Sciences humaines & sociales

  • Le mythe du petit entrepreneur devenu patron de multinationale est vieux comme le capitalisme. En son nom, patronat et gouvernements (mais, souvent aussi, de nombreuses associations : junior entreprises, clubs d'investisseurs, boutiques de gestion, banque des pauvres...) ont fait de la création d'entreprise et de la défense de la petite entreprise la planche de salut pour sortir du chômage et stimuler la croissance : de la prime Barre à la fin des années soixante-dix à la loi Madelin des années quatre-vingt-dix, chômeurs et fonctionnaires, soupçonnés de vivre aux crochets de la société, sont ainsi priés de faire preuve d'initiative et de créer leur entreprise. Malheureusement, il y a loin du mythe à la réalité de l'économie de marché. Ce livre remet les pendules à l'heure en retraçant la véridique histoire de l'entrepreneur (depuis que le terme existe), en montrant comment le mythe s'est construit, dans la théorie économique aussi bien que dans le discours social, et en démontrant, enquête à l'appui, comment la réussite entrepreneuriale est toujours une oeuvre collective : pas de réussite sans un capital social - on reconnaîtra la référence à Pierre Bourdieu - dont hérite l'heureux élu et qu'il fait fructifier avec l'aide de l'État, de sa famille, de ses amis, etc. Il ne s'agit cependant pas, pour Sophie Boutillier et Dimitri Uzunidis, de dénigrer l'esprit d'entreprise, mais de mettre en garde contre sa mythification (l'échec est lourd de drames humains et familiaux). Ce livre est donc indispensable aux conseilleurs et aux candidats à l'aventure entrepreneuriale...

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • A travers une série de chapitres consacrés à l'Allemagne, à l'Espagne, à l'Italie, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, à la Suède, au Japon et aux États-Unis, ce petit livre propose une autre lecture des chiffres et s'efforce de restituer les réalités du marché du travail et des relations sociales dans chaque pays. Les années quatre-vingt ont privilégié dans ce domaine le modèle anglo-saxon : flexibilisation, déréglementation, baisse du coût du travail et de la protection sociale. Aux États-Unis et en Grande-Bretagne, les dirigeants libéraux ont poussé cette logique jusqu'au bout. Forts de leur succès - un taux de chômage qui recule - , ils l'ont imposée à l'ensemble de l'Europe occidentale, en gommant soigneusement le revers de la médaille : la précarisation croissante d'une grande partie de la population. Aujourd'hui, on peut avoir un emploi et vivre au-dessous du seuil de pauvreté.

  • Le XXe siècle, siècle de l'inflation? Une analyse économique par le directeur de la revue Alternatives économiques.

  • La maîtrise des dépenses de santé est à l'ordre du jour depuis quelques années. Elle a donné lieu à de multiples bras de fer entre les pouvoirs publics et les professions médicales. Plusieurs campagnes ont invité les citoyens que nous sommes à ne pas gaspiller ou abuser en la matière. Est-ce la bonne manière de poser le problème ? Il est réducteur d'envisager la relation entre économie et santé par le seul biais des dépenses : le secteur économique de la santé existe, il est créateur de richesse. Une personne bien soignée est aussi plus productive. Peut-on réduire les dépenses sans perdre en efficacité ? La crise actuelle n'est pas celle du système de santé mais de son financement. Plus qu'un problème d'argent, la réponse apportée sera un choix de société. Cet ouvrage réunit des informations et des réflexions habituellement éparses ou abordées dans des ouvrages destinés aux spécialistes.

  • Après la crise du fordisme, les principes d'un nouveau modèle productif ont émergé au tournant des années quatre-vingt Il s'accompagne d'une généralisation des technologies de l'information qui transforment le contenu et l'organisation du travail. Où en est-on de sa mise en oeuvre ? A quelles résistances se heurte cette mutation ? Quelles en sont les conséquences possibles, notamment en ce qui concerne les rapports sociaux ? Existe-t-il un modèle unique qui s'inspirerait de l'exemple japonais ou bien une multiplicité de voies nationales divergentes ?

  • Luttes d'influence, mafia, « affaires », pots-de-vin, fausses factures, népotisme. Aucun pays n'est épargné, qu'il s'agisse de ceux du Nord, du Sud ou de l'Est. Toutefois, la corruption recouvre des phénomènes extrêmement différents suivant les contextes. Elle a un rôle économique, politique et social, qui, selon certains, n'est pas forcément négatif. Peut-elle, par exemple, se substituer aux carences de l'Etat et jouer dans les pays du Sud un rôle de moteur de développement ? Mais si elle est parfois créatrice de richesse, la corruption ne relève-t-elle pas de l'informel, de l'arbitraire et de l'utilitarisme pur ?

  • Quel avenir se forge notre société ? Le chômage est-il incurable ? Les emplois « jeunes » du gouvernement socialiste sont-ils un nouveau cache-misère ? La réduction du temps de travail est-elle une action généreuse ou calamiteuse ? Faut-il écouter ceux qui ne jurent que par la libéralisation des échanges mondiaux, ou ceux qui ne croient plus qu'à la débrouille ? C'est pour donner du sens à « ce bruit et à cette fureur » du monde qu'il faut lire Guy Aznar, Alain Caillé, Jean-Louis Laville, Jacques Robin et Roger Sue. Pionniers, chacun à leur façon, de réflexions et de propositions novatrices sur le revenu minimum, sur le temps de travail et sur ces activités construisant une « économie solidaire », un « tiers secteur » ou un « secteur quaternaire », les auteurs proposent ici les lignes de force d'un projet économique et politique visant à dépasser la crise du salariat : ce qu'ils appellent « économie plurielle » est une façon de concevoir l'économie pour sortir du face-à-face entre l'État et le marché, afin d'agir concrètement sur le terrain économique, politique, associatif... Cet ensemble cohérent de propositions, déjà expérimentées, en France ou ailleurs, ne peut laisser personne indifférent. Ce livre en forme de débat - la démocratie se nourrit des différences - ouvre de nombreuses portes à ceux pour qui le capitalisme n'est pas un horizon indépassable.

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