Littérature générale

  • #balancetavie

    Collectif

    Un regard décalé qui pousse à réflexion sur notre société.
    Tous les jours, nous semons des détails de notre vie aux vents d'Internet. Une photo par-ci, une géolocalisation par-là.
    Sous une apparence anodine, cette ombre digitale qui nous connaît mieux que nous-mêmes recèle des menaces profondes pour notre modèle de société. Pour notre mode de vie.
    Jusqu'où tout cela pourrait-il aller?? C'est la question qui a été posée à treize écrivains. Chacun, à sa manière, nous pousse à réfléchir au monde que nous construisons, clic après clic, et à celui qu'en miroir, nous souhaiterions voir émerger.
    Seule la première nouvelle de ce recueil n'est pas fictive?: Birgitta Jónsdóttir y raconte notamment comment elle a participé à la création de Wikileaks et comment elle s'est liée d'amitié avec Edward Snowden...
    13 auteurs se réunissent pour composer ce recueil de nouvelles qui nous poussent à réfléchir sur notre société digitale construite sur Internet et les réseaux sociaux.
    EXTRAIT DE Système Ledur
    L'histoire des caméras de surveillance braqua un peu les projecteurs sur lui.
    Son père lui avait acheté, puisqu'il était en maths fortes, une calculatrice Texas à 180 balles. Ce n'était pas obligatoire, mais le prof avait dit qu'en effet, c'était une bonne, et la meilleure du marché. En moins d'une semaine, il se l'était fait faucher. Impossible de dire où ni comment. Soit dans le cartable, soit dans le casier. Ce n'était pas compliqué de se faire un passe-partout et il y en avait qui circulaient, disait-on, et qui ouvraient tous les casiers.
    Le père racheta une nouvelle machine sans sourciller. Qui disparut non moins vite. Les copains de Pascal expliquaient que certainement, quelqu'un les lui fauchait et les revendait sur «­leboncoin.com » ou un site du genre. Pascal répercuta l'information à son père, qui trouva sur ce site et sur d'autres des dizaines de calculatrices identiques à vendre de seconde main. Il s'était écrié :
    - C'est le marché du vol et de la revente, c'est incroyable ! Si je t'en rachète une demain, on te la fauche et après-demain, elle est de nouveau en vente sur le site et je pourrai la racheter ! On n'en finit plus ! On se fout de la gueule du monde ! Mais c'est quoi, cette école qui ne sait pas surveiller un minimum ses élèves délinquants et protéger les élèves corrects ! Je vais téléphoner à la directrice, ça ne va pas tarder !
    Pascal, eu égard à sa discrétion, aurait préféré que son père n'appelât pas la directrice. Mais en même temps, il fallait admettre que ce n'était pas lui, Pascal, qui payait les calculatrices.
    LES AUTEURS
    Nicolas Ancion, Franck Andriat, Jean-Claude Bologne, Geneviève Damas, Vincent Engel, Pascale Fonteneau, Armel Job, Birgitta Jónsdótti, Fanny Lalande, Malika Madi, Colette Nys-Mazure, Grégoire Polet, Marianne Rubinstein

  • Belgiques

    Jean Jauniaux

    La Belgique dépeinte avec talent par Jean Jauniaux !
    Belgiques est une collection de recueils de nouvelles. Chaque recueil, écrit par un seul auteur, est un portrait en mosaïque de la Belgique. Des paysages, des ambiances, du folklore, des traditions, de la gastronomie, de la politique, des langues... Tantôt humoristiques, tantôt doux-amers, chacun de ces tableaux impressionnistes est le reflet d'une Belgique?: celle de l'auteur.
    Découvrez la Belgique sous différentes facettes grâce à cette palette de nouvelles riches et variées !
    EXTRAIT
    En se rendant au Trappiste où il avait donné rendez-­vous à quelques amis pour leur raconter de vive voix son voyage manqué, il se souvint de la phrase de Jacques Brel qu'il avait mise en pratique, de manière involontaire : Aller en Chine, c'est simple. Le plus difficile, c'est de quitter Vilvoorde.
    Il essaya de se faire pardonner sa supercherie en évoquant les grands voyages imaginaires d'Hergé, qui avait emmené Tintin en Chine sans jamais, lui-même, y avoir mis les pieds. Il évoqua aussi les pages de son blog où il avait relaté la construction de la ligne de chemin de fer Beijing-Hankou et évoqué son ancêtre Jules Morrel que l'on peut apercevoir aux côtés de l'ingénieur Jean Jadot. Sans doute Jules fut-il un protagoniste de ce chantier inouï que les Belges menèrent à bien malgré les guerres et les assauts du climat, reliant la capitale impériale à la ville de Hankou au confluent de la rivière Han et du Yangzi Jiang.
    Les amis d'Albert, hypnotisés par le babil de l'infatigable fabulateur, oublièrent qu'ils avaient été dupes. Ils furent vite convaincus de la véracité de cet ancêtre, Jules Morrel, dont ils entendaient parler pour la première fois, en voyant un cliché qu'Albert leur décrivit avec force détails, s'inventant une nouvelle lignée et un aïeul aventurier.
    Ils furent convaincus davantage encore de sa bonne foi lorsqu'Albert exhiba le billet de chemin de fer qui aurait dû lui permettre d'aller à Hankou à bord du TGV qui avait remplacé les locomotives à vapeur sur la ligne inaugurée, en grande pompe, en 1905. Si ce n'avait été pour rendre hommage à cet aïeul, quelle raison aurait eu Albert de se rendre à Hankou ?
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Jean Jauniaux est né dans le Hainaut, travaille à Bruxelles et apprécie la Flandre, en particulier la station balnéaire de Saint-Idesbald, près de la frontière française. Ces lieux lui ont inspiré des romans et nouvelles dont la critique a salué l'ironie douce, la souriante nostalgie et l'empathie. Le réel et l'imaginaire se confondent dans les destins de ses personnages. Ce volume de Belgiques ne fait pas exception...

  • Belgiques

    Michel Torrekens

    Belgiques est une collection de recueils de nouvelles. Chaque recueil, écrit par un seul auteur, est un portrait en mosaïque de la Belgique. Des paysages, des ambiances, du folklore, des traditions, de la gastronomie, de la politique, des langues... Tantôt humoristiques, tantôt doux-amers, chacun de ces tableaux impressionnistes est le reflet d'une Belgique?: celle de l'auteur.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Né en 1961 à Gembloux (Belgique) où il vit, Michel Torrekens est rédacteur en chef-adjoint d'un magazine parental, Le Ligueur, et s'intéresse aux questions d'éducation et de transmission, ainsi qu'à la place de l'enfant et des jeunes dans nos sociétés. Il a publié précédemment deux recueils de nouvelles, L'herbe qui souffre et Foetus fait la tête.

