Marivole Éditions

  • Voyage avec un âne dans les Cévennes, en anglais Travels with a Donkey in the Cévennes est un récit de voyage de l'écrivain écossais Robert Louis Stevenson, paru en 1879. C'est une peine de coeur qui pousse le jeune écrivain de 28 ans à s'engager dans cette aventure. Dans son livre, il relate sa randonnée entreprise en automne 1878 : la traversée des Cévennes à pied. Parti du Monastier en Haute-Loire et cheminant vers le sud, il traverse toute la Lozère pour atteindre douze jours après Saint-Jean-du-Gard, au terme d'un périple de 195 km. Son unique compagnon est l'ânesse Modestine. Il conte ses rencontres avec les gens du pays, décrit les villages traversés et rappelle l'histoire de la région. Ce livre est sans doute la plus belle « photographie écrite » du Velay, du Gévaudan et des Cévennes au XIXe siècle. L'itinéraire qu'il a suivi est désormais intégré au réseau des chemins de grande randonnée sous le nom de GR 70, appelé le « chemin de Stevenson ».

  • Pierre Loti, dans son roman Ramuntcho, publié en 1892, décrit un Pays basque traditionnel et presque caricatural, au grand dépit de certains défenseurs de l'identité basque. Pourtant, Pierre Loti dépeint avec talent l'âme et le pays basques, et ce livre en est devenu un ouvrage emblématique. Ramuntcho, contrebandier, aime Gracieuse. Gracieuse aime Ramuntcho et lui promet de l'épouser quand il reviendra du service militaire. Seulement, la séparation dure trois ans, pendant lesquels la mère de Gracieuse se déchaîne : plutôt que de la donner au fils de Franchita, elle préfère l'enfermer au couvent. D'un couvent, ne peut-on sortir ? Projet sacrilège mais bien tentant pour un amoureux, un enlèvement qui sera manqué... On retrouve là la veine littéraire de Pierre Loti. C'est une histoire d'amour un peu triste, mais aussi d'aventure, dans un décor unique : le Pays basque, terre d'adoption de l'auteur qui vécut à Sare et mourut à Hendaye. Une région particulière où les jeunes gens dansent, jouent de la pelote et font de temps en temps de la contrebande. La description du Pays basque est pour beaucoup dans l'immense succès de Ramuntcho. Le lecteur d'aujourd'hui prendra un grand plaisir à lire cette histoire très forte de la conquête et de la perte d'un paradis perdu.

  • Dans le village de Saint-Ambroise, que l'auteur a situé dans le bocage vendéen, Madeleine Clarandeau est engagée comme servante par Michel Corbier, de la ferme des Moulinettes. Corbier est veuf et a deux enfants. Peu à peu, Madeleine va gagner une place prépondérante dans l'éducation des deux enfants et le travail à la ferme des Moulinettes. Elle pourrait continuer à leur servir de mère, mais un jour débarque une jeune fille, Violette, qui finira par épouser Corbier et chassera Madeleine de la ferme. Un roman social noir sur la vie d'une nourrice dévouée minée par l'ingratitude de ses maîtres. Un témoignage admirable de la vie en Vendée à cette époque.

  • À la manière de Zola, Marc Elder nous fait découvrir la vie des habitants de Noirmoutiers, au coeur des années 1910, et leur relation avec la mer. Le roman nous apprend le quotidien des marins pêcheurs du port de l'Herbaudière. « Ici, point de longueur, point de recherche excessive dans l'épithète, point de phraséologie un peu déclamatoire. Les images sont abondantes, tour à tour poétiques et familières. Le style est clair, coule de source. Il est vrai, naturel, comme il sied aux personnages : des marins, des douaniers, des pêcheurs, des femmes et des filles de la côte. Le roman - encore que ce ne soit pas le titre qui convienne à l'ouvrage - est bien construit, avec ses trois parties : la barque, la femme, la mer, heureusement équilibrées et reliées entre elles par un lien tenu mais solide. Il s'agit plutôt d'une étude où la vie de la mer et des marins apparaît brutale, tragique, douloureuse, dans le cadre qui nous est familier à tous, entre l'île de Noirmoutier, Saint-Nazaire et le phare du Pilier. » (J. Tallendeau, Le Populaire de Nantes du 5 décembre 1913).

