Les petits matins

  • Il y a 2 600 ans, en Lydie, dans l'actuelle Turquie, naissait la monnaie. Il y a à peine plus d'un siècle, à Detroit, le fordisme associait production et consommation de masse. En 1474, Venise instituait le brevet d'inventions... De la révolution néolithique à la crise financière actuelle, ce guide raconte l'histoire économique en trente-huit dates-clés. Il montre comment le jeu qui réunit, et parfois oppose, production, marchands, princes et financiers a engendré le capitalisme moderne. Comment l'Occident a étendu sa domination depuis le XIVe siècle. Comment les techniques ont porté la mondialisation de l'économie, même si elles n'en sont pas à l'origine. Une plongée dans le temps long de l'histoire qui permet aussi de mieux comprendre le monde d'aujourd'hui.

  • La croissance : un remède à tous les maux ! Tel est le discours martelé par nos dirigeants depuis des décennies, qu'il s'agisse de réduire le chômage, de régler le problème des retraites, de résorber les inégalités ou de surmonter la crise écologique. Et si la croissance n'était pas la solution, mais le problème ? Elle est désormais un facteur de crise, une menace pour la planète et un obstacle au progrès. Faut-il pour autant nous résoudre à une austérité punitive ? Certes non, affirme Jean Gadrey, qui prône une société privilégiant le " mieux-être " et non le " plus-avoir ". Une société qui doit, et peut, viser le plein-emploi ainsi qu'un haut niveau de protection sociale pour tous. C'est le chemin d'une autre prospérité qui est ici proposé, plus juste, moins violente et donc réellement durable.

  • Le changement climatique et l'épuisement des ressources provoqueront des crises toujours plus dramatiques si nous ne réagissons pas très rapidement. La bonne nouvelle, c'est que des solutions existent et qu'elles n'ont rien de punitif : elles peuvent au contraire nous permettre de vivre mieux. Engager la transition écologique, ce n'est pas proposer un simple verdissement du système actuel, c'est adopter un nouveau modèle économique et social, rompant avec la dictature du PIB. Un modèle qui renouvelle nos façons de consommer, de produire, de travailler, de vivre ensemble. Qui fait la part belle au plaisir, aux liens, au temps libre. Qui permet et encourage la participation des citoyens. C'est une société plus juste et plus douce qui est ici présentée. Un " mode d'emploi " pour réconcilier le nécessaire et le souhaitable.

  • Dans la famille Gide, André est très connu, mais Charles – l'oncle du précédent – vaut la peine de l'être également. Voilà en effet un économiste à barbiche qui était tout sauf barbant. C'était un auteur à la plume alerte et aux compétences reconnues, notamment dans le domaine de la pensée économique, où il fait toujours référence. Mais surtout, au lieu d'encenser le capitalisme d'alors (celui des années 1880-1930), comme le faisaient la plupart de ses confrères, il lui trouvait beaucoup de défauts. Aussi plaidait-il en faveur d'un système coopératif qui, sans répudier le marché, instaurerait, espérait-il, davantage de démocratie et de justice sociale. Ce plaidoyer garde aujourd'hui une étonnante actualité, comme le montrent les extraits sélectionnés ici.

  • Les débats autour de la mondialisation et du commerce international ne datent pas d'aujourd'hui. À la fin du XIXe siècle, ils déchaînent les passions dans les travées de l'Assemblée. S'y affrontent déjà les avocats du libre-échange et les partisans de mesures protectionnistes. Une alternative binaire que certains refusent cependant. Un jeune député du Tarn renvoie ainsi dos à dos les uns et les autres : Jean Jaurès. Au fil de plusieurs interventions, il rappelle que la principale question posée par un tel débat consiste à déterminer qui sont les " gagnants " et les " perdants " des politiques envisagées. Une leçon toujours d'actualité que l'on découvre ici en même temps que la verve d'un orateur d'exception dans l'atmosphère vivante du lieu où se votent les lois de notre République.

