Labor et Fides

  • Les grandissants Nouv.

    Dans une relecture de la parabole du fils prodigue, Marion Muller-Colard explore, plus que son retour, le départ du fils cadet. Non seulement son départ, mais encore la nécessité de cette rupture qui le met au monde plus radicalement qu'une naissance. De la confrontation entre le texte biblique et une analyse subversive de l'âge qualifié d'ingrat jaillissent des voies inédites de souveraineté. Un éloge de toutes nos adolescences, car il n'y a pas d'âge pour «  ratifier sa naissance  ».
    «  Cette existence qui a commencé par une vie reçue, qui se finira par une vie reprise, doit bien, un jour ou l'autre, être conquise. Ils fomentent une façon d'être autre chose qu'un débit. Ils fomentent un début.  »

  • Où se situe ce Royaume de Dieu dont Jésus a tant parlé  ? Est-il réservé à la fin des temps, ou au contraire peut-il être saisi, ici et maintenant  ? C'est en méditant sur la vie, sur l'amour, sur son travail d'aumônier, sur les textes bibliques que Marie-Laure Choplin explore et révèle, d'une plume pleine de force et de grâce, ces instants où le Royaume prend place en chacun de nous.
     

  • Vie du poème Nouv.

    Vie du poème

    Pierre Vinclair

    Le poème respire. Il bouge. Tout en se nourrissant de la vie de son auteur, il a son existence propre. C'est un petit être sauvage - mais où naît-il? Qu'est-ce qui le fait grandir? Pourquoi traverse-t-il une crise violente? Comment le rencontrer, se laisser féconder par lui? Va-t-il mourir un jour?

    En racontant la vie du poème, Pierre Vinclair offre à lire, comme par la bande, celle d'un écrivain occupé depuis plus de vingt ans par la composition poétique, à Paris, puis au Japon, en Chine, à Singapour, en Angleterre et aujourd'hui à Genève. À mi-chemin d'une autobiographie (pudique, amusée, mais résolument engagée) et d'une «lettre à un jeune poète», Vie du poème propose une extraordinaire visite de son atelier.

  • «  Jésus annonçait le royaume, et c'est l'Église qui est venue  »  : c'est avec cette formule qu'Alfred Loisy résumait le devenir du christianisme après Pâques. Bien loin de dénoncer la déviation de l'Église face au projet de l'homme de Nazareth, Loisy cherchait à en saisir la continuité et la nécessaire institutionnalisation. À sa suite, nombreux sont les historiens et biblistes à s'être engagés dans cette quête des origines chrétiennes. À l'heure où les Églises en Occident se cherchent un second souffle et repensent leur raison d'être, elle s'impose même comme une urgence. C'est à revisiter cette fascinante entreprise d'innovation ecclésiale qui a accompagné le premier siècle d'existence du christianisme que ce livre souhaite ainsi participer  : comment les premiers croyants ont-ils pensé l'héritage de leur maître après sa mort  ? Quels sens et fonction ont-ils donnés à leur existence communautaire  ? Quelles pratiques ont-ils adoptées au quotidien  ? Quand et pourquoi ont-ils développé des ministères et des structures d'autorité  ?
     

  • Dans ce petit dictionnaire alerte et précis, l'auteur tente de cerner les contours du christianisme et de la théologie en prenant également en compte leur dimension éthique. Le pari se veut de définir avec concision et indépendance plus de 150 mots de base dont la combinaison permet de saisir quelque chose de l'essence du christianisme. Écrit par un seul auteur, un tel ouvrage porte inévitablement la marque d'une subjectivité singulière, mais il débouche aussi sur une forte recherche de cohérence et de consistance. Toutes les définitions proposées ne puisent pas à une même conception classique de la théologie  ; certaines se veulent même délibérément provocantes et dissidentes, afin de stimuler de nouvelles créativités, aussi éloignées de la répétition de la tradition que des modes en cours. Le lecteur est ainsi invité à reconstruire lui-même, à partir des thèmes esquissés, la possibilité d'une identité et d'une conviction fortes.
     

  • Après l'intérêt suscité par Une bible des femmes, on nous a demandé une suite d'échos masculins. Avec B majuscule cette fois-ci  ? Oui, car la bible des hommes est déjà écrite  : c'est la Bible  ! Tous les rédacteurs bibliques (jusqu'à nouvelle preuve) furent des hommes. Faut-il encore leur donner la parole alors qu'ils l'ont tant monopolisée  ? Oui, car les hommes aussi ont besoin de se découvrir pluriels et faillibles, libérés du rôle de «  l'homme  » figé pour l'éternité. Pour développer le dialogue contemporain au sujet des textes bibliques, c'est en tandem -  un homme et une femme, de traditions catholique et protestantes  - que les auteurs ont exploré les diversités des masculinités dans la Bible, débordant bien des stéréotypes du genre masculin. Ces dialogues en duo (et un trio) lèvent le voile sur les fragilités des douze apôtres pourtant modèles de l'Église chrétienne, l'apôtre Paul mère des croyants, Job pourtant père, mari et croyant idéal détruit, Samson perdu par sa virilité, David plus hésitant que royal, bien des paternités délicates, des maris chargés non de dominer mais d'aimer, des dirigeants dont la bonne moralité ne suffit pas... Le regard de ces spécialistes en sciences bibliques et en théologie, sur ce que les textes disent vraiment, montre que le masculin fut une quête délicate, et qu'il ne peut être un bastion à défendre.

  • Le courage de comparer : l'anthropologie subversive de Marcel Mauss Nouv.

    La démarche comparative que l'anthropologue Marcel Mauss (1872 - 1950) élabore en grande partie avec son jumeau de travail, l'historien Henri Hubert, entre la fin du xixe siècle et le début du XXe siècle, relève de logiques multiples. Comme méthode, elle est une stricte et minutieuse approche philologique des sources. Comme état d'esprit, elle relève d'une manière d'apprivoiser l'inconnu. Comme perspective critique, elle constitue un formidable outil scientifique d'objectivisation de la recherche, en particulier en histoire des religions.

    Cet ouvrage se propose de montrer quels ont été les principaux effets de ce comparatisme ni systématique, encore moins achevé, mais que l'on peut reconstituer en suivant la manière dont Marcel Mauss aborda certains phénomènes religieux, comme le sacrifice, la magie ou la prière.

    Ceci n'est pas seulement un nouveau livre sur Mauss et sur sa manière d'observer les phénomènes sociaux. C'est un livre sur les effets d'un comparatisme radical et subversif qui ne laisse jamais en paix celui qui décide de le mettre en oeuvre pour explorer et comprendre la diversité humaine.

  • Ce livre n'est pas une biographie scientifique de Marcel Detienne (1935-2019) -  enfin, il l'est sans l'être vraiment. Ce n'est pas non plus l'éloge d'un des hellénistes, philologues et anthropologues de la Grèce ancienne les plus reconnus dans le monde, traduit, considéré comme le fils brillant et tumultueux de Jean-Pierre Vernant.
    Il faudrait ajouter Claude Lévi-Strauss, Michel de Certeau et Georges Dumézil. Son ami Philippe Sollers, aussi. Le havre de paix qu'il avait trouvé à l'École pratique des hautes études, à Paris, venant de sa Belgique problématique. L'ostracisme qu'il a connu, enfin, des rives italiennes à celles des États-Unis. Tout ceci fait de lui un sujet infiniment incertain.
    Il s'agit plutôt d'un essai subjectif, écrit à partir de nombreuses archives inédites, suivi d'une annexe de lettres. Il s'agit surtout de sonder un homme au plus profond, la manière dont un être se laisse marginaliser, pour aller au bout de lui-même. Ce livre est le fruit d'une visite que l'auteur a rendue à Detienne, quelques semaines avant sa mort, et d'une volonté de l'écrire après l'avoir vu. Vincent Genin a voulu rester un moment avec Marcel. Lire son oeuvre, celle du structuraliste au coeur de la Grèce, du camarade des dieux (Dionysos, Apollon), de l'intellectuel qui doute, puis l'enfant de la guerre inquiet devant une Grèce étant la valeur-or des nationalismes.
    Tentative de cerner un être, ses moteurs, ses errances, sans doute. Une autre manière d'envisager l'histoire des sciences humaines  ? Peut-être.
    Une plongée en apnée dans la tête, la main et l'oeil de Marcel Detienne, certainement.
     

