Sciences humaines & sociales

  • Depuis Amsterdam, Berlin et Paris, Etty Hillesum, Charlotte Salomon et Hélène Berr rêvaient de se réaliser en tant que femmes à travers l'amour, et en tant qu'artistes à travers l'écriture, la peinture et la musique. De ces promesses de vie et de créativités qui leur ont été confisquées à l'âge de tous les possibles, trois oeuvres magnifiques ont néanmoins émergé de leur nuit. Elles nous parlent de dépassement de soi par l'art, par la foi, par l'engagement, mais elles portent aussi la parole mémorielle de tous les autres partis sans laisser de trace. La vie qui était en elles triomphe ainsi du silence et de l'oubli et sillonne désormais le monde par-delà les langues, les religions et les âges grâce à l'implication sans réserve d'hommes et de femmes s'exprimant dans ce volume. Leurs interventions contribueront donc à offrir en partage, notamment à la jeune génération, l'héritage humain et artistique de ces trois jeunes femmes aux destins bouleversés par l'Histoire. Cette rencontre éphémère à travers leur oeuvre le temps d'un colloque, nous permet enfin de rester fidèles à la promesse faite et d'espérer l'inscrire dans une parcelle d'éternité.

  • L'opération de sauvetage des enfants nécessita le travail de
    plusieurs associations : des organisations juives et chrétiennes, avec
    des éducateurs et des travailleurs sociaux, ont agi pour sauver les
    enfants juifs des griffes des nazis et des collaborateurs français.
    Haya a été sollicitée, pendant des années, pour raconter son histoire, lors des
    commémorations de « la Shoah et de l'héroïsme ». Elle parlait de son enfance,
    de sa famille abandonnée dans la panique du départ en France. Elle racontait
    comment, restée seule avec son frère, elle avait échappé aux poursuites,
    comment elle était parvenue en Palestine sous mandat britannique. Elle a
    construit une nouvelle vie et une famille, au kibboutz Shloukhot.
    Ce livre, écrit du point de vue d'une enfant de douze ans, intéressera
    toutes les générations. Le travail d'écriture a permis à l'auteur
    d'exprimer les sensations et la compréhension d'événements enfouis
    dans la mémoire, et de rendre compte de tout ce qu'elle avait éprouvé
    à cette époque.

  • « Ce sont eux, ces témoins qui ont vraiment écrit l'histoire, des Juifs de Tunisie entre novembre 1942 et mai 1943. Ce sont dans ces récits que quelques historiens ont puisé leurs sources depuis soixante-dix ans. Nous devions tous les éditer ou les rééditer pour les rendre disponibles. Ces témoignages sont particulièrement précieux pour celui qui veut monter dans la machine à remonter le temps et en ces lieux où les Juifs tunisiens étaient taillables et corvéables et où leurs persécuteurs rêvaient de massacres que seule leur victoire pouvait provoquer, ou de déportation rendue impossible par le manque de navires et par la domination de la Navy. À ces obstacles auxquels se heurtait la barbarie nazie, ajoutons la réserve de la population arabe encadrée par les forces de police de Vichy. « Ces récits sont éclairés par le remarquable appareil critique de Claude Nataf qui réussit brillamment à faire de ces pages de mémoire des pages d'histoire, car il corrige, il précise, il informe, et il renseigne partout où il faut se poser des questions. Sans Claude Nataf, on lirait ces centaines de pages dans le doute , il nous guide, nous éclaire d'un bout à l'autre de cette traversée du semestre où les Juifs de Tunisie ont frôlé de très près la Shoah, et dont leurs voisins, les Juifs de Libye, ont été victimes. »

  • Voilà plus de vingt-cinq ans que Sarah Montard raconte inlassablement, en particulier aux jeunes, ce qu'elle a vécu durant la Seconde Guerre Mondiale. Comment, avec sa mère, elle s'est évadée du Vél' d'Hiv au premier soir de la rafle, le 16 juillet 1942, comment une dénonciation les précipita en mai 1944 au coeur de la tourmente nazie: à Drancy, dans l'enfer d'Auschwitz-Birkenau puis au camp de Bergen-Belsen où elles seront libérées le 15 avril 1945. Livrant enfin aujourd'hui son témoignage écrit, Sarah a choisi de s'adresser tour à tour aux êtres chers à son coeur, entremêlant le récit de sa vie de femme et de mère profondément marquée par la Shoah, et celui de son adolescence brisée. Ce texte fort délivre un message de courage et d'espoir dont la portée est universelle.