  • Un portrait en mosaïque de la Belgique.
    Belgiques est une collection de recueils de nouvelles. Chaque recueil, écrit par un seul auteur, est un portrait en mosaïque de la Belgique. Des paysages, des ambiances, du folklore, des traditions, de la gastronomie, de la politique, des langues... Tantôt humoristiques, tantôt doux-amers, chacun de ces tableaux impressionnistes est le reflet d'une Belgique?: celle de l'auteur.
    Découvrez la vision de la Belgique, des Belgiques, au travers du regard d'un auteur belge, d'origine italienne, qui vous emmène dans ce pays qu'il aime.
    EXTRAIT
    Ixelles. Chaussée de Boondael. Mercredi 23 mars 2016. L'air a la texture de la douleur. De rares voitures en bordure de la chaussée. Trottoirs pratiquement vides. Restaurants fermés. Volets tirés sur les devantures des tavernes, des salons de coiffure. Pas de mouvement, non plus, à l'agence de voyages. Les boutiques, par contre, commencent à ouvrir. Lunettes, vêtements, parfums, tatouages, épilation, crèmes pour le visage. Un couple de petits vieux franchit le portail du cimetière. L'homme avance avec une canne, la femme tire un chien au bout d'une laisse. Un type jeune en costume sort de la boulangerie, il les contourne en soupirant. Dans le gris du ciel, un vol de nuages. Çà et là, le surgissement d'un visage, d'une silhouette. La plupart du temps, ce sont les commerçants du coin. On les voit s'examiner l'un l'autre, se dire bonjour avec avarice, laborieusement. Les conversations, quand elles ont lieu, sont des murmures frêles. Les regards sont fuyants, ils sont en quête de signes, de nouveaux repères auxquels s'arrimer. On cherche l'attitude appropriée, une concordance dans les réactions.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Giuseppe Santoliquido est un écrivain belge. Il vit à Bruxelles. Spécialiste de politique et de culture italiennes, il collabore avec de nombreux médias belges et étrangers. Ses romans ont été couronnés de nombreux prix littéraires.

  • Santana

    Ines Lamallem

    Il avait de longs cheveux bruns. Il avait les yeux bleus. Des yeux qui perforent. Il était grand. Vraiment grand. Grand et fort. Il avait un tatouage. Un grand dragon jaune et rouge. Sur son torse. Son torse magnifique. Un vrai cliché. Mais il était la terreur incarnée.
    Un jour, par mégarde, Emma le bouscule. Avec elle, il n'aura aucune pitié. Que cache sa violence?? Pourquoi Emma s'accroche-t-elle à lui?? Au point de bouleverser radicalement sa vie...
    L'auteure nous livre un récit percutant et sans concession sur l'adolescence en perdition. Est-il possible d'en comprendre les raisons sans amour?? Mais à quels risques, et jusqu'où aller?? Une oeuvre indispensable, dérangeante et subtile. Sur la violence. Sur l'audace inconsciente. Sur la beauté d'âme.

  • Un portrait mosaïque de la Belgique.
    Belgiques est une collection de recueils de nouvelles. Chaque recueil, écrit par un seul auteur, est un portrait en mosaïque de la Belgique. Des paysages, des ambiances, du folklore, des traditions, de la gastronomie, de la politique, des langues... Tantôt humoristiques, tantôt doux-amers, chacun de ces tableaux impressionnistes est le reflet d'une Belgique?: celle de l'auteur.
    Découvrez la vision de la Belgique, des Belgiques, au travers du regard d'une auteure belge qui vous emmène dans ce pays qu'elle aime.
    EXTRAIT
    Alors, elle s'avance en longues enjambées, elle traverse la clairière aux fougères et aux myrtilles, elle semble ouvrir un chemin dans une jungle européenne, verdures de hauts bouquets, larges palmes ajourées comme la dentelle de Bruxelles, il y a en elle une avidité dont elle mesure la cause, dans un autre pays que le sien, moins porté sur la poésie du décalage, on dirait que c'est une obsession, quelque chose qui taraude et qui doit s'assouvir au plus vite, pas scandaleuse vraiment, cette obsession, (retrouver l'endroit en forêt où elle a connu des bonheurs inhabituels), pas scandaleuse, non, même si elle est quasi incontrôlable, oui, il lui faut aujourd'hui l'assouvir tout de suite, là, rendant sa marche sauvage, sinon, elle, la jeune femme, se sentira envahie par une fatigue immense comme un désespoir d'amour, sentira son corps, muscles et nerfs, sang et viscères, se vider de toute énergie, elle ressentira la honte de se retrouver sans force et même, disons-le, dépourvue de violence, elle le regretterait, parce que, souvent, la violence se situe du côté de la vie, c'est moche, mais c'est comme ça !
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Françoise Lalande a vécu dans de nombreux pays d'Afrique et d'Amérique latine. Elle vit actuellement à Bruxelles (Belgique) et Tiznit (Maroc). Auteure d'une vingtaine de titres parmi lesquels?: Nous veillerons ensemble sur le sommeil des hommes, Sentiments inavoués, La Séduction des hommes tristes, Alma Mahler. À côté de textes consacrés à Rimbaud, elle interroge l'après-Auschwitz, le monde mauvais qu'il a engendré.

  • Un portrait mosaïque de la Belgique.
    Neuf portraits cocasses de nos stars politiques transformées en chats. Une Belgique comme on la connaît : décalée dans son conformisme, grinçante dans la décadence. À miauler de rire !
    Belgiques est une collection de recueils de nouvelles. Chaque recueil, écrit par un seul auteur, est un portrait en mosaïque de la Belgique. Des paysages, des ambiances, du folklore, des traditions, de la gastronomie, de la politique, des langues... Tantôt humoristiques, tantôt doux-amers, chacun de ces tableaux impressionnistes est le reflet d'une Belgique?: celle de l'auteur.
    Découvrez la vision de la Belgique, des Belgiques, au travers du regard d'un auteur belge qui vous emmène dans ce pays qu'il aime.
    EXTRAIT
    L'orage vrille le ciel d'épouvantables éclairs et fusent des coups de tonnerre pires que les hurlements de l'horrible chienne de la ferme voisine. Quelle idée ont-ils eue de l'emmener en vacances dans ces Ardennes qu'il déteste et où, chaque fois, il a la nostalgie de sa belle maison en briques rouges du Brabant flamand ? Ici, tout lui semble différent, dangereux. Cette langue française, surtout, dont il ne reconnaît pas les intonations, les rondeurs, la tendresse. Un nouvel éclair plus fort que les autres fait trembler la nuit et la foudre tombe dans le champ, derrière le chalet dont toutes les portes sont fermées. Ils sont partis à une fête, l'ont laissé seul, juste une coupe de lait et un bol de croquettes, sous l'auvent, ignorant la menace orageuse et la panique qu'elle éveille en lui depuis le début de la soirée. « Un chat, ça ne reste pas à l'intérieur en notre absence ! Nous ne sommes pas chez nous. Et si tu fais des dégâts, ce sera pour notre pomme ! » De toute façon, à part miauler de mécontentement, Schildje n'avait rien eu à dire ! Il les a regardés partir et s'est blotti sous un buisson. La terre était chaude : ce ne serait sans doute qu'un mauvais moment à passer.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Frank Andriat griffonne ses premiers poèmes dès l'âge de treize ans, encouragé par son professeur, l'écrivain Jacques Crickillon. Depuis lors, devenu professeur à son tour, il n'a cessé d'écrire notamment sur l'importance de l'ouverture au vivant. Tous ses livres sont une manière de témoigner et de rendre hommage à la vie, à l'amour et aux autres, sans qui rien ne serait possible.
    Il a publié plus de vingt livres dont notamment la série Bob Tarlouze parue chez Ker Editions.
    Pour en savoir plus sur l'auteur rendez-vous sur son site : http://www.andriat.fr/

  • Belgiques

    Véronique Bergen

    Belgiques est une collection de recueils de nouvelles. Chaque recueil, écrit par un seul auteur, est un portrait en mosaïque de la Belgique. Des paysages, des ambiances, du folklore, des traditions, de la gastronomie, de la politique, des langues... Tantôt humoristiques, tantôt doux-amers, chacun de ces tableaux impressionnistes est le reflet d'une Belgique?: celle de l'auteur.
    À PROPOS DE L'AUTEURE
    Véronique Bergen - Docteur en philosophie, auteur de nombreux ouvrages et articles sur Gilles Deleuze, Jean Genet, Sartre et Badiou, Véronique Bergen s'est aussi distinguée par ses romans parus chez Luce Wilquin, et dernièrement par Kaspar Hauser ou la phrase préférée du vent, chez Denoël. Elle a en outre publié six recueils de poésie, depuis Brûler le père quand l'enfant dort (La lettre volée) jusqu'aux Plis du verbe (Maëlstrom). Voyelle, le recueil paru chez Le Cormier, est un chant d'amour sans équivoque à la personne aimée, une salsa passionnée et passionnelle autour des mots et des corps célébrés. Proche de Ghérasim Luca, sa poésie bouleverse les sens et invente toutes les nominations de l'allégresse, épellant les lumières amoureuses.

