Arts et spectacles

  • Comment se compose la mémoire du spectacle ? Les bibliothèques et les musées s'attachant à l'entretenir ont parfois du mal à contenir une matière aussi multiforme. Chaque collection a son histoire, chaque institution a dû faire face à diverses difficultés. Dans cette mission, la technologie peut contribuer à approfondir la mémoire du spectacle et à élargir virtuellement à l'infini les espaces qui l'accueillent. Le congrès de la SIBMAS qui s'est tenu à Rome en 2002 témoignait d'une étape dans la réflexion suscitée par l'utilisation des nouvelles technologies dans les bibliothèques et les centres d'archives. Cet ouvrage en présente les communications. How is the memory of a show evoked and brought back to life? Libraries and museums, by focusing on conservation, sometimes struggle to control the many details of the subject matter. Each collection has its own history and each institution has faced a multitude of difficulties. The aim of the papers put forward in this book is to illustrate how technology can help deepen the memory of each show and expand the virtually infinite spaces that keep them. The SIBMAS Congress held in Rome in 2002 represented a step forward in thinking about the use of new technologies in libraries and archives.

  • Cet ouvrage propose une analyse originale sur les relations cinématographiques entre Cuba et le Mexique à la période classique, à travers la construction de l'imaginaire particulier du mélodrame de cabaret, peuplé de danseuses de rumba au sang chaud et au coeur tendre. Les films dont elles sont les héroïnes sulfureuses s'enracinent dans les traditions génériques de l'industrie du cinéma mexicain, retravaillées par l'apport cubain à travers la musique, la danse, les paysages et les cabarets. Ils façonnent des personnages féminins originaux, introduisant des représentations inédites de danseuses et de femmes fatales qui luttent pour leur autonomie, et jouissent d'une grande liberté dans leur rapport avec leur corps. Cette coopération cinématographique s'explique par la volonté des producteurs, distributeurs et metteurs en scène mexicains de s'imposer sur les écrans cubains, tandis que les Cubains espèrent bénéficier de leur savoir-faire technique et artistique pour jeter les bases d'un cinéma national encore embryonnaire. Toutefois, l'atmosphère « tropicale » mise en oeuvre dans les films s'avère un trompe-l'oeil commercial lié au regard mexicain qui exotise Cuba. Un postulat dénoncé par les critiques et cinéastes cubains, en particulier au lendemain de la Révolution qui souhaite rompre radicalement avec ce cinéma commercial. La réception et l'historiographie de ces films en font ainsi de puissants révélateurs des imaginaires nationaux qu'ils contribuent à façonner et à véhiculer.

  • Cet ouvrage porte sur le cas concret de Maurice Maeterlinck comme auteur adapté à l'époque du cinéma muet. Inspiré de la théorie de Pierre Bourdieu, il propose de renouveler la problématique de l'adaptation cinématographique en prenant pour point de départ l'auteur agissant dans plusieurs champs et étant agi par ceux-ci.
    Dans les années dix et vingt, Maeterlinck occupe des positions contrastées : consacré en littérature, peu ou pas reconnu au cinéma. Cet écart suscite un triple questionnement, sur l'entrée de l'auteur dans le champ cinématographique, sur les stratégies qu'il transpose d'un domaine à l'autre, enfin sur l'ajustement des stratégies aux états successifs du cinéma. