IRD Éditions

  • L'archipel des Galápagos, classé « patrimoine naturel de l'humanité », abrite un parc national prestigieux qui bénéficie d'aides internationales considérables. Destiné à faciliter les recherches naturalistes, censé servir de modèle à de nouvelles formes de valorisation touristique plus respectueuses de l'environnement (écotourisme), ce parc est aujourd'hui l'objet de nombreuses critiques. Le développement des réseaux touristiques et migratoires a accéléré le rattachement de l'archipel au territoire équatorien et au marché mondial. La nature « protégée » est devenue un espace soumis aux exigences de rentabilité d'un monde caractérisé par la marchandisation et l'uniformisation des lieux. Cette « conservation contre nature » a des conséquences catastrophiques pour les écosystèmes et les habitants de l'archipel. Au-delà de l'étude d'une région emblématique, l'auteur mène une réflexion sur la place de l'homme dans la nature, véritable plaidoyer en faveur de la préservation de la géodiversité. Son ouvrage novateur et stimulant s'adresse à tous les acteurs soucieux de l'avenir de notre planète.

  • En milieu montagnard tropical, où les risques d'érosion sont naturellement élevés, la mise en culture des terres entraîne l'aggravation des processus. Ainsi, les versants des Andes équatoriennes, intensément cultivés, connaissent une érosion qui affecte la fertilité des sols et donc la production agricole dont dépend le petit paysannat (minifundio) pour son alimentation. Il est urgent d'apporter des mesures de lutte antiérosives efficaces et adaptées aux conditions socio-économiques de la population. Mais les connaissances sur l'érosion et la lutte antiérosive dans le monde tropical, en particulier dans les milieux montagnards, sont encore fragmentaires, les scientifiques ayant longtemps privilégié l'étude théorique des processus. L'objectif de la recherche présentée dans cet ouvrage est de proposer une approche qui associe recherche fondamentale et appliquée permettant la mise en oeuvre pratique de méthodes de lutte érosive. Cette étude s'est déroulée en trois étapes : diagnostic de l'érosion, mesures des processus, proposition et validation de méthodes antiérosives. Menée à l'échelle du terroir et de la parcelle paysanne, suivant une démarche formative et participative associant paysans, chercheurs et décideurs, elle montre que la lutte contre l'érosion est possible sur les hautes terres andines. Cette approche peut servir d'exemple pour poser les bases d'une agriculture de montagne durable en milieu tropical. Cet ouvrage s'adresse aux universitaires et chercheurs en géographie, pédologie, hydrologie et agronomie et par sa présentation didactique aux étudiants ainsi qu'aux décideurs.

  • Dans les pays du Nord comme dans ceux du Sud, la patrimonialisation de la nature connaît actuellement un engouement de plus en plus vif. Des espèces aux espaces, des pratiques aux savoirs, les champs du patrimoine ne cessent de s'étendre, de se diversifier, et les processus de patrimonialisation de se multiplier : les populations locales interviennent de plus en plus fréquemment dans les démarches d'identification, de reconnaissance, de réhabilitation et de valorisation de leur patrimoine. Cette mise en patrimoine s'accompagne cependant souvent de conflits de représentations ou d intérêts. Les acteurs locaux questionnent notamment les objectifs des instruments de réglementation ou de qualification et s'inquiètent de la multiplication des normes et obligations qui accompagnent la culture imposée d'une plante, la mise en place d une indication géographique ou la création d'un parc national. Cet ouvrage pluridisciplinaire met l'accent sur les nouveaux types de patrimoines (cultivars, pratiques gastronomiques, savoirs et savoir-faire locaux, etc.) et les nouveaux instruments de mise en valeur du patrimoine, naturel et culturel. Sont en particulier analysés les jeux d'acteurs, du local au global, les recompositions sociales, les réorganisations spatiales et institutionnelles, dans des contextes écologiques, politiques, économiques et sociaux en pleine mutation. Il offre un état des lieux actualisé et original sur les dangers de la patrimonialisation, ses limites et ses dérives.