  • Quelle voix donner à la douleur? Quelle voix donner à cet invisible qui met le corps au supplice, qui transforme les nuits et les jours en un brasier immense, consumant toute force, toute envie? Du cri jusqu'au murmure, dans l'urgence d'une respiration nouvelle, l'auteur lui donne ici une voix dont l'écho fait battre le coeur: celle de l'espoir.

  • Ce livre est issu d'une série de trois leçons publiques que Peter Bieri a données en mars 2011 au Centre culturel de Graz (Autriche). Dans ses trois conférences, le philosophe aborde le thème de l'autodétermination et analyse avec clarté et originalité le sens, les conditions et les implications d'une vie humaine autonome. Comment voulons-nous vivre ? s'adresse a un public large. Dans une langue limpide, il soulève la question de savoir si et comment l'idéal moderne de l'autodétermination individuelle est compatible avec les obstacles multiples liés a la volonté libre.
     

  • Un coeur sans rempart est une invitation poétique à vivre l'expérience quotidienne de la méditation chrétienne. À tous petits pas sont abordées les principales étapes que traverse habituellement celui qui désire donner ainsi corps à sa vie spirituelle. En proposant de courts textes magnifiquement écrits et délaissant volontairement le vocabulaire religieux « traditionnel », Marie-Laure Choplin nous offre un splendide voyage spirituel qui atteint le lecteur au coeur.

  • Les premiers missionnaires débarqués au Brésil sont confrontés à un curieux paradoxe  : alors que les Tupimamba acceptent volontiers la doctrine chrétienne et se convertissent, ils ne renoncent pas pour autant à leurs coutumes féroces, au cycle infernal des guerres intertribales, au cannibalisme et à la polygamie. Cette apparente inconstance, cette oscillation entre respect de la nouvelle religion et oubli de sa doctrine, entraîne finalement les Européens à déclarer que les Tupinamba sont fondamentalement sans religion, incapables de croire sérieusement en une quelconque doctrine. Dans cet essai, le célèbre anthropologue brésilien Eduardo Viveiros de Castro, figure tutélaire des études actuelles en ethnologie amazonienne, revisite les sources du XVIe siècle pour restituer les enjeux de cette «  inconstance de l'âme sauvage  », en laquelle se disputeraient deux manières fondamentalement différentes de penser le monde et la société. Il nous invite à remettre en cause, dans une perspective à la fois historique et anthropologique, le rapport entre culture et religion.

  • Alors que, dans nos sociétés occidentales, la pratique religieuse traditionnelle s'effondre, la spiritualité, quant à elle, jouit d'une faveur toujours plus grande. Mais qu'est-ce que la spiritualité? Comment situer celle se réclamant du christianisme dans ce qui est devenu une véritable nébuleuse? En se mettant sur les traces de Jésus et en explorant la mémoire culturelle des premiers témoins, on tentera de dégager quelques traits essentiels de leur vie spirituelle. On découvrira alors que la spiritualité chrétienne est une spiritualité de la relation où la reconnaissance, le bonheur, la justice, la liberté, la foi et la prière jouent un rôle primordial. Mais c'est également une spiritualité qui construit un rapport au monde, à la nature, au temps, à la mort tout à fait original et souvent occulté dans la longue histoire de l'Église.

