Les éditions Héliotrope

  • Exercice d'admiration, ce livre pose un regard sur l'oeuvre pétrifiante de Diamanda Galás, la chanteuse aux trois octaves.
    Loin de se laisser méduser par Galás et sa voix, Catherine Mavrikakis prend à bras-le-corps l'oeuvre de l'artiste et y donne à lire son propre idéal esthétique.
    De la Grèce ancienne aux États-Unis banlieusards, du génocide arménien à l'épidémie du sida des années 80 et 90, Galás renoue partout, sans cesse, avec un tragique trop vite relégué aux oubliettes de l'Histoire.
    Qui peut écouter Galás ? Qui sait regarder la Gorgone sans désirer la tuer ? Qui croit encore à la nécessité de la tragédie de nos jours ? Quel culte peut-on porter aux artistes prophètes du contemporain ?
    Mavrikakis se lance ici avec affection, ferveur et enthousiasme sur les traces de sa grande soeur Diamanda Galás.

  • Dans le cimetière américain d'une petite ville de Normandie, bien des années après le débarquement allié, une famille venue d'Amérique se rend pour la première fois sur la tombe de deux des siens morts à vingt ans avant même d'avoir foulé le sable d'Omaha Beach.

    Ici, les morts ne reposent pas en paix.

    À l'heure où les soldats américains et canadiens répondent encore à l'appel de la guerre et meurent au loin, les plages de Normandie continuent à nous hanter.

  • Ce livre est un hommage aux images à la fois tendres et violentes de la photographe Nan Goldin.
    Goldin est une guerrière, une gardienne de la mémoire. Elle lutte pour qu'on n'oublie pas la vie des femmes, des sidéens, des bannis. Depuis la mort brutale de sa soeur aînée adorée, elle se bat pour le souvenir de ceux qu'elle a perdus.
    Goldin est une gorgone dont le regard sidère. Elle demande de poser les yeux sur ce qui est étranger, elle exige que les secrets soient dénudés.
    Martine Delvaux met ici ses pas dans les pas de Goldin, et avance avec elle dans la colère, la rébellion et l'amour fou.
    L'écrivaine trouve chez la photographe une oeuvre-soeur, un écho de sa propre esthétique et de son engagement à dire, coûte que coûte, ce qu'elle sait et ce qu'elle voit.

  • Abrégé de la pensée de Thierry Hentsch, La mer, la limite fait l'éloge de la limite, du rivage. Loin de la toute-puissance de l'Occident et de son ambition sans frontière, l'éthique de la limite - une limite souple et mouvante - serait celle d'une civilisation nouvelle qui rayonnerait de l'aveu de son incomplétude et de sa fragilité.

    Nouvelle édition augmentée d'un inédit.

    Préface de Georges Leroux.

  • Que reste-t-il du Lancaster pulvérisé en plein vol au-dessus d'Utrecht ? L'oncle de Joanne était à bord. Joanne, elle, n'était pas née encore. Enfant, elle agite la main quand un avion passe dans le ciel en criant, Mononcle Phil. Tandis que son père creuse un abri antiatomique. Elle aura un fils, Max, avec un Américain qui fuit la guerre du Vietnam. Max fait des modèles à coller et passe ses nuits devant l'écran à jouer à des jeux de guerre. Mais depuis son anniversaire qu'il vient de fêter avec sa mère, il a disparu. Dans cette novella aérienne, où l'on entend le lointain fracas des armes, Carole David retrouve le fil invisible qui relie les générations entre elles.

  • L'homme dont il est question ici a longtemps préparé les morts pour une dernière exposition. Il aime le travail bien fait. Venu à ce métier à rebours des vivants par une sorte de vocation, il a accepté de répondre aux questions de sa fille et de raconter les corps. Pour plus d'efficacité, il a griffonné une liste : le pompier, le prêtre, deux jeunes filles retrouvées près d'une forêt, le métro, etc. Des dizaines et des dizaines de cas que l'embaumeur n'a pas oubliés.
    Anne-Renée Caillé a su faire de ces conversations avec son père un premier livre fort, sobre et profond.