  • Les diaboliques

    Vincent Engel

    Décor : Paris sombre du XIXe siècle
    1855. Allongé dans une sordide mansarde du Marais, Gustave Morgan agonise, dévoré par la vérole et le remords. La confession qu'il livre à son homme de confiance éclaire d'un jour nouveau la vie dissolue qu'il a menée. Croyant soulager sa conscience, il ne sait pas encore que la plus belle ruse du Diable est de vous persuader qu'il n'existe pas.
    Cette confession n'est que le prélude à une succession de retournements de situations qui enserrent peu à peu Gustave et tous ceux qui lui furent chers dans une logique implacable et terrifiante.
    Plongez-vous sans plus attendre dans ce roman aux allures gothiques, à la découverte d'un Paris angoissant...
    EXTRAIT 
    Ce qu'il y a à dire de ma personne tiendra en peu de lignes ; et si ces quelques renseignements n'étaient pas nécessaires à la bonne compréhension du récit qui suivra, je m'en serais abstenu avec plaisir, tant il est vrai que j'exècre me mettre au premier plan. L'abbé Ducret aurait peut-être évoqué ma « remarquable modestie naturelle » qui, selon lui, déterminait mon caractère. Mais outre que la modestie est une qualité qui se dissout sitôt qu'on se l'adjuge, je pense qu'il s'agit davantage, dans mon cas, d'un besoin inné de demeurer dans l'ombre. Il ne faut voir là qu'un souci fort commun de sérénité. Sans doute l'abbé y verrait-il encore un effet de cette vertu, ce dont je me garderai bien toutefois.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    - « Vous succomberez au charme maléfique de ces Diaboliques qui louchent du côté de Maupassant et de Barbey d'Aurevilly. Au 19e siècle, Fabian s'éprend de la fantasque Lucie. Mais une histoire familiale tue leur amour dans l'oeuf. Ensemble, ils sont confrontés à une série d'épreuves effroyables et leurs chemins finissent par se séparer. Leurs confessions mutuelles - autant de coups de théâtre - vont venir clarifier les crimes du passé... et laisser le lecteur pantelant, stupéfait de s'être laissé berner par les miroirs aux alouettes tendus par un Vincent Engel très en verve. » (Femmes d'aujourd'hui)
    - « Une fable sur les turpitudes humaines aux allures de thriller. Une intrigue bluffante par son ingéniosité et sa succession de retournements. » (L'Avenir)
    - « La fascination pour le mal est à l'oeuvre dans un livre qu'on ne parvient pas à abandonner en route, les engrenages savants du récit étant de ceux qui vous avalent en entier une fois que vous y avez mis un doigt. Une habileté retorse aspire le lecteur convaincu après quelques surprises que le personnage le plus diabolique ne sera pas celui qui a été désigné comme tel. » (Pierre Maury, Le Soir)
    A PROPOS DE L'AUTEUR 
    Professeur de littérature contemporaine à l'Université catholique de Louvain (UCL) et d'histoire contemporaine à l'IHECS, il a écrit de nombreux essais, romans, nouvelles ou pièces de théâtre. Il est aussi critique littéraire et chroniqueur ; à ce titre, il a collaboré avec Le Soir, Victoire (supplément hebdomadaire du Soir) et Mint en radio. Depuis 2014, il collabore avec La Première, en tant que chroniqueur au sein de l'équipe de l'émission CQFD. 
    Pour en savoir plus sur l'auteur rendez-vous sur son site : http://www.edern.be/vincentengel/

  • Un portrait mosaïque de la Belgique.
    Belgiques est une collection de recueils de nouvelles. Chaque recueil, écrit par un seul auteur, est un portrait en mosaïque de la Belgique. Des paysages, des ambiances, du folklore, des traditions, de la gastronomie, de la politique, des langues... Tantôt humoristiques, tantôt doux-amers, chacun de ces tableaux impressionnistes est le reflet d'une Belgique?: celle de l'auteur.
    Découvrez la vision de la Belgique, des Belgiques, au travers du regard d'un auteure belge qui vous emmène dans ce pays qu'il aime.
    EXTRAIT
    Les circonstances de leur première rencontre pourront paraître étranges, et peut-être même irréelles ; il faut pourtant les narrer. D'autant que la suite des événements n'allait pas manquer d'être tissée de la même étoffe. Le kusttram relie de part en part l'ensemble des stations balnéaires du littoral belge, depuis la frontière française jusqu'à celle avec les Pays-Bas, sur une distance de septante kilomètres à peu près. C'est une voie électrifiée, où les caténaires sont surmontées de deux câbles porteurs et d'un fil de contact entre elles. La route est parfois pittoresque, quand on longe des dunes couvertes d'une végétation sauvage, ou qu'on traverse une localité - il n'y en a qu'une dans ce genre - qui a su préserver ses habitations d'origine, même rénovées à l'ancienne, sans céder à la vogue des immeubles impersonnels de dix ou douze étages, comportant trois ou quatre appartements identiques à chaque niveau, qui s'élèvent comme un mur de béton et d'acier sur la digue. Sur de brèves distances, les rails suivent le front de mer, avant de se rabattre vers l'intérieur des terres. Mais le plus souvent, c'est une route en ligne droite comme l'autostrade qui l'encadre dans les deux sens. Entre les localités, les arrêts peuvent être très distants : le tram les parcourt à vive allure sur son site prioritaire. En passant au centre d'une commune, il fait arrêt sur la place principale, où il peut embarquer un flot de passagers.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Après D'outre-Belgique (2007), centré sur le motif, littéraire et fictionnel, de la disparition du pays, Yves Wellens décrit ici ce que la Belgique, dans sa substance même et sous les angles historique, politique ou esthétique, peut produire comme récits. Il est l'auteur de huit livres.

  • Belgiques t.1

    Luc Baba

    Le plat pays comme source d'inspiration...
    Cet ouvrage se compose des textes suivants :
    - La drache
    - Tintin, lettres perdues
    - Tombe la neige
    - 1831
    - Pays de fous
    - Divagations pour les peintres
    - Monsieur Delbouille
    - Le temps assis au bord de l'eau
    - Conte en pays noir
    - Jacques
    Un recueil de récits courts consacrés aux lieux, personnages et concepts emblématiques de la Belgique. Retrouvez également les textes d'Alain Dartevelle et Vincent Engel sur le même thème !
    EXTRAIT DE LA DRACHE
    - Tu sais que je préfère boire ma tasse de café dans un bol, disait-il.
    - Oui, oui, je sais, répondait lentement Louise.
    Elle se gardait bien d'expliquer qu'on ne boit pas une tasse dans un bol, et que le café refroidit plus vite dans le bol. Fernand voulait tremper ses tartines sans toucher les bords, très bien, elle l'aimait aussi pour les détails, les gestes choisis qui ciselaient un quotidien sans étonnements. En somme, il offrait son amitié aux petites choses, à tout ce qui le nourrissait.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Luc Baba, né en 1970 à Liège, est un écrivain belge. Il est également comédien, animateur d'ateliers d'écriture, chanteur, et professeur de langues germaniques dans une école de promotion sociale, à Liège.