  • Ce livre est né d'un étonnement surgi à la lecture d'un magnifique sermon de Maître Eckhart (l'un des prestigieux représentants de la mystique rhénane, XIIIe-XIVe siècle), qui offre pour l'époque une lecture totalement inédite du rapport entre l'action et la contemplation. La question vaut toujours, à l'heure où de multiples voies s'offrent à nous, cherchant à réconcilier spiritualité et militantisme. Méditant le célèbre épisode relaté dans l'évangile de Luc où les soeurs Marthe et Marie accueillent Jésus chez elles, le théologien rhénan suggère que c'est Marthe, la très entreprenante, qui enseigne à Marie, perdue dans son assise, la vérité du chemin spirituel.
    Dans cette relecture admirative du grand mystique rhénan, Francine Carrillo souligne toute l'actualité de ces pages et relève qu'en nous ouvrant à la liberté d'être «  avec le souci, non dans le souci  », les deux soeurs nous convient en définitive à cultiver la fécondité de ce que François Cassingena-Trévedy rassemble sous une appellation inédite  : la «  contempl-action  »  !
     

  • Les pratiques religieuses contemporaines, marquées à la fois par l'individualisation, le déclin de l'institution et l'essor de nouvelles «  spiritualités  », peuvent sembler à première vue évacuer les enjeux de pouvoir et d'autorité, au profit de sociabilités moins contraignantes centrées sur l'émancipation personnelle. En s'appuyant sur des enquêtes ethnographiques dans les milieux du «  New Age  » mais aussi dans le contexte du méthodisme londonien, Matthew Wood invite à réexaminer cette question du pouvoir afin de réinscrire pleinement le fait religieux dans son contexte social. Il nous montre que si les formes de l'autorité évoluent, celle-ci ne disparaît pas pour autant. Un ensemble de rapports sociaux de pouvoir structurent toujours la vie religieuse, dont la sociologie doit rendre compte afin d'éclairer les transformations en cours au sein des sociétés néolibérales. Ces réflexions dessinent les contours d'une sociologie des religions plus ouverte sur les débats théoriques qui traversent aujourd'hui les sciences sociales, afin de repenser les relations entre religion, classes sociales, ethnicité et sécularisation.
     

  • L'auteur cherche à comprendre l'importance énigmatique prise dans sa vie par le prénom Matthieu. Celui-ci a été présent tout au long de son histoire, sans jamais s'accrocher à une relation ou des événements de premier plan  : insistant mais insaisissable, ne cessant de resurgir après des éclipses, comme un cours d'eau souterrain ou un indice dans une intrigue dont on ignore la clé. L'enquête conduit le livre à s'attarder devant les grandes toiles consacrées à saint Matthieu par Caravage, à traverser l'immense Passion selon saint Matthieu de Bach, à méditer sur L'Évangile selon saint Matthieu de Pasolini, puis à laisser vibrer les résonances du récit biblique, avant de revenir, comme sur le dessin d'un fer à cheval, vers Pasolini, puis Bach, puis à nouveau Caravage. Le tracé de cette piste donne forme à un essai insolite, où la quête autobiographique se nourrit de pensées esthétiques et théologiques, qu'en retour elle éclaire d'un jour inattendu.
     

  • Mémoires

    André Trocmé

    Ce texte souvent cité par extraits, jamais publié ni même lu dans son intégralité, propose un parcours des deux premiers tiers du XXe siècle à travers la vie d'un acteur majeur du protestantisme français et international. André Trocmé (1901-1971), issu d'une famille germano-française d'industriels du textile dans le nord de la France, a connu l'occupation de sa région au cours de la Première Guerre mondiale et y est devenu à jamais pacifiste. Au terme de ses études de théologie, complétées par un séjour d'un an à New York, il vit pleinement l'expérience du Christianisme social dans le Nord ouvrier.En 1934, il devient pasteur du Chambon-sur-Lignon, en Haute-Loire. Il y fonde en 1938, avec son collègue Édouard Theis, l'École nouvelle cévenole (futur Collège Cévenol), un lycée d'enseignement privé protestant. L'établissement accueille à partir de 1940 des enseignants et des élèves étrangers, le plus souvent juifs. Au même moment, André Trocmé, sa femme Magda et une série de personnes organisent l'accueil de plusieurs centaines de Juifs au Chambon-sur-Lignon et sur le Plateau. Le pasteur tient tête aux autorités de Vichy, et est emprisonné pendant un mois en 1943, avant de devoir passer à la clandestinité jusqu'à la Libération.Son autobiographie offre un document de première main sur ces années qui ont valu au Chambon-sur-Lignon la reconnaissance de l'Institut Yad Vashem, en Israël, et une notoriété mondiale.Au lendemain de la guerre, André Trocmé s'installe à Versailles pour y diriger la branche européenne du Mouvement international de la Réconciliation, avant de terminer sa carrière pastorale à Genève. André et Magda Trocmé ont été reconnus Justes parmi les nations.L'introduction, l'édition et les notes sont l'oeuvre de l'historien Patrick Cabanel (EPHE, Paris), spécialiste des Justes parmi les nations et de l'accueil des Juifs dans les Cévennes comme au Chambon-sur-Lignon.

