Les Presses de l'Université de Montréal

  • Comment caractériser les relations intimes, les discours sur l'amour et la sexualité, les institutions qui les encadrent ou les produits culturels qui les représentent dans les sociétés occidentales contemporaines ? Quels sont les éléments de continuité ou de distanciation quant aux idées et aux pratiques du passé ? Des spécialistes de la sociologie de l'intimité et de la sexualité explorent ici ces questions, notamment par l'analyse des imaginaires amoureux dominants et leurs expressions culturelles, mais aussi en décortiquant les pratiques courantes pour en révéler les transformations récentes.

    Synthèse de l'expertise théorique et empirique internationale, cet ouvrage collectif livre un aperçu des recherches sur les thèmes les plus actuels de l'intimité, tels la non-monogamie, le polyamour, l'adultère, la gestion de l'argent dans les couples, les rencontres en ligne, la diversité sexuelle et bien d'autres. Les auteurs y abordent l'intimité contemporaine amoureuse et sexuelle de manière théorique, sans se limiter aux contenus des représentations dans les médias (miniséries, films, sites de rencontre, publicité) ou aux pratiques concrètes de la sexualité.

  • Les dix opéras de Wagner inscrits au répertoire mettent en musique des légendes médiévales et des mythes germaniques ou scandi­naves : de la trahison de Lohengrin à l'hymne à l'amour que chante Tristan à Isolde, en passant par l'engloutissement des dieux dans la Tétralogie et la rédemption de Parsifal. Mais le défenseur de « l'oeuvre d'art de l'avenir » est également très préoccupé des prin­cipes poétiques qui gouvernent leur création. Explicitement, dans Tannhäuser et Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg. Implicitement, par le biais de personnages traités comme des allégories de la poésie et de la musique, dans Lohengrin, la Tétralogie et Tristan.

    Projetant les principes théoriques de Wagner sur ses oeuvres, Jean-Jacques Nattiez fait apparaître les récits cachés derrière la lettre de leur propos, en montrant le rôle que jouent les emprunts à des formes classiques de l'opéra, le recours à des métaphores sexuelles et la fonction de la musique dans ce qu'il appelait « l'oeuvre d'art totale ». Dans ce but, il examine la figure de l'androgyne et l'utilisation du rêve pour mieux cerner la nature des relations entre la poésie, le drame et la musique dans chaque opéra.

    Le présent livre se veut une synthèse des idées maîtresses de l'auteur à propos de Wagner. Exempt de digressions techniques, il s'adresse au mélomane, à l'amateur de musique et à l'admirateur du maître de Bayreuth soucieux de découvrir des aspects insoupçonnés de son oeuvre.

  • Depuis plusieurs années, le port de signes religieux au sein des institutions publiques est un enjeu social important dans la société québécoise. Au milieu des années 2000, lors des travaux de la commission Bouchard-Taylor, de nombreux Québécois sont stupéfaits de constater que plusieurs de leurs concitoyennes de confession musulmane affichent publiquement leur religiosité au moyen d'un foulard couvrant leurs cheveux, le hijab. Certains projets de loi ont proposé d'interdire le port de signes religieux pour l'ensemble du personnel des organismes publics ou parapublics. Cette interdiction reste possible en droit québécois, mais elle doit se fonder sur la recherche d'un équilibre entre la neutralité religieuse de l'État et le droit à la liberté de religion.

    Quels sont les liens existants entre la laïcité et la liberté de religion au Québec ? Que signifie la laïcité pour une fonctionnaire portant le hijab ? En documentant de manière descriptive et nuancée la question des signes religieux, l'auteur propose un examen des normes étatiques et une analyse des pratiques quotidiennes des fonctionnaires québécoises qui ainsi tentent de concilier le respect de leur foi et le respect de l'État.

  • Au Québec comme dans l'ensemble des pays industrialisés, les municipalités ont dû relever, depuis le milieu du xix e siècle, des défis sans cesse renouvelés. De nos jours, l'adaptation aux changements climatiques, l'indispensable transition énergétique, les impératifs d'une mobilité moins dépendante de l'automobile, la lutte à la dévitalisation de petites communautés et le développement des outils de gouvernance numérique en constituent quelques-uns. Si elles disposent, pour y faire face, d'outils éprouvés, elles doivent souvent sortir des sentiers battus. En d'autres termes, elles doivent innover.