  • Depuis les surprises-parties cannoises d'après-guerre jusqu'à son ermitage auvergnat, le théoricien iconique de La Société du spectacle fut un buveur invétéré.
    Au soir de sa vie, Guy Debord présenta son addiction comme « la fidèle obstination de toute une vie ». La consommation quotidienne d'alcools conditionna son rapport au réel, à la création et à la politique. Elle fut à la fois une échappatoire, un pied de nez à la société bourgeoise, une exploration collective des confins de la liberté absolue, le pilier d'un nouvel ethos révolutionnaire, une critique en actes des dérives de la viticulture productiviste.
    L'art de boire chez Guy Debord refléta sa mélancolie, déchirée entre la voyance d'une société utopique et les matins ternes des déceptions politiques.

  • En groupe, notre capacité d'être et de faire avec les autres est d'emblée sollicitée. Confronté à la multiplicité des altérités et des malentendus, même si l'on n'est pas trop défensif, l'expérience du groupe est une épreuve. De ce fait plutôt banal, nombre de gens se sentent meurtris voire annulés par le différent, et empêchés de penser ce qu'ils ressentent, ou de formuler ce qu'ils pensent, tout en le discutant, car ne parvenant pas à apprendre des autres ou des événements de leur vie, ni à développer leurs capacités de penser. Cet ouvrage propose une relance de la réflexion sur ce que veut dire penser, ainsi que sur la conduite des groupes qui rendent possible et fécond le travail de penser avec les autres. De nombreux récits sont donnés au plus près des « observables » à l'oreille ou à l'oeil nu. La formation psychologique par l'expérience du groupe est sans doute un incontournable. Elle conduit à bien des découvertes essentielles qui déniaisent sur soi et les autres. Elle éclaire sur les enjeux inconscients ou non qui entravent la perception des réalités externes ou internes, dont font partie les processus psychiques collectifs et cognitifs et pas seulement socioaffectifs, auxquels chacun contribue, à son insu ou non.

  • Cet ouvrage traite d'un sujet d'une extrême actualité : la destruction et le rapt culturel, véritable appropriation des biens et des oeuvres de l'esprit. La domination n'est pas que matérielle ou reposant sur la gestion du sol, mais est aussi intellectuelle. Elle sert à falsifier l'histoire et déposséder un peuple de son passé, tout en l'infériorisant. A partir du XVIIIe siècle, nous avons assisté dans l'histoire à un réel déplacement des biens culturels, à l'instar de ceux des êtres humains et des matières premières. La puissance d'un Etat est représentée par la mise à disposition de l'autre, provoquant chez les pays dominés un traumatisme social dans la formation de l'identité. Faire table rase du passé, de ce passé qui dérange. Cela démontre la façon dont le passé culturel fait peur. Se l'approprier ou le détruire sont des façons d'attaquer l'intime de la formation de l'identité de l'autre, afin que celui-ci ne puisse pas s'exprimer ou se révolter pour atteindre son autonomie.

  • L'objet joue un rôle aussi important dans la construction des relations sociales que dans leur révélation. Le téléphone portable devient aujourd'hui un outil de communication omniprésent dans notre vie quotidienne et dans nos relations avec les autres. Bien que le téléphone ait des fonctions prédéfinies par des designers, celles-ci sont actualisées et développés au cours de son utilisation qui peut varier d'une culture à l'autre.
    Cet ouvrage est le résultat d'une étude basée sur des enquêtes de terrain menées à Changsha, en Chine. L'auteure examine les implications sociales du téléphone portable et des différences entre les Chinois et les Français observées tant dans les pratiques que dans les représentations de cet objet. Elle s'interroge sur les valeurs sociales attachées au téléphone portable, les significations symboliques que porte le numéro de téléphone, l'utilisation de l'appareil dans les lieux publics et dans les interactions interpersonnelles.

  • Le Comité de bienfaisance israélite de Paris constitue, à la fin du xixe siècle, le bras armé des institutions juives parisiennes en matière de charité, s'occupant de secourir les pauvres de confession juive de la capitale. Depuis 1887, il dispose d'un conseil d'administration composé de notables qui participent à sa direction et organisent ses activités. L'étude de ces administrateurs et de leur implication dans la vie du Comité de bienfaisance éclaire la manière dont celui-ci fait l'expérience des transformations à l'oeuvre dans la capitale dans les milieux de la réforme sociale et de la bienfaisance privée. Alors que le Comité de bienfaisance israélite de Paris est progressivement modernisé et laïcisé, qu'il doit faire face à l'immigration juive et de la montée de l'antisémitisme, l'analyse de ses membres questionne également la place de la pratique de la philanthropie dans le processus d'émancipation des juifs de France à l'époque de l'affaire Dreyfus.