  • Ce troisième roman de François Barberousse aurait dû être publié en 1938-39 chez Gallimard. Il ne paraîtra pas. Gusse, le héros du roman, est soldat pendant la Grande Guerre. Pour autant, le roman ne peint en rien la guerre elle-même. Il décrit le désespoir d'un jeune homme qui constate que la communauté paysanne qu'il aimait se délite au fil des années de conflit. Chaque permission est pour lui l'occasion de constater que le monde paysan est profondément blessé dans ses usages, dans ses valeurs. « L'âge d'or » des campagnes françaises (ainsi a-t-on pu nommer la période des années 1880- 1900) a bien disparu. Bien qu'éloignée du front, la Sologne et sa ruralité profonde ne sont donc pas à l'abri des changements. Et tout l'art de ce roman est de savoir les peindre avec force et avec tact.

  • Au début du XIXe siècle, Saint-Léonard, un chef-lieu de canton du Limousin, est le décor d'un amour impossible. Aristide Herbeau, médecin de campagne, tombe amoureux de Louise, une de ses patientes. Mais Louise est l'épouse de Riquemont, un châtelain, éleveur de chevaux limousins. Les amoureux s'emploient à ne pas éveiller la méfiance de Riquemont, mais un jour le mari va surprendre le docteur Herbeau aux genoux de Louise...

  • Encore un roman agricole... Oui mais pas que ! L'âme paysanne y tient une bonne part et le jeune et naïf Parisien qui arrive à la recherche d'un surprenant passé familial s'y frotte et s'y pique ! Difficile de découvrir la passion quand Marie, la jolie chef de culture d'un grand céréalier trop tôt retraité, s'attache viscéralement à cette terre de Beauce sous laquelle couve la lave de la colère des hommes.

  • Les Jours aux volets clos est le second roman de l'écrivain François Barberousse, publié en 1936 chez Gallimard. Il a été réédité plusieurs fois dans la même année. Ce livre est un des plus beaux tableaux sur la société rurale de la France de l'entre-deux-guerres. Le style est, comme toujours chez Barberousse, d'une extrême qualité. Dans cette société paysanne, rude, entêtée, rythmée par les saisons et les travaux inhérents, propice à une intensité dramatique, on retrouve les mêmes passions farouches, brutales, les non-dits, la jalousie, les ragots... derrière les volets clos, qui ne peuvent s'apaiser en paroles et qui éclatent dans un crime. Le travail, la routine, l'ennui, le désir... et Phonsine tombe dans les bras du charcutier. Mais dans un petit village entre Berry et Sologne, tout se sait... Le peuple que met en scène l'auteur n'est certes pas idyllique, ce n'est pas la paysannerie à la Zola, emportée par un sombre courant romantique. C'est la vie paysanne telle qu'elle était à l'époque. La vraie, dans toute sa dureté, toute sa beauté, avec des personnages vivants dans leur milieu et avec leurs sentiments. Voilà un ouvrage à lire absolument !

  • Il nous livre un roman plaisant, pittoresque, reflétant les paysages et les moeurs du Haut-Anjou «(...) Regardez les chênes que cette terre nourrit, vous n´en verrez pas ailleurs ni tant ni si beaux. Ils entourent les champs d´une couronne sombre, leur pointe est droite, car la mer est loin et les grands coups de vent n´atteignent point leur frondaison puissante, car le sol est profond à leurs pieds. » C´est à partir de ce roman que le terroir deviendra le personnage central des romans de René Bazin.

