INA

  • Le 23 avril 2003, Raymond Depardon présentait librement, pour les membres du Collège iconique de l'INA, les fils entremêlés de son enfance, de son « errance » et de son oeuvre. Le présent ouvrage reproduit cette parole vive qui, aux questions posées, répond par des souvenirs qui sont autant de problèmes à travailler. « Depardon crée des images fortes », analyse dans sa préface François Soulages, qui présida la séance : fortes d'un rapport singulier à l'espace, au temps et à l'écrit. Fortes, aussi, de l'audience formidable que leur ont donnée les médias, comme le montre la cartographie inédite de la présence de cette oeuvre multiforme -- du film documentaire au spot publicitaire -- à la radio et à la télévision.
    En contrepoint de cette lumière et de ce bruit médiatiques, le Collège iconique propose un lieu de parole plus intime, une autre manière pour Raymond Depardon d'exposer son travail « avec/sur » les images. Un travail dont François Soulages éclaire ici la richesse : « Ses livres, ses films et ses expositions sont des créations autonomes et nouvelles ; ce ne sont donc jamais des recueils d'images ou d'écrits, encore moins des agrégats d'images et d'écrits, mais toujours des oeuvres totales et originaires, faites à partir de la rencontre étrange des images et des mots, des images et des sons. C'est sa réponse au mystère du réel. »

  • A partir de la consultation d'archives inédites et d'entretiens d'acteurs essentielles à la vie de la station l'ouvrage aborde depuis l'intérieur de la station le fonctionnement passé et présent d'une entreprise devenue aujourd'hui leader puisqu'elle est aujourd'hui la radio la plus écoutée de France. Sur plus de cinq décennies on découvre un média radiophonique sans égal dans le secteur du développement culturel et de l'information.
    Véritable cartographie historique, les grandes émissions emblématiques comme le Masque et la Plume, le tribunal des flagrants délires, la Matinale ou encore le jeu des 1000 euros sont tour à tour présentées au lecteur. La part belle est faite à ceux qui ont marqué la station au premier rang desquels figure un homme lige aujourd'hui oublié Roland Dhordain, inspirateur et premier directeur de France Inter. Avec empathie mais lucidité l'évolution des grilles de programmes, le lot des arrivées et des départs parfois fracassants des animateurs et journalistes, les crises internes qui secouent la vie de la station sont retracés sans parti-pris. Tout l'enjeu de l'ouvrage réside dans sa capacité à faire poindre en chaque circonstance ce qui fait service public, ou pour le dire autrement comme le revendique la station dans les années soixante-dix avec son slogan "Écoutez la différence !" A partir d'une cinquantaine d'entretiens de professionnels appartenant aussi bien au passé et au présent de l'entreprise dans le secteur du journalisme, de l'univers des animateurs, de la réalisation, de la sphère technique et de la direction, on entreprend un voyage radiophonique dans le temps en remontant jusqu' à 1963. Alors que l'audience du média radiophonique et singulièrement celui de France Inter tire plus que son épingle du jeu de sa confrontation avec la télévision et depuis peu avec le monde du numérique et celui des nouveaux médias, l'ouvrage permet de comprendre la force et la vigueur d'une station comme France Inter devenue à elle seule un pouvoir culturel et politique au sein de la société médiatique aujourd'hui.

  • L'auteure présente une analyse sociohistorique des identités de genre proposées dans les séries animées françaises. Ces programmes ont souvent relayé une construction différentialiste du genre, caractérisée par la subalternité du féminin et son assignation à des fonctions d'assistance et de soin.
    Néanmoins, en accompagnant les transformations de notre société, certaines séries ont pu remettre en cause les normes de genre et les oppositions classiques. Sont ainsi décodés 56 dessins animés (1957-2014), des premières aventures de Tintin en semi-animation, en passant par Bonne nuit les petits, Les Mystérieuses Cités d'or, les célèbres séries « Il était une fois... » (l'Homme, les Découvreurs, les Explorateur,s etc.), jusqu'aux productions plus contemporaines comme les séries « T'Choupi ». À mesure que l'on avance dans le temps, on rencontre des personnages partiellement affranchis des catégories de genre binaires (Candy, dans Les Zinzins de l'espace), qui assument un positionnement féministe (dans Il était une fois... notre Terre), et de plus en plus d'héroïnes fortes (par exemple dans Totally Spies !, Code Lyoko, ou la tranche « Girl Power » de la chaîne Gulli).
    L'ouvrage montre que les questions de genre tendent à devenir un sujet de discussion incontournable dans le monde de l'animation, aussi bien en France qu'à l'international

