Littérature générale

  • Ateliers

    Jean-Claude Carrière

    « Toute vie est un atelier, la mienne entre autres. Depuis plus de soixante ans, j'écris pour le cinéma et le théâtre. À chaque pas, j'ai rencontré des difficultés, de toute nature, et même des obstacles qui paraissaient parfois insurmontables. J'essaie de raconter ici, sous une forme simple, comment je les ai, ou ne les ai pas, résolus. J'y parle de mes problèmes personnels d'écriture qui furent nombreux et aussi des ateliers que j'ai dirigés une centaine un peu partout dans le monde, de Los Angeles à Pékin, de Téhéran à Jérusalem. Il ne s'agit pas de théorie, mais de pratique. Les échecs y côtoient les succès. Luis Buñuel, Peter Brook, Pierre Étaix, Louis Malle, Milos Forman, Jean-Luc Godard, Nagisa Oshima, Jacques Deray, Volker Schlndorff, Jean-Paul Rappeneau, et jusqu'au jeune Louis Garrel, y sont, parmi d'autres, mes compagnons d'aventure. Et j'espère qu'on peut y sentir combien il est difficile, mais passionnant, pour un auteur d'aujourd'hui, de faire jouer ensemble non seulement le réel et l'imaginaire, le lointain et le proche, mais aussi l'historique et l'invraisemblable, surtout quand celui-ci est vrai. » J.-C.?C. Scénariste, dramaturge, écrivain, Jean-Claude Carrière est l'auteur de grands succès comme Einstein, s'il vous plaît, Fragilité, Tous en scène, Croyance et, plus récemment, La Paix et La Vallée du Néant. 

  • Nous en venons et nous y retournons. Pourtant, nous ne pouvons rien en dire. Le néant - qui n'est ni le rien, ni le vide - reste l'inconnu fondamental, le non-être, sans sensation, sans conscience et sans mémoire. Pour m'en approcher, prudemment, je me suis lancé dans une promenade, un peu au hasard des chemins, en reprenant un vieux thème persan. J'ai voulu voir comment d'autres ont réagi, ici ou là, dans l'histoire du monde, au plus secret, au plus insistant des mystères. J'ai découvert, au passage, plusieurs attitudes, qui peuvent paraître contradictoires. Chacun peut choisir. C'est banal à dire, nous sommes tous emportés par un mouvement irrésistible. Il est notre maître, et nous savons où il nous conduit. Rien ne reste, rien ne revient. Pour peupler ce passage où il n'y a « rien » (« N'y a-t-il rien dans ce rien ? » se demandait Chateaubriand), nous avons, au long des siècles, imaginé toute une farandole de monstres, de vapeurs, de fantômes, des hurlements, dont un grand nombre sont évoqués ici. Avec quelques questions inévitables : comment nous protéger du désespoir et de la vanité de toutes nos vies, si nous n'en devons rien garder ? Comment, peut-être, en tirer une force, et même une joie ? Pourquoi rire ? Pourquoi pleurer ? Et pourquoi rêver d'immortalité ? ?Scénariste, dramaturge, écrivain, Jean-Claude Carrière est l'auteur de grands succès comme Einstein, s'il vous plaît, Fragilité, Tous en scène et, plus récemment, Croyance et La Paix. 

  • L'instinct du langage

    Steven Pinker

    Quelles sont les structures universelles du langage? Quelles sont ses bases biologiques? Que savent les bébés en naissant? Existe-t-il des gènes de la grammaire? Parviendra-t-on à recréer le langage humain par l'intelligence artificielle? Quelle différence entre les humains et les animaux? Que nous apprennent les idiots savants et les enfants loups? Pense-t-on en langage ou en image? Existe-t-il une «langue mère»? Pourquoi existe-t-il autant de langues différentes? Et pourquoi est-il si difficile d'en apprendre une à l'âge adulte? Voici la somme la plus élaborée et la plus accessible à l'heure actuelle, par l'une des personnalités les plus brillantes du monde scientifique international. Steven Pinker dirige le centre de neurosciences cognitives du Massachusetts Institute for Technology.