  • Belgiques

    Marianne Sluszny

    Belgiques est une collection de recueils de nouvelles. Chaque recueil, écrit par un seul auteur, est un portrait en mosaïque de la Belgique. Des paysages, des ambiances, du folklore, des traditions, de la gastronomie, de la politique, des langues... Tantôt humoristiques, tantôt doux-amers, chacun de ces tableaux impressionnistes est le reflet d'une Belgique?: celle de l'auteur.
    À PROPOS DE L'AUTEURE
    Marianne Sluszny est née en 1954. Elle vit à Bruxelles. Elle est productrice d'émissions et de documentaires culturels à la RTBF et professeur de philosophie.

  • Ceinture blanche

    Lola Mansour

    Anya, jeune judoka, est bien décidée à aller au bout de son rêve de devenir championne !
    Je serai une championne. Bien décidée à donner un sens à sa vie, c'est l'objectif que s'est fixé Anya à l'aube de ses douze ans. Avec la connivence d'une grand-mère aussi éclairée que farfelue et d'une famille ouverte sur le monde, elle s'engage dans une carrière sportive, à la faveur d'une volonté inébranlable. Un ami fidèle et un vieux maître feront le reste. Passionnée et audacieuse, Anya apprendra à caresser les étoiles...
    Gambadant entre ironie décapante et anecdotes pétillantes, l'auteure nous invite à une aventure tantôt onirique, tantôt ancrée dans la réalité du sport de combat. Il ne s'agit pas d'une autobiographie, mais d'un roman, où l'imaginaire et la fantaisie croisent une inspiration puisée dans l'expérience. Un magnifique moment de lecture.
    Ce roman a été préfacé par Charline Van Snick, médaillée olympique et double championne d'Europe de judo.
    Découvrez sans plus attendre ce roman d'une jeune auteure belge en plein coeur de l'univers du judo où la réalité du sport de combat fait parfois place à l'imaginaire et à la fantaisie.
    EXTRAIT
    Nous connaissons également quelques périodes de trêve, entre les batailles, au cours desquelles j'ai droit à des séances de lecture, des jeux de cartes - que je m'arrange pour gagner - et d'autres activités banales, mais agréables à partager.
    Jusqu'au jour où j'ai appris à dire non, je leur ai même servi de poupée vivante sur laquelle elles expérimentaient coiffures et maquillages exotiques. Après cette phase de poupée Barbante, je me souviens avoir conçu une fascination pour des poupées plus volumineuses : les sumos. Aux côtés de mon père, je ne me lassais jamais de regarder leurs combats. Mon idole se nommait Akebono, c'était un champion hawaiien. Le seul de l'histoire - à cette époque - à qui fut accordée la prestigieuse nationalité japonaise. Le Pampers collé aux fesses comme unique tenue et munie de mon chignon d'aspirant samouraï, je me sentais proche de ces lutteurs asiatiques. J'expérimentais régulièrement les figures découvertes à la télévision avec les enfants rencontrés au bac à sable. Je les projetais dans tous les sens, au gré de mon inspiration, devant les yeux horrifiés des parents qui ne tardaient pas à foncer dans la mêlée. J'en prenais pour mon grade : sauvageonne, mal élevée, hyperactive, immigrée... Au moins, au Japon, les sumos sont vénérés pour ce qu'ils font au lieu d'être privés de jouets. D'un coin à l'autre de la planète, la vie est tellement injuste ! C'est en tout cas de cette époque que date mon attrait pour le pays du Soleil Levant.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Lauréate du prix Jeune Public Brabant wallon de la Fondation Laure Nobels 2018, Lola Mansour est née à Bruxelles en 1993. Elle a écrit les premières lignes de ce roman à l'âge de 17 ans, lors d'un stage sportif à Berlin, profitant de ses moments de solitude au sein d'une fratrie masculine. Médaillée d'or aux Jeux Olympiques de la jeunesse en 2010 et championne d'Europe junior de judo en 2012, Lola adore rire... en particulier d'elle-même !

  • Un recueil de huit nouvelles qui retracent la vie d'hommes et de femmes au coeur de l'Histoire ou simplement dans un quotidien qui nous est proche. Un trou dans la mémoire a obtenu le prix Laure Nobels.
    En pleine guerre d'Espagne, un homme s'avance devant le peloton d'exécution. Un autre, au fond de son lit, tente de rassembler ses souvenirs, la tête pleine du sourire de Marie. Une femme court à la recherche de son histoire sous le jour cuisant de Jérusalem. Une autre rentre chez elle pour découvrir le palais de son enfance rétréci comme une peau de chagrin.
    Où commence le songe, où s'arrête le souvenir?? De quelle part de mémoire et de quelle part d'oubli sommes-nous construits?? À quel point est-on responsable de ses souvenirs, à quel point avons-nous le droit d'oublier??
    Huit nouvelles où se mêlent la grande Histoire, l'actualité la plus brûlante comme des contes rêveurs, afin que chacun y trouve son bonheur, reconnaisse ses peurs et ses émois, s'y sente chez soi.
    EXTRAIT DE Un trou dans la mémoire
    Et c'est bien des années plus tard, devant le peloton d'exécution, que le grand Álvaro Garriga se souvint du soir d'été où Inès l'avait emmené voir la mer. Un soir bleu et capiteux, où la chaleur montait par rafales de la mer immobile. Comme ce soir, bien des années plus tard, où l'odeur laissée par l'orage l'enivrait, tandis qu'il marchait vers la nuit au milieu de ses frères d'armes.
    Le grand Álvaro Garriga, qui n'était grand qu'en taille et qui avait la tête plus proche des étoiles que la plupart des gens, avait vécu trop de vies différentes. Il était né un nombre incalculable de fois, et il était mort bien plus souvent encore. Il était né dans une maison madrilène, qui se serrait frileusement contre ses voisines, comme pour se protéger de ce siècle naissant qui allait se révéler implacable. Sous le regard bienveillant d'une sage-femme vieille comme le monde, pratiquement analphabète, mais qui savait encore compter - et jusqu'à deux. Il était mort quelques jours plus tard, un jeudi ordinaire, quand sa mère en deuil avait décidé d'arrêter de prononcer son nom. Il était né devant le piano du café Ambassador, sur lequel le vieil Eduardo l'avait autorisé à poser les mains. Il était mort en ramassant sa première barbe dans le lavabo.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Lauréate du prix Laure Nobels 2018, Virginie Mouligneaux est née à Huy en 1993. Étudiante en droit et en lettres, elle nourrit une passion pour l'écriture, incarnée notamment par son engagement dans différents collectifs littéraires. La nouvelle qui a donné son titre à ce recueil a déjà remporté plusieurs prix, en Belgique comme en France.

