Littérature générale

  • Il pleuvait à torrents et personne, vraiment personne, n'était prêt à ouvrir sa porte, et surtout pas à ces individus. Oui, il y avait des Blancs parmi eux-les humanitaires qui les accompagnaient-mais ils étaient tout aussi étranges que les autres malheureux, mal fagotés et mal en point. Que venaient-ils faire, ces envahisseurs, dans notre petit village où il n'y avait plus de maire, plus d'école, où les trains ne passaient plus et où même nos enfants ne voulaient plus venir? Nous nous demandions comment les affronter, où les abriter puisqu'il le fallait. Eux aussi, les migrants, avaient l'air déboussolés. C'était pour ce coin perdu de Sardaigne, ce petit village délaissé, qu'ils avaient traversé, au péril de leur vie, la Méditerranée? C'était ça, l'Europe?

  • Benjamin Grossman veut croire qu'il a réussi, qu'il appartient au monde de ceux auxquels rien ne peut arriver, lui qui compte parmi les dirigeants de BeCurrent, une de ces fameuses plateformes américaines qui diffusent des séries à des millions d'abonnés. L'imprévu fait pourtant irruption un soir, banalement: son téléphone disparaît dans un bar-tabac de Belleville, au moment où un gamin en survêt le bouscule. Une poursuite s'engage jusqu'au bord du canal Saint-Martin, suivie d'une altercation inutile. Tout pourrait s'arrêter là, mais, le lendemain, une vidéo prise à la dérobée par une lycéenne fait le tour des réseaux sociaux. Sur le quai, les images du corps sans vie de l'adolescent, bousculé par une policière en intervention, sont l'élément déclencheur d'une spirale de violences. Personne n'en sortira indemne, ni Benjamin Grossmann, en prise avec une incertitude grandissante, ni la jeune flic à la discipline exemplaire, ni la voleuse d'images solitaire, ni les jeunes des cités voisines, ni les flics, ni les mères de famille, ni les travailleurs au noir chinois, ni le prédicateur médiatique, ni même la candidate en campagne pour la mairie. Tous captifs de l'arène: Paris, quartiers Est.
    Négar Djavadi déploie une fiction fascinante, ancrée dans une ville déchirée par des logiques fatales.

  • Le Mississippi. Un fleuve mythique qui descend du lac Itasca dans le Minnesota jusqu'au golfe du Mexique, en passant par Saint-Louis et La Nouvelle-Orléans. Impétueux et dangereux, il charrie des poissons argentés, des branches d'arbre arrachées, des tonnes de boue, mais aussi l'histoire du pays et les rêves d'aventure de ses habitants. À l'âge de trente ans, Eddy décide de répondre à l'appel de l'Old Man River, de suivre en canoë son parcours fascinant pour sonder le coeur de l'Amérique et le sien, tout en prenant la mesure du racisme, lui qui ne s'est jamais vraiment vécu comme Noir. Au passage, il expérimentera la puissance des éléments, la camaraderie des bateliers, l'admiration des curieux ou l'animosité de chasseurs éméchés. Mais aussi la peur et le bonheur d'être seul. Il en sortira riche d'une force nouvelle et d'un livre fondateur, publié en France pour la première fois.

  • Septembre 1884. Nézida. Ils parlent d'elle. Ils ont grandi ensemble, l'ont côtoyée à l'école et au temple, au hameau et au village lors des marchés et des fêtes. Elle est de retour parmi eux, sur les hautes terres de la Drôme provençale où s'accrochent les familles protestantes depuis des siècles. C'est là qu'elle a été baptisée d'un prénom singulier. Elle a choisi la liberté et l'indépendance. Elle a su ne pas être captive d'une vie toute tracée et s'épanouir à la ville, Lyon. Sur son passage, elle n'a cessé de soulever l'étonnement et la réprobation. Et l'admiration aussi, même chez ceux qui ne pouvaient comprendre son opiniâtreté à ne rien renier, ni les siens ni elle-même, et accepter sa volonté d'être une femme inscrite dans la société, loin des frivolités mondaines. Une vie trop brève, fulgurante comme le vent sur les pierres de Dieulefit.

