Le Bec en l'Air éditions

  • Idriss, un sans-papiers malien, raconte la naissance de son amitié avec Ahmed. Clandestins et dans l'impossibilité de retourner chez eux, ils sont tous deux enfermés dehors ; leurs promenades dominicales, entre Montreuil, Créteil, et Boissy-Saint-Léger, rendent leur solitude plus palpable encore. Les émotions qu'ils taisent tournent en boucle jusqu'à ce qu'Ahmed déraille et soit incarcéré.
    C'est à l'occasion du travail qu'elle a mené sur la communauté malienne de Montreuil, que la photographe Anissa Michalon a fait la connaissance d'Idriss, un jeune homme arrivé en France à l'âge de vingt ans. Écrivant un court roman à partir de ces images, Arno Bertina a voulu souligner ce qui, dans cette vie, renvoie aux pressions qui s'exercent sur tous les sans-papiers et, peut-être, sur bon nombre d'immigrés d'Afrique.

  • Très jeune, Alma a rejoint l'un des gangs qui ensanglantent quotidiennement la capitale du Guatemala. Dans les rues du bidonville de son enfance, elle a épousé le clan des plus forts, poussée par un élan vital qui lui soufflait que mieux valait infliger la violence que la subir. Alma a tué, participé à des viols et à des extorsions. Elle a connu les passages à tabac et la prison, est devenue femme au milieu d'un groupe de jeunes guerriers surarmés, tatouant son corps de signes indélébiles et gommant sa féminité. Ses choix lui ont coûté la perte d'un enfant et une tentative d'assassinat l'a laissée paraplégique quand elle a quitté le gang. Aujourd'hui, elle se sait en sursis, mais tente de mener une vie paisible, avec un compagnon, un travail et des rêves d'études.
    Alma est né du travail photographique de Miquel Dewever-Plana sur la violence au Guatemala. En écho à ses images, Isabelle Fougère donne à entendre, dans un récit polyphonique, la voix d'Alma et celles des témoins majeurs de sa vie. Son récit mêle réalisme et fiction pour souligner l'universalité du destin de la jeune femme confrontée à l'extrême brutalité d'un monde en décomposition.

  • Pierre, feuille, ciseaux mais aussi îlot, parcelle, lisière De mot en mot, au gré danalogies et de fictions embryonnaires, apparaît un territoire composite fait de mystérieuses friches et de zones maraîchères, vestiges agricoles dun autre temps. On y croise une vieille dame ex-chef de bande de la Cité-Jardin, une fillette qui conserve ses trésors dans une boîte à chaussures, on y trouve des centaines de téléphones portables qui recèlent des milliers de textos, une perle noire soigneusement enfouie au fond dune commode, un cahier de couture et damples chorégraphies pour rejouer son existence aux yeux du monde.

  • Deux voix qui se succèdent sans se répondre : celle de Ghetto, s.d.f. vivant au bord du périphérique, et celle d'un agent de la préfecture de police affecté à la vidéosurveillance de ce même périphérique. Un jour, ce dernier aperçoit une forme noire sur l'un des écrans, qui semble s'être installée sur une langue de béton, à la hauteur des voitures. En cherchant à entrer en contact avec ce s.d.f., l'agent découvrira l'enfer que c'est de vivre là...

  • Ce livre, gai et profond à la fois, est le récit d'un voyage en bus, pèlerinage de dix-huit jours qui conduit l'auteur à travers son pays natal, le Myanmar, plus connu en Occident sous le nom de Birmanie. Ma Thanegi dépeint avec humour le mode de vie traditionnel birman qu'anime une dévotion profonde au bouddhisme, mêlée d'étonnantes superstitions.
    Birmanie, voyage intérieur pose un regard quotidien sur un pays encore peu connu, si ce n'est à travers le prisme de la dictature militaire ou de récentes catastrophes. Les photographies en noir et blanc de Tiane Doan na Champassak prolongent ce récit qu'elles rejoignent souvent dans une approche franche et sobre, pleine d'humanité, tout en rappelant certains aspects d'une réalité sociale et politique qui ne peuvent être tus.