  • Comment les protestants rendent-ils leur culte à Dieu  ? Si les différents moments du culte sont fixés depuis longtemps, leur sens n'est pas toujours clair aujourd'hui, y compris pour les protestants eux-mêmes. Ce livre, qui réunit des auteurs divers autour des enseignants de la Faculté de théologie de l'Université de Genève, se propose de faire le point. Il reprend les différents moments liturgiques du culte, en interroge le sens et en sonde la pertinence pour la vie communautaire des croyants.
     

  • Le fanatique est souvent la mauvaise conscience des croyants  : lui, au moins, ne doute pas. On condamne peut-être son impatience ou son intolérance, mais plus rarement sa certitude. Bien sûr, le doute est parfois valorisé comme nécessaire à la fortification ou à la purification de la foi. Peut-on aller plus loin et dire que le doute structure la foi de l'intérieur  ? Dans ce cas, il n'y aurait pas seulement une croyance religieuse, mais également un doute religieux. Se pourrait-il alors que la personne la plus religieuse ne soit pas celle qui croit le plus  ?
    C'est cette hypothèse qu'explore ce livre  : l'évidence de Dieu, qui structure la vie de celles et ceux qu'on appelle des croyants, est caractérisée en premier lieu par le doute et non par la certitude. Que croire religieusement en Dieu, c'est d'abord douter.
    En prenant au sérieux cette hypothèse, Anthony Feneuil développe un modèle conceptuel de la foi à première vue surprenant, mais dont il montre qu'il traverse la tradition chrétienne, et tire quelques conséquences pour la compréhension contemporaine de la foi et le refus qu'elle implique de trop croire à ses propres croyances.
     

  • Dans ce recueil de courts textes, denses et poétiques, Marie-Laure Choplin égrène des situations quotidiennes, des rencontres anodines, des moments en apparence banals  ; elle laisse affleurer ses impressions, ses douleurs, ses doutes, ses révoltes, ses joies aussi. Le lecteur parcourt, comme autant d'étapes sur un seul chemin, ce qui fait une vie et ses petits riens. Mais par-delà ces riens, l'auteure nous plonge en réalité dans ce qui constitue le coeur des évangiles  : une attention aiguë portée aux choses et aux êtres, un regard sans cesse renouvelé sur le monde, une capacité à se décaler, se mettre en retrait, s'interroger, bref donner à la vie une autre chance, et surtout  : s'adosser au message de ce Jésus, à la fois si frêle et si puissant.
    Une lecture qui remet la foi déliée de ses artifices au coeur de nos vies.
     

  • Cette anthologie est constituée de textes poétiques d'auteurs protestants ou assimilés (Marot, Bèze, Aubigné, Du Bartas, Drelincourt, Peyrat, Siefert, Eigeldinger, Chessex, Dadelsen, etc.) mais aussi de textes sur le protestantisme d'auteurs non protestants (Voltaire, Hugo, Vigny, Pierre Emmanuel, etc.) ainsi que de textes résolument antiprotestants (Ronsard, Baudelaire, Verlaine, Claudel, etc.).
    Une introduction retrace l'évolution des liens entre protestantisme et poésie française, en partant du deuxième tiers du XVIe siècle, dominé par la constitution du Psautier huguenot, le troisième tiers marqué par les guerres de Religion, le XVIIe siècle apaisé de l'Édit de Nantes, le XVIIIe douloureux de la Révocation de l'Édit de Nantes, le XIXe revisitant l'histoire du protestantisme et le XXe animé par les poètes suisses.
    L'ouvrage (qui est une édition revue et fortement augmentée de la première édition parue aux Presses universitaires de Strasbourg en 2011) adopte un classement thématique  : Bible (poèmes présentés selon l'ordre des livres bibliques), Histoire (selon la chronologie des événements cités dans les poèmes) et Liturgie (ce qui relève du cultuel).
     

