Manucius

  • Depuis le développement de l'imprimerie, la civilisation occidentale vivait dans la culture du livre comme les poissons vivent dans l'eau, c'est-à-dire sans le savoir. Elle avait à ce point imprégné nos façons de sentir et de penser que nous avions fini par la confondre avec la nature humaine. Les technologies numériques nous ont brutalement confrontés au fait qu'il existe d'autres relations possibles à l'identité, au temps, aux autres, à l'espace et aux apprentissages. Et du coup, nous ne pouvons plus penser l'homme, la culture, l'enseignement et l'éducation de la même façon.

  • D'où viennent les mathématiques ? Même le point euclidien est une idéalisation, un néant physique... Il faut donc chercher du côté des imaginaires car les hommes utilisent des métaphores et des gestes (mouvements fictifs) pour inventer les mathématiques et les expliquer. C'est ce que propose ici Rafael Núñez en s'appuyant à la fois sur l'anthropologie et les sciences cognitives.Rafael Núñez est professeur au département de sciences cognitives de l'Université de Californie, San Diego (UCSD). Il est co-directeur fondateur du Fields Cognitive Science Network for the Empirical Study of Mathematics and How it is Learned, à l'Institut des sciences mathématiques à Toronto.

  • L'industrie a réalisé un imaginaire de la rationalité et du Progrès, construit sur la longue durée. à son tour, l'industrialisation produit depuis le XIXe siècle, des «méta-industries» de l'imaginaire : depuis le luxe, la publicité ou l'audiovisuel, jusqu'aux industries du logiciel et du web. Cet ouvrage décrypte ce puissant imaginaire industriel caractéristique de la vision du monde de l'Occident.

  • Le 7 novembre 2014, François Hollande annonce à la télévision les détails de son «grand plan numérique pour l'école de la République»: des tablettes tactiles seront distribuées à tous les collégiens à partir de la rentrée 2016 et les rudiments du code seront enseignés en primaire et au collège. Nous ne sommes pas très loin des objectifs du plan «Informatique Pour Tous» de... 1985. Comment expliquer que l'État investisse autant sur le numérique en éducation sur un mode systématiquement technocentré? Pour tenter d'y répondre, cet ouvrage aborde la question de l'influence des techno-imaginaires sur les formes et les modèles pédagogiques contemporains. Pascal Plantard est anthropologue des usages des technologies numériques à l'Université Rennes 2, au CREAD (Centre de Recherche sur l'Éducation, les Apprentissages et la Didactique) où il dirige des recherches sur l'E-éducation et l'E-inclusion. Il est membre du Conseil Scientifique du GIS Marsouin et de la Chaire MODIM (Rennes 2).

  • Grâce à des technologies de pointe en imagerie cérébrale, il est possible d'explorer les arcanes du cerveau : ses différentes régions, leur fonctionnement, leurs variations normales et pathologiques. Ce livre propose un état des lieux des connaissances avec notamment un focus sur l'extraordinaire invention de l'IRM de diffusion qui apporte des avancées thérapeutiques décisives dans la prise en charge des AVC (accident vasculaire cérébral) ou de certains cancers. Néanmoins si les recherches comme le décryptage et la cartographie d'un code neural semblent très prometteuses, se dessinent en filigrane des limites pratiques et éthiques: quid de la création d'un cerveau in silico c'est-à-dire artificiel? Denis Le Bihan est directeur du Laboratoire NeuroSpin à Saclay (institution du Commissariat à l'Énergie Atomique: CEA). Ce centre est dédié à l'étude du cerveau par IRM à très haut champ magnétique. Chercheur en médecine et physique, il est aussi connu pour ses travaux pionniers concernant l'IRM de diffusion.

  • Comment l'imaginaire politique des réseaux renvoie aux idéaux de domination ainsi qu'à ceux de d'émancipation individuelle et collective? Cette ambivalence est caractéristique de tout imaginaire et pour questionner celle-ci, A. Picon s'est intéressé à «la ville des réseaux» autour de deux polarités. La première met en scène la tension «passé/présent», pour laquelle il considère la ville haussmannienne comme la genèse de la ville contemporaine des réseaux. La seconde interroge le rapport «contrôle/liberté» et prend pour exemple la «ville intelligente» (Smart City). L'auteur soulignant par ailleurs l'absence de réflexion critique qui accompagne le bouleversement profond de l'environnement urbain.

  • La technique, fait social, ne s'inscrit pas dans une histoire déterminée par la recherche de l'efficacité, l'ouvrage le démontre en évoquant les voies choisies par diverses civilisations. Mais la chaleur comme puissance motrice ouvre, de manière inattendue, au XIXe siècle une nouvelle trajectoire thermo-industrielle. L'innovation technique se fige dès lors dans une prédation accentuée de la nature, qui aujourd'hui concerne même les énergies renouvelables. Une nouvelle trajectoire de rupture s'avère nécessaire dans le cadre d'une pacification de nos rapports avec la nature.