  • Alma viva

    Vincent Engel

    Dans les pas d'un compositeur au destin incroyable !
    Venise, 1740. À peine remis de l'échec de son dernier opéra, don Antonio est contraint à un nouveau succès s'il ne veut pas être cloîtré à la Pietà, l'établissement pour jeunes orphelines où il enseigne la musique. D'autant que l'on prétend que sa musique est vieille, sans parler des rumeurs qui bruissent sur les moeurs du vieux prêtre. Son ami l'ambassadeur d'Espagne lui présente alors Lorenzo, qui écrira un livret à la hauteur du défi. Défi multiple, car il s'agira aussi pour le compositeur de sauver certaines de ses élèves les plus douées et les plus jolies. Se mettent alors en mouvement des rouages qui pourraient broyer à jamais le destin du prêtre roux. Ou le conduire à la gloire, une ultime fois...
    Ce que l'on sait de la vie de Vivaldi tient en quelques anecdotes, et tout le monde ignore les raisons pour lesquelles il a quitté Venise pour Vienne, où il mourra. Vincent Engel a puisé les confidences du plus célèbre des compositeurs vénitiens dans sa musique ; c'est elle qui lui a dicté les pensées et les gestes de cet amoureux de la vie.
    Un roman biographique suivi d'une pièce de théâtre qui dévoilent les secrets de la vie et de l'oeuvre de Vivaldi !
    EXTRAIT
    Maudit nuage... Le compositeur se redresse, rouvre les yeux. La gondole est immobile, Zianni semble s'être mué en pierre. Le soleil revient ; l'air est délicieux. Renoncer ? L'idée n'a été qu'une péripétie dans l'intrigue de sa vie, pour mieux faire rejaillir sa volonté, sa force créatrice.
    Il est temps d'affronter ces vieux rabougris de governatori. Ils ne règlent pas la musique à Venise. Dieu ne les écoute pas, sinon pour grimacer. Dieu ne les regarde pas. Comme Antonio, il préfère les jeunes filles de la Pietà, les belles et les moins belles, toutes gracieuses sitôt qu'elles prennent leur instrument entre leurs doigts ou qu'elles offrent leur voix à la musique.
    - Allons-y, Zianni. Ne faisons pas attendre ces Signori.
    Le gondolier redevient chair et grogne.
    - Pas pour eux... Mais j'ai à faire, moi aussi. Il me tarde déjà de retrouver la Pietà...
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    [L]es mots [de l'auteur] se laissent lire avec autant de plaisir que se laisse écouter la musique de Vivaldi. - Blog L'Ivre Lecteur
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Professeur de littérature contemporaine à l'Université catholique de Louvain (UCL) et d'histoire contemporaine à l'IHECS, Vincent Engel a écrit de nombreux essais, romans, nouvelles ou pièces de théâtre. Il est aussi critique littéraire et chroniqueur ; à ce titre, il a collaboré avec Le Soir, Victoire (supplément hebdomadaire du Soir) et Mint en radio. Depuis 2014, il collabore avec La Première, en tant que chroniqueur au sein de l'équipe de l'émission CQFD. Chez Ker, il est l'auteur de nombreuses pièces de théâtre, d'un essai ainsi que de plusieurs romans, comme Raphael et Laetitia et Les Diaboliques.

  • Un roman d'aventures rythmé au coeur du Mexique
    1993. Une lettre de Nacha m'invite à la rejoindre à Real de Catorce, un village mythique perdu dans le désert de San Luis Potosi. Ma réponse m'est retournée?: adresse inconnue.
    Nacha...
    Elle gardait parfois ma petite fille, quand j'habitais à Mexico, il y a longtemps. Une femme fantasque dont la mère, racontait-elle, avait été recueillie par un lieutenant de Pancho Villa lors de la prise de Zacatecas, en 1914. Une Mexicaine qui vivait à travers les héros de ses romans préférés, et revivait sans cesse son film fétiche, L'Année dernière à Marienbad. Une fille du peuple qui disait avoir été poignardée dans le dos et porter un trait noir sur l'âme.
    2004. Les histoires de Nacha me hantent?: je pars la retrouver.
    Laissez-vous emporter par ce voyage incroyable qui ne manquera pas de vous dépayser !
    EXTRAIT  
    Aguascalientes, Mexique. 1978
    De l'or ! De l'or !
    Elle s'était redressée sur sa couche, la vieille Tomasita, le bras levé vers la petite fenêtre, indiquant le rai de lumière qui traversait la pièce. Je n'y voyais que de la poussière qui, en une nuée ascendante, silencieuse et lente, tournoyait dans l'encadrement bleu : un muletier venait de passer sur le chemin, entraînant ses bêtes. Le bras tendu se lassa et le corps de la petite vieille s'affaissa dans les oreillers. Assise à côté du lit, j'observais son profil d'Indienne, son visage fripé aux fortes pommettes, son regard agrandi, hanté. Du bout des lèvres elle s'obstinait à scander : « De l'or, de l'or ! » Il me fallut plusieurs secondes pour saisir que, vus du ruban de pénombre où elle s'était repliée, les rayons de l'après-midi finissante enluminaient cette poussière d'un scintillement ambré.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE 
    - "Dans une langue toute personnelle, Évelyne Heuffel accentue le trouble du lecteur qui, en plus d'être baladé dans les entrelacs fictionnels renvoyant d'une époque à l'autre, se voit doucement chahuté par un style incarné, chatoyant, grâce à son maillage de mots et d'expressions espagnols donnant corps, profondeur et authenticité au récit. Et l'on quitte le pueblo fantasma avec, dans l'oreille, l'exclamation de Nacha : "Por mi madrecita, te lo juro !"" - Samia Hammami (Culture ULg)
    - "Dans ce beau roman, Evelyne Heuffel nous atteint profondément. Par ses personnages, sa mise en scène, son écriture. L'héroïne est vivante dans le coeur du lecteur autant que dans celui de la narratrice. Le bousculement du temps se traduit dans une structure en va-et-vient, déboussolante au début, indispensable ensuite. Et puis l'héroïne racontait tellement d'histoires que la narratrice ne sait plus si ce qu'elle disait était ou non inventé. Confusion des temps, du réel et du rêve : est-ce autre chose que la littérature ?" - Jean-Claude Vantroyen, (Le Soir)
    A PROPOS DE L'AUTEUR 
    Née en 1947 à Bruxelles, Evelyne Heuffel est une écrivain, traductrice et illustratrice belge. Elle découvre le Brésil à l'âge de 18 ans. En 1981, elle part pour Recife et s'établit ensuite à Rio de Janeiro. Illustratrice, traductrice et romancière, elle publie ses premiers textes dès les années 1970. Dans ses récits, elle "met en scène des personnages dans un jeu de miroirs qui brouille les genres et fait exploser les frontières textuelles conventionnelles." (L. de Abreu)