  • La silhouette des montagnes, les dunes, les cristaux de glace : la nature regorge de motifs organisés. Beaucoup sont le résultat d'interactions entre les nombreux composants du système dans lequel ils prennent forme. On parle alors d'auto-organisation, présente aussi dans le vivant. Qu'en est-il de la parole ? Aux côtés de la sélection naturelle, l'auto-organisation ne joue-t-elle pas aussi un rôle essentiel pour expliquer ses structures, son émergence ? C'est l'hypothèse qu'explore cet ouvrage, qui fait se rejoindre les acquis de la linguistique, les apports de la biologie et les éclaircissements fournis par la modélisation informatique et robotique. Quand les sciences informatiques permettent d'éclairer d'un jour nouveau la nature et l'évolution du langage. Pierre-Yves Oudeyer, directeur de recherche à Inria, étudie les mécanismes du développement sensori-moteur, cognitif et social chez l'humain et chez les robots. Suivant une approche multidisciplinaire, où les sciences du numérique participent à notre compréhension du vivant et de l'homme, il s'intéresse au rôle de l'auto-organisation et de l'apprentissage au cours des interactions entre cerveau, corps et environnement physique et social. Lauréat du programme européen ERC et du prix Le Monde de la recherche universitaire, il dirige l'équipe Flowers à Inria et à l'Ensta ParisTech, et a été chercheur au Sony Computer Science Laboratory à Paris. 

  • Par l'auteur de Biologie des passions, un brillant divertissement, le regard d'un biologiste et médecin, amoureux des lettres et de la vie, sur le célèbre aventurier vénitien du XVIIIe siècle, dont les Mémoires sont étrangement rythmées par le récit glorieux de ses maladies : pas moins de onze véroles, pour une multitude de conquêtes...

  • OEuvre dédiée au mouvement même de la mémoire, À la recherche du temps perdu laisse une large place aussi bien à la mémoire de l'histoire qu'à celle de la littérature même. « Toute la littérature vit dans À la recherche du temps perdu. La littérature donne vie à la littérature comme "résurrection de la vie intégrale" à la manière de l'histoire de Michelet », écrit Antoine Compagnon. Proust et le mythe d'Orphée ; l'effacement d'une source flaubertienne ; l'interpolation ; la reconnaissance ; le pastiche ou la mémoire des styles ; les réminiscences travesties ; l'allusion littéraire : des spécialistes français et étrangers explorent toutes ces pistes essentielles dans l'écriture de Proust. Antoine Compagnon est professeur au Collège de France, chaire de littérature moderne et contemporaine, et à l'Université Columbia (New York). Il a notamment publié La Seconde Main, Nous, Michel de Montaigne, La Troisième République des lettres, Le Démon de la théorie, Les Antimodernes, ainsi que De l'autorité. Contributions de A. Bouillaguet, S. Duval, S. Guindani, N. Mauriac Dyer, P.-L. Rey, H. Sakamoto, I. Serça, A. Simon, K. Yoshikawa.

  • Claire Vajou

    « Après quinze années d'endoctrinement, il m'est très difficile de penser par moi-même et mes références ne sont plus les vôtres. Si vous me croisiez dans la rue, vous ne m'adresseriez même pas la parole, vous me prendriez pour une fanatique islamique. De fait, je suis vêtue comme elles, tout de noir avec une robe rasant le sol ; mon voile cache le front jusqu'aux sourcils, ainsi que les joues et le menton, ne laissant paraître du visage qu'un triangle étroit : les yeux, le nez, la bouche. En Grèce, je passe inaperçue puisque depuis le Ve siècle, toutes les moniales orthodoxes sont vêtues ainsi. Pourquoi une fille apparemment cultivée, pas plus idiote qu'une autre, douée d'initiative et de raison, a-t-elle été pendant quinze ans incapable de s'échapper ? Cela doit vous paraître invraisemblable. Le drame est que je ne le sais pas moi-même. » C. V. Normalienne, agrégée de lettres classiques, Claire Vajou est traductrice de russe, de grec et d'anglais. Convertie à l'orthodoxie, elle a passé quinze ans, prisonnière volontaire, dans un monastère sur une île grecque. Avant de s'en enfuir.