  • Jean Frapat a pris la télévision comme champ d'expérimentation et comme espace de création, produisant ce qu'on peut considérer comme une oeuvre singulière, à la croisée des chemins de la littérature, du théâtre, de l'éducation populaire, du cinéma et des arts plastiques, ressaisis sous l'oeil et au risque de la caméra. Digne compagnon du Service de la recherche de Pierre Schaeffer, il est parvenu à établir un équilibre entre une réflexion sur le langage télévisuel et les impératifs économiques de l'industrie des médias.
    Cet essai retraverse de plusieurs décennies de télévision et met en évidence la dimension transdisciplinaire de ce travail. Il rassemble des témoignages de collaborateurs et d'amis tels que Michel Hermant, Claude Guisard, Claude Villers, qui formulent une analyse fine de l'univers anachronique de Jean Frapat, tout en retraçant une autre histoire de la télévision, savante et populaire, celle que décrivait Roberto Rossellini dans ses écrits, ou que François Mauriac célébrait dans sa critique télévisuelle.
    Il propose aussi des contrepoints inattendus : des artistes contemporains - Vincent Labaume et Olivier Bardin - reviennent chacun à leur manière sur l'influence de Frapat sur leur parcours et leur travail. Enfin, Pascale Cassagnau traque les homologies entre la production de Frapat et les oeuvres d'artistes comme Matthieu Laurette, Gianni Motti et Valérie Mréjen - témoignages de l'influence méconnue d'une certaine télévision sur la création contemporaine.
    Cet ouvrage est illustré par l'écrivain et artiste Vincent Labaume, qui fut lui-même producteur à France Inter, et qui propose une relecture de l'univers de Jean Frapat et un hommage à son oeuvre.

  • Le développement de l'information sur internet conduit-il au règne du copié-collé, au détriment de l'information de qualité? Peut-on inventer de nouveaux modèles économiques pour les médias permettant de tirer le meilleur parti des nouvelles technologies?
    Ce travail de recherche inédit tente d'apporter de nouvelles réponses à ces questions, en conjuguant les outils du «big data», du «machine learning» et de l'économie. Il se base sur la construction et l'analyse d'une base de données unique en son genre: l'intégralité du contenu produit en ligne par les médias d'information en France sur une année (2013), qu'il s'agisse de la presse écrite, de la télévision, de la radio, des pure internet players ou encore de l'AFP.
    Nous combinons ainsi pour la première fois plusieurs millions de documents avec d'une part les caractéristiques humaines et économiques des différents médias en particulier la taille de leur rédaction et d'autre part avec des données d'audience des différents sites, permettant d'analyser dans quelle mesure les citoyens adaptent leur consommation sur internet à l'originalité des contenus produits.
    En appliquant notre algorithme de détection de copie, nous montrons que, dans le cas des actualités chaudes, 64% de l'information publiée en ligne correspond à du copié-collé pur et simple (sans même prendre en compte les reformulations), un niveau d'homogénéité insoupçonné. Les copies ainsi détectées vont souvent au-delà de l'exception de «courte citation» autorisée par la loi et omettent le plus souvent les procédures réglementaires de citations et de crédits.
    Or le recours croissant au copié-collé combiné à une vitesse de propagation extrêmement élevée de l'information en ligne un quart des événements se propagent en moins de 4 minutes risque de tuer à termes les incitations des médias à produire de l'information originale. Nous montrons ainsi que les médias n'arrivent plus à monétiser cette information si coûteuse à produire.
    Au-delà de ces constats, le livre souligne et quantifie les risques pour l'information et la démocratie associés à l'accélération de la baisse de la taille des rédactions. Il passe en revue les différentes solutions: une application plus stricte du droit d'auteur sur internet; la mise en place de murs payants; la syndication de contenu et la mutualisation des coûts de production de l'information; le soutien public transmedia à la production d'information; ou encore de nouvelles formes juridiques pour les médias.
    Surtout, il souligne la nécessité de repenser entièrement les systèmes de régulation existants des médias. Cette régulation se fait aujourd'hui par support; elle doit être adoptée au XXIesiècle, c'est-à-dire transmedia. Internet est une chance unique de mieux informer les citoyens; n'en faisons pas le tombeau de l'information.