  • Au Cameroun et au Nigeria, les taurins - petits bovins sans bosse - sont très minoritaires par rapport aux zébus. Ils présentent pourtant l'avantage d'être mieux adaptés au milieu : résistants à la mouche tsé-tsé, ils pourraient aider à la mise en valeur des zones infestées et ils apparaissent dans certaines régions humides comme les seuls bovins aptes à favoriser l'inter-pénétration de l'agriculture et de l'élevage. Mais la relance de ces élevages, tant au Cameroun qu'au Nigeria, a toujours posé problème : l'imbrication du social, du religieux et du politique dont ils sont porteurs en fait des élevages archaïques, difficilement récupérables par les sociétés villageoises poraines, contemet donc en voie d'extinction. La « laïcisation » du taurin et son introduction dans une économie de marché restent à faire. Cet ouvrage réunit des géographes, ethnologues, anthropologues, vétérinaires-zootechniciens. Il contribue à une meilleure compréhension du fonctionnement social des élevages, et apporte une description précise de ces animaux et de leur portement com: deux préalables nécessaires à l'identification de « nouveaux types d'éleveurs » et à la mise en oeuvre de nouvelles pratiques zootechniques et sociales.

  • Souvent présenté comme une activité archaïque, l'extractivisme, c'est-à-dire l'exploitation de produits forestiers à des fins commerciales, pourrait n'être que le témoignage de l'un des divers cycles économiques que le Brésil a vécus. Mais les mouvements des collecteurs de latex d'hévéa, aux revendications relayées par diverses institutions, et une opinion publique sensibilisée aux problèmes écologiques l'ont propulsé au centre des débats sur la gestion des écosystèmes forestiers. La question de sa place dans le développement régional est posée. Mais que sait-on de sa viabilité écologique ? Comment peut-il s'adapter aux changements écologiques et sociaux qui affectent aujourd'hui l'Amazonie ? Dans un contexte mondial de mise en culture de nombreuses espèces, de fabrication massive de produits de synthèse, pourquoi un tel intérêt autour de cette activité ? Comment l'extractivisme peut-il participer à de nouvelles formes de gestion de la forêt associant conservation et mise en valeur ?

  • L'eau est rare au nord du Mexique, et la gestion de cette ressource limitée est devenue une priorité nationale. Dans ce contexte, la Sierra Madré occidentale, château d'eau pour tout le nord du pays, est un espace particulièrement convoité. La relative abondance en eau y a entraîné le développement de pâturages et d'exploitations forestières, provoquant une surexploitation des milieux et des ressources. La déglaciation des sols liée au surpâturage et au déboisement conduit de fait inévitablement à celle de l'eau et menace aujourd'hui le potentiel de toute cette région. À travers des études de cas précises, cet ouvrage montre comment la gestion de l'eau est liée à celle de l'espace et nécessite la prise en compte des besoins de l'ensemble des usagers, du bûcheron au gardien de troupeaux. Cette gestion patrimoniale, qui permet de régler les nombreux conflits d'usage, forme un modèle de développement dont de nombreux pays de montagne pourraient s'inspirer.

  • Brasilía a incarné la ville moderne avant-gardiste et idéale des années 1950. Ce projet utopique, confié à un urbaniste, Lucio Costa, et un architecte, Oscar Niemeyer, résiste au temps car, près d'un demi-siècle après sa fondation, la ville jouit toujours d'une aura puissante. L'Unesco a classé le site patrimoine mondial de l'humanité en 1987 mais Brasilía est aujourd'hui au coeur d'une agglomération de trois millions d'habitants d'une incroyable vitalité. Elle surprend par sa composition spatiale distendue, dispersée et répétitive, sa communication urbaine essentiellement automobile et une apparente et inquiétante anomie sociale. Mais où donc et sous quelle forme les populations de Brasilía font-elles aujourd'hui société ? Comment d'un projet de ville délimitée et finie a-t-on pu aboutir à une telle urbanisation diffuse et ségréguée de l'environnement régional ? Les auteurs de cet ouvrage proposent une analyse de cette expérience urbanistique et sociale unique, et s'interrogent sur le sens du développement local et le dilemme urbain du XXIe siècle entre libéralisme inégalitaire et projet social régulateur.

  • Les petits barrages constituent une composante désormais incontournable des paysages d'Afrique de l'Ouest. Petits et nombreux, mais dispersés, ils structurent les espaces, en générant un ensemble de ressources diverses. Ils induisent de fait la juxtaposition d'acteurs et d'usages souvent complémentaires, parfois concurrents, éventuellement antagonistes. Ils sont ainsi à l'origine de recompositions sociales marquées par des réarrangements institutionnels et de nouvelles règles d'accès aux écosystèmes et aux ressources. Objets de développement reconnus et appréciés des populations, leur nombre ne cesse d'augmenter. Pour évaluer les bénéfices et les risques associés à ces aménagements, cet ouvrage, centré sur les petits barrages du nord de la Côte d'Ivoire, dresse un état des lieux pluridisciplinaire. Destiné à tous les chercheurs et aménageurs préoccupés par le développement durable des savanes soudano-sahéliennes, il invite également à une réflexion plus générale sur les changements écologiques et sociaux liés à l'aménagement des vallées.