    Or, l'innovation est généralement associée à l'entreprise privée et aux grands organismes publics, comme si les municipalités ne pouvaient qu'emprunter les voies tracées par d'autres. C'est à cette idée reçue qu'entend s'attaquer le présent ouvrage.

    Prenant prétexte de la célébration du 15 e anniversaire du prix mérite Ovation municipale de l'Union des municipalités du Québec, il propose une mise en perspective des finalités, des motivations, des modalités, de la portée et des retombées de l'innovation dans le monde municipal québécois. Ce faisant, il révèle une dimension méconnue de l'exercice des compétences des municipalités.

  • Dans un style élégant doublé d'un grand souci de vulgarisation, ce livre consigne les réflexions d'un historien de la vie intellectuelle sur sa pratique et sur les façons d'écrire l'histoire. Il montre que la distanciation nécessaire à son métier n'est pas seulement affaire d'éloignement dans le temps, mais que la médiation qui s'opère avec l'objet de sa recherche fait intervenir chaque fois des considérations formelles, sentimentales et idéologiques. Tout en rendant compte de façons nouvelles de pratiquer l'histoire à trois époques différentes - autour de 1500, de la chronique médiévale à Machiavel et Guichardin; autour de 1800m des Lumières à l'historicisme du XIXe siècle; et autour de 1968, avec l'intégration des affects et des sentiments - , et sans prétendre constituer une histoire de l'historiographie, mais en en livrant les principales balises, l'auteur se penche notamment sur les usages de l'histoire en littérature, en peinture, et en muséologie.

    Parce qu'il soulève plusieurs questions d'intérêt général, cet essai intéressera non seulement les historiens, professeurs et étudiants, mais également le grand public féru de culture.

  • L'intime, qui est généralement tu, caché, privé, est de plus en plus exposé à l'écran et se trouve transformé du fait de cette exposition : il devient partagé, dans une sorte d'intimité à distance de soi et à destination d'autres personnes secrètes et multiples. Ce faisant, il nourrit la sensibilité du spectateur en même temps que celle du cinéaste et des artisans du film.

    Dans une série d'essais riches et contrastés, les auteurs de ce livre réfléchissent à la question paradoxale de l'intime au cinéma, par les archives, les affects, les formes narratives ou les dispositifs. Ils explorent l'univers de cinéastes aussi différents que Jean Eustache, Richard Linklater, Carolee Schneemann, Jean-Luc Godard, Leighton Pierce, Chris Petit, Xavier Dolan, Paolo et Vittorio Taviani, Jean Renoir, Lars von Trier, Laure Vermeersch, Sarah Polley, Yasujiro Ozu et quelques autres. Au fil de leurs analyses, ils font apparaître le film comme un acte, un événement, avec ses ramifications et ses conséquences sociales, politiques, esthétiques et éthiques.

  • L'histoire de la pharmacie en Nouvelle-France s'ouvre sur la rencontre avec le Nouveau Monde, ses ressources médicinales et les savoirs qu'en ont ses premiers habitants. Marqué par une double tradition, à la fois française et britannique, le développement de la pharmacie au Québec s'accélère aux XIXe et XXe siècles alors que le domaine du médicament subit d'importantes transformations. Révolution thérapeutique, essor de l'industrie pharmaceutique, transformations économiques et réformes gouvernementales finissent par plonger la pharmacie dans une crise identitaire dont elle ressortira passablement transformée à l'aube du XXIe siècle.



    Malgré son riche passé, qui puise ses sources dans l'Antiquité, la pharmacie est souvent laissée pour compte dans l'histoire de la médecine et de la santé. Cette lacune est brillamment corrigée dans cet ouvrage qui rend compte de l'évolution des conceptions scientifiques et populaires de la santé, allant de pair avec l'évolution des médicaments et de la profession de pharmacien. Celle-ci, qui a vu son rôle et son identité s'altérer puis se recomposer, est racontée ici avec un grand souci du détail qui montre tout l'intérêt qu'il y a à porter un regard historique, et souvent sociologique, sur des phénomènes contemporains.