  • Ru

    Kim Thúy

    Une femme voyage à travers le désordre des souvenirs : l'enfance dans sa cage d'or à Saigon, l'arrivée du communisme dans le Sud-Vietnam apeuré, la fuite dans le ventre d'un bateau au large du golfe de Siam, l'internement dans un camp de réfugiés en Malaisie, les premiers frissons dans le froid du Québec. Récit entre la guerre et la paix, Ru dit le vide et le trop-plein, l'égarement et la beauté. De ce tumulte, des incidents tragi-comiques, des objets ordinaires émergent comme autant de repères d'un parcours. En évoquant un bracelet en acrylique rempli de diamants, des bols bleus cerclés d'argent ou la puissance d'une odeur d'assouplissant, Kim Thúy restitue le Vietnam d'hier et d'aujourd'hui avec la maîtrise d'un grand écrivain.
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  • Autour du feu, les hommes du clan ont le regard sombre en ce printemps 1940. Un décret interdit la libre circulation des nomades et les roulottes sont à larrêt. En temps de guerre, les Manouches sont considérés comme dangereux. Dailleurs, la Kommandantur dAngoulême va bientôt exiger que tous ceux de Charente soient rassemblés dans le camp des Alliers. Alba y entre avec les siens dans linsouciance de lenfance. À quatorze ans, elle est loin dimaginer quelle passera là six longues années, rythmées par lappel du matin, la soupe bleue à force dêtre claire, le retour des hommes après leur journée de travail Cest dans ce temps suspendu, loin des forêts et des chevaux, quelle deviendra femme au milieu de la folie des hommes.
    Nentre pas dans mon âme avec tes chaussures, dit le proverbe: on nentre pas impunément chez les Tsiganes, ni dans leur présent ni dans leur mémoire Mais cest dun pas léger que Paola Pigani y pénètre. Et dune voix libre et juste, elle fait revivre leur parole, leur douleur et leur fierté.

  • Ils sont arrivés à Lyon au printemps 2001. Ils ont un peu plus de vingt ans et leur voyage ressemble à celui de milliers d'autres Kosovars qui fuient la guerre: le passage clandestin des frontières, les mois d'attente poisseux dans un centre de transit avant d'obtenir le statut de réfugié... Mirko et sa soeur Simona partagent la même histoire et pourtant leur désir de France n'est pas tout à fait le même. Son intégration, Simona veut l'arracher au culot et à la volonté. Alors elle s'obstine à apprivoiser les lois du labyrinthe administratif et les raffinements de la langue. Mirko est plus sauvage. Pour lui, le français reste à distance. Il travaille sur des chantiers avant de regagner la solitude d'un foyer anonyme. Souvent, il pousse jusqu'aux lisières de la ville où il laisse sur les murs des graffs rageurs. C'est dans ces marges qu'il rencontre Agathe et tisse le début d'un amour fragile. Dans de brefs chapitres, Paola Pigani dépeint avec délicatesse chaque nuance de l'exil. En filigrane, la beauté de la ville, le hasard des rencontres, le goût amer de la nostalgie.

  • En décembre 1918, à Annecy, l'armistice est signé, mais les trains continuent de ramener du front des hommes à jamais meurtris. L'un d'eux, à l'identité inconnue, semble ne pas vouloir se réveiller. C'est à Claire, une jeune novice travaillant depuis quatre ans dans son service, que le professeur Tournier confie la tâche de ramener à la vie ce corps muet, refermé sur ses souvenirs. Par fragments, l'inconnu se dévoile au lecteur et la jeune infirmière à elle-même... Les débuts de la psychiatrie, les vestiges de la guerre et l'apprentissage du désir forment un violent mélange qui en quelques semaines peut faire basculer toute une vie.

  • Jim Lamar? «Quand je dis que c'est pas lui, je veux dire que c'est plus lui.» Voici le commentaire qui accueille après treize ans d'absence le revenant, le rescapé de la guerre du Vietnam. Un pays dont on se soucie peu ici à Stanford: l'interminable Mekong est si loin du boueux Mississippi... Et le retour tardif de Jim ? Saigon a été abandonné depuis de longues années par les troupes américaines ? n'est plus souhaité par personne. Son intention de se réapproprier la ferme familiale, objet de toutes les convoitises, et ses manières d'ermite dérangent tout le monde. Tout le monde, à l'exception du jeune Billy qui, en regardant et en écoutant Jim le temps d'un été, va en apprendre bien plus sur les hommes que durant les treize années de sa courte existence.

