Littérature générale

  • Quinze femmes ordinaires de l'Est de Montréal se réunissent pour un marathon de collage d'un million de timbres-primes. C'est dans la cuisine de la gagnante que se rencontrent et se confrontent sa famille et ses voisines, et bien vite la fête tourne au drame. Dans des tableaux exubérants et tragicomiques, elles font entendre leurs misères, leurs espérances, leurs aliénation, leurs frustrations et leurs calomnies dans un délire amer.

  • Les quatre personnages de cette cantate du désespoir sont les instruments d'une partition musicale parlée. Seuls leurs mots entremêlés, tricotés les uns aux autres, nous parviennent du fond de leur abîme, écorchés comme leurs vies et lyriques comme leurs âmes. Quand monte cette musique de chambre douloureuse, traversée par un maesltrm de passions destructrices, on prend la mesure de la misère de Marie-Lou: entre la prison du travail qui abrutit son mari Léopold et l'enfer qu'est devenu leur couple, que lui reste-t-il?

  • Mai 1922, les cartons d'invitation sont déjà envoyés pour le mariage de Nana et Gabriel, le 3 juin. Pourtant, la robe de mariée n'est pas encore achetée, et Maria se demande avec quel argent elle va pouvoir payer cette noce qui est bien au-dessus de ses moyens. Mais on ne marie sa fille aînée qu'une fois, et la fête doit être à la hauteur du souvenir qu'on voudrait déjà en avoir. Derrière l'allégresse de cette noce, alors que s'ouvre le ciel de leur destinée, Nana et Gabriel voient aussi passer toutes ces ombres, qui se mêlent au bonheur du jour comme des feux follets : Josaphat-le-Violon, Ti-Lou, Bebette, Simon, Ernest et Alice, Béa, Théo, sans oublier les fidèles muses, Florence, Rose, Violette et Mauve...

  • Depuis la rencontre de Marguerite, après des années d'errance entre Françoise et Clara, la vie d'Alexandre est devenue un long fleuve presque tranquille. Maintenant dans la soixantaine, il vient d'acheter dans le Bas-Saint-Laurent un petit chalet juché sur les rochers, où il réfléchit à ce qu'il devrait faire du reste de sa vie. Inquiet des êtres chers dont il s'est éloigné, Alexandre n'est plus sûr que sa dernière tâche soit de se retirer ainsi du monde. La réponse lui sera donnée - peut-être trop tard - alors qu'il s'apprête à fermer le chalet à la fin de l'automne.

  • Un jour de juin 1999, peu avant la fin des classes, Maureen, 10 ans, bat un garçon jusqu'à le rendre sourd. Tara sait alors que l'événement marque le début officiel de son amitié avec la jeune fille, et que cette scène exaltante est annonciatrice d'un été palpitant.
    Vingt ans plus tard, les deux amies ont perdu contact. Maureen est quelque part à San Francisco ; Tara, désormais enseignante au secondaire, revient vivre chez ses parents à Salaberry, petite ville de banlieue - seulement pour la durée d'un contrat de remplacement, se promet-elle.
    Bien vite, il devient indispensable pour Tara de retrouver Maureen. À peine est-elle revenue que l'immuabilité du quartier de son enfance l'étouffe déjà. Seuls les souvenirs de moments passés avec Maureen, au magnétisme envoûtant, lui apportent du réconfort. Mais où est-elle tandis que la banlieue use sans pitié de son emprise et reconduit les histoires de violence avec une force sûre et implacable ?

  • Que serions-nous sans le secours de ce qui n'existe pas ? Ce titre, emprunté à Paul Valéry, est le sésame qui nous ouvre les portes de ce roman cousu de fils d'or. Avec une écriture tressée de brins d'histoires, évoluant en spirales autour de l'axe du temps, Simone Chaput fait apparaître des personnages inoubliables, tous distincts, mais aux blessures semblables.
    Un père abandonné par la mère de ses fils, aujourd'hui blindé dans sa solitude ; un homme qui, malgré ses échecs amoureux, persiste à croire en l'amour véritable ; une femme découvrant sans surprise la trahison de son mari... Ils sont parents, cousins, amis, amants, collègues. Tous portent en eux un manque, un vide qu'ils s'acharnent à remplir. Et c'est cela même qui les fait vivre.
    Traversé par la passion de la langue et des mots, et celle de la musique, véritable hymne à la création, ce roman choral a le goût incomparable de la vraie vie.

  • Mathieu, l'écrivain public, rides again, cette fois à la cuisine collective où, parmi des groupes de tous les horizons, veille l'ombre spectaculaire de l'acteur André Montmorency. Alors que le prix de notre panier d'épicerie monte en flèche, éclopés et fiers rebelles retrouvent l'appétit de vivre au fil des pages de ce récit truculent. C'est le vrai monde que l'auteur illustre ici, avec son sens aigu du dialogue et une drôlerie qui n'exclut jamais la tendresse. Un regard à la fois acerbe et très affectueux sur notre société.