  • Année après année, Giuseppe Verdi reste le compositeur d'opéras le plus joué dans le monde. Pourtant, peu d'études musicologiques sur son style ont été publiées à ce jour, et encore moins en français. En fait, ce livre, véritable guide d'analyse opératique, est le premier dans toutes les langues qui traite de façon systématique du langage musical du compositeur. En s'appuyant sur les 23 opéras en italien et en mettant en lumière leurs conventions et leurs principes sous-jacents, l'auteur examine méthodiquement les personnages et leurs intrigues au regard de l'écriture musicale et brosse ainsi le portrait d'une oeuvre grandiose. À l'aide de plusieurs exemples, il décrit avec brio la forme musico-dramatique d'un compositeur dont le style unique est, ultimement, au service de la théâtralité.

    Steven Huebner est musicologue à l'école de musique Schulich de l'Université McGill et titulaire de la chaire James McGill.

  • La musique entretient des liens indissociables avec le corps. Toutefois, les recherches portant sur ce couple fondateur sont rarissimes. Point de départ et d'arrivée de la médiation musicale, le corps est un lieu d'expression et de communication, de techniques, de production de sons et de mouvements et mérite toute l'attention que les auteurs de ce livre - musicologues, interprètes et philosophes - lui prêtent.

    Du timbre vocal à la chorégraphie cultuelle, en passant par la position des doigts sur un clavier ou sur des cordes, cet ouvrage aborde plusieurs thèmes qui intéresseront grandement les musiciens, les danseurs et tous ceux que la question du corps dans l'art interpelle.

  • Au cours des débats sur la Charte des valeurs de la laïcité, qui ont animé le Québec d'août 2013 à avril 2014, la neutralité de l'État en matière religieuse et les conditions de sa mise en oeuvre ont été âprement discutées. Quels sont les enjeux autour desquels se cristallisent les tensions générées par l'application du principe de neutralité ? Que font les États laïques en matière de régulation de la diversité religieuse pour établir des régimes de « reconnaissance » implicite ? Et comment l'interaction entre acteurs religieux et État produit- elle des situations pratiques où ce principe est directement mis à l'épreuve ? Ces questions ne se posent pas uniquement au Québec ; des discussions similaires ont lieu dans d'autres contextes et appellent une mise en perspective
    de l'idée du Québec comme « société distincte ».
    Cet ouvrage donne un aperçu de la variété et de la complexité des trajectoires de la neutralité étatique pluraliste avec des études de cas ancrées dans différents espaces nationaux et des analyses issues des sciences sociales, humaines et juridiques.

  • La question de l'emploi est cruciale pour tous les pays en développement, en particulier, pour les pays africains. Poussée par une démographie galopante, la population en âge de travailler augmente à un rythme exponentiel; celui des économies à générer des emplois décents est beaucoup plus lent. De manière générale, l'Afrique est un endroit où il est difficile de trouver un poste de qualité et la situation peine à s'améliorer. Les jeunes et les femmes font face à des problèmes d'employabilité, à de longs délais et à la précarité du travail disponible.



    L'entrepreneuriat peut jouer un rôle important non seulement dans l'insertion professionnelle des jeunes et des femmes, mais aussi dans l'essor économique de l'Afrique francophone. D'où l'intérêt grandissant porté à cette question tant par le monde universitaire que politique.



    Si les États savaient comment mettre à profit la volonté entrepreneuriale des jeunes et des femmes, ils pourraient s'engager dans une véritable transformation économique qui mènerait à un développement durable. Pour y arriver, ils doivent s'attaquer aux obstacles à l'initiative privée. Cet ouvrage présente des études à la fois descriptives et analytiques pour aider à comprendre ce que les gouvernements peuvent faire pour améliorer la situation de l'entrepreneuriat des jeunes et des femmes en Afrique francophone.