  • Le vieillissement de la population, phénomène démographique d'envergure en ce début de xxie siècle, touche l'ensemble des pays développés. Cet enjeu majeur à la fois économique, socio-culturel, technologique et réglementaire nous pousse à proposer des combinaisons inédites de pratiques sociales permettant de répondre aux attentes des personnes âgées et de leurs proches. Les initiatives foisonnent en France et à l'étranger où des femmes et des hommes de conviction permettent ce dynamisme.
    Cet ouvrage livre différents exemples de projets inédits conduits par des chercheurs et des praticiens soucieux de (re) donner aux personnes âgées une place centrale au sein de nos sociétés mo-dernes.
    Les problématiques ici analysées permettent de mieux appré-hender les conséquences de nos représentations en termes de pratiques sociales et de construction de normes au sein des en-treprises et des organisations qui oeuvrent en faveur des per-sonnes âgées et de leurs proches.

  • Odette Spingarn décrit ici le fonctionnement des différents camps de la « Solution finale » par lesquels elle est passée à partir de son arrestation avec ses parents, le 31 mars 1944, dans un village de Corrèze : la caserne de Périgueux, le camp de transit de Drancy, le camp d'extermination d'Auschwitz II-Birkenau - sa mère y décède -, un de ses sous-camps, le Kanada, où elle trie des vêtements de déportés assassinés, et enfin le camp-usine de Zschopau (Saxe, Allemagne), destination de son transfert du début octobre 1944. À l'approche des Alliés, en avril 1945, les travailleuses forcées sont entassées dans un train à destination d'un camp de la mort. À ce moment-là, Odette prend son destin en main et s'évade en sautant du train. S'ensuit une longue odyssée qu'elle nous relate par le menu. En définitive, elle est sauvée par une femme allemande. À son retour, grâce à sa jeunesse et à son inébranlable optimisme, Odette a su se reconstruire, étudier, mener une carrière et fonder une famille.

  • En 1998, Les Cahiers Albert Cohen (n° 8) faisaient paraître un « numéro anniversaire » pour les trente ans de Belle du Seigneur. Pour saluer les cinquante ans du chef-d'oeuvre, ce numéro des Cahiers publie une série d'études sous l'intitulé « nouvelles approches ». Certaines complètent, prolongent et enrichissent des recherches entamées depuis longtemps sur des dimensions cardinales de l'oeuvre (la violence et le sacré, l'imaginaire sexuel, l'intertextualité, l'humour, l'ironie, le lexique de l'amour ou la poétique des incipit), d'autres explorent des thèmes inédits (l'ennui, la figure du pervers narcissique, la mimicry des études postcoloniales) ou risquent des hypothèses nouvelles (faut-il postuler un « narrateur » dans Belle du Seigneur ?). Contributions de Carole Auroy, Baptiste Bohet, Jérome Cabot, Valeria Dei, Marc Hersant, Antonia Maestrali, Anne-Marie Paillet, Alain Schaffner, Anaëlle Touboul, Joëlle Zagury...

  • Quatre-vingt lettres écrites à son épouse par le Dr Mass, interné au camp de transit de Drancy du 16 octobre 1941 au 31 juillet 1943, nous font entrer dans l'intimité d'un médecin de la cité ouvrière de Maisons-Alfort victime de la persécution antisémite. Pour sa femme Élisabeth et leur fille Gabrielle qu'il aime profondément, le Dr Mass nourrit l'espoir d'une libération, alors que planent parmi les internés juifs, la famine, la terreur d'être fusillé comme otage puis, à partir de mars 1942, la peur d'être déporté. Aucune des protections que pourraient lui valoir son passeport roumain, la Roumanie étant un allié du Reich, ni même son état de santé précaire ou sa volonté de tromper ses bourreaux ne lui épargnent la déportation. Envoyé dans les mines de charbon de Jaworzno, Zacharie Mass, à bout de force, est transféré à Auschwitz-Birkenau où il sera gazé et son cadavre brûlé. Cet ouvrage saisit de l'intérieur ce que fut la vie dans le camp de Drancy, où transitèrent la grande majorité des déportés juifs de France durant la Seconde Guerre mondiale.