  • Le nom de Taylor est généralement associé à un système d'organisation du travail parcellisé à l'extrême, dans lequel les ouvriers seraient privés de toute initiative. Pourtant, comme cet ancien manœuvre devenu ingénieur l'a lui-même reconnu, il n'a pas inventé la division du travail. Il croit en revanche que, par une étude méthodique des tâches, il est possible d'accroître leur efficacité, au bénéfice tant des patrons que des travailleurs. C'est cette ambition de mettre fin à la lutte des classes par l'élimination des gaspillages d'énergie que Taylor expose dans son ouvrage majeur, Les Principes d'organisation scientifique du travail, dont sont ici proposés des extraits. Un projet non dénué de contradictions, qui n'est peut-être en fin de compte que la traduction logique de la quête effrénée de croissance qui anime toujours nos sociétés.

  • L'école primaire est aujourd'hui accusée de tous les maux, au point de nourrir la nostalgie des bonnes vieilles méthodes d'antan. Plutôt que de fantasmer sur une institution idéale qui n'a jamais existé, ce livre s'efforce de dégager des pistes permettant d'affronter les difficultés bien réelles que connaît l'école primaire, afin qu'aucun élève ne sorte demain du système éducatif sans qualification. Ce résultat ne sera pas atteint en un jour. Raison de plus pour définir des priorités claires, et s'y tenir. Au-delà des programmes et des contenus d'enseignement, ce sont aussi le fonctionnement et l'organisation des écoles, les relations avec les parents et les partenaires de l'école qu'il faut revoir, la formation des maîtres et les conditions d'exercice du métier qu'il faut transformer. Il importe de redonner confiance aux enseignants, un préalable pour changer l'école !

  • L'économie sociale et solidaire fait aujourd'hui figure de nouvelle alternative au capitalisme. De fait, son objectif premier n'est pas de dégager du profit, mais de produire des biens et services utiles à tous. Issue d'initiatives citoyennes, elle apporte la preuve que la recherche de l'enrichissement personnel n'est pas l'unique motif qui puisse donner envie d'entreprendre. Constitue-t-elle pour autant une force politique, un mouvement susceptible de transformer profondément notre économie et notre société ? Sa gouvernance, qui se veut démocratique, est-elle vraiment exemplaire ? A-t-elle vocation à s'étendre, se généraliser ? Enfin, cette généralisation est-elle souhaitable ? Autant de questions auxquelles l'auteur répond dans ce livre, nourri de nombreux exemples. Pour lui, il est temps de regarder " l'ESS " telle qu'elle est, et non dans sa version idéalisée : c'est à cette condition qu'on pourra apprécier dans quelle mesure et à quelles conditions elle peut contribuer à rendre l'économie plus démocratique, plus juste et plus soutenable.

  • La France et l'Europe ont subi un choc majeur qui alimente le pessimisme pour l'avenir. Pourtant, le pire n'est inéluctable ni en France ni en Europe. L'ampleur de la crise sur le Vieux Continent s'explique surtout par la mauvaise organisation de l'Union : si nous étions capables de sortir – enfin – de la concurrence de tous contre tous, notamment pour engager ensemble la conversion écologique de nos économies, nous pourrions continuer à vivre décemment. Au sein de cette Europe mal organisée, explique l'auteur, la France n'a pas, contrairement à l'Allemagne, alimenté les déséquilibres qui menacent l'euro et elle a mieux résisté que les autres à la crise. Chômage, industrie, dette publique, inégalités : les problèmes auxquels l'Hexagone est confronté sont cependant considérables. Mais si, sans chercher à imiter un " modèle allemand " inadapté, les Français prennent – enfin – au sérieux leur discours égalitaire et évoluent vers une " démocratie complexe " associant véritablement les corps intermédiaires aux grands choix du pays, ils pourront se remettre à espérer un avenir meilleur.

