Libertalia

  • Comment faire de la classe un lieu d'action collective tout en permettant à chacun de s'engager individuellement ? Comment analyser le monde et s'y engager de façon critique ?

    Née de la rencontre de la pédagogie Freinet, du marxisme, de l'autogestion, de la psychanalyse et des sciences humaines, la pédagogie dite "institutionnelle" cherche des outils théoriques et pratiques pour penser le rapport aux contenus, aux élèves, au monde en s'inscrivant clairement dans une démarche d'émancipation.

    Les Chemins du collectif se veut une entrée en pédagogie institutionnelle.En partant de pratiques de classes, chacun·e peut découvrir les éléments fondateurs de la pédagogie institutionnelle, percevoir leur dimension révolutionnaire pour questionner et transformer ses propres pratiques.

    Andrés Monteret est enseignant depuis 2001. Il travaille à Paris en éducation prioritaire. Syndicaliste, il est membre du collectif d'animation du site et de la revue Questions de classe(s) et du groupe de pédagogie institutionnelle de Paris-Créteil.

  • « Si l'école recule, ce n'est pas la responsabilité des maths modernes, des méthodes globales, du collège unique, c'est parce que socialement notre pays recule, car nous ne nous battons plus suffisamment pour maintenir ce qui paraissait être des acquis sociaux inébranlables. L'école ne fait que suivre l'abandon de la médecine scolaire, de la formation des enseignants, l'explosion de la précarité des familles et le désintérêt pour la "politique".

    On ne saurait faire l'école sans se soucier de la société qui nous entoure, sans trouver des chaussures au petit Syrien qui arrive, sans chercher des solutions de relogement pour les enfants du bidonville rom, sans s'interroger sur ce qui nous pousse à avoir besoin d'aller dans des magasins le dimanche alors que tout le monde se doute que les enfants des caissières sont à l'abandon pendant ce temps. »

    Véronique Decker vit et travaille à Bobigny (Seine-Saint-Denis). Institutrice puis directrice d'école depuis plus de trente ans, elle revendique la puissance éducative, créatrice et émancipatrice de l'école publique. Un message fort, combatif, plein d'humanité et d'empathie. Elle est l'autrice de Trop classe ! (Libertalia, 2016) et L'École du peuple (Libertalia, 2017).

    Véronique Decker est directrice d'école à Bobigny (93) et militante Freinet.

  • Il y a des paris qui viennent renverser l'ordre des choses. Celui de la pédagogie sociale consiste à ne pas agir en milieu confiné, à assumer la rue, la vie, l'altérité. Trois ou quatre enfants, un ou une pédagogue, les transports en commun et voici le monde source infinie de rencontres, d'expériences et de connaissances. La joie du dehors c'est ce sentiment du petit groupe qui part à l'aventure, c'est cet élan qui pousse vers l'inconnu. La joie du dehors c'est remplacer la peur par la confiance donnée aux parents, aux enfants et à toutes les personnes rencontrées sur le chemin. La joie du dehors c'est un pari pédagogique : et si le monde n'était pas infréquentable ? Et si côtoyer à la fois les marges et les centres, géographiques et symboliques, était une condition pour s'émanciper ?

    Guillaume Sabin est ethnologue, investi dans diverses expériences d'éducation populaire. Il est l'auteur de L'Archipel des égaux, luttes en terre argentine(Presses universitaires de Rennes, 2014).



    Le réseau des Groupes de pédagogie et d'animation sociale agit depuis les années 1980 sur différents territoires populaires de Bretagne. Initiateur de la pédagogie sociale en France, il est composé d'une vingtaine de pédagogues de rue qui pratiquent au quotidien la joie du dehors.

  • « Je m'appelle Véronique Decker. Depuis plus de trente ans, je suis institutrice. Et depuis quinze ans, directrice d'une école élémentaire à Bobigny : l'école Marie-Curie, cité scolaire Karl-Marx. À part sa localisation au pied des tours et au coeur des problèmes, notre école présente l'intérêt d'être une école "Freinet" où, dans le respect des règles du service public, nous pratiquons une pédagogie active, fondée sur la coopération. Même si l'expérience, parfois, peut me dicter des silences provisoires, je ne suis pas réputée pour mon habitude de me taire. »
    De Zébulon à Zyed et Bouna, sans oublier Albertine et Mélisa, N'Gwouhouno ou Yvette... du syndicat à la pédagogie de la « gaufre », des Roms à la maman sur le toit, Véronique Decker éclaire par petites touches le quotidien d'une école de « banlieue ». Au fil de ses billets, il est question de pédagogie, de luttes syndicales, de travail en équipe, mais surtout des élèves, des familles, des petits riens, des grandes solidarités qui font de la pédagogie un sport de combat... social. De l'autre côté du périph. Trop classe !

    Véronique Decker est institutrice depuis plus de 30 ans. Et depuis quinze ans, directrice d'une école élémentaire à Bobigny : l'école Marie-Curie, cité scolaire Karl-Marx. Cette école présente l'intérêt d'être une école « Freinet ».

  • Cantonné à la seule question des moyens ou englué dans l'artificielle querelle opposant « réac-publicains » et pédagogistes, le débat autour de l'école est aujourd'hui dans l'impasse.Proposer une relecture des classiques de la pédagogie et questionner leur actualité à la lumière des enjeux présents est une manière de réactiver l'inspiration qui guidait les éducateurs d'hier.De Francisco Ferrer à Jacques Rancière, en passant par Célestin Freinet, Paulo Freire, Pierre Bourdieu ou Ivan Illich, ce recueil esquisse le bilan d'un siècle de pratiques et de luttes pour une éducation réellement émancipatrice.Ce parcours pédagogique empreinte également des chemins oubliés ou plus inattendus : l'apport du syndicalisme révolutionnaire, de Fernand Pelloutier à Albert Thierry, ou l'oeuvre éducative de la révolution libertaire espagnole.Si la postérité a conservé la trace de quelques-unes des figures convoquées ici, elle ne doit pas nous faire oublier que le combat pour une école de la liberté et de l'égalité fut toujours une pratique collective et sociale.

    Enseignant depuis 1995, Grégory Chambat (né en 1974) travaille avec des élèves non francophones dans un collège de Mantes-la-Ville (78). Il coanime la revue N'Autre École. Il a publié Apprendre à désobéir (Libertalia, 2012) et L'École des barricades (Libertalia, 2014).

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