  • Construite sur une séparation entre la vie publique et la vie privée, la politique moderne a façonné l'espace public comme un lieu de transition entre les deux sphères. À la première, les discussions sur les grands enjeux économiques et sociaux ; à la seconde, les conversations intimes sur les émotions et la quotidienneté. Toutefois, selon certains, le dialogue guidé par l'esprit public se serait désormais évaporé. Dans cette chronique, Caroline Patsias revêt des habits d'ethnologue et explore les questions soulevées au cours de ses enquêtes auprès de groupes de citoyens en France et au Québec. Comment ces derniers, soucieux d'améliorer la vie de leur quartier, se politisent-ils ou, au contraire, évitent-ils le politique ? Comment nouent-ils des relations avec leurs institutions ? Comment parlent-ils politiquement de la vie en commun et où le font-ils ? Pour répondre à ces questions, l'auteure a prêté une oreille attentive tant aux propos tenus en public qu'à ceux tenus en privé de citoyens « ordinaires » et de leurs dirigeants. Elle livre ici le fruit de ses réflexions qui intéresseront tous les gens attachés à comprendre les transformations de la démocratie.
    Professeure agrégée au Département de science politique de l'UQAM, Caroline Patsias collabore au Centre interdisciplinaire de recherche en développement international et société, au Centre d'études et de recherches sur le Brésil et au Centre de recherche sur les innovations sociales.

  • Les perceptions publiques de la jeunesse semblent se cristalliser autour de deux figures bien distinctes: d'un côté, une jeunesse ordinaire, dont on dit souvent qu'« il faut bien qu'elle se passe ». Elle est certes parfois turbulente, ou même politisée, mais ses désordres semblent transitoires et, du moins aux yeux d'une partie de la société, légitimes. De l'autre côté, une jeunesse menaçante, issue des classes populaires, qui met en échec les instances traditionnelles de socialisation et ne semble répondre qu'aux exigences de la rue, du quartier ou du gang. Si cette seconde figure n'est pas nouvelle, sa perception s'est sensiblement modifiée et le fossé s'est creusé entre les deux polarités. À la représentation des déviances comme des séquences prévisibles et presque inévitables de la vie des jeunes (hommes le plus souvent) d'origine populaire s'est substituée l'image de déviances ancrées, accompagnées de violences incontrôlées, menant de la petite délinquance à la grande criminalité, ou - ultime menace de notre époque - aux radicalisations les plus terrifiantes. Cet ouvrage met en lumière le fonctionnement des dispositifs de contrôle et les processus de typification qui contraignent en partie la jeunesse stigmatisée à ne pouvoir exister qu'à l'intérieur de cadres forgés pour elle. La multiplicité des territoires investigués, de la France au Brésil, en passant par le Québec et les États-Unis, permet de présenter une grande variété de cas et de dégager certaines tendances d'ensemble.

  • Rares sont les sociétés contemporaines qui ne sont pas pluriculturelles et plurilingues, en raison notamment de l'émergence de l'anglais comme nouvelle lingua franca et de l'augmentation des flux migratoires des quarante dernières années. Dans un contexte de mutations sociales et économiques mondiales sans précédent, les défis posés par les politiques linguistiques et culturelles font désormais partie intégrante de notre quotidien. Mais quels sont leurs véritables enjeux - juridiques, politiques, culturels et symboliques - ainsi que leurs incidences sur l'éducation, la traduction ou les langues autochtones?

    Dans une perspective résolument interdisciplinaire, ce livre fait état de la recherche collective sur la question du plurilinguisme officiel dans plusieurs pays et de solutions concrètes à des problèmes communs. Sa pertinence et son originalité résident autant dans l'actualité que dans la ferme volonté de réfléchir aux réformes à envisager afin que chaque citoyen ait la possibilité, selon l'idéal de la diversité universelle prôné par l'UNESCO, de s'exprimer, d'apprendre et d'exercer ses droits civiques dans la langue de son choix.