  • Depuis une dizaine d'années, on parle de la crevette comme de l'« or rose de Madagascar ». Cette expression traduit bien l'importance de cette ressource pour l'économie d'un pays considéré comme l'un des plus pauvres de la planète et pour une frange grandissante de la population qui vit de la pêche et de la collecte. Tout comme d'autres activités « pionnières » telles que l'exploitation des pierres précieuses, la pêche crevettière appelle une mobilisation d'un nombre remarquable d'acteurs. Outre la véritable ruée observée vers les fronts pionniers de la pêche crevettière traditionnelle, les autres secteurs de cette activité (artisanal, industriel) connaissent également des dynamiques d'évolution rapide auxquelles participent de multiples intervenants. Cette situation engendre des interactions complexes entre différents types d'acteurs (politiques, bailleurs de fonds internationaux, ONG...) et à différentes échelles, du local à l'international. Cet ouvrage aborde ainsi l'étude de la pêche traditionnelle et de sa croissance selon diverses échelles et déterminants (économique, social, politique, écologique, religieux...) qui, loin de s'exclure mutuellement, se complètent pour tendre vers une meilleure compréhension des dynamiques et des transformations en cours dans ce secteur. Il est le fruit de la collaboration de chercheurs de diverses disciplines (anthropologues, économistes, sociologues) et origines (canadienne, française, malgache) qui à la croisée des regards, s'interrogent et dialoguent sur le rôle catalyseur de la pêche dans les dynamiques économiques et sociales que connaît actuellement Madagascar et, partant, sur l'exemplarité du cas malgache pour la compréhension globale des problématiques de la pêche au niveau international.

  • Depuis le sommet de Rio de Janeiro en 1992, la diversité du vivant n'est plus l'apanage des biologistes : le concept de biodiversité envisage les relations du monde biologique avec les sociétés. La diversité se trouve en effet à présent au coeur des préoccupations de développement durable et de conservation. L'Amazonie, considérée comme une région de très grande diversité, attire depuis longtemps toutes les convoitises mais suscite désormais des inquiétudes : la nature inépuisable nous apparaît dès lors comme une biodiversité en péril. Mais, comment évaluer l'état et les transformations de la biodiversité de cette immense région ? Quels sont les effets des nombreuses politiques publiques de développement et de conservation qui s'y sont multipliées ces dernières décennies ? Cet ouvrage présente d'abord la complexité de quelques situations locales amazoniennes - des systèmes agricoles indigènes aux fronts pionniers associés à l'élevage extensif. L'imagerie satellitale permet ensuite de cartographier les dynamiques de la biodiversité végétale dans l'espace et le temps à partir d'une analyse des paysages et de l'estimation de leur complexité grâce à une démarche pluridisciplinaire (de la botanique à l'anthropologie). Les transformations des paysages et les variations concomitantes de la biodiversité sont par ailleurs mises en relation avec les politiques publiques et les actions privées. L'approche méthodologique, volontairement simple, a été élaborée avec l'ambition d'être applicable à d'autres espaces forestiers tropicaux.

  • Les interactions entre sociétés humaines et environnement constituent un défi majeur pour l'avenir de la planète. Les conférences internationales (Rio, Kyoto, Johannesburg, etc.) montrent toute l'ambiguïté et tous les enjeux économiques et politiques nationaux qui s'y expriment. Dans ce contexte hautement politique, comment créer des convergences qui répondent aux besoins des populations et à une gestion environnementale appropriée ? C'est bien là toute la difficulté du développement durable. L'une des réponses qu'apporte ce livre passe par la nécessité de renouveler en profondeur les problématiques scientifiques et par l'importance de développer des études au niveau local ; car c'est là où se trouvent confrontées les stratégies des sociétés et les réponses qu'elles apportent aux multiples contraintes auxquelles elles ont à faire face. Connaître et faire connaître, dans les processus de prise de décision, les capacités d'adaptation et d'innovation des sociétés locales, cerner de nouveaux modes de régulation pour l'usage des ressources naturelles, proposer des stratégies alternatives de développement durable : tels sont les enjeux fondamentaux des études développées dans ce livre, à partir d'exemples contrastés pris dans la zone bioclimatique méditerranéenne.

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