  • Quels seront les métiers porteurs dans dix ans ? L'économie verte va-t-elle vraiment créer des emplois ? Allons-nous devoir changer cinq fois de travail dans notre vie ? Sommes-nous tous condamnés à la précarité ? Faudra-t-il travailler plus demain ? Le chômage est-il la faute de l'école ? Autant de questions sur les métiers et l'emploi auxquelles Philippe Frémeaux répond de façon claire et concrète dans ce livre qui décortique les idées reçues et pointe les vraies évolutions comme les alternatives possibles. Un tour d'horizon sans angélisme ni catastrophisme pour comprendre le monde du travail d'aujourd'hui et se préparer à celui de demain.

  • Que recouvrent des concepts comme le taylorisme, le toyotisme, la stratégie, le leadership ? En quoi le Français Henri Fayol complète-t-il l'Américain Frederick Taylor, inventeur de l'organisation scientifique du travail ? Pourquoi Michael Porter, qui n'a jamais quitté l'université de Harvard, est-il le consultant le mieux payé du monde ? Ce livre répond à toutes ces questions, et présente le parcours et les enseignements d'autres grandes figures du management, comme Luca Pacioli, Auguste Detoeuf ou encore Mary Parker Follett.

  • Quand la croissance n'est pas au rendez-vous, les politiques publiques doivent donner la priorité à la création d'emplois et non à l'austérité budgétaire. Tel est l'argument développé dans ces extraits de La Science économique et l'action, de Pierre Mendès France et Gabriel Ardant, publié en 1954. Pour le démontrer, ils s'appuient sur l'histoire : le mauvais exemple des politiques de Brüning et de Laval au début des années 1930, le bon exemple du New Deal de Roosevelt. Ces textes semblent avoir été écrits aujourd'hui tant ils font écho aux préoccupations économiques françaises sur l'austérité budgétaire et la montée du chômage. Une contribution très actuelle au débat politique européen !

  • Le gouvernement a trouvé le responsable du trou de la Sécu : le malade, bien sûr, affamé de pilules inutiles et de consultations abusives, coupables de fumer ou de mal se nourrir, en dépit des campagnes de prévention. Et pour remédier à cela, il réforme, tout comme ses prédécesseurs depuis 2002. Tarification à l'activité, franchises médicales, déremboursements : l'effort demandé pèse systématiquement sur les assurés. La responsabilité des laboratoires pharmaceutiques ou des médecins tout comme les politiques d'exonérations sociales dont bénéficient les entreprises ne sont, quant à elles, jamais interrogées. Les auteurs rejettent ce discours culpabilisant et cette vision strictement financière, qui nous entraînent vers un système pénalisant les plus modestes et posant de graves questions de santé publique. Ils montrent qu'un projet de santé alternatif, fondé sur le principe de solidarité, est possible.

  • La crise, ce n'est pas marrant. Les faillites et le chômage engendrés par l'irresponsabilité des dirigeants du système financier mondial ne donnent guère envie de rire. Il ne faut donc pas s'y tromper : ce petit dictionnaire ironique des mots de la crise est tout à fait sérieux. Plus que les discours de ceux qui nous dirigent, de ceux qui prétendent nous informer, de ceux qui nous expliquent comment on en est arrivé là après nous avoir affirmé si longtemps que tout était sous contrôle. En décryptant un par un les mots de la crise, des bonus aux subprime en passant par les parachutes dorés, Philippe Frémeaux et Gérard Mathieu nous montrent qu'il est temps de dire que le roi est nu, et d'être entendu.

  • arlez sans peine l'économiste ! Ce livre très accessible et non dénué d'humour donne les clés pour comprendre la pensée des grands auteurs ainsi que leur jargon. Il présente les familles fondatrices de la science économique, leurs chapelles, leurs lois et théorèmes, et fait le tour des débats qui agitent les membres de cette tribu. Que disent-ils et en quoi s'opposent-ils sur la croissance, l'emploi, la mondialisation, le rôle de l'État ? Un guide exhaustif autant qu'un panorama des grandes questions qui se posent au monde aujourd'hui.

empty