Langue française

  • Traduit pour la première fois en français, le Livre des Paraboles de la Genèse est un ouvrage essentiel de Maître Eckhart, où l'on retrouve les grands thèmes de son oeuvre : Dieu est un et trine, l'image de Dieu en l'homme ne peut être perdue.
    À l'instar de saint Augustin, Eckhart, Magister in Sacra Pagina et prédicateur, reprend plusieurs fois son commentaire de la Genèse pour en dégager le véritable sens. Sa méthode parabolique, empruntée à Maïmonide, n'a qu'un but : rendre ce texte fondamental de l'Écriture accessible à tous.
    Marie-Anne Vannier, professeur à l'université de Lorraine, membre de l'IUF, dirige l'équipe de recherches sur les mystiques rhénans et est responsable de projets MSH (Maison des sciences de l'homme Lorraine). Elle a publié de nombreux ouvrages sur Maître Eckhart et saint Augustin.

    Maxime Mauriège est chercheur au Thomas Institut de l'université de Cologne et membre de l'équipe de recherches sur les mystiques rhénans.
    Jean-Claude Lagarrigue est professeur agrégé de philosophie au Gymnase Jean-Sturm à Strasbourg, docteur en philosophie et membre de l'équipe de recherches sur les mystiques rhénans.

  • Nicolas de Cues (1401-1464) marqua de son empreinte la pensée européenne, de la Renaissance à l'époque moderne.
    Lecteur assidu de la tradition philosophique de l'Antiquité et du Moyen Âge, curieux de science, de médecine et des arts, Nicolas de Cues rédigea notamment La Docte Ignorance, Les Conjectures, La Pensée, La Paix de la foi et La Vision de Dieu.
    Nous proposons ici un ensemble cohérent et très largement annoté de textes de la philosophie tardive du Cusain : Le Dialogue à trois sur le Pouvoir-est, La Chasse de la sagesse, Le Compendium et La Cime de la contemplation.
    Avec l'invention du néologisme pouvoir-est, Nicolas de Cues développe une philosophie du pouvoir et de la puissance qui lui permet de résoudre, tant d'un point de vue ontologique que gnoséologique, les difficultés nées de ses thèses infinitistes antérieures. Il cherche à éviter l'aporie aristotélicienne entre l'infinité du possible, requise par la toute puissance de Dieu, et l'actualité finie de la création. La puissance divine se révèle successivement comme pouvoir-est, pouvoir-faire et pouvoir-même. Nicolas de Cues initie ainsi une métaphysique de l'expression qui trouve son plein essor chez Giordano Bruno qui le copie abondamment, puis chez Spinoza et Leibniz.
    Rédigée à la lecture de Diogène Laërce, La Chasse de la sagesse, véritable testament philosophique, permet en outre de ressaisir l'ensemble des principales intentions du Cusain : sa conception augustinienne de la philosophie comme recherche et théorie de l'unité, sa doctrine de la participation à l'un, le dernier développement de son principe de la coïncidence des opposés, un dernier infléchissement de sa pensée de l'intellect, et sa compréhension de la nomination.

    Ingénieur et docteur en philosophie, membre de l'ERIAC, Jocelyne Sfez est professeur de philosophie au lycée et chargée de cours à l'université de Rouen et à l'université Jean-Moulin à Lyon. Elle poursuit actuellement ses recherches sur les sources du Cusain et sur sa réception. Elle a notamment publié L'Art des conjectures de Nicolas de Cues (2012) et traduit Les Conjectures de Nicolas de Cues (2011).

