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  • "dites-moi, me demanda skliansky, qu'est-ce que c'est que staline ?" skliansky connaissait par lui-même suffisamment staline.
    Il voulait obtenir de moi une définition de cette personnalité et l'explication de ses succès. je réfléchis. "staline, dis-je, est la plus éminente médiocrité de notre parti. " l'autobiographie lui apparut comme un moyen de poursuivre la bataille. " (alfred rosmer).

  • Max stirner (de son vrai nom johann schmitt) est né à bayreuth en 1806.
    Il suivit à l'université de berlin les cours de hegel et devint professeur dans une institution de jeunes filles. vers 1840-1841, il entre en relation avec le groupe des freien (" hommes libres "), oú il fréquente les jeunes hégéliens bruno et edgar bauer, arnold ruge, friedrich engels. il s'y fit remarquer par sa réserve et son radicalisme. a tel point que engels écrivit : " regardez stirner, regardez-le, le paisible ennemi de toute contrainte.
    / pour le moment, il boit de la bière, bientôt il boira du sang comme su c'était de l'eau. / dès que les autres poussent leur cri sauvage " a bas les rois ! "/ stirner complète aussitôt " a bas aussi les lois ! ". ce radicalisme, stirner l'exposera dans l'unique et sa propriété (1844).
    Présenté souvent comme le bréviaire de l'individualisme anarchiste, ce livre est avant tout une récusation de la société et de ses lois, du christianisme et des autres religions, de l'hégélianisme - de l'esprit (hegel), de l'homme (feuerbach), de la liberté (bruno bauer) et du socialisme (proudhon, hess, weitling).
    Max stirner réfute toute idée morale : tout ce qui se place au-dessus de l'individu est rejeté comme limite du moi, de l'egoïste, de l'unique.
    Lors de sa parution, l'unique et sa propriété ne laissa personne indifférent. bauer, feuerbach, hess. lui répliquèrent. quant à marx et engels, ils consacrèrent la plus grande partie - presque aussi longue que le livre attaqué - de leur idéologie allemande à vitupérer " saint max ".
    Puis l'unique tomba dans l'oubli. stirner termina sa vie, misérable, criblé de dettes, vivant de travaux de librairie (il traduisit jean-baptiste say et adam smith). il mourut en 1856 des suites d'une piqûre de mouche charbonneuse. mais son livre reste, comme l'écrit son traducteur henri lasvignes, " la plus forte expression de dégoût de l'hypocrisie sociale contemporaine ".

  • Dans les derniers jours de mai 1871, les troupes d'Adolphe Thiers écrasent la Commune.

    De Londres, où il est exilé, Karl Marx a suivi la période révolutionnaire qui, depuis le 26 mars 1871, a vu le prolétariat parisien prendre le pouvoir dans la capitale assiégée par les Prussiens : c'est que, pour la première fois, a été mise en place une forme autonome de gouvernement ouvrier. Il ne croyait pas à la possibilité de la révolution. Il a été impressionné par l'héroïsme du peuple parisien.

    Au lendemain de la " Semaine sanglante ", il tire les leçons de la défaite : la guerre civile en France, en 1871, c'est le massacre de la population par le gouvernement français et son armée aux mains de la canaille bourgeoise de Versailles. Prendre le pouvoir ne suffit pas.

  • Ierre Kropotkine (1842-1921), est l'un des trois théoriciens les plus connus de l'anarchisme avec Max Stirner et Michel Bakounine.
    Issu de la haute noblesse moscovite, il intègre l'armée à partir de 1857 et est affecté, comme officier des Cosaques, en Sibérie. À partir de 1867, il quitte l'armée pour faire des études de mathématiques et de géographie à l'université de Saint-Pétersbourg. Il publie plusieurs travaux sur l'Asie septentrionale et explore la péninsule scandinave. Dès 1872, il fait partie de la fédération jurassienne de la Première Internationale. Il repart à Saint-Pétersbourg où il mène une activité de militant clandestin. Il est emprisonné en 1874 et s'évade deux ans plus tard. Il se réfugie alors en Grande-Bretagne puis revient en Suisse, reprend son activité militante et publie plusieurs ouvrages politiques. Il fonde en 1879 le journal Le Révolté et est arrêté à nouveau en 1883 à la suite des grèves des soieries lyonnaises. Il est détenu à Lyon et amnistié en 1886, grâce à l'intervention, en particulier, de plusieurs personnalités dont Victor Hugo. Il s'installe alors en Angleterre et publie différents ouvrages de géographie et de politique. Son ouvrage L'entraide, un facteur d'évolution en fait un scientifique internationalement respecté. Il collabore notamment à la Géographie Universelle d'Élisée Reclus ainsi qu'à la Chambers Encyclopædia et à l'Encyclopædia Britannica. En 1916, la signature du « manifeste des 16 » lui vaut de la part de ses anciens amis le petit nom d'« anarchiste de gouvernement ». Il retourne en Russie en 1917 et refuse un poste de ministre, proposé par Aleksander Kerenski. Il prend une attitude critique vis-à-vis du pouvoir bolchévique notamment de la personnalité de Lénine et des méthodes autoritaires de la nouvelle URSS.
    Son enterrement constitue la dernière manifestation publique anarchiste en URSS, le 13 février 1921.
    Le thème central de ses nombreux travaux est l'abolition de toute forme de gouvernement en faveur d'une société qui puisse être exclusivement régie par les principes d'entraide et de coopération, sans avoir recours à des institutions étatiques. Cette société idéale (cf. communisme anarchiste ou anarcho-communisme) serait alors le dernier pas d'un processus révolutionnaire qui passerait avant par une phase de collectivisme (le collectivisme libertaire).
    En ce qui concerne L'esprit de Révolte, petit texte publié en 1881, Kropotkine développe une théorie de l'Histoire en rupture avec les thèses hégélienne et marxiste. En s'appuyant sur l'analyse de la Révolution française de 1789, il considère que les acteurs majeurs et décisifs de cet événement sont les « petites gens ». Ainsi, ce ne sont pas les élites bourgeoises et cultivées qui bouleversent le cours ordinaire des choses mais bien les gens du peuple, qui, par esprit de révolte, développe sans stratégie établie un activisme révolutionnaire qui conduit aux changements profonds. L'agitation préalable et nécessaire avant que les conditions de la révolution soient arrivées à maturité est initiée et entretenue par les grandes masses. Les années qui précédèrent 1789 virent une multiplication des pamphlets, libelles, brochures ou plus simplement encore, afin que tous comprennent, de dessins caricaturant les moeurs de la cour de Louis XVI, ceux-ci se révélèrent être des armes de propagande extrêmement efficaces qui « contaminèrent » la plus grande partie de la population, alimentant ainsi la colère sourde des gens maltraitées.
    En quelques pages, Kropotkine propose donc un manuel théorique de la révolution, de ses acteurs et des moyens nécessaires à son épanouissement.
    L'ensemble sera précédé d'une préface de Roger Dadoun, philosophe, professeur émérite de l'université de Paris VII, spécialiste des idées libertaires et anarchistes.

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