Grasset

  • « Dans leur état présent, les lois de bioéthique et d'autres du même genre relatives à la procréation et à la fin de vie, n'ont rien de particulièrement permissif. Elles interdisent les mères porteuses, la sélection des embryons selon des critères de convenance, les recherches sur les cellules souches. Elles n'autorisent pas les gays, les lesbiennes et les femmes jugées trop "âgées" à bénéficier de l'assistance médicale à la procréation. Elles criminalisent toutes les formes d'aide active à mourir, même en cas de demande manifestement libre et éclairée d'un patient incurable en fin de vie, auprès d'un médecin dont les convictions éthiques ou religieuses n'y sont pas défavorables. Elles excluent l'avortement tardif sans motif approuvé par un collège de praticiens spécialisés. Je voudrais donner des raisons d'aller dans une direction opposée, moins paternaliste, plus respectueuse des libertés individuelles. » R.O.

  • Denis Clerc est économiste, spécialisé dans l'analyse des politiques sociales. Il a été rapporteur au Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale (CERC) et président de l'association Economie & Humanisme. Il est aujourd'hui conseiller de la rédaction du mensuel Alternatives économiques, qu'il a créé et longtemps dirigé. « On a longtemps pensé que l'emploi était le remède à la pauvreté. Ce n'est plus le cas. La multiplication des emplois à temps partiel ou des jobs temporaires entrecoupés de périodes de chômage a fait plonger dans la pauvreté nombre de travailleurs et leur famille. Contrairement à ce qui se passait il y a encore une quinzaine d'années, ce n'est plus l'insuffisance d'emplois qui engendre la pauvreté, mais la mauvaise qualité de ceux qui se créent. Dans cette évolution, l'Etat porte une part de responsabilité. En prêtant main-forte à la création d'emplois paupérisants, il a sacrifié la qualité de l'emploi à la quantité et aggravé le problème au lieu de le réduire. Ce que montre cet ouvrage, c'est que cette voie est sans issue et qu'il est urgent de changer de politique. Le contexte nous y pousse : le pays tout entier a besoin d'emplois créateurs de valeur s'il veut faire face aux défis de la mondialisation et du vieillissement. Mais cela suppose un gros effort en matière de formation et de requalification de tous ceux que, aujourd'hui, le marché a marginalisés. Le revenu de solidarité active, utile pour permettre aux actuels travailleurs pauvres de vivre dignement, ne doit pas devenir la dragée enrobant la pilule du mauvais emploi et permettant à ce dernier de se pérenniser. Désormais, à l'aide sociale qui soulage mais enferme, il faut substituer l'investissement social qui vise à donner à chacun les moyens de son autonomie et la maîtrise de son destin. C'est possible, et ce livre explique comment. » Denis Clerc.

  • Un nouvel acteur s'impose aujourd'hui dans le duel tumultueux entre l'Etat et le Capital, qui prend des formes diverses : société de personnes, entreprises sociales, coopératives citoyennes. Chaque fois, il s'agit de favoriser une économie plus humaine, plus proche, en associant les individus aux décisions qui les concernent. Bref, il s'agit pour ce nouvel acteur de "démocratiser l'économie". Comment ? C'est à cette question que cet essai tente de répondre...

  • Depuis les deux campagnes référendaires de 1992 et de 2005, la construction européenne fait débat dans la pensée politique française. Mais ces polémiques sont au moins autant des discussions sur la nature d'une forme politique que sur l'objet européen en tant que tel. Plus précisément, c'est la question du lieu - au sens d'un territoire délimité par des frontières définies - qui est désormais au coeur de l'interrogation française sur la légitimité de l'intégration européenne.

    Avec ce paradoxe qui voit les uns fustiger une « Europe sans corps », qui serait incapable de circonscrire son ambition à un territoire défini, et les autres dénoncer une « Europe forteresse », qui consoliderait le principe de clôture instauré par l'Etat-nation. A l'arrière plan de cette question des frontières, on voit se dessiner une controverse plus fondamentale encore sur la signification à donner aux droits au sein d'un ensemble démocratique - que l'Europe soit perçue comme le symptôme d'une « religion du droit » qui minerait aujourd'hui la démocratie ou, au contraire, dénoncée pour son incapacité à rendre effectifs des droits de l'homme dont, pourtant, elle ne cesse de se réclamer.

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