  • Homme secret, homme de l'ombre par nature autant que par nécessité, Raymond Aubrac aura été intimement lié à plus d'un demi-siècle d'histoire, en France comme à l'étranger. En France, il est l'une des grandes figures de la Résistance, dont il a été l'un des pionniers dès 1940. Adjoint du chef de l'Armée secrète, le général Delestraint, à partir de 1942, plusieurs fois arrêté, plusieurs fois évadé (on se souvient du livre de Lucie Aubrac, ils partiront dans l'ivresse), il est, avec le docteur Dugoujon, le dernier survivant du rendez-vous de Caluire, le 21 juin 1943, au cours duquel Jean Moulin fut arrêté. Sur ces évènements, et d'autres, dont sa rencontre avec de Gaulle à Alger, Raymond Aubrac apporte un éclairage inéditMais la vie de Raymond Aubrac ne se limite pas à la Résistance. Commissaire de la République à Marseille à la Libération, puis directeur du service du déminage, il a participé à la reconstruction du pays. Créateur d'un bureau d'études, il a ensuite travaillé, de 1948 à 1958, avec les démocraties populaires et avec la Chine. Il s'explique, là aussi pour la première fois, sur son engagement aux cotés des communistes comme compagnon de route. Le troisième volet de ces Mémoires, et non le moindre, est consacré en grande partie aux deux guerres d'Indochine. Proche d'Ho Chi Minh, Raymond Aubrac a été mélé de très près aux négociations secrètes qui ont accompagné ces guerres. Sur ce point, il apporte des révélations sur les coulisses d'une guerre qui a mu l'opinion publique internationale. Il revient sur l'action d'hommes qu'il a bien connus alors : Henry Kissinger, Robert McNamara, Kurt Waldheim, Pham Van Dong, et montre l'importance du role joué par le mouvement Pugwash, avec lequel il a travaillé. Les Mémoires de cet homme de 82 ans, qui a été au coeur d'évènements majeurs sont une pièce de premier ordre à verser au dossier de l'histoire du XXe siècle en France et dans le monde.

  • Si on peut avoir plusieurs figures de père ou de mère, si les pères et les mères ne vivent pas toujours ensemble, si des enfants de plusieurs lits cohabitent, n'est-ce pas le signe que la famille traditionnelle n'est plus la seule possible ? Dès lors, gays et lesbiennes ne peuvent-ils devenir « des parents comme les autres » ? Comment ces familles d'un type nouveau se mettent-elles en place ? Un regard ethnologique inédit et enrichissant sur un phénomène social hautement controversé. Ethnologue travaillant depuis des années sur la famille française, Anne Cadoret est chargée de recherches au CNRS (Groupe d'analyse du social et de la sociabilité). Elle a notamment publié Parentés plurielles. 