  • Une énigme : pourquoi les pensionnats indiens du Québec étaient-ils si peu nombreux - six en tout - comparativement à ceux de l'Ontario et de l'Ouest canadien ? Pourquoi ont-ils ouvert si tardivement - au début des années 1950 - a lors qu'ailleurs i ls sont implantés dès la fin du 19e siècle ? Autre énigme : comme la majorité des pensionnats catholiques canadiens étaient administrés par des pères oblats - 39 sur 45 - et que ceux-ci missionnaient dans la plupart des communautés autochtones au Québec depuis le milieu du 19e siècle, pourquoi ont-ils attendu si longtemps avant d'ouvrir des pensionnats au Québec ?
    Fondé sur les archives des pères oblats, très peu exploitées à ce jour, ce premier livre sur les pensionnats autochtones au Québec relate l'histoire de chaque établissement. L'auteur y fait ressortir les pressions politiques exercées par la communauté religieuse sur les autorités fédérales au moment même où le gouvernement libéral de Louis St-Laurent projetait de fermer ces institutions au Canada anglais. Il met aussi en lumière l'idéologie des oblats en matière d'éducation des enfants autochtones : contrairement à ce que prônait la politique d'intégration dans les écoles publiques du département des Affaires indiennes dans les années 1950, ils cherchaient plutôt à maintenir vivante la culture de leurs pensionnaires. Écrit dans le contexte tendu de la Commission de vérité et réconciliation, ce livre ouvre la voie à une interprétation différente de la responsabilité première de ces institutions au Québec.

    Henri Goulet a été chargé de cours en histoire et en études québécoises à l'Université de Montréal. Il a publié, entre autres ouvrages, avec Jacques Rouillard Solidarité et détermination. Histoire de la Fraternité des policiers et policières de la Communauté urbaine de Montréal (Boréal, 1999), ainsi que L'enseignement médical : une profession. Histoire de l'AMCEM, 1968-2008 (PUM, 2008).

  • Cet ouvrage souhaite montrer la richesse d'une ouverture géographique et thématique des recherches urbaines actuelles en présentant celles qui prennent en considération les villes situées en dehors de l'aire occidentale. Il donne la voix à de jeunes chercheurs et praticiens originaires de six pays et de trois continents qui, par leurs réflexions engagées, proposent de corriger les perceptions souvent négatives, voire catastrophiques, de l'urbanisation non occidentale. En partant du principe que tout espace urbain est aussi banal que singulier, ils aident à décentrer le regard et à envisager sérieusement l'importance de l'altérité dans la construction des représentations collectives. Ouvert sur le monde, donc, cet ouvrage montre tout l'intérêt de diversifier les approches théoriques et empiriques en urbanisme, dont le fort ancrage nord-américain ou européen empêche souvent de rendre compte des multiples réalités des villes de la planète.

    Docteur en géographie, Gabriel Fauveaud est chercheur invité au Centre d'études et de recherches international de l'Université de Montréal ( CÉRIUM ) et chercheur associé à l'UMR 8586 Prodig.

  • Les années 1920 ont été le théâtre de la montée en puissance de l'Union soviétique et de l'alignement des pays occidentaux contre le « péril rouge ». Cette histoire, qui pourrait s'intituler « La première véritable guerre froide », a le plus souvent été racontée du point de vue des puissances de l'Ouest. Mais avec l'effondrement de l'URSS, dans les années 1990, l'accès aux archives soviétiques a permis de jeter un tout nouvel éclairage sur cette période. Replacées dans leur juste contexte par le travail méticuleux et acharné de Michael J. Carley, et accompagn.es de documents de sources britannique, française, allemande et américaine, dont plusieurs inédits, ces archives nous livrent le récit - décrit de l'intérieur - des premières années de l'État soviétique.
    En faisant une large place à l'humain, l'auteur illustre, non sans humour, le rôle essentiel d'individus comme Joseph Staline ou Léon Trotski, et leur influence sur la politique étrangère, qui se déploya dans des arènes assez éloignées de Moscou, notamment en Turquie, en Perse, en Afghanistan et, particulièrement, en Chine. Il retrace avec précision les positions et les interventions publiques - et surtout privées - des personnages de ce récit historique, et brosse un portrait vivant de la diplomatie des ann.es 1920 et des relations de l'URSS avec l'Allemagne, la Grande-Bretagne, les États-Unis et la France. L'actualité insufflant un véritable regain d'intérêt pour la Russie, ce livre saura captiver les érudits comme les amateurs.
    Michael J. Carley est professeur-titulaire au Département d'histoire de l'Université de Montréal. Il poursuit depuis plusieurs décennies sa recherche sur les relations entre l'URSS et les pays occidentaux, notamment de 1917 à 1945.

