Les Productions Ciel variable

  • Le numéro 104 de la revue des arts, des médias et de la culture, Ciel variable, nous invite à poser un autre regard sur les choses. Cet automne, c'est par le biais de la photographie que le dossier principal nous propose de regarder la vie selon un « angle décalé ». Cet angle, c'est peut-être l'unique point commun entre le travail des trois artistes invités ici. Yoanis Menge cherche par son oeuvre, caractérisé par un intense noir et blanc contrasté, à modifier la perception négative du public par rapport à la chasse au phoque. Marisa Portolese décortique dans sa dernière série les conventions rigides du portrait de femme victorien : une avenue inusitée pour remettre en question les stéréotypes de l'idéal féminin. Quant aux Outsiders que sont Nan Goldin, Diane Arbus et autres, récemment mis à l'honneur du Musée des Beaux-Arts de l'Ontario, ils s'attachent aux pas des marginaux dont ils révèlent la douloureuse beauté. Tous ont remis en question des préjugés et des systèmes de pensée dominants : voici d'autres sujets, d'autres valeurs à célébrer.

  • Il y a des endroits où la présence de la nature se fait plus vivement sentir, des lieux où la question des interrelations entre la ville et son environnement naturel émerge plus spontanément. Certaines circonstances sont également propices à susciter de telles réflexions : le dépaysement entraîné par un séjour à l'étranger, la nette détérioration de l'équilibre ou de la beauté d'un site, les pressions exercées pour l'appropriation d'un lieu public à des fins privées... L'intérêt des oeuvres présentées dans le dossier « Nature » réside entre autres dans le fait qu'ils reposent sur la conception d'une nature qui est non pas un donné en soi qui serait à préserver intégralement, mais bien plutôt une composante de notre « condition écologique », une composante d'un monde que nous façonnons et qui nous conditionne en retour. Avec les travaux récents de Jessica Auer, Geneviève Chevalier et Isabelle Hayeur.

  • Qu'est-ce qui peut faire se croiser des univers aussi différents que ceux réunis ici, si ce n'est qu'ils abordent certains aspects de cette condition commune que façonne de plus en plus la mondialisation en cours? « Si loin, si proche » présente le travail de trois artistes qui témoignent de réalités de partout autour du monde mais desquelles se dégage une humanité commune qui transcende les distances et l'étrangeté. Parmi les oeuvres de ce numéro, Near You No Cold, la récente série photographique réalisée par Raymonde April lors de multiples séjours à Mumbai, en Inde; The Future is Ours, Classroom Portraits, de Julian Germain, qui s'est attachée à photographier des salles de classes sur tous les continents; et les Carpoolers d'Alejandro Cartagena qui présente la réalité du covoiturage journalier et illégal de travailleurs dans les banlieues mexicaines.

  • En géologie, le concept de stratification renvoie à l'idée d'un processus au cours duquel des sédiments s'accumulent en couches, pour éventuellement former des ensembles sédimentaires plus ou moins hétérogènes, mais qui n'en demeurent pas moins des unités de sens à part entière. Ainsi en va-t-il de certaines images, dont la compréhension suppose un effeuillage des différentes strates de signes qui les constituent. À ce titre, les séries Scarti d'Adam Broomberg et Oliver Chanarin, Copperheads de Moyra Davey ainsi que les Études préparatoires de Marc-Antoine K. Phaneuf, auxquelles Ciel variable consacre la section thématique de ce numéro, ont ceci en commun qu'elles sont le fruit de processus de stratification. Ces oeuvres permettent d'apprécier comment l'ajout de signes peut modifier, enrichir ou court-circuiter la nature et le sens d'une image.

  • En géologie, le concept de stratification renvoie à l'idée d'un processus au cours duquel des sédiments s'accumulent en couches, pour éventuellement former des ensembles sédimentaires plus ou moins hétérogènes, mais qui n'en demeurent pas moins des unités de sens à part entière. Ainsi en va-t-il de certaines images, dont la compréhension suppose un effeuillage des différentes strates de signes qui les constituent. À ce titre, les séries Scarti d'Adam Broomberg et Oliver Chanarin, Copperheads de Moyra Davey ainsi que les Études préparatoires de Marc-Antoine K. Phaneuf, auxquelles Ciel variable consacre la section thématique de ce numéro, ont ceci en commun qu'elles sont le fruit de processus de stratification. Ces oeuvres permettent d'apprécier comment l'ajout de signes peut modifier, enrichir ou court-circuiter la nature et le sens d'une image.

  • Portant sur la notion d'habitat, le dossier du numéro 99 de Ciel variable juxtapose les travaux récents de Normand Rajotte et de Stephen Gill, deux photographes qui se démarquent par une pratique du terrain particulièrement adaptée à leur objet d'investigation. Rajotte observe les moindres variations d'un territoire familier qui s'est vu récemment transformé par l'activité des castors, tandis que Gill s'intéresse à la vie urbaine des pigeons sous les ponts. Ce dossier est complété par les oeuvres de plus jeunes artistes, Allison Tweedie et Steve Veilleux, dont les investigations passent par le relais d'images trouvées. Aussi dans ce numéro, le travail de Valérie Jouve avec quatre palestiniennes, la photographie oubliée de Béla Egyedi, un compte-rendu de l'événement PHotoEspaña et le magazine parodique Art Système.

  • Chacune à leur façon, les oeuvres de ce numéro parlent de photographie et d'images analogiques en les transposant dans d'autres moyens d'expression artistique (simulation numérique, film, vidéo, sculpture, peinture). L'empreinte de la lumière se retrouve ainsi matérialisée dans des formes abstraites et épurées qui multiplient les registres de référentialité des images tout en relativisant le lien privilégié de la photographie au réel. Les grandes images de Thomas Ruff, réalisées avec des logiciels d'imagerie numérique en 3D, les images animées de Lorna Bauer et Jon Knowles, l'installation vidéo et les sculptures de Jacinthe Lessard L. ainsi que les images abstraites d'Henri Venne sont au coeur de ce dossier.

  • Le dossier thématique intitulé "CYBER / ESPACE / PUBLIC" examine un certain nombre d'enjeux liés au régime numérique des images et à leur circulation sur les réseaux. Réalisé sous la direction de Suzanne Paquet, on y traite entre autres des possibilités de relecture et de recontextualisation des images contenues dans les immenses banques de données visuelles telles que YouTube (La trilogie du Web, Dominic Gagnon), Google Street View (9-eyes, Jon Rafman), ou le Web tout entier. À lire aussi dans ce numéro, une réflexion de Pierre Dessureault sur la photographie de guerre dans les oeuvres de Don McCullin (Collision) et Hélène Doyon (Dans un océan d'images), une critique de Philippe Guillaume sur la récente exposition de Lynn Cohen au MAC et un entretien avec Paul Wombell sur Drone : l'image automatisée, thème qu'il a choisi pour le Mois de la photo de Montréal 2013.

  • Ciel variable numéro 97 nous présente une « Galerie de portraits » bien particulière. En effet, que peuvent bien avoir en commun les portraits de ces gens ici rassemblés (gitans, mineurs, aristocrates, modèles, noctambules...), si ce n'est que les moyens mis en oeuvre par les photographes leur confèrent une certaine dignité? Les trois artistes présentés ici - Pierre Gonnord, Christian Tagliavini, Gabriel Coutu-Dumont - sont aussi unis par une démarche singulière : le croisement de références et de savoir-faire photographiques et picturaux qui s'incarne dans les clairs-obscurs, les cadrages, les poses, les textures et le drapé des vêtements, les ports de tête et, par-dessus tout, les regards. Reposant sur une grande maîtrise des moyens, le travail de ces artistes témoigne d'un regard aigu et sensible sur la multiplicité des existences.

  • Le dossier thématique de ce numéro présente les oeuvres récentes de trois artistes montréalaises (Jacynthe Carrier, Marisa Portolese et Kim Waldron) sous l'angle de la dimension performative de leurs images. Les corps y sont mis en scène de sorte à faire pleinement ressortir la part que les proches, l'étranger et l'animal occupent dans notre identité. Ce numéro publie également dans ses pages un entretien réalisé avec Luc Courchesne autour de l'oeuvre significative qu'il a produite pour madame Phyllis Lambert dans le cadre du projet Sitegeist. Quant à la section « Focus », elle réunit des commentaires sur les grandes expositions photographiques récentes, soit les éditions 2013 de CONTACT à Toronto, du Mois de la Photo à Montréal et des rencontre d'Arles.

  • Ciel variable numéro 93 présente un dossier spécial, dirigé par Vincent Lavoie, portant sur la pratique et les enjeux de la preuve médico-légale dans le champ des arts visuels. Des oeuvres aux sujets parfois surprenants : traitement des prisonniers à la prison d'Abu Ghraib (Errol Morris), reconstitution de scènes de crimes (Corinne May Botz), archives judiciaires (Emmanuelle Léonard), recréation d'échantillons d'ADN (Paul Vanouse), scènes filmées par la police (William E. Jones), erreurs judiciaires (Taryn Simon) et analyses météorologiques (Phil Chadwick). Également dans ce numéro, un article de Jean-François Nadeau sur les Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie (2012) et un entretien avec Joan Fontcurberta sur les enjeux de l'image photographique à l'ère du Web 2.0.

  • Comment inscrire l'art public dans la ville autrement? Pour analyser la question, Jacques Doyon dirige un dossier réunissant trois artistes aux approches fort différentes : la sculpture-installation de Nicolas Baier créée pour le 50e de la Place Ville-Marie, les graffitis urbains de Dominique Auerbacher et les fresques photographiques de Patrick Dionne et Miki Gingras. La section « Focus » de la revue s'attarde sur ­Anticoste­ de Richard Baillargeon, une mosaïque de photos et d'objets hétéroclites rassemblés comme autant de fragments à recomposer pour « lire » l'histoire de l'île, et sur la récente exposition d'Omer Fast, ­Continuous Coverage­, à la galerie d'art contemporain The Power Plant. La revue clôt ses pages avec un entretien de Jacques Doyon avec Bonnie Rubenstein, directrice artistique du festival de photographie CONTACT de Toronto.

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