  • À partir des photographies en couleurs de Frédéric Lecloux, réalisées dans lintimité de l'appartement de sa grand-mère à Bruxelles, Ingrid Thobois imagine un texte de fiction comme une mise en abyme poétique.
    Un homme assiste au déménagement de lappartement de sa mère qui vient de mourir. Peu à peu, les agissements et les commentaires des déménageurs le plongent dans le passé et lui évoquent des souvenirs précis. Que faut-il garder ? Que faut-il jeter ? A mesure que l'appartement se vide, la mémoire du narrateur se charge jusqu'au moment où il se retrouve seul dans l'appartement, un appareil photo chargé d'une pellicule 24 poses à la main...

  • Un adolescent français de treize ans fait une fugue et, quittant Paris, se retrouve à Tanger au terme dun long voyage. Au gré de trois rencontres déterminantes avec des adultes, il y fait lexpérience dune nouvelle vie avant de connaître le sort des enfants des rues. Ce conte noir, où le merveilleux côtoie le tragique, dit la réalité dune ville dAfrique du Nord qui concentre aujourdhui la plupart des enjeux contemporains entre le monde arabe et lEurope. Cest aussi un récit sur la fragilité universelle de lenfance, cet âge du « mentir-vrai » où le manque dexpérience et linnocence altèrent la perception du danger mais ouvrent en même temps le champ de tous les possibles.
    Lécriture de François Vergne, dense et parfois brutale, sappuie sur les photographies de Simon-Pierre Hamelin qui offrent une immersion vivante et contrastée dans la profondeur de la ville.

  • Que faire du lit hérité de sa grand-mère ? Quelle place ménager à cet objet trop intime ? D'autant que ce n'est pas n'importe quel lit mais un modèle aux secrets de fabrication bien gardés. Ce legs devient prétexte à une stimulante digression qui nous rappelle que le lit, meuble millénaire et héros de contes, accompagne nos vies dans le rêve ou l'insomnie, dans la maladie et l'amour.
    Joy Sorman a passé plusieurs mois au sein d'une entreprise de literie, dont les portes se sont ouvertes aussi au regard de Frédéric Lecloux. Ils nous invitent à un double récit, littéraire et photographique, qui conduit à regarder son lit d'un oeil nouveau.

  • Le 21 juin 2003, un mois après le terrible tremblement de terre qui frappa les environs d'Alger, Naghem L., jeune paysagiste, vient évaluer les dégâts occasionnés au célèbre jardin d'Essai. De retour après dix ans d'absence dans son pays natal, il traverse une ville meurtrie. Sa mission botanique prend rapidement la tournure d'une enquête policière, pour remonter jusqu'à la racine d'un vaste projet d'implantation coloniale camouflé dans les allées de ce « si parfait jardin »... À travers les photographies de Michel Denancé, perce l'obscure lumière d'une nature sauvage et artificielle dont le personnage de Sofiane Hadjadj tente de dénouer l'histoire.

  • « Elle marchait sous les platanes de l'avenue. Il arrivait en sens inverse. Ils allaient se croiser quand soudain elle s'est approchée, a tendu le bras et a dit : « Pardon monsieur, est-ce que je peux vous toucher? » Vingt ans plus tard, et sans que cette question n'ait cessé de les hanter, ils vont se revoir pour obtenir la réponse. Les mots de Claude Bleton font écho aux photos de Catherine Izzo dans une résonance sensuelle et mystérieuse. Leurs écritures intimistes - écriture dense et concise pour Claude Bleton, images en noir et blanc oniriques et troublantes pour Catherine Izzo - se répondent ici avec justesse.

  • Sans nostalgie, à travers des chroniques sensibles et autobiographiques, Karla Suárez raconte Cuba et dialogue avec les photos de lItalien Francesco Gattoni dans un voyage à la fois drôle et imprévisible. Ses souvenirs, racontés avec un détachement joyeux, constituent un prolongement littéraire insolite à la découverte de son pays.

empty