  • Depuis 2006, le Québec débat âprement des règles gouvernant la laïcité de ses institutions et se trouve confronté à deux modèles apparemment irréconciliables : le républicanisme « jacobin » et le libéralisme individualiste, issus respectivement de la France et du Canada.

    En s'inspirant de la pensée du philosophe politique John Rawls, les auteurs proposent ici d'explorer une voie médiane mieux adap­tée à l'expérience québécoise. Dans ses travaux tardifs, Rawls met en avant une forme de libéralisme républicain affranchi de l'indi­vidualisme normatif de Kant et de Mill et récuse le paternalisme qui vise à imposer aux citoyens une certaine éthique de vie. Tout en étant neutre à l'égard des conceptions individualiste et com­munautarienne de la personne, il cherche à équilibrer les droits collectifs des peuples avec les droits individuels des personnes.

    C'est donc une conception strictement institutionnelle de la laïcité que présentent les auteurs, qui redéfinissent au passage l'interculturalisme, la liberté rationnelle et le consentement, ainsi que l'expérience religieuse, qui devient hybride, à la fois subjective et objective. En se servant de Rawls, ils expliquent clairement pourquoi l'expression de la religion fait partie de la liberté reli­gieuse, mais aussi pourquoi il faut faire la distinction entre les objets qui relèvent des libertés fondamentales et ceux qui sont sujets à des accommodements. Ils tracent ainsi une authentique troisième voie, qui pourrait bien faire sortir de l'impasse le débat québécois sur la laïcité.

  • Depuis près de deux décennies, la vie culturelle en France et au Québec connaît un véritable essor - effet notable des politiques culturelles adoptées des deux côtés de l'Atlantique. Cela se traduit par des tensions et des mutations artistiques, sociales, culturelles, éducatives ou politiques. Dans tous les cas, des réflexions et un débat s'imposent qui conduisent à des choix stratégiques ou à des orientations et des recommandations s'adressant aux décideurs publics. Dans la foulée des projets de refonte et de mise à jour de politiques culturelles, des questions se posent, par exemple, sur les responsabilités des gouvernements face aux artistes, aux acteurs institutionnels et aux citoyens porteurs d'initiatives culturelles qui foisonnent en ce début de xxi e siècle. Les auteurs de cet ouvrage examinent, selon leur point de vue - savant ou praticien -, les interventions visant à lier l'offre artistique aux divers publics ; ou celles en lien avec les milieux scolaires, communautaires et municipaux, ou encore et plus largement, celles qui soutiennent la diversité des expressions culturelles et des politiques publiques en culture.

  • La force de cet ouvrage réside dans le souci de traiter des enjeux propres à la diversité ethnoculturelle en conjuguant les points de vue de plusieurs acteurs des milieux scolaire et périscolaire - élèves, étudiants, parents, enseignants, gestionnaires et interve­nants communautaires. Il brosse un portrait nuancé de la situation actuelle et ses auteures, spécialistes des questions de diversité, d'équité et d'inclusion, présentent des analyses documentées et solides sur les conditions mises en place pour favoriser l'épa­nouissement des élèves issus de l'immigration, dans la perspective fondamentale du vivre-ensemble.

    L'ouvrage met en lumière des aspects importants de ces enjeux : le vécu migratoire des jeunes, leur construction identitaire ; les relations entre les élèves, les enseignants, les parents et les inter­venants communautaires, ainsi que les perceptions de chaque groupe d'acteurs ; les approches pour promouvoir la réussite scolaire et consolider le sentiment d'appartenance. Il présente des pistes d'action pour améliorer ou transformer les pratiques, inspirer les politiques et contribuer à la formation de ceux et celles qui travaillent dans les écoles et auprès des familles.

