressif, d´une totale originalité, hymne à l´amour impossible sur terre et peut-être ailleurs.

  • « Le labyrinthe est un lieu légendaire : il participe du mythe, de la religion, de la féerie. Hérodote rapporte qu'en remontant le Nil jusqu'à Louqsor, il a vu le plus prodigieux des labyrinthes : trois mille couloirs souterrains auraient encerclé deux grands temples et nombre de sanctuaires ! Au coeur de cet entrelacs ténébreux de chemins tortueux, parfois sans issue, se trouvait la chambre secrète avec les tombes des pharaons et les momies des crocodiles sacrés.Mais Hérodote n'a pas vu le labyrinthe le plus célèbre de l'Antiquité, celui que Dédale inventa pour abriter et cacher le Minotaure mis au monde par la reine Pasiphaé, l'épouse de Minos. Au palais de Cnossos il avait imaginé une demeure secrète où le monstre à tête de taureau attendait ses victimes pour se repaître de leur chair. Depuis les prodiges réalisés par Dédale et la prouesse de Thésée, l'idée du labyrinthe n'a pas cessé de hanter notre imaginaire. Il s'agit toujours de la même situation : après une suite d'épreuves, d'errances et de pas perdus dans l'obscurité, nous devons découvrir le cour du mystère, le point fatal où nous trouvons l'horreur ou l'illumination, le salut ou la mort. C'est le lieu de la révélation. Révélation de quoi ? De nous-mêmes, de notre destin. C'est là qu'habite notre âme. La chambre centrale du labyrinthe, but de nos aspirations, est aussi bien notre berceau que notre tombe. »M.S.

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