  • À la Fromentière, vivent les Lumineaux, vieille famille de métayers maraîchins depuis tant de générations qu'on ne sait plus les compter. Il y a d'abord Toussaint Lumineau, le père, attaché à la terre qu'il cultive par un amour viscéral. Courageux et fier, il a bien du mal avec ses enfants, à commencer par Mathurin, l'infirme, amoureux transis, mauvais à force de malheurs, puis François et Lionore, paresseux, éternels insatisfaits qui vont quitter la terre pour une vie qu'ils pensent meilleure à la ville. Mais le vieux Toussaint espère encore. Ne reste-t-il pas Driot, le beau chasseur d'Afrique qui doit revenir reprendre les rênes ? Mais Driot saura-t-il résister au chant des sirènes de l'Amérique ? Et qu'adviendra-t-il de la fraîche et généreuse Rousille qui a « donné son amitié » au valeureux Jean Nesmy, un « dannion », un Boquin, valet de surcroît, que le fier Toussaint a chassé ? L'intrigue se déroule sur fond d'abandon de la terre par ses propriétaires de l'aristocratie, et pendant l'implacable exode des fils de fermiers et métayers vendéens. René Bazin nous livre là un témoignage poignant de la vie paysanne à l'entrée du XXe siècle, dans ce merveilleux marais vendéen secret et mystérieux, qu'il sait si bien dépeindre.

  • Le vieux Ricou est un sabotier Solognot. Il a soixante-cinq ans et il doit élever tout seul son petit-fils Fernand qui passera le certificat d'études l'an prochain. Le sabot, ça ne marche plus fort, les jeunes leur préfèrent les chaussures. Alors pour gagner sa croute et pour élever son petit-fils, le vieux Ricou, il s'adonne à un vieux vice qui lui a déjà valu des ennuis. Il fait la chauve-souris, la nuit, il pose des collets dans les buissons ou dans les brémailles qui bordent les taillis. Il fait le braco solognot, il n'est pas bien méchant, rien à voir avec ses bandes qui descendent de Paris en voiture depuis quelque temps pour braconner le gros gibier et qui n'hésitent pas à tirer sur les gardes... Mais poser des collets, ça vous vaut des ennemis...

  • Guillaume est un enfant trouvé par des vendangeurs sous la souche d'une vigne. Son enfance est misérable, il est délaissé par les hommes et s'attache plus aux animaux de la ferme qu'aux humains. Sa vie va basculer le jour où il rencontrera des bûcherons, qui lui apprennent leur métier. L'enfant découvre ses semblables et bientôt il connaîtra l'amour...

  • Ils étaient sur le trottoir de la place à l'encognure du Minage, la petite rue qui mène à la Halle, où l'on danse à toutes ces Saint-Martin. Bras dessus bras dessous, ils rentrèrent au grand bal, au bal commun à moitié vide, ouvriers et charretiers des fermes et villages voisins, la plupart en blouse et en casquette servantes, toute leur humble toilette étalée, aux chapeaux fleuris de gros rouge comme leur teint ; clercs et jeunes gens de la ville et quelques jeunes officiers en bourgeois, avec les couturières, les petites des magasins, beaucoup jolies, éveillées, heureuses de cette joie pimpante et facile des grisettes que la province conserve encore. Une dizaine de quadrilles isolés, quand tout à l'heure on ne pouvait point se remuer. Sur les bancs, des groupes également rares, rangés par villages, les garçons un bras à la taille de leur voisine, le menton sur leur épaule, les attirant, leur chauffant le cou de leurs propositions de départ, les braves filles au sang épais peu à peu s'apprêtant, luisant des yeux, des joues, des lèvres, acceptant de les suivre sans dire oui. Et les couples à la file quittant la salle, enlacés d'avance, tranquilles à leurs baisers comme si ç'avait été déjà autour d'eux la grande plaine déserte et la nuit. » Le Moulin Blant est de la veine de ces beaux romans sociaux qui nous décrivent la vie et les moeurs d'un terroir il y a cent ans. Les personnages et l'intrigue ne gâchent rien. Le Moulin Blant est de ces romans que l'on aime relire et qu'on apprécie encore mieux la seconde fois.