  • À travers seize courts textes écrits sur le ton parfois léger, parfois caustique de la fable, Léo Rosshandler convie le lecteur à emprunter le chemin de plusieurs vies. Comme un Kafka qui aurait gardé sa légèreté, c'est le coeur de l'Homme que nous révèle cet écrivain dont l'humour grinçant, un brin acidulé, force doucement le sourire de la conscience.

  • Entre 2014 et 2016, Nathalie Leclerc s'exile avec ses trois enfants à Suresne, en banlieue de Paris, non loin de son lieu de naissance. À travers ses péripéties européennes et des échos de son histoire personnelle, elle entreprend de se défaire des noeuds de son enfance, entravée par sa difficile relation avec sa mère, Gaëtane Morin, qui commence par une déception impardonnable : celle-ci espérait un garçon et voilà qu'est arrivée une fille !

  • Dans ces « récits d'enfance et de cuisine » où l'on connaîtra les secrets des gourganes à l'ail, au citron et au cumin, de la kémia et du gâteau à deux oeufs, Pascale Navarro rend hommage à sa grande famille dispersée, l'invitant symboliquement autour d'une grande table, lui offrant l'un de ces moments qui « transmettent une mémoire ». « C'est ma façon à moi de recoller les morceaux et d'écrire, en quelque sorte, ma famille. Quand je rassemble, je me rassemble. »

  • 1858-1860. Alors que la vapeur rend les bateaux à voile et les chevaux folkloriques, au moment où le télégraphe relie l'Europe à l'Amérique, la Chine est paralysée par la dictature, la superstition et l'opium importé illégalement des colonies britanniques. Un jésuite défroqué, Jacques Trévier, doit ramener d'une île de la mer d'Oman un maître artisan de noir qui pourra soi-disant éliminer tous les maux qui gangrènent la Chine. Il y rencontrera l'amour de sa vie sous les traits d'une femme albinos belle comme une apparition. Croyant pouvoir écouler une vie tranquille après avoir répondu au désir du teinturier impérial de percer le mystère des somptueux noirs de l'île de Baël, Jacques Trévier perdra la femme qu'il aime des mains de l'empereur qui en fait sa « Concubine d'ivoire ».

    À travers beaucoup d'invention et quelques fait historiques réels - le sac du Palais d'été le 18 octobre 1860, la guerre de l'opium, etc. -, ce roman nous met en présence de réalités très contemporaines : l'appropriation intempestive des ressources naturelles, les trafics illégaux, l'espionnage industriel, qui minent l'équilibre social et environnemental des nations en jeu : en somme, un siècle et demi plus tôt, les contrecoups vicieux de la globalisation des échanges à travers l'incompréhension et le non-respect des valeurs de l'autre. Voilà qui rappelle singulièrement notre époque, marquée par les replis identitaires, la valse à deux temps entre le libre marché et le protectionnisme à travers l'exploitation des peuples plus fragiles.


    Impressionniste et imagée, finement ciselée, l'écriture de Gilles Jobidon amène cette histoire d'un autre temps dans le nôtre avec une habileté assurée, celle d'un romancier de très belle maturité.

  • Marie a trente-trois ans et enseigne la littérature dans un collège. Contrainte de prendre un congé de maladie pour la deuxième fois, elle ne peut plus se réfugier dans la seule explication de l'épuisement professionnel. Est-il possible qu'elle pleure et tremble pour rien, pour quelque chose qui vient de plus loin qu'elle ? Est-il possible qu'elle se soit trompée de destin ? À l'âge de quinze ans, inspirée par sa grand-mère institutrice, n'avait-elle pas créé une petite école d'été dans laquelle les enfants passaient sans le savoir du jeu à l'étude ? N'avait-elle pas toute sa vie cru à la littérature, au pouvoir d'être autre ? Force lui est de constater qu'elle n'est pas devenue l'enseignante qu'elle rêvait d'être, que le plus souvent elle croit ennuyer ses élèves en lisant ses notes par crainte de trahir les oeuvres qui la nourrissent mais dont plus personne ne parle. Elle se demande si la littérature n'est pas ce qui l'a détournée du monde, éloignée de ses contemporains, empêchée d'avoir un enfant.

  • Jules-paul tardivel. l'homme public et l'homme prive (1851-1905) Nouv.

    Dans son journal La Vérité, Jules-Paul Tardivel entretient d'incessantes querelles avec ses contemporains qui osent s'éloigner de l'orthodoxie telle qu'il l'entend. Catholique convaincu et fervent nationaliste, il écrit, en 1895, un roman d'anticipation, Pour la patrie, où il imagine l'indépendance du Canada français comme le meilleur moyen de préserver la langue française et la religion catholique.

  • Celle qui ne craint pas la joie Nouv.