  • Lieux majeurs de toutes les accumulations matérielles, sociales et économiques, les villes sont au coeur de la question des chan­gements climatiques. Leur avenir dépendra de notre capacité à inventer des espaces urbains habitables, justes et résilients. Les auteurs font ici le pari d'une action collective capable de transformer les menaces en force constructrice, de maîtriser la vulnérabilité des espaces urbanisés tout en renforçant leur résilience. Pour ce faire, il faut comprendre les formes et les structures de la ville contemporaine, afin d'orienter les poli­tiques et la planification territoriale.

    Ce livre offre un recueil des connaissances les plus récentes sur l'adaptation des villes aux changements climatiques et rassemble les réflexions de professeurs-chercheurs et de pro­fessionnels non seulement du Québec mais aussi de France, de Suisse, des États-Unis et du Brésil. Les auteurs y analysent avec acuité certaines des controverses les plus pressantes sur le climat, sujet épineux et source de grandes préoccupations dans la population.

  • Des premiers contacts jusqu'au récent Plan Nord, la rencontre entre les Autochtones et les descendants des Européens est au coeur du développement économique, politique et culturel du territoire aujourd'hui nommé Québec. Cet héritage commun, avec ses contradictions et ses tensions, nous est parfois rappelé dans des circonstances difficiles, comme celles de la Crise d'Oka, qui est devenue un symbole des relations tendues entre Blancs et Amérindiens. Plus récemment, les images du mouvement Idle No More ont fait le tour de la planète, tel un cri du coeur rappelant la profondeur du fossé qui sépare les nations américaines.

    Écrit par des auteurs chevronnés issus de plusieurs disciplines - histoire, ethnographie, droit, science politique, linguistique, criminologie... -, cet ouvrage unique en son genre propose une série de dix-huit essais qui plongent au coeur des réalités et des enjeux historiques et contemporains des onze peuples autochtones du Québec.

  • Comment les campus universitaires ou collégiaux, par les nombreuses composantes qui les façonnent, contribuent-ils à offrir des lieux propices au développement et à la diffusion du savoir ? C'est ce que cet ouvrage entend montrer en examinant chacun des éléments constituant ces ensembles, des auditoriums aux laboratoires et aux bibliothèques, en passant par les résidences étudiantes, les équipements sportifs et culturels, sans oublier les espaces verts et l'art public qui s'y déploie.

    Tirés des quelque 300 institutions auxquelles l'auteur fait référence, les nombreux exemples, souvent illustrés par des photos et des plans, mettent en évidence la diversité et la complexité des solutions qui sont apportées aux problèmes posés par la mise en place d'un lieu qui favorise la mission d'enseignement et de recherche de l'université. Le livre met en lumière les richesses souvent insoupçonnées que réservent les campus à qui leur prête attention. Il intéressera les architectes et les urbanistes, en plus des professeurs et des chercheurs dans les domaines les plus variés ainsi que tous ceux et celles qui s'interrogent sur les universités, soit pour y poursuivre des études, soit pour participer à des activités de divers types.

  • Les soulèvements populaires en Tunisie et en Égypte, avec la chute de Ben Ali et de Moubarak, ont produit un effet de démonstration des défauts de la cuirasse de régimes apparemment forts. Leurs succès ont favorisé une propension à l'action dans d'autres pays arabes, au sein de sociétés dont les revendications et les régimes ne sont pas forcément identiques. Ils ont ainsi ouvert un cycle de mobilisations qui, pour l'heure, n'est pas clos.
    Mais peut-on parler vraiment de révolution ? De ces affrontements ont surgi de nouvelles façons d'envisager les rapports de pouvoir, et c'est sans doute là que réside la principale « révolution » : une transformation en cours dans les relations politiques, qui place l'ensemble des protagonistes des scènes politiques arabes sous le signe de l'incertitude.
    Les auteurs s'appuient sur une connaissance de première main des terrains étudiés et prennent en compte la diversité des contextes pour expliquer ces événements et leurs répercussions au-delà de la rue.

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