  • Un récit en abyme à la fois enivrant et dépaysant...
    Par une nuit sans lune, un écrivain fit un songe. Il rêva qu'il se réveillait en sursaut et, sous l'effet d'une modification physique inattendue, s'en allait rédiger les souvenirs d'un voyage auquel il n'avait jamais participé.
    Un voyage au cours duquel Frédéric Verratti, alter ego de l'écrivain, rencontre de mystérieux personnages. Un metteur en scène qui, chaque année, avec l'aide d'acteurs issus de la population locale, monte invariablement la même pièce au coeur de la savane. Un chasseur qui s'apprête à affronter le grand départ. Ou encore cette ancienne militante politique que les aléas de la vie confrontent à la pérennité de ses idéaux.
    Une histoire où l'on entend s'égrener le temps, et dont on ressort immanquablement en questionnant notre propre identité, notre rapport à l'autre.
    EXTRAIT 
    Une nuit sans lune, un écrivain dans la cinquantaine fit un rêve étrange. Il rêva qu'il se levait en sursaut, le corps strié par la transpiration, quittait son lit et traversait sa chambre d'une démarche hésitante. Était-ce précisément sa chambre ou une pièce de circonstance apparue pour les besoins du rêve, il ne lui était pas donné de le savoir avec précision. Quoi qu'il en soit, c'était la nuit et il ne faisait pas froid, au contraire, la chaleur était accablante, de sorte qu'en se matérialisant dans son propre rêve, l'homme se vit presque nu, en caleçon et maillot de corps. Dans la fenêtre ouverte s'étendait un ciel parfaitement noir, large et lisse comme une mer stagnante, qu'animait imperceptiblement une petite pluie fine. Apparemment, aucune autre indication sur le décor extérieur n'était observable.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    - "Personnage central du récit, l'Afrique noire, métaphore des ténèbres de nos origines, mais aussi de la solidarité humaine, est prétexte à mille réflexions sur nous-mêmes, nos engagements et le sens de la vie. Un livre profond, dans le prolongement d'oeuvres emblématiques de Kafka, Conrad, Gide et des maîtres du réalisme magique... Bluffant !" - Bernard Delcord, Marianne Belgique
    - "Giuseppe Santoliquido renouvelle avec bonheur l'expérience de la fiction. Il part, avec Voyage corsaire, sur les traces de Pasolini en Afrique, dans un roman à plusieurs niveaux. Où le narrateur dédoublé, Pasolini et l'auteur lui-même se rejoignent dans une quête de sens qui enrichit le lecteur dépaysé." - Pierre Maury, Le Soir
    - "Enivrée par l'encens sortant de la lampe d'Aladin brandie par Giuseppe Santoliquido, la quête de notre propre identité se dessinera tout au fil des pages" - Ubu Pan
    À PROPOS DE L'AUTEUR 
    Giuseppe Santoloquido est un politologue et écrivain belge d'origine italienne. Professeur aux Facultés de Sciences politiques d'Afrique centrale. Spécialisé en politique italienne, il collabore avec de nombreux médias belges et étrangers.
    Il est chroniqueur sur le blog de l'écrivain belge Vincent Engel, Blog à part, sur lequel il anime chaque mercredi les Nouvelles d'Italie.
    Partageant son temps entre la Belgique, l'Afrique et l'Italie, il est également consultant pour Area Democratica, important observatoire politique dans le Latium, pour l'Associazione culturale Talenti, qui organise des évènements culturels parmi les plus importants d'Italie et pour le « Prix de la Narration Ferri-Lawrence » de Frosinone en Italie. Il est également traducteur littéraire pour le Centro studi letterari d'Alvito, dans le Latium.

  • Vert bouteille

    Yves Wellens

    Genèse d'un écrivain
    Bruxelles, années soixante. Dans le chaos et la violence d'une enfance manquée, entre un père alcoolique et le spectre d'une soeur disparue, Je deviens écrivain. Comme une sortie à l'air libre. Comme une nouvelle ligne de vie à lire sur sa main.
    Pourquoi construit-on une oeuvre ? Quel temps veut-on faire revenir par-là ? Ici, il s'agit de dire sur quoi mon oeuvre ne pouvait surtout pas être bâtie : contre quoi elle devait être construite.
    Yves Wellens nous confie dans cette oeuvre autobiographique les raisons qui l'ont mené à l'écriture
    EXTRAIT 
    Il bégayait. Alors, on l'appelait Jean-Jean. Pour faire plus court, quelqu'un s'est avisé de le désigner autrement : « Lui, c'est Je ». Et c'est resté.
    Ce n'était pas la première fois qu'on conduisait Je à la rue des Cendres, où se situe l'entrée secondaire de la clinique Saint-Jean, à Bruxelles. Il y était né, quatre ans et demi plus tôt.
    Cette fois, c'était tout aussi sérieux. On l'y avait mené pour une opération à coeur ouvert, décidée dès le mois d'avril après de longues réflexions et de multiples consultations. L'intervention avait été jugée inévitable, suite à une batterie d'examens et des symptômes particulièrement clairs : Je ne pouvait dissimuler un état de fatigue constant et préoccupant : on l'avait retrouvé plusieurs fois, couché mais conscient, sur le tapis de sa chambre, au milieu de ses jouets et de ses livres d'enfant. Il était resté sans réaction quand on l'avait secoué, puis soulevé du sol afin de l'étendre sur son lit. Un jour, il avait été retrouvé à terre, une arcade sourcilière ouverte après qu'il fut tombé la tête en avant contre la coque d'un poêle.
    Un médecin décela un canal artériel : le court vaisseau qui relie, pendant la vie intra-utérine, l'aorte et l'artère pulmonaire, permettant à la circulation sanguine de ne pas engloutir les poumons, et qui aurait dû se refermer presque immédiatement après la naissance, était resté ouvert.
    C'était simple : si l'on ne pratiquait pas rapidement l'intervention, Je ne vivrait pas jusqu'à trente ans.
    Les responsables de la clinique avaient approché une équipe de médecins de Lyon, qui s'étaient rendus aux États-Unis afin de se familiariser avec les techniques à utiliser pour ce type de chirurgie. Ils acceptèrent de venir à Bruxelles examiner le patient et, après une concertation poussée avec la direction, ils envisagèrent de pratiquer l'intervention.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    - « Le "vert paradis de l'enfance" selon Baudelaire est assombri par les bouteilles que le père vide à la chaîne pour Jean-Jean, dit "Je". Le raccourci ne compense pas la durée des phrases du bégayeur. Mais provoque d'étranges effets à la lecture : Je est sujet de verbes conjugués à la troisième personne. Itinéraire personnel complexe, rumeurs du monde qui se superposent par instants à un univers étriqué. Il y a de l'espoir. » (Le Soir)
    A PROPOS DE L'AUTEUR 
    Yves Wellens, de son vrai nom Yves Van Cutsem, est né le 6 avril 1955 à Bruxelles-Ville. Son milieu social d'origine est composé d'artisans, d'ouvriers qualifiés et de commerçants. Il a effectué des études de journalisme et de communication sociale à l'Université Libre de Bruxelles, et est actuellement fonctionnaire à la Ville de Bruxelles, chargé de questions d'urbanisme.