  • Aux XIXe siècle, les confins de la Nièvre, du Loiret et de l'Yonne accueillent un grand nombre d'enfants de l'assistance de la Seine qu'on appelait les p'tits Paris. Lucien Forlac compte parmi ceux-là. À vingt ans, il se trouve propulsé dans la campagne paysanne avec sa jument, la dernière Morvandelle. Bêtes à pains, ils sillonnent les chemins de terre de la Puisaye et louent leurs services de fermes en fermes. Alors quand Saint-Amand fête pour la dernière fois la Saint Roch, Lucien décide de s'y rendre, conscient que la renommée de la foire attire tous les chalands, marchands de bétail et maquignons de la région... L'histoire retrace les mésaventures du p'tit Paris dans ce pays d'Histoire et de légendes. On y rencontre ainsi les paysans et les artisans, l'importance de la poterie de grès et l'organisation du travail des petites fermes entre l'Orléanais et la Bourgogne.

  • Tipasa, fin des années 1890. Issu d'une famille de la grande bourgeoisie, Michel Botteri découvre avec enthousiasme la terre algérienne, cette terre où son père, prestigieux général, vécut de longues années, et qu'il aima tant qu'il mourut d'avoir dû la quitter, rongé par l'ennui et la nostalgie. Lorsque Michel prend possession de la villa de son père à Tipasa, il s'émerveille de la beauté du pays, et n'a plus qu'une aspiration : y couler des jours heureux, dans la contemplation de la mer, des montagnes et des ruines antiques qui entourent sa propriété. Un parfait écrin pour les charmes de Felicia, l'épouse de Michel, que tous appellent la Cina, et que le jeune homme aime passionnément. Mais la félicité n'est que de courte durée : pressé par son entourage, et notamment par sa mère, femme tyrannique et ambitieuse, voilà que Michel s'engage en politique, visant la députation d'Alger. Sur les conseils opportunistes de Claude, son meilleur ami, il se rapproche des antisémites, alors très puissants dans cette société algérienne troublée par les changements, et qui se cherche des boucs émissaires. Ce jeune homme tranquille, poussé malgré lui dans l'arène politique, jeté au coeur des émeutes antijuives, va alors découvrir avec dégoût et effroi la sauvagerie et la lâcheté du parti antisémite, ainsi que la bassesse des manoeuvres démagogiques, la soif de haine des foules et la cynique rouerie des puissants.

  • Jacques Orbeval et sa femme Françoise ont acquis le petit domaine de Chanturgue en Auvergne. Ils ne l'ont pas payé comptant, et pour cause ! Mais la fortune sourit aux jeunes qui sont intelligents, actifs, laborieux, honnêtes et prévoyants. Le domaine libéré de toute dette, on l'agrandira. On l'arrondit d'une terre, d'une prairie, d'une vigne, d'un bois, chaque fois qu'une occasion favorable se présente. La famille vient. C'est un, puis deux, puis trois, puis quatre enfants : trois filles et un garçon que Françoise donne à Jacques. Et chaque enfant qui arrive augmente l'amour des époux et accroît leur activité laborieuse... C'est l'histoire de ces fermes de Limagne que les Auvergnats, il y a 100 ans, voyaient naître, grandir, prospérer, puis décliner et dépérir, puis se relever de leurs ruines, ressusciter et atteindre une nouvelle prospérité. Plus qu'un roman, La Terre qui renaît est une peinture, une étude sociologique économique, morale, sociale des paysans d'Auvergne au début du XXe siècle.