  • «Quand on parle de moi, il y a toujours l'usine. Pas facile de parler d'autre chose.» Dans un monologue destiné au plus jeune de ses fils, Louis Catella se dévoile. Mouleur syndicaliste aux Fonderies et Aciéries du Midi, il s'épuise dans la fournaise des pièces à produire et le combat militant. Il raconte aussi la famille, l'amour de Rose, le chahut des garçons, les efforts rageurs pour se payer des vacances... Une vie d'ouvrier, pas plus, pas moins. Jusqu'au grand silence du 16 juillet 1974. Louis meurt accidentellement. Et pourtant l'impossible monologue se poursuit, retraçant la vie sans père de ce fils qui n'avait que sept ans au moment du drame. Partagé entre le désir d'échapper à ce fantôme encombrant dont tout le monde tisse l'éloge et la peur de trahir, c'est à lui maintenant de devenir un homme. Ce roman intense brosse la chronique de la France ouvrière des années 60-70, le récit intime de l'absence, la honte et la fierté mêlées des origines. «Un beau livre de deuil mais aussi d'affranchissement.» Livres-Hebdo

  • Perchée sur la colline, à lécart du centre-ville, une cité ouvrière et son bistrot : le Bel-Air. Au comptoir, le patron senflamme contre les Arabes du foyer de travailleurs et, depuis le baby-foot, les jeunes reluquent la serveuse en se prenant pour Marlon Brando. Gérard et Franck ont grandi là comme des frères. Mais alors quune guerre se termine en Indochine et quune autre débute en Algérie, leurs premiers choix dhommes vont brutalement les séparer. Bien des années plus tard, alors que le Bel-Air est sur le point de disparaître, une ultime rencontre jettera un éclairage nouveau sur le passé et sur leurs certitudes. Bel-Air renoue avec lécriture fougueuse et les thèmes chers à Lionel Salaün: le racisme ordinaire, le clivage social, lamitié, la loyauté.