  • First lady

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    C'est le jour de l'investiture. Florence gravit les marches du palais de l'Élysée. La voici, avec Jérôme, l'homme de sa vie, élevée aux plus hautes fonctions de l'État. Mais l'euphorie est de courte durée. Le soir même, la Première dame est plongée dans la tourmente. Très vite se pose la question de sa place et de sa liberté. Juliette et Marianne, la fille et la meilleure amie du Président, sont elles aussi aux premières loges. Cette victoire est un peu la leur. Elle va bouleverser leurs vies. Trois destins mêlés. Trois héroïnes qui vont devoir se dépasser. Et finalement se battre pour sauver le Président... ou se sauver elles-mêmes. Ce roman à thèse, écrit par une mère et sa fille, explore du point de vue féminin le lien entre pouvoir, amour et liberté - tout en nous entraînant dans une intrigue au suspense haletant. ?Coralie Miller, auteure de documentaires et metteuse en scène de théâtre, a notamment adapté la célèbre pièce Les Monologues du vagin, dont elle a dirigé une lecture avec trois femmes politiques : Marlène Schiappa, Roselyne Bachelot et Myriam El Khomri. Dominique Miller, psychologue clinicienne, psychanalyste, a enseigné à l'université Paris-VIII et a été directrice du Collège freudien. Elle est notamment l'auteure chez Odile Jacob de La Psychanalyse et la Vie. 

  • Le château des songes

    Michel Jouvet

    Par un des plus grands spécialiste de neurobiologie du rêve et du sommeil, un roman à la manière du XVIIIe siècle qui mêle fiction et science, méditation et érudition. Michel Jouvet suit à la trace Hughes la Scève, brillant esprit et libertin, « précurseur oublié » de la science moderne des rêves. Membre de l'Académie des sciences, médaille d'or du CNRS, Michel Jouvet a découvert et caractérisé ce qu'il a appelé le « sommeil paradoxal », troisième état de fonctionnement du cerveau.

  • « Le rêve d'une bibliothèque universelle accessible à tous pourrait, grâce aux ordinateurs et à Internet, devenir bientôt réalité. Nul ne contestera le formidable progrès que représentera la possibilité, pour chacun, d'accéder à l'ensemble du patrimoine écrit de l'humanité. Pourtant, les conditions dans lesquelles cette idée prend corps déclenchent, de divers horizons, plusieurs levées de bouclier. Et de sombres prophéties se font jour touchant la marginalisation de la haute culture en général et de ses expressions francophones en particulier. Les créateurs et leurs héritiers risquent-ils de se voir spoliés de leur travail ou de leur propriété ? Éditeurs et libraires y survivront-ils ? Quel sera l'avenir du livre papier ? Faut-il craindre que les géants du Net, tels Amazon ou Google, n'imposent leurs conditions à l'univers de la culture écrite ? Bref, ce rêve de liberté est-il voué à se transformer en cauchemar ou peut-on le sauver en combattant ses effets pervers ?Pour cerner les difficultés et repérer les lignes de force du débat, quelques-uns des meilleurs spécialistes de la question, tous des professionnels du livre, confrontent ici leurs points de vue et s'efforcent de dégager un ensemble d'exigences et de solutions visant à relever le défi. » L. F.

  • « Quel que soit le thème examiné, on constate que, au fil du temps, la condition humaine s'est améliorée. Nul ne peut nier qu'il existe des exceptions à cette affirmation. Mais, en définitive, cette restriction importe peu. D'autant moins que ces restrictions sont destinées, condamnées, pourrait-on dire, à disparaître. » M. T. Et si, au lieu de devenir plus dur à ceux qui l'habitent, notre monde se civilisait, s'humanisait, se bonifiait ? En s'appuyant sur les grands auteurs de notre littérature et sur des faits historiques, Michel Tirouflet montre que, dans tous les domaines, de la condition féminine à la guerre, en passant par la peine capitale, le racisme, la torture, l'esclavage ou encore les relations internationales, le monde s'est amélioré. Michel Tirouflet est dirigeant d'entreprises. Il a publié plusieurs ouvrages d'économie et d'histoire. 