  • Charles Palant a été arrêté à Lyon en août 1943, par la Gestapo, avec sa mère et sa soeur Lily âgée de 17 ans. Internés au Fort Montluc, ils sont déportés début octobre vers Auschwitz via Drancy , lui seul est revenu en 1945 après avoir connu la « marche de la mort » et la libération à Buchenwald.Dans son récit, Charles Palant, né en 1922 à Paris, raconte son parcours depuis son enfance dans le quartier populaire de Belleville où, comme sa famille, les Juifs immigrés vivaient alors nombreux. Le fil directeur de l'exposé lucide qu'il nous livre ici tient dans sa foi inébranlable en l'Homme, cette foi qui ne le quitta jamais, même au coeur des plus terribles épreuves.

  • Nicolas Roth est né dans la ville hongroise de Debrecen en 1927. Elevé dans la tradition orthodoxe, il verra à l'âge de deux ans sa soeur et son plus grand frère émigrer en France puis le second en Palestine.Son père, tailleur respecté dans la petite bourgeoisie environnante, l'élèvera avec sa dernière soeur dans un certain confort, mettant au premier plan les lois juives et l'étude du talmud.Il nous livre ici une description remarquable et détaillée de la vie d'une communauté juive en Hongrie après la Première Guerre mondiale et leur participation massive à l'effort de guerre, en nous décrivant tant ses désillusions que l'image qu'elle reflète à la population « magyar » non juive.

  • Les Juifs de Tunisie sont les seuls Juifs au monde à être tombés massivement sous le pouvoir de l'Allemagne hitlérienne et à avoir échappé à la Shoah. Pourtant l'anéantissement de cette Communauté était prévu, comme le prouve la présence à la tête des forces de police allemande du colonel SS Walter Rauff : responsable du programme des camions à gaz, il avait été envoyé en 1942 à Athènes à la tête d'un Kommando spécial dans la perspective de la victoire de l'Afrika Korps. Sa mission : la liquidation des Juifs d'Égypte et de Palestine. Soucieux de savoir précisément quel fut le sort des Juifs Tunisiens, nous avons entrepris de publier plusieurs témoignages de valeur.

  • Alain-André Bernstein, né de parents juifs en mars 1940, est caché dans une famille catholique du Val de Loire dix jours seulement après sa naissance. Grâce à la correspondance conservée par sa mère et retrouvée à sa disparition, il reconstitue ici sa petite enfance dans la campagne sous le régime de l'État français. Des lettres de sa famille d'accueil émanent l'amour et toute l'attention portée à l'enfant qui s'éveille à la vie dans un monde où d'aucuns veulent sa mort du seul fait qu'il est né Juif. Elles permettent aussi de comprendre l'attitude et la compassion des gens honnêtes de la France profonde vis-à-vis du soi-disant « problème juif ». La famille Breton ne voit qu'une famille injustement traquée à laquelle il faut porter secour

  • Au sortir de la guerre, Charles Mitzner ne peut évoquer les atrocités dont il fut le témoin et la victime qu'auprès de ses camarades de déportation. Cet homme pourtant volubile et d'une précision toute scientifique fait le choix de ne partager son expérience qu'au sein du petit cercle de ceux qui survécurent à la folie exterminatrice nazie. Né à Paris dans une famille juive, Charles Mitzner est un jeune soldat au moment de la défaite française. L'appel du gaullisme trouve chez ce fervent patriote un écho favorable. Revenu à la vie civile, il travaille à Grenoble comme technicien spécialisé dans la radioélectricité. Il met alors ses compétences au service de la Résistance.

  • À l'aide de témoignages soutenus par un appareil critique extrêmement précis, il est possible de faire oeuvre d'historien. La Tunisie est un pays que la Shoah européenne a effleuré de son souffle et où les persécutions subies par les Juifs du fait des Allemands ont été, hélas, bien réelles, même si les nazis n'ont pu infliger au judaïsme tunisien le traitement spécial réservé aux populations juives tombées sous leur domination. Sachant à quoi ils avaient échappé, les Juifs tunisiens ont eu le tact de ne pas insister sur les souffrances et les angoisses qu'ils ont endurées. Il nous a paru nécessaire de publier, en trois volumes de notre collection, des récits rédigés dès la libération de la Tunisie en mai 1943. Le premier témoignage est celui de Robert Borgel, avocat au barre

