La Découverte (réédition numérique FeniXX)

  • Comme en témoignent l'explosion des euromarchés, et la valse des taux de change, le système monétaire international est en crise. Face à cette crise, la théorie économique a été, jusqu'à présent, presque muette. La fin des devises clés est la première tentative de caractérisation théorique du nouvel ordre monétaire qui va se mettre en place d'ici la fin du siècle. À partir d'une véritable fresque historique des systèmes monétaires, Michel Aglietta dégage la spécificité des déséquilibres actuels. Alors que l'histoire monétaire a toujours été rythmée par la domination d'une devise clé, la livre sterling au XIXe siècle, et le dollar à partir de 1945, le SMI s'achemine aujourd'hui vers un système multipolaire. En poussant à l'extrême la logique de ce nouvel équilibre géostratégique, Michel Aglietta fonde, théoriquement, les positions défendues par la France dans les négociations monétaires internationales, et donne un contenu historique au Système monétaire européen.

  • Des économies nationales, de plus en plus soumises à la contrainte extérieure, des firmes multinationales toujours plus puissantes et qui jouent sur l'échiquier des États-Nations ; une économie mondiale, que structurent chaque jour davantage les échanges internationaux et les stratégies des groupes multinationaux : l'imbrication du national, de l'international, du multinational et du mondial, est devenue plus étroite que jamais. Elle invalide les analyses économiques, qui se referment sur une seule de ces dimensions. Or, après la flambée conceptuelle des années soixante, la théorie économique est, aujourd'hui, quasiment muette sur cette question. Le concept de système national-mondial hiérarchisé doit permettre d'articuler ces différents niveaux d'analyse. Avec ce concept, Michel Beaud propose une nouvelle lecture du capitalisme mondial, avec l'ambition de contribuer à la recomposition d'une économie politique des nations et du monde.

  • Baisse du pouvoir d'achat, tendances à l'hyper-inflation et à la dépression, crise fiscale, essor démesuré des activités financières, perte de confiance dans la monnaie nationale au profit du dollar d'un côté, excédents commerciaux souvent considérables, transferts nets de capital des pays endettés vers les pays développés d'un autre côté : tels sont les constats que l'on peut faire dans la plupart des pays sous-développés endettés, à l'exception parfois de ceux qui ont connu une extraversion très prononcée de leurs économies. Ce livre se donne pour objectif de montrer les mécanismes qui ont abouti à cette situation. L'auteur analyse la responsabilité des politiques d'ajustement - dites orthodoxes -, et l'incapacité des politiques économiques - dites hétérodoxes - à résoudre cette crise. La nécessité de trouver des solutions est urgente. Déjà les premiers effets sociaux politiques se manifestent et, au chaos économique, risque de succéder un chaos politique.

  • Les citoyens de l'Europe de 1993, seront-ils ceux d'un État supranational, spontanément pensé sur le modèle des États-Unis d'Europe ? Ou bien seront-ils les sujets de droit d'une nouvelle démocratie à l'échelle du continent ? Répondre à une telle question nécessite une réappropriation critique des diverses conceptions de la philosophie politique du XVIIIe siècle à nos jours, de toutes ses réflexions sur la souveraineté, la citoyenneté et la démocratie. L'originalité de la réponse proposée par le Discours d'Europe est d'affirmer que les Européens, en élisant un Parlement au suffrage universel, ont inventé un nouveau principe démocratique. L'auteur démontre que ce Parlement, unique dans l'histoire parce qu'il est dépositaire d'une volonté fédérative, rend possible une liberté plus haute que celle établie par les États souverains historiques. En prenant la mesure de l'histoire qui se joue, Gérard Mairet, loin de proposer une énième Constitution idéale pour l'Europe future, affirme que le principe d'une liberté démocratique nouvelle, propre à l'Europe, est donné dans son histoire présente. C'est dire que le Discours d'Europe réconcilie enfin la philosophie qui pense le monde et l'histoire qui l'a façonné.

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