  • Complicité poignante entre une mère de famille et une ancienne religieuse, en quête de liberté...
    Je suis un asticot, même pas une mouche. Je rêve d'être une mouche. Je me débats, me tortille, rampe. Il me manque des ailes. Une mère de famille isolée croise le chemin d'une ancienne carmélite. Entre elles s'installe une complicité, une compréhension intime. Ensemble, elles découvrent la place fondamentale de la culpabilité, de la souffrance et de l'enfermement dans leur vie. Contemplation, extase. Sybille me comprend. Le choix de sa prison, c'était le choix de cette liberté-là, aussi absurde que cela puisse paraître. Au Carmel, sa tâche presque unique, son devoir, c'est la prière. Quelle liberté, n'est-ce pas ?
    Ce roman, traitant avec brio de l'isolement, saura vous toucher au fil de ses pages.
    EXTRAIT 
    Je suis un asticot, même pas une mouche. Je rêve d'être une mouche. Je me débats, me tortille, rampe. Il me manque des ailes. On me les a arrachées. Ou je les ai brûlées. Je ne sais plus. Je sais que je suis collée au sol. Un coup de tapette et je m'épands.
    Je l'attends. Les enfants dorment depuis longtemps. La vaisselle est faite, chaque chose est à sa place. J'ai terminé mon roman. Une histoire de château, d'amour, de bris de vies. Le livre refermé, les personnages me quittent doucement. Je reviens à moi. Revenante.
    C'est son heure. Soirée tennis entre potes, plus ou moins arrosée selon son humeur.
    J'entends sa clef dans la serrure. Ses pas dans le couloir. Sa veste jetée en travers du portemanteau. Il fouille les casseroles, ouvre une bouteille. Ding du micro-ondes. Coups de fourchette, coups de couteau. Il repousse son assiette sur la table, se sert un deuxième verre. Un troisième. Monte les escaliers. Salle de bain. Ses vêtements tombés sur le sol. Ses pas plus sourds, pieds nus. Il pousse la porte de notre chambre. Lumière. Tire le drap. Ouvre les yeux, je sais que tu ne dors pas. Je me tourne, le regarde. Il évite mon visage, s'attarde sur ma bouche, mes seins, mon sexe. Se branle. Dépose son verre de vin sur la commode. Retourne-toi.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    - « Un bref et magnifique roman. L'auteure décrit avec une grande finesse le désarroi intérieur de son héroïne socialement et culturellement conditionnée dans une vie dont elle était prisonnière sans en voir les barreaux. » (L'Avenir)
    A PROPOS DE L'AUTEUR 
    Philosophe de formation, Fidéline Dujeu a commencé à écrire il y a quinze ans en explorant tout d'abord le roman. Elle a parallèlement mis sur pied des ateliers d'écriture créative. Son travail d'animation est toujours empreint d'un grand désir de création qui l'amène à des projets variés et très riches mêlant les disciplines. Du théâtre à l'art plastique en passant par la photographie, elle multiplie les partenariats pour donner naissance à des oeuvres originales. Elle a accompagné des publics divers (enfants, adolescents de l'enseignement spécialisé, adultes en décrochage, etc.) dans l'écriture et la mise en scène du texte, de la lecture à la création théâtrale. Son écriture personnelle reflète une préoccupation constante des relations humaines, elle explore aussi bien les amours complexes que les relations intrafamiliales. Son roman Guère d'hommes a reçu le prix des Usagers des Bibliothèques Publiques du Hainaut, son roman Angie a reçu le prix FrancsAuteurs. 
    Pour en savoir plus sur l'auteur rendez-vous sur son site : http://fidelinedujeu.net/

  • Était-ce la main du démon qui avait disséminé tant de disgrâce comme pour entacher un tel excès de beauté ?
    Rio de Janeiro, 1967. S'y côtoient de jeunes enragés de la Nouvelle Vague. Ce cinéma aurait-il influencé les idées révolutionnaires de certains en pleine montée d'une dictature qui, insidieusement, se révélera criminelle ?
    Morro Dona Marta. On laisse dépérir un nouveau-né dans la favela. Son oncle, un vaurien, hausse les épaules.
    Petrópolis. Non loin de la maison où s'est, jadis, suicidé Stefan Zweig, la haute société se prélasse à la montagne, le temps d'un été. L'épouse d'un homme d'affaires de triste renommée disparaît au cours d'un violent orage. Voilà le bébé vengé...
    Et des absences se prolongent...
    Un récit mêlant plusieurs destinées dans une ambiance mystérieuse et cinématographique
    EXTRAIT
    EN CES TEMPS-LÀ - des temps troubles à vrai dire - on projetait Pierrot le Fou au cinéma Paysandú, situé dans la rua Senador Vergueiro.
    Dès le début, des mitraillettes et des fusils se détachaient sur un mur blanc, nu. Détail qui a dû me marquer. Je n'ai jamais revu le film, jamais trouvé le courage de le revoir. À cause sans doute de cette phrase prononcée au volant par Belmondo, et qui m'est si souvent revenue : « C'est drôle d'être en vie avec tous ces morts qu'on voit défiler... »
    Seule une scène est restée vivace, celle dans laquelle Anna Karina marchait à grandes enjambées sur le rivage. « Qu'est-ce que je peux faire ? J'sais pas quoi faire... » scandait-elle en un incessant va-et-vient, sous le regard vague de Belmondo. Un regard vague et perdu ? Un regard vague et indifférent ? Ennuyé ? Était-il assis sur les galets, le bas du pantalon retroussé, ou debout, un coude appuyé sur le capot d'une voiture ? Une décapotable ? Une grosse américaine ? Ou, plus plausible, une Peugeot 404 ? Une voiture volée en tout cas. Il penchait la tête pour allumer une cigarette qu'il gardait à la commissure des lèvres, comme sur certaines affiches de À Bout de Souffle. Anna Karina l'agaçait à force de seriner sa ritournelle.
    A PROPOS DE L'AUTEUR
    Née en 1947 à Bruxelles, Evelyne Heuffel est une écrivaine, traductrice et illustratrice belge. Elle découvre le Brésil à l'âge de 18 ans. En 1981, elle part pour Recife et s'établit ensuite à Rio de Janeiro. Illustratrice, traductrice et romancière, elle publie ses premiers textes dès les années 1970. Dans ses récits, elle « met en scène des personnages dans un jeu de miroirs qui brouille les genres et fait exploser les frontières textuelles conventionnelles. » (L. de Abreu) Chez Ker, elle est l'auteur de Pueblo et de Palmes dans l'azur.

  • Le plat pays comme source d'inspiration...
    Cet ouvrage se compose des textes suivants :
    - Tintin jusqu'à la fin ?
    - Signé Magritte
    - Terreur et Vanités
    - Chez ma souris blonde
    - Dans les Griffes du Doudou
    - Hareng saur et consort
    - Gare du Grand Nord
    - Faux témoins
    - La mémoire du corps
    - Parc Josaphat
    Un recueil de récits courts consacrés aux lieux, personnages et concepts emblématiques de la Belgique. Retrouvez également les textes de Luc Baba et Vincent Engel sur le même thème !
    EXTRAIT DE SIGNÉ MAGRITTE
    Ayant contourné la gare Centrale sans cesser de pester, de vouer aux gémonies ce salaud intégral, il grimpe quatre à quatre les larges escaliers du Mont des Arts - mon Golgotha, pense-t-il -, slalome entre les bosquets qui déploient leur géométrie le long de la Bibliothèque royale, foule aux pieds des amas de feuilles sèches et, ayant remonté la rue Montagne-de-la-Cour, prend finalement pied sur cette place où la statue équestre de Godefroid de Bouillon semble lui indiquer la rue de la Régence, où tout s'accomplira.
    Lui revient alors un épisode au cours duquel le jeune Magritte se serait appliqué durant plusieurs semaines, sans autre raison que de satisfaire sa propension au pire, à torturer un âne et à le laisser mourir de faim. Une exaction parmi d'autres, révélatrice de la face sombre d'un artiste qu'il a appris à haïr après l'avoir tant admiré. Sa colère redouble. Sans prêter attention aux oriflammes annonçant de somptueuses expositions - Collection Fin de siècle, Modernité à la belge et Chefs-d'oeuvre de Brueghel -, il n'a d'yeux que pour les panonceaux menant au musée Magritte.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Au fil de neuf romans et d'une soixantaine de récits, Alain Dartevelle a élaboré un univers oscillant entre détournement des stéréotypes littéraires et un mélange des genres qui entend refléter la variété de la vie. Ses publications récentes?: Le Géant des steppes, in Anthologie Ténèbres, L'Ombre du doute in Anthologie Les derniers jours d'Edgar Poe?(Glyphe, Paris), La Maison des Métaphores (L'Une et L'Autre, Paris).