  • Lorsqu'il rédige son Journal, Otto Gerard Fischl (né en 1929) est un adolescent juif en pleine croissance caché avec sa famille. Celle-ci a été rattrapée en France par l'idéologie qui lui avait fait fuir Prague (Tchécoslovaquie) en 1938. Grâce à des contacts, sa mère a rencontré à Paris leur sauveur, M. Stacke, un compatriote d'origine catholique, père de famille nombreuse, implanté dans un village de Charente, Salles-d'Angles. Celui-ci accepte de donner refuge à Otto et à son petit frère, Lixi (Alex), qu'il reçoit le 14 juillet 1942 alors qu'à Paris se prépare la rafle du Vél' d'Hiv'. Leurs parents les rejoignent quelques jours plus tard. Otto ne commence toutefois son Journal que le 19 octobre 1943. Ainsi nous introduit-il dans tout ce qui anime sa « captivité » qui a duré plus de deux ans. Pour tromper l'ennui et l'angoisse d'être dénoncé, Otto confie à son Journal avec acuité, intelligence et humour, la vie tumultueuse de la maisonnée, agitée par les rapports conjugaux des Stacke, mais aussi ses nombreuses lectures, les nouvelles de la guerre, et ses réflexions qui parfois touchent à la philosophie. Ce Journal évoque naturellement celui d'Anne Frank tant les parallèles sont là : l'âge, les origines d'Europe Centrale, l'instruction et les valeurs humanistes, la confrontation à la situation d'être cachés en famille avec « les autres », le sens de l'observation des enfants qui s'exerce sur ceux qui les entourent et les fascinent, sans omettre l'aspiration au monde extérieur.

  • « "Pitchipoï" un nom étrange qui sonnait mal à nos oreilles, nous juifs provençaux bercés dès notre enfance par le patois méridional de Mémé Cohen dont le mari était aconier, un métier typiquement marseillais, avec sa barque de ravitaillement destiné aux bateaux du port de Marseille. C'est à Drancy, le camp de transite où notre famille fut internée, que nous devions faire connaissance avec ce mot de Pitchipoï. Nous ne pouvions en connaître l'origine : la culture yiddish polonaise dans laquelle il désigne un petit village imaginaire. Nous ne savions encore moins ce qu'allait être la réalité de cette destination inconnue des internés de Drancy. Lorsque nous la découvrîmes, tout espoir s'évanouit : c'était Auschwitz ! » Denise Toros-Marter

  • Andrée Salomon (1908-1985) est l'une des grandes figures de la Résistance juive en France. Elle fut responsable de l'action sociale de l'oeuvre de Secours aux Enfants. Après s'être engagée au service de la communauté juive d'Alsace, elle a rejoint la Résistance dès 1940. Dans la zone sud, elle a sauvé un grand nombre d'enfants en les faisant sortir des camps d'internement de Gurs, de Rivesaltes et des Milles et en les plaçant dans les maisons de l'OSE. Elle organisa des départs vers les États-Unis et mit sur pied des filières clandestines vers la Suisse et l'Espagne. Par la suite, elle confiera les enfants à un autre réseau de l'OSE, le circuit Garel, pour les placer sous de fausses identités, ans des institutions religieuses. Cet ouvrage reconstitue son parcours à partir du manuscrit inédit de ses mémoires, de plusieurs entretiens enregistrés et des souvenirs de ses plus proches assistantes. On lira également une quarantaine de lettres de reconnaissance venues du monde entier et rendant hommage à cette « femme de lumière » dont la générosité et l'héroïsme permirent à toute une génération d'enfants de se construire un nouvel avenir.

  • Evadée du Vel' d'Hiv' retrace la rafle des Juifs parisiens de juillet 1942 opérée par des policiers français « zélés ». Anna a alors 20 ans et des rêves de jeune fille plein la tête. Elle est arrêtée à son domicile le 16 juillet et conduite au Vélodrome d'Hiver. Pressentant une issue fatale, elle n'a qu'une idée en tête : s'enfuir et rejoindre ses proches, que dans un sursaut de conscience elle avait pris soin de cacher. Les conditions extrêmes de détention, la faim, la soif et la maladie ne la détourneront jamais de ses objectifs. Par deux fois, elle échappe à la mort grâce à une remarquable présence d'esprit et à la complicité de quelques uns, policier, médecin et ouvrier.

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