  • Un chômeur sombre dans l'itinérance alors qu'il est habité d'un singe, sorte de parasite imaginaire semblant déborder de lui ; à Montréal, un homme et une femme se rencontrent dans une ville secrète creusée sous la ville souterraine ; un jeune chercheur de l'Université McGill retrouve en rêve un primatologue soviétique habitant l'Abkhazie en guerre après la chute de l'URSS ; des écrivains ratés vivant à Yamachiche voient leurs imaginaires contaminés par ceux de Kafka et de Beckett ; une enfant arrivée aux portes de l'adolescence adopte un chien sans tête qui l'aide à affronter ses incertitudes et ses peurs...
    En brouillant les frontières entre l'humain et l'animal, le réel et le fictif, le passé et le futur, les douze nouvelles de «Dormir sans tête» semblent échapper au réel, mais proposent un portrait du temps présent où transparaissent nos angoisses et nos craintes.

  • Le long des lignes jaune, verte, orange, bleue par lesquelles circulent chaque jour sous terre des milliers d'inconnus, les angles sont multiples et les voix changeantes. Titre de transport raconte vingt et une histoires qui se déroulent sur les quais, dans les wagons bleus ou aux abords du métro montréalais. À Berri-UQAM, les chaussures d'un homme sont trempées par le lave-vitre d'un squeegee assis juste à côté de lui. Station Beaudry, un écart de conduite au cabaret Mado brise un couple. À Atwater, une gardienne d'enfants philippine se perd au coeur de l'hiver. On retrouve, au métro Jean-Talon, la Plaza Saint-Hubert des années quatre-vingt-dix et ses salons de coiffure unisexes. Au petit matin, une jeune femme épuisée attend l'ouverture des portes devant la station Mont-Royal.
    Tantôt drôles, tantôt sombres, tragiques ou simplement étranges, les histoires de Titre de transport sont traversées par une même humanité et dressent le portrait d'une ville en mouvement, à la fois familière et imprévisible.

  • La nature humaine ne vous rassure pas ? La vie en société vous oppresse ? Le vide de l'Univers vous angoisse ?

    En cette période sombre qui est la nôtre, le florilège d'aphorismes de Généralités singulières - qui comble le fossé entre Dostoïevski et le dernier panda vivant, conjugue dictatures et spectacles de marionnettes et réussit le grand écart entre les origines du cosmos et la pizza surgelée - mettra à distance votre mal-être et illuminera votre quotidien.

  • Parce que c'est devenu intenable, une fille va tenter de reprendre possession de sa tête envahie par une araignée cruelle qui est aussi sa mère. Mais rien n'est facile, car la mère l'araignée est très forte. Heureusement, la progéniture a des alliés. Parmi eux, un scarabée sensuel et psychiatre, un renard capitaine de bateau, un dauphin rose et une souris sadomasochiste.

    J'ai percé un trou dans ma tête raconte l'irrésistible avancée, dans un réel dense fait de matière grise et peuplé d'animaux psychédéliques, d'une fille vers sa libération.

  • Quand Le Ciel de Bay City paraît, Catherine Mavrikakis s'est déjà replongée dans l'écriture. Les textes sont courts. Ils parlent de tout: de la mort de Michael Jackson, du premier homme sur la Lune, de l'enfance dans Montréal-Nord, des étés passés aux États-Unis, de la lecture, du dernier message sur Facebook d'un ami qui vient de mourir et de la traversée de l'Atlantique par les immigrants des années cinquante.

    Elle met ses textes en ligne à mesure qu'elle les écrit. Ils sont longs pour un blogue et on ne trouve pas l'espace habituel pour laisser un commentaire. Encore moins de petite boîte avec un pouce levé pour cliquer "J'aime". En vérité, un livre est en train de s'écrire sur ce cahier électronique: L'éternité en accéléré. Un recueil de cinquante-deux textes façonnés par l'urgence de penser.

  • À l'intérieur du bar où le fauve guette sa proie, l'ambiance est électrique. Et va s'intensifiant. Les échanges verbaux sont ramenés au minimum. Regards. Rythmes. Pulsations. Seule compte l'excitation. Seul compte le carnage à venir.

    En plein jour, l'atmosphère est tout autre. Une bête lèche ses plaies dans une tanière. Un jeune homme ressasse sa douleur, s'efforce de se reconstruire.

    Il est difficile de faire tomber les parois de la cage, d'ouvrir les grilles.

    Un récit-choc.

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