  • Dans notre univers économique globalisé et dérégulé, quelques startups autrefois sympathiques ont donné naissance à des multinationales oligopolistiques qui régissent le coeur informationnel de nos sociétés : les GAFAM.
    Sous le prisme de l'économie politique, Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft ne sont pas examinés comme des réussites exceptionnelles mais comme les produits emblématiques d'un ordre néolibéral qu'ils contribuent eux-mêmes à forger, et qui s'inscrit résolument contre le projet originel de l'internet.
    Le livre décrit précisément le déroulement du processus de marchandisation qui a permis aux logiques financières de pénétrer le champ de l'informatique connectée, conçue initialement comme un bien public au service de l'émancipation collective. Il propose une synthèse claire et accessible des stratégies sophistiquées des GAFAM pour éviter l'impôt, capter la valeur produite en ligne par les utilisateurs et exploiter les données récoltées
    Ainsi, pour penser l'avenir de l'internet, il invite à s'interroger sur la place que nous voulons donner, dans la société future, au travail, aux inégalités sociales et économiques et, en dernier ressort, à la démocratie.

  • Figure vilipendée du XXe siècle, symbole de la dimension honteuse des années d'Occupation, le collaborateur incarne l'une des blessures mémorielles de la Seconde Guerre mondiale. Son intervention dans les fictions du petit écran est multiforme : hauts fonctionnaires et grands noms de la collaboration, miliciens ou petites mains de l'administration, femme tondue à la Libération pour s'être compromise avec l'ennemi... Les " collabos " télévisuels endossent une palette de comportements reflétant l'étendue des modes de compromission sous l'Occupation, de la collaboration d'Etat jusqu'aux formes plus individuelles d'accommodation. Si les stéréotypes collent à la peau de ces personnages, les scénaristes, réalisateurs et producteurs ont aussi à coeur de proposer des lectures nuancées et parfois renouvelées de la collaboration.

  • J'aime, je clique. Le web se résume-t-il à ça ? La joie, la peur, la tristesse, la colère mais aussi l'ennui sont un ensemble d'affects qui circulent sur les réseaux sociaux. Cette circulation est facilitée par le design des interfaces. C'est même une stratégie pour les principales plateformes numériques. Nos émotions sont provoquées, capturées, évaluées : mais quelle valeur les acteurs économiques du web accordent-ils à nos impulsions ? Quel bénéfice en tirent-ils ? L'émotion est-elle une monnaie à partir du moment où son échange permet d'enrichir nos expériences ? Ou bien suppose-t-elle une nouvelle forme de travail de milliards d'internautes ? En tant qu'usagers du web, comment ce travail affectif change nos manières de nous exprimer et de nous informer ? Au travers d'une analyse à la fois technique, socioéconomique et critique, cet ouvrage propose des éléments de réflexion pour saisir l'émergence d'une économie numérique des émotions.

  • Malgré une défiance jamais atteinte des Français à l'égard de leurs institutions et de leurs dirigeants politiques, la dernière campagne présidentielle est parvenue à susciter l'intérêt et l'envie des citoyens. Comme lors des Présidentielles antérieures, elle a été l'occasion d'agiter les colères, de provoquer les peurs ou d'exprimer bienveillance et compassion.
    À travers une comparaison des registres affectifs sollicités dans les discours des campagnes officielles de 1981 à 2017, cet ouvrage montre que le scrutin de 2017 constitue l'apogée d'un cycle de fort dévoilement émotionnel des candidats, qui a débuté dès les années 2000. Comment les enjeux électoraux de 2017 ont-ils contribué à façonner les émotions sollicitées par les candidats, depuis la bienveillance sociale jusqu'à la peur du terrorisme? Dans quelle mesure les candidats ont-ils puisé dans des héritages partisans, utilisant les émotions politiques et les répertoires affectifs déjà éprouvés par leurs prédécesseurs? Quel éclairage l'analyse affective donne-t-elle du phénomène «Macron», ce candidat inattendu aux multiples influences politiques?
    Autant d'éclairages appuyés sur l'analyse d'un corpus multimédia de discours électoraux original, des spots de campagne à Twitter.

  • Cet ouvrage est le résultat d'un dialogue engagé en juin 2014, lors d'une séance des ateliers de recherche méthodologique organisés par l'Ina, entre Dominique Cardon et Antonio Casilli sur le thème du digital labor. Au travers d'échanges nourris, antagonistes parfois, ils ont abordé avec une hauteur de vue exemplaire les questions liées aux enjeux de la production de valeur sur Internet et à la qualification des usages numériques ordinaires comme travail. Ces ateliers, animés depuis 2009 par Louise Merzeau, Maître de conférences HDR en sciences de l'information et de la communication à l'Université Paris-Ouest Nanterre La Défense, ont vocation à accompagner les usages de recherche sur et à partir du web archivé. Ils sont l'occasion de débats sur les grands enjeux de la transition numérique.