    Qu'est-il arrive a cette femme pour qu'elle devienneune proie ? Dans une longue lettre ecrite a un homme qu'elle a aime, elle exorcise le desenchan-tement amoureux afin de retrouver une certaine serenite. Il ne s'agit pas tant d'oublier que de se pardonner : comment peut-on tomber sous une telle emprise, jusqu'a être depossedee de soi, jusqu'a ce que la honte vous devaste ? Armee de mots, elle sauvera sa peau.

  • Jenny sauro

    Marc Séguin

    Quand Jenny Sauro se noie en sauvant son fils des eaux, les habitants de North Nation vivent un choc à la mesure de leur relation avec elle. Tout le monde dans ce village frontalier a croisé le regard de la serveuse du seul restaurant.

    Par petites touches se dresse alors un bilan, inventaire des gestes signifiants qui ont ponctué l'existence de cette femme tissée de rêves comme de désillusions. Le père, le fils, l'amie d'enfance, le laitier, les Indiens de la réserve d'à côté ou le camionneur de passage, tous sentiront résonner dans leur chair le drame de ce destin interrompu. Même les funérailles ouvriront une brèche dans l'ordinaire, offriront une occasion d'exprimer enfin ce qui est trop souvent tu.

    Pendant ce temps, sur le lac, le lent spectacle des glaces portées par les mouvements du gel et du dégel rappelle que ce qui a vécu ne disparaît jamais tout à fait.

  • Deni

    Gazaille Anna Raymon

    Parc-Extension, l'un des quartier les plus multiethniques de Montréal. Le corps d'une jeune fille en maillot de bain est retrouvé, pendu par son hijab au tremplin de la piscine municipale intérieure. Suicide ? Homicide ? Crime d'honneur ? Paul Morel et ses collègues naviguent à l'aveugle dans un monde qui leur est étranger, se heurtant à une communauté repliée sur ses propres codes.

  • Entre décembre 2000 et décembre 2001, entre ses retrouvailles avec un oncle à La Tuque et sa première visite à Cuba, Paquerette Villeneuve a séjourné à deux reprises en Floride chez ses amis, le peintre Peter Nicholson et l'écrivain Michel Tremblay.

    Tout au long de ces vagabondages, elle brasse sa « cage à émotions » pour nous offrir un carnet de vertiges et de saveurs. D'une écriture à vif, sans censure, elle évoque les personnages et les événements ayant jalonné son parcours et partage avec le lecteur, entraîné sur « le chemin parfois ardu qui mène vers l'autre », les moments privilégiés vécus dans le train de La Tuque ou dans les rues de La Havane, sur les plages de Key West et sur les terrasses de Matlacha.

  • Dans ce recueil de nouvelles, André Carpentier présente des marginaux qui n'en ont pas toujours l'air. Accablés par des faits de la vie, ils se répartissent en trois classes : « Les égarés », « Les éprouvés », « Les éclopés ». Ils peinent à s'expliquer ce qui leur arrive et à mettre des mots sur leurs émotions. Ils aspirent à se constituer une mémoire, à voyager, à créer, à aimer, mais rien ne leur est jamais facile. Ce qui les sauve peut-être, c'est de chercher à comprendre... même en vain.
    Si le propos semble grave, tout n'est pas sombre ici. L'auteur a la formule heureuse, et on sourit souvent, reconnaissant sans doute certains traits ou comportements qui sont loin de nous être étrangers !

  • Rayonnements

    Ying Chen

    Avec cette manière si personnelle d'évoquer des destins en faisant dialoguer les vivants et les morts, Ying Chen raconte ici merveilleusement la vie d'une illustre femme de science par la voix de sa fille, devenue à dix-huit ans son assistante sur les champs de bataille et, par la suite, dans son laboratoire. Comment ne pas penser à Marie Curie et à sa fille Irène dans cette remémoration d'outre-tombe qui fait revivre la destinée de ces deux scientifiques ainsi que d'autres membres tout aussi illustres de cette famille, leurs aléas dans l'histoire et aussi leurs combats.

  • Un poète japonais du XIIe siècle. Un médecin allemand au début du XXe. Une babouchka au creux de l'hiver sibérien. Damien, hanté par les soupirs, mots et rires des ombres qui occupent son logement. Catherine et Éric qui s'aiment à s'en user les paumes. Puis ce garçon aux yeux tristes, à la table d'un café de la rue Saint-Denis, dans les années 1970, qui regarde mourir un demi-dieu.
    Qu'ont-ils en commun ? Tous habitent une même histoire plus grande que l'amour et la vie : celle de l'humanité, depuis sa création par les divinités anciennes, jusqu'à ce jour où elle semble bien proche de se perdre ; tous sont les témoins d'un monde au bord du gouffre qui ne sait même plus nommer ses cauchemars les plus profonds.
    Et les rats là-dedans ? Les rats, ils attendent leur tour. Et ils prient.

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