  • La mort

    Eberhard Jüngel

    Eberhard Jüngel, éminent théologien de notre temps (né en 1934), se penche sur le thème de la mort. Cette thématique est d'abord envisagée dans une perspective anthropologique large, en dialogue avec la médecine et la philosophie, comme une «  énigme  ». Dans un second temps, Jüngel propose une réflexion biblique et théologique sur la mort comme «  mystère  ». Interroger la mort, c'est interroger la vie - notre vie. Qu'est-ce que la mort  ? Une réalité à la fois tout à fait personnelle (notre mort), mais aussi tout à fait étrangère. Elle n'est toutefois pas que «  ma  » mort, mais aussi celle d'autrui  : elle est un fait  social, dont les incidences sur nous-mêmes sont indéniables. Théologiquement parlant, la mort de Jésus est l'événement de la rencontre entre l'être de Dieu et l'être de la mort  : Dieu y assume la négation de la mort. Si la mort de Jésus-Christ a quelque chose à voir avec nous, c'est parce qu'elle concerne également Dieu  : en Jésus, Dieu même n'en est pas indemne. Loin d'être «  réconcilié  » par la crucifixion de Jésus, au sens où Dieu passerait de la colère au pardon, Dieu ôte à la mort sa puissance de négation et de séparation, donnant à l'être humain d'avoir part à sa vie même. D'abord paru en 1971, dans le contexte des théologies de la «  mort de Dieu  », cet ouvrage, très lu dès sa parution mais jamais traduit jusqu'ici en français, n'a rien perdu de sa pertinence

  • Il s'agit, dans ce commentaire, de lire et faire lire un Jonas du début du IIIe siècle avant notre ère écrit en Judée hellénistique aux prises avec des questionnements nouveaux sur la fonction et la valeur de la mémoire prophétique en voie de canonisation. L'intérêt du récit en mer et à Ninive porte à chaque fois, non sur un discours prophétique à peu près absent, mais sur une discussion de l'agir du Dieu de l'univers en rapport avec la parole donnée à Israël et confiée au prophète. La fréquentation des littératures égyptiennes et grecques suggère des auteurs qui soient des litterati à proximité du temple de Jérusalem au moment où ils décident de canoniser ou non, et comment, leur bibliothèque prophétique, encore utile ou non, lorsque les catégories d'histoire, de réel, se mettent à envahir ce qui fut longtemps le seul domaine de la mémoire conçue comme cultuelle.
     

  • Le témoignage des évangiles sur la résurrection de Jésus, Yéshoûa" le Nazarène, peut se lire tel une Haggâdâh (narration impliquant son lecteur) comparable à celle du Séder pascal chez les Juifs. Elle culmine sur le récit du doute de Thomas, dans lequel les évidences du voir se renversent en un «  autrement que voir  » - Dire subtil pointant vers l'Ouvert, l'Intangible, le Retrait signifiant du Transcendant. Dans sa controverse sur la résurrection avec des sadducéens qui en ridiculisent l'idée, Yéshoûa" met en avant le nom des patriarches, suscités à un sens d'être nouveau lors de leur rencontre du Tout-Autre. Ce motif du nom - porté par le langage apocalyptique - est aujourd'hui éclairé par la psychanalyse  : le nom propre est l'abri symbolique du sujet vivant dans le lieu de son corps. Ce qui est relevé à la résurrection n'est pas le corps, mais le nom  !
     

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