  • La maison familiale au Maroc, lieu de l'enfance et des souvenirs, elle n'y passait plus que des vacances... Rosa l'a quittée il y a vingt ans, pour faire un beau mariage en métropole, au milieu des années cinquante, au moment où l'Histoire a changé la donne. Alors quand Egon, son second père, meurt, ce retour aux sources ne peut être que bouleversant. Chaque objet effleuré, chaque tiroir ouvert, chaque propos échangé avec sa vieille nourrice ou sa volubile marraine, réveille un nouveau fantôme. Face au passé, à ce deuil qui fait écho à d'autres deuils, à la transmission inattendue de secrets de famille, ce sont ses propres choix de vie qu'elle va comprendre peu à peu et remettre en question.
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  • Une cabine téléphonique à Belleville. Une sonnerie qui résonne dans le vide chaque jour à midi. Répondre serait absurde. C'est pourtant ce que fait Éva. Pour cette jeune femme qui a mis sa vie entre parenthèses depuis qu'un cancer la menace, la voix venue des bords du Nil va devenir un point d'ancrage. C'est grâce à cette voix, grâce aux récits désormais quotidiens que lui fait Gabriel, un photographe parti réaliser un reportage sur la vallée des morts d'Abydos, qu'elle saura faire sienne la vision de l'au-delà des anciens Égyptiens: un fil tendu entre passé et présent, un passage de l'obscurité à la lumière.
    Comme ses personnages, fragment après fragment, Aline Kiner façonne un roman pudique et solaire sur notre peur du néant et des rendez-vous manqués. Entretien avec Aline Kiner : Après Le Jeu du pendu (Liana Levi, 2011) pourquoi ne pas avoir écrit un autre roman policier ?
    Pour moi, le roman policier n'est pas un genre fermé. C'est une forme d'écriture, un système de codes, qui permet d'approcher ce qui me passionne le plus : la vérité des êtres et leur façon de se débrouiller avec cette drôle de chose qu'est la vie. Il ouvre aussi au lecteur des univers qu'il ne connaît pas. Dans Le Jeu du pendu, j'ai aimé raconter un petit village de Lorraine marqué par les souvenirs de la guerre, le rapport ambivalent des hommes à la mine, les failles des personnages... Mon nouveau roman emprunte d'autres codes, mais finalement, l'essentiel n'est pas si éloigné. Et même s'il s'agit d'une histoire plus intime, j'ai voulu instiller une certaine tension dramatique, un suspens.
    Après tout, je suis un « jeune » auteur. J'ai envie d'explorer des gammes différentes. Disons que c'est un nouveau premier roman...
    Dans La vie sur le fil, c'est l'univers de l'archéologie, et en particulier l'Égypte ancienne, que vous donnez à découvrir...
    J'ai toujours été passionnée par l'histoire. Pour Sciences et Avenir, j'ai eu la chance de réaliser de nombreux reportages en Égypte, de suivre plusieurs chantiers archéologiques majeurs, de pénétrer dans des pyramides et des tombes interdites de la Vallée des Rois. Mais mon plus grand souvenir reste celui d'un séjour, en 2006, sur le site d'Abydos. C'est l'un des points de départ du livre : la maison de fouilles blanche perdue dans le désert où j'ai séjournée, la nécropole d'Oumm el-Qa'ab dans laquelle ont été inhumés les tout premiers souverains d'Égypte. « Un monde des débuts », comme le dit un de mes personnages, où tout a été inventé : l'écriture, l'institution pharaonique, l'idée d'immortalité... Pour le personnage de Jonn, je me suis souvenu de l'égyptologue allemand Günther Dreyer, le découvreur de la tombe du roi Scorpion avec qui j'ai longuement arpenté cette nécropole.
    Et celui d'Éva, la narratrice ?
    Il m'a été inspiré par une femme extraordinaire. Elisabeth Daynès, une sculptrice, plasticienne, qui crée pour des musées du monde entier des reconstitutions d'êtres anciens. Elle travaille avec les plus grands préhistoriens, les plus grands anthropologues, ses oeuvres sont des témoignages scientifiques d'une grande rigueur, mais elles sont également troublantes de vie, et très touchantes. Elisabeth éprouve, pour ces créatures si différentes de nous mais en même temps si proches, une formidable empathie. J'ai passé beaucoup de temps à l'écouter et à la regarder travailler dans son atelier.
    Il y a aussi une dimension plus intime dans ce roman...
    Depuis des années, toutes ces immersions dans des mondes du passé, ces rencontres, m'ont amenée à réfléchir à notre rapport au temps, à tous les rituels développés depuis le fond des âges pour combattre la peur de la mort, en un mot à cette conscience qu'a l'être humain de sa finitude et comment il se débrouille avec... Quand j'ai dû, dans ma vie personnelle, faire face à la maladie, toutes ces réflexions me sont revenues. Et j'y ai, étrangement, trouvé du réconfort. Je me suis

  • Sait-on jamais tout de ses proches? Une jeune femme traque les indices discordants dans la biographie lisse de son grand-père, un instituteur au soir de sa vie. Remontant la piste d'un piano silencieux et de vieilles partitions de films muets, elle exhume un passé familial insoupçonné, celui d'une célèbre dynastie de marionnettistes forains. La voici dépositaire du monde féerique du Grand Théâtre Pitou. Auguste, un garçon épicier fasciné par les saltimbanques, l'a fondé en 1850. Son fils Émile, virtuose du trucage et de la mise en scène, a fait sa gloire. La troisième génération, lassée d'une vie nomade, a tenté l'aventure du cinéma. Mais au final, pour la narratrice et son grand-père, dernier Pitou au bout de la route après cent cinquante ans, ce sont toujours les marionnettes qui tirent les ficelles. En privilégiant l'ellipse sur la précision historique, Lucile Bordes brosse dans ce roman plein de fantaisie le parcours d'une famille hors du commun, la sienne.

