Littérature générale

  • George Woodcock, critique littéraire, historien et anarchiste, a eu un acces privilegie a la complexe histoire personnelle de George Orwell, dont il fut un ami proche. Rassemblant souvenirs, lettres et divers temoignages, cette biographie situe l'oeuvre d'Orwell dans son contexte personnel, politique et litteraire. Elle offre une perspective à la fois intimiste et documentée sur la vie et les écrits de cet esprit libre, ne faisant l'impasse sur aucun des paradoxes qui habitent l'une et l'autre.

  • « La vulnérabilité appelle la vulnérabilité. La mort est en embuscade. L'aide sociale inadéquate et l'apathie médiatique renforcent cette hyperfragilité. Les femmes autochtones sont surreprésentées dans cette cohorte livide et silencieuse. Fétus de paille, brindilles, flocons de neige, éphémères, invisibles. »

    Depuis 1980, près de 1 200 Amérindiennes canadiennes ont été assassinées ou ont disparu dans une indifférence quasi totale. Proportionnellement, ce chiffre officiel et scandaleux équivaut à 55 000 femmes françaises ou 7 000 Québécoises.

    Dans ce récit bouleversant écrit au terme d'une longue enquête, Emmanuelle Walter donne chair aux statistiques et raconte l'histoire de deux adolescentes, Maisy Odjick et Shannon Alexander. Originaires de l'ouest du Québec, elles sont portées disparues depuis septembre 2008. De témoignages en portraits, de coupures de presse en documents officiels, la journaliste découvre effarée ces vies fauchées. Soeurs volées apporte la preuve que le Canada est bel et bien le théâtre d'un féminicide.

    Avec des textes de Widia Larivière, Laurie Odjick, Connie Greyeyes et Helen Knott.

  • Beaucoup de gens connaissent 1984 pour avoir lu le roman ou vu le film qui en a été fait. Peu savent que son inspiration première est la participation d'Orwell à la guerre civile espagnole et la terreur stalinienne qu'il y a découverte.

  • Au début de l'été 2015, Emmanuelle Walter a sillonné la Baie-James québécoise, guidée par un enfant du pays, le leader cri Romeo Saganash. Ce rescapé des pensionnats, négociateur de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, artisan de la Paix des Braves et député d'une circonscription presque aussi grande qu'un continent s'est raconté et a raconté sa région sur fond de musique country.

    Récit d'une virée en pick-up, de Val-d'Or à Radisson et retour, avec des escales dans une douzaine de villes et de communautés, ce livre dépeint un vaste territoire, essentiel pour le Québec et pourtant inconnu. Se révèle une terre défigurée par l'extractivisme et la crise climatique, mais repensée, partagée, négociée activement par un gouvernement régional paritaire unique au Canada, formé de Cris et de Jamésiens. Grâce à son guide, l'auteure découvre un paysage en mutation, un laboratoire politique insoupçonné, des personnages étonnants : celles et ceux qui bâtissent, sur le socle minéral du bouclier canadien, une nouvelle cohabitation complexe et effervescente.

  • Lettres a une noire - recit antillais Nouv.

    Dans la France des années 1960, des jeunes filles et des femmes débarquent par centaines des Antilles pour être placées comme domestiques dans les demeures de familles bourgeoises et blanches.
    Françoise Ega, arrivée à Marseille au milieu des années 1950 depuis la Martinique, s'emploie comme femme de ménage pour témoigner de cette exploitation crasse. Elle consigne cette expérience dans un journal de résistance quotidienne, émouvant et saisissant de réalisme, qui remonte à l'histoire impériale française et aux origines de la division sexuelle et raciale du travail. Tout à la fois chronique du refus de l'aliénation, enquête sociale, histoire intime et manifeste politique, ce texte est une contribution essentielle aux réflexions actuelles sur les rapports de classe, de genre et de race.

  • Voici réunis 35 portraits, écrits entre 1942 et 2009 par Pierre Vadeboncoeur, dont certains sont publiés ici pour la première fois. Parfois incisif, souvent généreux, l'écrivain nous donne à voir son XXe siècle québécois, où l'indignation trouve facilement son objet, certes, mais où il existe également quelques exemples de solidarité et de courage.

  • Les lettres que Pierre Falardeau adresse au peintre hollandais Léon Spierenburg parlent en toute franchise de ses films, de ses combats, de ses passions et de ses idées. Ses amours et ses amitiés y occupent aussi une belle place, à l'image de celle que le cinéaste leur accordait dans la vie. Écrites entre 1972 et 2009, ces lettres forment une fresque autobiographique qui n'était pas destinée à être publiée. S'y révèle la genèse d'un être que l'on savait déjà épris d'absolu, de liberté, un être volontaire et capable d'un grand enthousiasme. S'y dévoilent aussi les fêlures et les doutes - ceux-là, Pierre Falardeau ne les a jamais laissés prendre le dessus, réussissant toujours à demeurer impitoyable et généreux. Rédigées initialement en anglais, ces lettres forment un cri d'espoir envers la vie et l'humanité, envers l'engagement malgré tout. Même si cela doit se faire au prix d'une rage permanente et d'une existence incandescente.

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