  • Le traité Sur les substances séparées, bien que resté inachevé, n'en est pas moins l'un des chefs d'oeuvre de Thomas d'Aquin. Dans cet écrit de maturité composé à Paris ou à Naples dans la seconde moitié de 1271, l'auteur aborde les questions de l'origine, de la nature, du statut et du rôle des créatures spirituelles que la tradition biblique, distinguant les bons des mauvais, appelle anges et démons. Adoptant une perspective aussi bien philosophique que théologique, il se confronte tout d'abord aux diverses opinions antiques sur le sujet, depuis les présocratiques jusqu'aux philosophes de langue arabe, en passant par Platon, Aristote, les penseurs médio et néo platoniciens, avant de reprendre dans un deuxième temps les mêmes questionnements à la lumière de la doctrine chrétienne (Bible et Pères de l'Église). Les problèmes, abordés de façon à la fois historique et systématique, couvrent des thématiques d'une grande richesse et complexité, telles l'hylémorphisme universel d'Avicébron et la théorie émanatiste d'Avicenne, la connaissance divine des singuliers ou encore la présence du mal dans les anges. Devant la démultiplication des médiations philosophiquement posées entre Dieu et le monde sublunaire (moteurs célestes, Idées, hénades, âmes des sphères), Thomas d'Aquin cherche à établir le caractère immédiat et universel de la causalité divine créatrice, tout en soulignant la consistance des substances séparées dans leur ordre propre.

    Nicolas Blanc est docteur de l'École Pratique des Hautes Études (Paris) en Philosophie, Textes et Savoirs. Il a soutenu sa thèse sur le De natura hominis de Némésius d'Émèse. Ses recherches portent sur la philosophie antique, la théologie patristique et la métaphysique médiévale.

  • « L'ancienne université de Paris a été la matrice où s'est élaboré tout notre système d'enseignement. Toute notre évolution pédagogique ultérieure en porte la marque », affirmait Émile Durckheim dans le cours d'histoire de l'éducation qu'il donnait à la Sorbonne en 1904-1905. Or si la fondation de l'Université de Paris, peu avant 1208, a été maintes fois décrite, les documents qui l'attestent, rédigés en latin, n'ont jamais été présentés dans un recueil en traduction française. Le présent volume entend combler cette lacune. Il contient la traduction des premiers témoignages relatifs à l'organisation de la corporation ou « université » des maîtres parisiens. On y trouvera vingt-deux textes, statuts, lettres et sermons, s'échelonnant sur une période qui s'étend du concile de Latran III (1179) à la fondation de la Sorbonne (1257), parmi lesquels figurent notamment le privilège de Philippe Auguste (1200), le statut de Robert de Courson (1215), la bulle Parens scientiarum (1231), le statut de la Faculté des arts de 1255 et le Livre de conscience de Robert de Sorbon.
    Ancienne élève de l'École Normale Supérieure de la rue d'Ulm, agrégée de philosophie, Pascale Bermon est chargée de recherche au CNRS, PSL Research University Paris, LEM (UMR 8584). Elle est l'auteur d'un ouvrage sur Grégoire de Rimini ( L'Assentiment et son objet chez Grégoire de Rimini, 2007) et de nombreux articles sur la philosophie médiévale.

  • Ouvrage le plus lu d'Henri Suso, L'Horloge de la Sagesse a connu un succès analogue à L'imitation de Jésus-Christ. Mais, ce livre, paradoxalement, n'était plus accessible en français, d'où l'intérêt de cette nouvelle traduction.
    Ainsi pourra-t-on voir comment Henri Suso, ce disciple de maître Eckhart, propose un chemin spirituel, axé sur l'imitation du Christ dans sa Passion, dont L'horloge marque les différentes heures dans la journée. Avec cet ouvrage, qui reprend en latin le Petit Livre de la Sagesse éternelle, Suso se présente comme le Serviteur de la Sagesse éternelle et prépare déjà le tournant de la mystique rhénane à la Devotio moderna.
    Pour la première fois, L'Horloge de la Sagesse est publié avec l'essentiel de l'iconographie qui lui a été consacrée, non seulement dans le manuscrit de Bruxelles, mais aussi dans nombre d'autres manuscrits, qui en scandent les différentes étapes.
    Henri Suso (1295-1366) est l'un des mystiques rhénans. Il passe la majeure partie de sa vie à Constance, où il entre au Couvent des Dominicains, avant d'être envoyé à Ulm en 1347/1348. Sa Vie est retracée dans l'Exemplar.

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