  • L'incertain

    Ollagnier V

    C'est en 1920 à l'âge de onze ans que Zoltàn Soloviev, pris dans les remous de l'Histoire, perd tous ses ancrages. La révolution bolchévique le prive du grand domaine familial à Yalta, et d'un avenir tout tracé. Avec ses morts tragiques, ses exils douloureux, ses amour inattendues, la vie le place devant ce qu'il est le moins préparé à affronter: l'incertain. Un incertain qui fera de lui un éternel enfant, toujours indécis. Des Balkans de l'entre-deux-guerres au New York des années folles, en passant par la villa cosmopolite de la belle Jiska à Nice, il parcourt le siècle en se laissant porter par les femmes, par le désir. Un désir dont il voudrait vérifier la permanence et la force à l'aube de ses soixante ans.
    A travers cette traversée de l'histoire d'un siècle et d'un destin singulier, Virginie Ollagnier nous donne une nouvelle démonstration de son talent.

  • Décorama

    Lucile Bordes

    Une ville de bord de mer rongée par le béton en barres, quoi de plus banal ? Georges, quadragénaire légèrement obsessionnel, ne parvient pourtant pas à s'y faire et rêve de quitter son métier d'agent immobilier. A contrario du mouvement général, municipalité en tête, qui mise tout sur les constructions modernes depuis que les chantiers navals ont fermé. Justement, une place de gardien de cimetière se libère. Un boulot parfait pour se mettre à l'abri de l'agitation du monde et apaiser ses névroses. Mais le jour où les promoteurs envisagent de raser l'immeuble de ses grands-parents pour réaliser une résidence de standing, les « Corniches d'Azur », Georges replonge. Et ce d'autant qu'il a logé dans un appartement de cet immeuble Pénélope, ex-copine de lycée, aujourd'hui jeune veuve pleine de ressources...
    Dans le décorama grandeur nature que constitue sa ville, Georges superpose dans sa tête l'ancien au neuf, applique sur les murs les décalcomanies de ses souvenirs et de ses chimères.
    On retrouve toute l'originalité et la subtilité de l'écriture de Lucile Bordes dans ce roman décalé à souhait. Un conte féroce et burlesque sur la mémoire des lieux et la manière dont ils peuvent nous piéger.

  • Un voisin trop discret Nouv.

    Pour que Jim, chauffeur Uber de soixante ans, voie la vie du bon côté, que faudrait-il? Une petite cure d'antidépresseurs? Non, c'est plus grave, docteur. De l'argent? Jim en a suffisamment. Au fond, ce qu'il veut, c'est qu'on lui fiche la paix dans ce monde déglingué. Et avoir affaire le moins possible a? son prochain, voire pas du tout. Alors, quand sa nouvelle voisine, flanquée d'un mari militaire et d'un fils de quatre ans, lui adresse la parole, un grain de sable se glisse dans les rouages bien huilés de sa vie solitaire et monotone. De quoi faire exploser son quota de relations sociales...
    En entremêlant les destins de ses personnages dans un roman plein de surprises, Levison donne le meilleur de lui-même, et nous livre sa vision du monde, drôle et désabusée.

  • Em Nouv.

    Em

    Kim Thúy

    La vérité de cette histoire est morcelée, incomplète, inachevée dans le temps et dans l'espace. Elle passe par les colons implantés en Indochine pour y exploiter les terres et les forêts. Par les hévéas transplantés et incisés afin de produire l'indispensable caoutchouc. Par le sang et les larmes versés par les coolies qui saignaient les troncs. Par la guerre appelée «du Vietnam» par les uns et «américaine» par les autres. Par les enfants métis arrachés a? Saigon par un aigle volant avant d'être adoptés sur un autre continent. C'est une histoire d'amour qui débute entre deux êtres que tout sépare et se termine entre deux êtres que tout réunit; une histoire de solidarité? aussi, qui voit des enfants abandonnés dormir dans des cartons et des salons de manucure fleurir dans le monde entier, tenus par d'anciens boat people.
    Avec ce livre, Kim Thu?y nous découvre, au-delà des déchirements, l'inoubliable pays en forme de S qu'elle a quitté en 1975 sur un bateau.

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