  • Le docteur Burdet, médecin à Bozel en Tarentaise, soigne deux blessés victimes d'un accident de voiture survenu à côté de son domicile. Sophie Racovitch reste en convalescence chez le médecin tandis que son fiancé, Daniel Jolibois, retourne à Paris. Passionnés tous deux d'histoire et de tradition régionale, le docteur Burdet et Sophie décident de faire revivre les grandes heures de la Tarentaise, peuplée aux temps antiques par les Allobroges, au moyen d'une grande manifestation où un idiot du village jouera le rôle du roi Cottius, figure emblématique de ce peuple. À la fois burlesque et émouvant, ce roman décrit la prise de conscience régionaliste en Savoie au début du XXe siècle.

  • Une fille de rien, c'est l'histoire d'une fille de la campagne, qui mène à la ville la vie galante. C'est aussi toute l'existence d'une petite paysanne qui tourne mal. Jules Leroux nous présente dans ce roman une aventure « peu convenable à la décence », qui aurait pu provoquer les bonnes consciences du début du XXe siècle. Mais c'est surtout la qualité littéraire de ce roman qui fut remarquée. Une fille de rien est un roman savoureux, chargé du suc robuste du terroir, inspiré des Ardennes dont Jules Leroux était originaire et du Nord où il vivait lorsqu'il a rédigé ce roman. C'est oeune uvre attentive à une dimension sociale, celle d'un monde rural dont les valeurs sont déjà en train de changer avant la Première Guerre mondiale. C'est le premier roman de Jules Leroux. Celui-ci avait présenté le manuscrit à Louis Pergaud qui avait obtenu le prix Goncourt en 1910 avec De Goupil à Margot. Pergaud l'avait recommandé à l'éditeur Figuière qui le publia et le proposa au Concourt en 1911. Il fut remarqué par le jury, mais n'obtint pas la « suprême distinction ».

  • Avec Épis de glane, François Barerousse Change de ton. Il nous livre ici une petite gerbe de contes, directement inspirés des récits de sa grand-mère maternelle. Au fil du recueil, l'auteur se plaît à composer des tableaux vigoureux où les nuits, déchirées par le hurelement des loups, réveille parfois de vieilles peurs. Entre tradition orale et anecdotes villageoises, c'est la Sologne d'autrefois qui reprend vie.

  • Noémie Larciel est maîtresse d'école à la ville. Affaiblie par une anémie, elle part se reposer dans un village des Ardennes. Elle tombe amoureuse d'un homme du village, mais elle va repousser sa demande en mariage, car elle estime ne pas pouvoir abandonner ses élèves qui ont besoin d'elle. L'eau suit sa pente, et la jeune institutrice aussi : «Comme va le ruisseau... comme vont les ondes de la vie, comme va l'élan des âmes.» Un texte à la narration simple, un livre qui ressemble à un beau pastel de Millet. L'auteur sait trouver le verbe juste, l'épithète vraie, le mot qui peint cette nature des Ardennes, qui décrit cette jeune femme franche et gracieuse. Une histoire dont l'authenticité est renforcée par quelques locutions du terroir paysan et de magnifiques descriptions de scènes de pêche à la ligne.

  • Pierre-Jean Massoni, réputé pour sa force, son sang-froid et son caractère ombrageux, accepte d'aider la famille Grimaldi dans sa vendetta contre le meurtrier de l'un des siens. Pour mieux piéger le criminel et permettre son arrestation, Massoni gagne sa confiance, allant jusqu'à l'accompagner dans ses méfaits. C'est ainsi qu'il est lui-même arrêté. Per­suadé que la famille Grimaldi témoignera en sa faveur, Massoni est serein. Mais voilà que les Grimaldi l'abandonnent et l'accablent devant le juge. Cinq ans plus tard, de retour en Corse après avoir purgé sa peine au bagne, il prend le maquis afin d'assouvir sa vengeance contre ceux qui l'ont trahi, et devient l'un des plus redoutables bandits d'honneur corses du milieu du XIXe siècle. Mais la vendetta appelle la vendetta... Fleuve de sang est la transposition en roman d'une histoire vraie.