  • La plume et le pinceau

    Anka Muhlstein

    Les grands romanciers du XIXe et du début du XXe siècle, notamment Balzac, Stendhal, les frères Goncourt, Zola, Maupassant et Proust, ont en commun un intérêt passionné pour la peinture, intérêt qui les a tous amenés à inventer de nombreux personnages de peintres, incités à regarder et à écrire en peintres et souvent à se transformer en critiques d'art. Balzac aurait voulu écrire avec les couleurs de Delacroix, Zola, initié à la peinture par Cézanne, son ami d'enfance, s'inspirait de Manet ou de Degas pour décrire ses sujets, et Bergotte, l'écrivain fictif de Proust, meurt en regrettant de ne pas avoir écrit avec l'art de Vermeer. Intriguée par ce trait si caractéristique de la littérature française, Anka Muhlstein s'est attachée à montrer l'union intime de la peinture et de la littérature pendant cette période, facilitée par l'accès, alors unique en Europe, au musée et stimulée par l'étonnante camaraderie d'un groupe d'artistes étroitement unis, prompts à s'encourager les uns les autres. Auteur notamment de Napoléon à Moscou, de Garçon, un cent d'huîtres !, de Balzac et la table et de La Bibliothèque de Marcel Proust, Anka Muhlstein est historienne et biographe. 

  • Moi, le fou

    Polo Tonka

    Francis del Dongo n'est pas seulement célibataire sans emploi, il est aussi déjanté, instable, farfelu et, pire que tout !, romancier sans éditeur. Seul, confronté à sa singularité, il a su malgré tout cultiver la lumière. Il le sait, le jour viendra où son travail sera lu, où il ne sera plus ce paria que les maisons d'édition rejettent. Voilà qu'une étrange idée fait son chemin en lui. Ses échecs seraient-ils dus à une part occulte de son identité ? Serait-il le personnage d'un roman, victime d'un auteur qui lui refuse le succès ? C'est là tout l'enjeu de cette histoire, duel halluciné entre un écrivain et sa création. ?Né en 1979, Polo Tonka signe avec Moi, le fou son premier roman. Son précédent ouvrage : Dialogue avec moi-même. Un schizophrène témoigne a rencontré le succès. 

  • « Je voudrais vous parler d'eux, de ces migrants et de leurs enfants, vous rapporter leur poésie, leurs rêves, mais aussi leurs difficultés, leurs raideurs et leurs tentatives pour se transformer et s'adapter. Je voudrais vous parler d'eux parce qu'ils sont sources de vie et de connaissances pour nous tous. Demain plus encore qu'aujourd'hui, tous les enfants, tous nos enfants auront à grandir et à se construire dans un monde qui bouge. Tous seront confrontés à la diversité des langues et à la pluralité des cultures. Tous seront des enfants nomades et des enfants métis. » M.?R.?M. Marie Rose Moro est psychiatre pour enfants et adolescents, psychanalyste et professeur à l'université Paris-Descartes.?Chef de service à la Maison des adolescents de Cochin (Maison de Solenn, Paris) et à l`hôpital Avicenne (Bobigny), elle a notamment publié Aimer ses enfants ici et ailleurs. Histoires transculturelles, qui a été un grand succès.

  • Qui était vraiment Michel de Montaigne ? Peut-on se fier à l'auteur des Essais quand il dépeint un moi universel dans son « humaine condition », autrement dit un moi dissocié des vicissitudes de l'histoire ? À rebours du mythe auquel Montaigne a le premier largement contribué, cette biographie s'interroge sur l'historicité des Essais et leur inscription dans les pratiques politiques et sociales de la fin de la Renaissance. Conseiller au parlement de Bordeaux, ville dont il devint maire et gouverneur, négociateur et ami proche du futur Henri IV, Montaigne incarnait cette noblesse de robe qui voulait s'intégrer à la moyenne noblesse d'épée. Acteur de son temps, il conçut chaque édition de ses Essais (il y en eut quatre de 1580 à 1592) comme le corollaire indispensable d'une carrière politique riche en rebondissements. À travers ce parcours se découvre ainsi un autre Montaigne que celui dont nous sommes familiers, détaché et stoïque : un Montaigne qui ne séparait pas sa vie privée de sa vie publique, un Montaigne pris dans les tumultes de son temps - il connut pas moins de huit guerres civiles et se retrouva embastillé par la Ligue -, un Montaigne enfin dont les prises de parole comme les silences obéissaient d'abord à des raisons stratégiques. Ni candide ni transparent, ne cédant pas non plus au machiavélisme de son époque, ce Montaigne-là donne une nouvelle épaisseur à celui de la légende littéraire. Philippe Desan est spécialiste de l'histoire des idées et de la Renaissance. Il occupe une chaire d'histoire de la culture à l'Université de Chicago et a publié de nombreux ouvrages sur la Renaissance et sur Montaigne. Il dirige également la revue Montaigne Studies. 