  • Cette technologie qui avait désenchanté le monde est en train, curieusement, de le réenchanter. Ce qui donne, et la chose n'est pas, forcément, péjorative, un spectacle collectif aux chatoiements divers. Au Moyen Âge les «Mystères», autour desquels la communauté communiait, se jouaient devant la Cathédrale. Il en est de même de nos jours. C'est dans les églises électroniques, au travers des videogammes, des sites, des blogs, des forums et des encyclopédies, que se jouent les «mystères» postmodernes. Mystères unissant entre eux tous ces initiés (sexuels, musicaux, sportifs, religieux, théoriques) formant la socialité en devenir.

  • Les croyances collectives demeurent des objets très mystérieux. Pourquoi perdurent-elles alors que les progrès de la connaissance sont manifestes et que le niveau d'éducation a considérablement augmenté dans les sociétés contemporaines ? C'est sur cette énigme que ce livre propose de lever le voile en invitant à un voyage dans les mythologies sans cesse renouvelées des espaces sociaux.

  • Ce qu'il y a de nouveau dans l'approche de l'activité scientifique et technique contemporaine par Victor Scardigli, c'est que, loin d'en faire l'expression spécifique de notre modernité, il en met à jour la dimension transhistorique. Ainsi peut-il l'analyser en termes d'invariants culturels et la « lire » avec les lunettes fournies par d'autres cultures ou d'autres époques : les sociétés traditionnelles qui survivent de nos jours et les mythes qui sont à l'origine de l'Europe.
    Une telle grille de lecture permet de dégager les composants imaginaires, voire magiques, toujours à l'oeuvre dans les efforts de la science contemporaine.

  • La science est souvent présentée - et parfois pensée - comme un monstre froid capable d'exorciser l'imaginaire, vu comme un parasite, une scorie encombrante susceptible de souiller les meilleures intentions de la raison. L'adjectif « imaginaire » (un malade imaginaire...) ne renvoie-t-il pas à la fausseté, à l'irréalité, aux chimères, aux illusions, bref à toutes ces choses que la science se voue justement à combattre ?
    Mais si pareille caricature était exacte, d'où sortiraient les nouvelles idées ?

  • L'imagination est-elle vraiment une expression instable, imprévisible, anarchique du psychisme ? Sa créativité est-elle rebelle à toutes règles et rationalité? Un large spectre de travaux (G. Bachelard, G. Durand, etc.) qui prennent leur source autant dans la psychanalyse que dans la mythographie structuraliste d'un Claude Lévi Strauss ont modélisé les imaginaires individuels et collectifs, permettant ainsi d'éclairer les fondements de toute imagination créatrice et de jeter les bases d'une science de l'imaginaire.

  • Il semble aller de soi qu'un rapport direct et consubstantiel existe entre le développement de connaissances fondamentales sur le monde - la science -, et notre capacité à agir sur lui - la technique. De fait, c'est bien grâce à la théorie quantique que nous pouvons fabriquer des lasers et à la biologie moléculaire que se développe la bio-ingéniérie. Mais cette connexion est toute récente dans l'histoire de l'humanité - à peine plus de deux siècles; elle n'a pas toujours existé, et pourrait bien se rompre dans un proche avenir.

  • L'Animal, rêvant, imaginant, communiquant, notre cerveau est à la fois « cheval et cavalier ». À l'aide de cette métaphore et des avancées scientifiques, Roland Jouvent explique que le cerveau humain dispose de structures essentielles pour satisfaire des besoins et survivre, et de capacités « computationnelles » permettant de s'abstraire des contraintes temporelles, spatiales ou physiques. Il démontre aussi que l'imaginaire n'est pas un substitut du réel mais un préalable nécessaire à toute action.

  • L'informatisation a introduit un bouleversement du système productif, des entreprises et des institutions. Dans les entreprises, la main-d'oeuvre est remplacée par le «cerveau d'oeuvre». C'est un moment de transition majeure auquel les acteurs tardent à s'adapter, à l'exception de quelques-uns, «prédateurs», plus agiles et premiers à en tirer parti.
    Comprendre l'informatisation permet de «s'orienter», et donc de savoir où aller. C'est peut-être la condition nécessaire pour avoir une chance de sortir de la crise économique actuelles.

  • Professeur à l'Université de Nice et artiste, Norbert Hillaire s'est imposé comme l'un des initiateurs de la réflexion sur les arts et le numérique, à travers de nombreuses publications et missions prospectives. À partir de trois numéros de la revue ArtPress dont il a été le coordonnateur, il retrace dans cet ouvrage vingt-cinq ans d'une relation complexe entre oeuvres et techniques numériques. Il montre que cette relation ne peut être pensée à partir des catégories anciennes et qu'elle met en jeu une nouvelle définition de l'art.