  • Durant l'été 1724, au pire des chaleurs orageuses, la dépouille d'un homme est déterrée, étripée, salée. Puis, en dépit des abominables relents de putréfaction qui s'en dégagent, on la traîne par les chemins de la paroisse, accrochée à l'arrière d'une charrette, avant de l'exposer devant l'auberge du village. Ainsi passe la justice du Roi. Elle supplicie la mémoire d'un vieil huguenot dont le crime, à l'article de la mort, fut de n'avoir point renié ses convictions religieuses. Ce châtiment effroyable est le dénouement de l'affaire Moïse Gréjon qui suscita, à l'époque, un vif émoi dans le pays. Gérard Boutet - qui descend à la fois du martyr posthume et d'un des délateurs - ressuscite ce « procès à cadavre » dont sa famille fut doublement marquée. Ces pages terribles reposent sur des faits authentiques. C'est l'intolérance de tous les temps, quels que soient les croyances et les prétextes, qui s'y trouvent mises en accusation. Au-delà de l'anecdote macabre, le livre renvoie à un fanatisme qu'on voudrait éteint à jamais.

  • Le Matachin, c'est ce quartier de Salins, à la fois « le plus pauvre et le plus pittoresque » de la ville, avec ses petits commerces et ses maisons décrépites, et où jadis un seigneur installa son chenil, sa « meute à chiens » selon l'expression populaire, d'où le nom du quartier. C'est ici, dans la seule maison vraiment coquette du quartier, que vit la douce et belle Fifine, avec son père Josillon, le vigneron. Entre ses travaux de couture et ce père qui l'adule et l'entoure de mille prévenances, Fifine a tout pour être heureuse, et le mariage est la dernière pensée qui lui vienne à l'esprit. Pourtant, n'a-t-elle pas remarqué, l'autre jour, une bien curieuse chose, qui est venue troubler ses certitudes ? Que signifiait cette tache bleue, fugacement aperçue de sa fenêtre, dissimulée au milieu des vignes ? Cette tache bleue, c'était la blouse de voiturier que porte le Grand Manuel, un garçon aussi costaud et vaillant qu'il est timide. Manuel aime Fifine en secret, et se désespère, car il ne se sent pas digne de la jeune fille. Comment ! Lui, le voiturier, qui s'échine au transport ingrat des coupes de bois à destination des chantiers de marine ; lui, qui a fait le désespoir de sa mère, la Jeanne-Antoine, en choisissant cette existence tumultueuse de grand chemin ; lui, dont les collègues sont perdus de réputation auprès des habitants de Salins, qui les tiennent pour des rustres, des voyous même, qui passent leur temps à boire et à se bagarrer ; lui, Manuel, il épouserait Fifine, si délicate, si distinguée, si prévenue contre les gens de son métier, si rétive aux fiançailles ? Et pourtant... Peut-il être sûr qu'il n'arrivera pas à la séduire ?
    Dans ce roman de terroir touchant et convivial, le lecteur, tout en suivant la quête amoureuse de Manuel, tombera sous le charme de ce quartier du Matachin au milieu du XIXe siècle, avec ses habitants hauts en couleur et au grand coeur, admirablement croqués par la plume de Max Buchon.

  • Lyon dans les années 1920 :Yvonne Vergette, fille de commerçants enrichis vit une existence morne ponctuée par les mondanités que lui impose sa mère. Elle tombe peu à peu dans la mélancolie lorsque le docteur Pierre Ferrier, vieil ami de la famille conseille à ses parents de l'envoyer dans leur propriété de Jullié dans le Beaujolais. Là, elle y découvre un monde authentique et fait la connaissance de Jean Giroux, « gentilhomme campagnard » dont elle tombe amoureuse. Fort de son amour, elle se dresse contre ses parents qui l'ont promise à un vicomte prétentieux et vain. Mais de mauvais placements entrainant la ruine des Vergette vont changer le cours des choses... Un beau roman d'amour mettant en valeur l'authenticité et les joies simples de la vie rurale face aux attraits superficiels de la ville et de l'argent.

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