  • Anita Conti, pionnière de l'océanographie, grand photographe et écrivain, a sillonné les mers froides et tropicales à bord des bateaux de pêche et marqué près d'un siècle de vie maritime. En 1939, première femme embarquée au service de la Marine nationale, elle participe au déminage du port de Dunkerque, avant de partir pour l'Afrique où l'attendent missions humanitaires, chasse aux squales et décolonisation. Sensibilisée au problème de la faim et au gaspillage des ressources, elle s'élance vers l'Atlantique Nord à bord des terre-neuvas avant de rejoindre Cousteau au Musée océanographique de Monaco...« Il faut cesser de piller l'océan », « Nous devons penser aux générations à venir »... Cette femme au destin exceptionnel avait pressenti la nécessité du développement durable. Son combat est plus que jamais d'actualité.À partir d'archives inédites, Catherine Reverzy nous livre le magnifique portrait d'une femme hors du commun, libre et passionnée, dont la vie fut entièrement tournée vers l'océan. Catherine Reverzy est psychiatre et écrivain. Elle est l'auteur de Femmes d'aventure.

  • Moi, Abraham

    Eric Nataf

    Qui est Abraham ? Un inconnu. Personnage central de la Bible, géant de la mythologie, héros de l'Histoire, il est à la fois immense et lointain. Le voici proche de nous : du fond des âges, il s'adresse à son innombrable progéniture, dans un langage foisonnant et intemporel. Le temps, l'espace, les générations s'entremêlent. Il nous parle de « cet Orient qui n'avait rien de moyen » et dominait le monde civilisé, compris entre l'Euphrate et le Tigre. « J'ai grandi, nous apprend-il, dans cet entre-deux, je suis parti de là, de Babylone. » Replacé ainsi aux confins de ces empires dont l'effervescence n'a pas fini d'agiter le monde, Abraham raconte sa jeunesse et prend, sous la plume alerte et facétieuse d'Éric Nataf, une dimension nouvelle. Père de peuples frères qui s'entre-déchirent, il est, plus que jamais, un patriarche vivant et attentif. Il est une part - la meilleure ? - de nous-mêmes. Éric Nataf est l'auteur d'Autobiographie d'un virus (2004), Le Mal par le mal (2006) et Régime mortel (2008), qui ont été d'immenses succès. Médecin, radiologue, échographiste, il est chargé d'enseignement à l'hôpital Cochin.

  • Alice Tao se rend à un congrès où elle doit évoquer une observation que les théories astrophysiques actuelles ne permettent pas de comprendre et qui pourrait remettre en question tout l'édifice de la science. Un savant a peut-être trouvé l'explication, mais il disparaît en ne laissant derrière lui que quelques dessins. Qui a intérêt à cette disparition ? Parmi ces dessins, Alice reconnaît un lieu dont elle avait rêvé, lorsqu'elle était enfant, un lieu qui n'existe pas, pas encore... Un siècle plus tard, en 2107, un biophysicien s'aperçoit que l'homme perd la mémoire. Il se rend en Chine sur la proposition d'une confrérie secrète qui s'apprête à créer un centre de stockage de la mémoire de l'humanité. Que cherche vraiment cette organisation à la puissance sans limite ? Un seul homme peut la défier : Michel Marosa, qui possède la mémoire d'une jeune Chinoise appelée... Alice Tao. Notre mémoire serait-elle manipulée par des intrusions du futur ? Alice et Michel vont-ils renouer ses fils par-delà les époques ?David Elbaz est astrophysicien au Commissariat à l'énergie atomique (CEA), spécialiste de la formation des galaxies. Il est l'auteur d'un premier roman remarqué, Le Vase de Pépi.