  • Cet ouvrage propose de revenir sur l'ensemble des problèmes soulevés en termes d'analyse et de recherche par les différentes techniques et temporalités de l'archivage d'un ensemble de médias (radio, télévision, minitel, internet, presse papier, presse numérisée, jeux vidéo). Il s'agit d'ouvrir un espace d'exposition des méthodes et "

  • L'affaire Clavel survient lors de l'émission mensuelle télévisée à Armes égales du 13 décembre 1971. Ce soir-là, sur le thème « Les Moeurs » un débat réunit l'écrivain et journaliste catholique maoïste Maurice Clavel au député-maire de Tours, Jean Royer, connu pour son hostilité à l'évolution alors du discours sur la sexualité. Le film de Clavel s'intitule Le soulèvement de la vie. Il s'ouvre sur la cathédrale de Chartre et une photographie du Général de Gaulle à la Libération, puis alternent des images de l'interpellation des militants et intellectuels occupant le siège du CNPF en 1971, des plans des monuments aux victimes de l'occupant nazi, une longue séquence montrant un homme allongé sur les marches du métro sous l'oeil indifférent des passants, des images de pollution ou d'ouvriers, mineurs, balayeurs... mais aussi celles de femmes dénudées, d'une fontaine dont une main empêche l'eau de jaillir. Manque néanmoins un extrait d'une déclaration du Président de la République sur la Résistance.
    Suivie par près de 46 % des téléspectateurs, l'émission est marquée par le départ de Clavel. Furieux d'avoir été censuré, l'écrivain quitte le plateau en prononçant sa célèbre apostrophe : «  Messieurs les censeurs, bonsoir ! »
    À l'Agence de Presse Libération qu'il dirige, Clavel reçoit dès le lendemain et jusqu'en janvier 1972 un nombreux courrier. Ces milliers de missives constituent un formidable témoignage sur les années 68. C'est ce corpus dactylographié ou manuscrit, individuel ou collectif, de femmes ou d'hommes, de lycéens ou de téléspectateurs plus âgés qui est ici publié pour la première fois.

  • La Guerre de sécession ? Les bagarres de la Prohibition ? Tout comme... Deux gangs s'affrontent sur le marché français de l'alcool clandestin. Ca vaut le coup : le débouché va chercher dans les 60.000 hectolitres par mois. Et ça parce que l'État a la main un peu lourde du côté des droits et taxes ! Aussi, pour chauffer, ça chauffe entre Sudistes et Nordistes. A telle enseigne qu'un de ces quatre matins on retrouvera le corps de la blonde Dora carbonise dans le décor hallucinant des Baux de Provence... Jo Parita offre aussi sec la tournée du patron  : rififi à gogo. Qu'est-ce qu'Ils dégustent, les autres  ? Exécutions, fusillades, liquidations, sérénades tous calibres se succèdent dans un fracas de vitres brisées, de sifflements de balles et de tac-tac-tac de mitraillettes... En plein pastis ! Delmazière, le chef des Nordistes, préféré s'évanouir dans la nature. Ses ennemis remuent ciel et terre. Enfin on vient prévenir Parita  :  -  Du nouveau, Jo  ! La police vient de retrouver Delmazière...  -  Où ça ? Dans une clinique à Auteuil. A ramasser au papier buvard ?  -  Non, pas trop amoché.  -  Tant mieux, exulte Jo. On me l'a laissé pour moi tout seul, ce salaud ! J'ai ma chance.

  • Le numérique devient une réalité transversale rencontrée par tous les métiers et qui tend à poser à tous des problèmes qui n'étaient jusque-là réservés qu'à certains lieux ou pratiques : problèmes d'archive et d'archivage, si l'on entend par ces deux termes l'objet et le processus qui le constituent.
    Le numérique contribue au fait que toute organisation doit faire face à une avalanche de documents et de contenus qu'elle a momentanément la capacité de fixer sur un support numérique pour ensuite envisager sa conservation, sa réorganisation et son exploitation. Mais les effets d'échelle et de volume sont tels que de nombreux problèmes se posent qui habituellement ne se rencontrent que dans des services ou les institutions spécialisées.
    L'archivage devient donc une problématique banale et générique, dont la résolution devient de plus en plus technologique et spécifique. Ce contraste crée une tension dans le monde de la connaissance et de son organisation entre la fixation de la connaissance et son accès, tension qui doit être abordée par des personnels formés aux problématiques de la conservation et préservation numérique.
    Cet ouvrage aborde donc la problématique de l'archivage des contenus culturels quand ils sont inscrits sur des supports techniques qui nécessitent une médiation mécanique ou technologique pour être lus et consultés.

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