  • Il existe un sentiment « d'identité partagée » chez les fans d'Apple mis en évidence dans des récits et des images sur cette marque qui, de son côté, les cultive avec son logo, ses symboles et ses légendes. Cet ouvrage révèle un objectif majeur de l'entreprise de la Silicon Valley : placer l'individu au centre d'une vision du monde technologique et répondre à ses désirs, rêves et ambitions personnelles par une offre de produits informatiques. Voici donc une enquête passionnante sur ces groupies de la marque à la pomme à travers les réseaux sociaux, unies par une même passion : le culte de la marque Apple et de son héros, Steve Jobs.Rossella Rega est une enseignante-chercheur italienne. Ses recherches portent sur les formes de communication des acteurs politiques et sur leurs transformations liées au développement des réseaux sociaux. Elle est l'auteur de plusieurs publications sur ces sujets, notamment sur le phénomène Twitter et Matteo Renzi, sur les élections italiennes de 2013 ou sur les nouvelles formes d'engagement et de participation citoyenne.

  • Comment prenons-nous conscience de ce qui occupera dans un instant la scène de notre esprit ? A partir de données neuroscientifiques récentes, et surtout de l'observation de patients qui présentent des pathologies de la « prise de conscience », Lionel Naccache nous entraîne dans une fascinante exploration de la construction de la signification qui caractérise notre vie mentale, construction complexe qui fait appel à des processus non conscients et conscients, et qui ne cesse d'évoluer à travers un processus de « révision éditoriale » subtil et le plus souvent très discret.

  • Pierre Musso a introduit la conférence de Henri Atlan «Qu'est-ce qu'un modèle?», présentée à la chaire d'Enseignement et de recherche «Modélisations des imaginaires, innovation et création», le 24 mars 2011 à Paris, en rappelant cette phrase d'Alfred Fessard: « la principale idée directrice d'Henri Atlan est que si la notion d'information peut nous aider à reconnaître l'ordre biologique qui existe dans le monde vivant, ce n'est pas sous la forme d'une évaluation statique de la complexité structurale des systèmes, c'est comme taux de production (ou de destruction) d'information... dans ces systèmes, tels qu'ils se trouvent confrontés à leur environnement».

  • Modéliser l'imaginaire semble être un oxymore. En fait, c'est une invite à l'audace de la création et de l'exploration. Pour innover dans l'industrie, il faut combiner l'imaginaire, et même l'imagination, avec la formalisation, et nouer les savoir-faire et les sciences, l'industrie et la recherche, la mémoire et l'oubli, l'interdisciplinarité et la spécialisation, l'imitation et la créativité. Cet ouvrage relève ce défi grâce aux regards croisés de chercheurs et d'industriels collaborant dans la Chaire «Modélisations des Imaginaires, Innovation et Création». Les auteurs : Anne Asensio, Alexandra Borsari, Tamy Boubekeur, Virgile Charton, Wilfried Coussieu, Pascal Daloz, Jean-Louis Dessalles, Pascal Feillard, Laurent Gille, Hélène Jeannin, Frédérique Legrand, Jean-François Lucas, Rémi Maniak, Brigitte Munier, Pierre Musso, Catherine Pelachaud, Pascal Plantard, Jean-Marc Raibaud, Rossella Rega, Laetitia Ricci, Mathilde Sarre-Charrier, Gaël Seydoux, Candace L. Sidner, Jean-Jacques Wunenburger.

  • Montrer aujourd'hui qu'une approche historique est susceptible d'apporter un éclairage original et enrichissant à l'analyse des processus d'innovation en se concentrant sur le concept de construction des savoirs techniciens et en adoptant une approche fondée sur l'histoire de cheminements technologiques concrets tels que l'histoire de la machine à vapeur, l'histoire de l'hydraulique ou de la teinturerie synthétique.

    Né en 1931, François Caron est professeur émérite à l'université de Paris IV, où il a enseigné l'histoire économique et l'histoire des techniques entre 1976 et 1998 et créé le Centre de Recherche en Histoire de l'Innovation (CRHI). Il a beaucoup oeuvré en faveur d'un dialogue entre l'université et les entreprises en participant à la création et en animant plusieurs associations ou institutions réunissant des historiens, des économistes et des dirigeants ou cadres d'entreprise.
    Partant d'une thèse consacrée à l'histoire des chemins de fer en France, il a développé et animé des recherches et publié des travaux fondés sur une étroite mise en relation de l'histoire des techniques et de l'histoire économique et sociale.

  • L'imaginaire, complément du rationnel et du réel, est une matière première pour l'innovation. Celle-ci se produit quand l'alliage des imaginaires et des connaissances arrive à maturité. Par le dialogue et la collaboration entre scientifiques, artistes et industriels, la Chaire de recherche « Modélisations des imaginaires, innovation et création » défriche ce nouveau chantier théorique et expérimental. Cet ouvrage présente les concepts et les méthodes construits et mis en oeuvre dans cette démarche exploratoire.

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