  • À l'occasion d'un bref retour à Marrakech, un écrivain venu finir un manuscrit erre dans la ville et vit une rencontre amoureuse. Sur les lieux de ses origines, l'exilé voit remonter toutes les images qui font revivre son enfance et sa jeunesse, entre bien-être et misère, bonheur et détresse, exil et ancrage dans une tradition millénaire où ce qui l'emporte, c'est le désir lancinant du départ. Daniel Sibony en profite pour lever quelques voiles sur son roman des origines, celles d'un juif né en terre arabe.?Daniel Sibony est psychanalyste. Il a notamment publié Don de soi et partage de soi et Lectures bibliques.

  • Tous en scène

    Carriere-Jc

    Et si la vie, toute vie, n'était qu'un conte, qu'une pièce où nous jouerions un rôle ?Et si, pour de grands rôles comme pour de petits, nous n'étions que des acteurs ?Et si le théâtre, le cinéma, les grands comédiens comme les metteurs en scène pouvaient, par leur art, par leur exemple, nous aider à mieux vivre ?De Raimu à Piccoli, de Buñuel à Bergman et Fellini, du Mahâbhârata au nô, de Shakespeare à Pirandello, voici les nouvelles méditations de Jean-Claude Carrière. Après le succès de Fragilité, un petit bijou pour nous aider à voir un peu plus clair en nous-mêmes, à mieux choisir nos rôles peut-être, bref à mieux jouer notre vie. Scénariste, dramaturge, écrivain, Jean-Claude Carrière a notamment publié Les Mots et la Chose, La Controverse de Valladolid, Einstein, s'il vous plaît.

  • Voici un étonnant essai de « gastronomie littéraire », mariant les plaisirs du texte et ceux de la chère. Relisant Balzac, des restaurants à la mode aux sombres estaminets, des festins mondains aux mesquineries de la petite-bourgeoisie, c'est toute la France à table au XIXe siècle qu'Anka Muhlstein nous fait redécouvrir. Et surtout, à travers toute La Comédie humaine, c'est notre imaginaire gourmand dont elle nous donne à retrouver les sources. Car c'est vraiment Balzac, avant Flaubert, Zola ou Maupassant, qui, en France, a fait entrer la table en littérature. Auteur notamment de Napoléon à Moscou, Anka Muhlstein est historienne et biographe.

  • Éric Molinié est atteint tout jeune d'une myopathie. Mais il va réussir à surmonter son handicap à force de courage, de volonté, de persévérance et de travail, et fera une très brillante carrière. C'est un témoignage vécu exceptionnel qu'il nous livre ici. « Je dépends des autres pour vivre, oui. Mais n'est-ce pas le cas de tout être humain ? La nécessité d'une collégialité est si enrichissante, elle conduit à "vivre ensemble" dans une société où chacun est utile aux autres et a sa place propre. Oserais-je avouer que je me sens très libre dans cette dépendance ? La dépendance physique a renforcé ma liberté intérieure. » E.?M. Son combat contre la maladie est le moteur d'engagements au service des autres et de l'intérêt général, contre toutes les formes de discrimination et d'exclusion. Une grande leçon d'humanisme. Un modèle de vie et de courage pour chacun d'entre nous. Éric Molinié est une personnalité française du monde associatif et du monde de l'entreprise. Il est actuellement secrétaire général de Dalkia, une entreprise du groupe EDF, et président de la Commission éthique et déontologie du groupe EDF. Il a auparavant contribué à l'essor et à la notoriété du Téléthon et a présidé la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde), ainsi que le Samu social de Paris. 

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