Sciences & Techniques

  • Depuis les années 1950, et plus particulièrement la fin des années 1980, une poignée de scientifiques américains, à la solde de lobbies industriels (tabac, énergie, pétrole), ont élaboré un savant travail de sape des vérités scientifiques. Une stratégie toute simple, qui a consisté à nier en bloc les preuves de la dangerosité du tabac, du DDT, de la réalité du trou de la couche d'ozone, des atteintes environnementales des pluies acides... Discréditer la science et les scientifiques, semer la confusion : grâce aux efforts d'un petit groupe d'« experts indépendants » et de médias naïfs ou complaisants, cette stratégie a fonctionné et fonctionne toujours. Il a fallu cinq ans à Naomi Oreskes et Erik M. Conway pour documenter et analyser les techniques de manipulation utilisées par ces marchands de doute, auxquels on doit une bonne part du climatoscepticisme contemporain. Cet ouvrage, qui ne relève en rien du pamphlet conspirationniste écrit à la légère, est aujourd'hui un classique, que chacun, scientifique ou citoyen, devrait lire.

  • Avant même l'arrivée d'Homo sapiens sapiens, le chien nous tenait compagnie. Comment expliquer cette étrange association, cette place unique occupée par le « meilleur ami » de l'homme ? L'étude du chien se révèle riche d'enseignements, sur lui, évidemment, mais aussi sur nous.  Au fil de la lecture se dessine le paysage de la subjectivité canine, un monde bien différent du nôtre (non, le chien ne parle, ni ne rêve, ni ne voit comme nous), mais avec lequel nous entrons facilement en interaction. Même tissée de malentendus, la communication est réelle, nous imposant d'abandonner l'idée d'une frontière infranchissable entre l'homme et l'animal. Il faut se rendre à l'évidence : le chien, avec qui nous avons construit une véritable société, caractérisée par ses constantes, ses variations culturelles et son histoire, est finalement plus proche de nous que le chimpanzé.  
    Grand prix Moron de l'Académie française (2009) 

  • La Covid-19, à l'origine d'une crise sanitaire mondiale sans précédent, a eu des précédents : SRAS, sida, vache folle, grippe aviaire, rage, Ebola, chikungunya... Ces maladies émergentes ou réémergentes sont-elles une fatalité contre lesquelles seules sont possibles des réponses radicales, ou sont-elles révélatrices des rapports contestables (et de plus en plus contestés) que nous entretenons avec le monde vivant ? François Moutou n'a pas attendu le confinement pour relire l'histoire des maladies et des épidémies à la lumière des relations que nous entretenons avec les autres composantes de la biodiversité. Un regard pas banal sur la cohabitation du monde des humains avec les mondes animaux, sans oublier son cortège de micro-organismes, qui aide à mieux appréhender la vie et à mieux nous situer : au milieu des autres espèces et non au-dessus... Un regard qui, en somme, dédramatise et nous responsabilise, et qu'il était bon de proposer dans une nouvelle édition mise à jour.  

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    Avons-nous besoin de la nature pour être heureux ? Aux yeux d'Éric Lambin, cela ne fait aucun doute : l'altération du monde appauvrit l'expérience humaine ; elle altère nos affects, notre santé, notre sécurité. En d'autres mots, la défense de l'environnement, en plus d'en appeler à notre responsabilité, est condition de notre bonheur.  Si des pays comme le Bhoutan et le Costa Rica offrent quelques lueurs d'espoir, prennent acte des liens étroitement tissés entre bien-être et environnement, le tableau dressé ici est sombre. L'homme moderne est sévèrement séparé de la nature, et les lieux les plus nantis de la planète - qui sont à la source de sa dégradation - sont aussi les plus éloignés des nuisances occasionnées. Double constat aux conséquences sévères, dont l'émergence de nouvelles maladies comme de nouvelles sources d'insécurité seraient les premiers symptômes. Essai remarquablement documenté, cet ouvrage témoigne de l'importance pour l'homme des satisfactions émotionnelles et spirituelles qu'il éprouve au contact du monde naturel.  

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