  • Trois frères pris dans la tourmente voient resurgir les cauchemars du passé...
    La perspective de révélations médiatiques provoque des remous inquiétants dans le groupe de Pierre Wellens, un magnat de l'immobilier qui a façonné le visage de Bruxelles au gré de ses intérêts.
    Dans le même temps, son frère Yves cherche à faire la lumière autour d'un incident qui s'est produit lors d'un vernissage, où une jeune femme a violemment giflé l'homme d'affaires. Alors que son enquête progresse, le troisième frère Wellens, perdu de vue, indique à Yves où rencontrer cette femme.
    Cet entrelacs de relations renvoie à une vieille histoire où les frères, ligués contre un père alcoolique et violent, ont pris leur indépendance. Un événement fondateur qui a révélé leurs natures profondes et les poursuit sans pitié...
    Un thriller politique haletant et parfaitement ficelé au coeur de Bruxelles !
    EXTRAIT
    Une salle du dixième étage avait été réquisitionnée, et des instructions strictes fournies au personnel chargé des préparatifs. Il les respecta sans faire de commentaires, bien que cela supposât de déplacer contre un mur une lourde table rectangulaire afin de faire place nette au milieu de la pièce, et de ranger une série de chaises le long du mur en face. Une desserte avait été prévue dans un coin, pour mettre boissons, verres et tasses à la disposition des participants. Les instructions stipulaient en outre que les lieux devaient être remis dans leur état premier après la réunion.
    Une heure avant le début de la rencontre, personne ne devait plus se trouver, sous quelque prétexte que ce soit, dans le couloir menant à la salle. Un membre de la sécurité, manifestement choisi pour sa mine peu engageante, avait pour mission de vérifier les identités. Sur son injonction, un assistant tout aussi rébarbatif se chargeait de ramener tout individu non inscrit et non autorisé jusqu'à l'ascenseur, de l'y fourrer sans ménagement et de presser le bouton de la sortie. Un acolyte, posté au rez-de-chaussée, lui confirmait, par un message dans son écouteur, que l'intrus ne reviendrait pas.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Yves Wellens, de son vrai nom Yves Van Cutsem, est né le 6 avril 1955 à Bruxelles-Ville. Son milieu social d'origine est composé d'artisans, d'ouvriers qualifiés et de commerçants. Il a effectué des études de journalisme et de communication sociale à l'Université Libre de Bruxelles, et est actuellement fonctionnaire à la Ville de Bruxelles, chargé de questions d'urbanisme.

  • Un périple haletant de Valence au Mont-Saint-Michel.
    Mad vit dans son camion depuis quinze ans, traînant derrière lui les moutons qu'il conduit chaque semaine à l'abattoir. Son seul contact avec le monde extérieur : le rock et, de temps en temps, un arrêt chez Jo.
    Et puis il y a Ciao, le vieux fou qui hante depuis des années les stations-service des aires de repos.
    Mad, Jo et Ciao prennent la route ensemble à la rencontre de leurs histoires, de leurs démons. De leurs vies.
    Plongez-vous au coeur du monde des routiers, en compagnie de trois personnages hauts en couleur !
    EXTRAIT 
    La pluie bat violemment le toit du camion. Je crois que c'est ce qui m'empêche de dormir. Mais cette nuit n'est pas comme les autres. On est trois à essayer de trouver notre place pour dormir. Il y a Jo, Jo « devenue pute par vocation de son mac », comme elle m'a dit la première fois que je me suis arrêté pour souffler sa bougie. Il y a Ciao, un vieux fou occupé à mourir sur mon siège passager. Et puis moi, Mad, plus fou encore, car c'est moi qui conduis tout ce beau monde. On roule sur la même route depuis hier soir et tout finira d'ici deux jours. Je crois que c'est pour ça que je n'arrive pas à fermer l'oeil...
    L'orage s'arrête. Je vais pouvoir rouvrir les fenêtres du bahut et respirer l'odeur du bitume mouillé. Je sais que le mélange de goudron, de gasoil et de pneus va m'apaiser et que je vais enfin pouvoir dormir quelques heures.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    - « Un "road tripes". Les personnages sont pittoresques et tellement vrais ! On vit l'histoire, on la ressent, c'est un périple dans le monde des routiers. » (Lire est un Plaisir)
    - « Un premier roman tout à fait remarquable, construit sur une tension jamais relâchée et porté par une écriture maîtrisée de bout en bout. » (L'Avenir)
    - « Un roman attachant, bouleversant, à découvrir d'urgence ! » (Journal Tain Tournon)
    - « Un premier roman palpitant. Un voyage qui plonge le lecteur au coeur des histoires des personnages, de leurs démons, de leurs souffrances aussi... » (Le Dauphiné Libéré)
    A PROPOS DE L'AUTEUR  
    Documentaliste, historienne, romancière. Fanny Lalande cumule les talents. Originaire des environs de Valence (Drôme), elle a publié un essai consacré aux prisons du château de Tournon.
    Chez Ker, elle a publié son premier roman, Mad, Jo et Ciao.

  • Regards d'une jeune fille sur la Wallonie 
    Sa cité
    Des immigrés, des langues multicolores
    Une société à privilèges
    Une guerre avec des prisonniers
    Et un raton laveur, pour imiter le poète.
    La petite Mélie observe son époque, s'émeut sous le wallon tendre de Bonne-maman, découvre Prévert. Écrira-t-elle le livre dont elle rêve ?
    De découvertes sur soi en révélations sur son entourage, Mélie grandit, s'apaise, et ose rêver à Il était une fois...
    EXTRAIT 
    1940-1944
    Les provinces belges ? Mélie les récite à toute vitesse, sans omettre le méprisé Limbourg où elle habite.
    Les sept charbonnages de Campine ? À force d'entendre les comparaisons des collègues de papa, elle les connaît à l'endroit comme à l'envers. Si elle a oublié quel professeur y a découvert le charbon, elle sait que la mine paie plus ici qu'à Liège. Même les employés comme papa.
    Quant aux cours d'eau de Belgique, impossible de les retenir. Surtout dans l'ordre. Pour l'Yser, pense à grand-père ; c'est là qu'il a été gazé en 14, suggère maman, qui envoie Mélie au jardin, où la cadence du par coeur ne taraudera ni salades ni haricots. Répétitions. Voix monocorde. À force de patience, les affluents de l'Escaut deviennent ritournelle. Ouf ! Restent la Meuse et ses une, deux... six rivières ! La Meuse, Mélie la connaît. Elle coule près d'ici. Vue de la berge, d'un côté elle va vers Maaseik et le docteur de sa mère. De l'autre, vers Liège et les grands-parents. Le souvenir d'eau grise et large, comment le situer sur l'étroit fil bleu serpentant dans l'atlas ? Mélie bute : l'amont, l'aval, Maaseik, Liège, le gris de l'eau, le bleu du fleuve.
    Avec les lignes droites des canaux, comment retenir où on habite ?
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    - « Un roman plein de surprises. Une belle légèreté, une plume magnifique, un roman à découvrir et à savourer. » (Filiber)
    A PROPOS DE L'AUTEUR 
    Après une longue carrière d'enseignante en français auprès d'étudiants néerlandophones, Odette Philippart a décidé de se consacrer à l'écriture. Son premier roman est le fruit de plusieurs années de travail poétique, notamment dans le cadre d'ateliers d'écriture.

empty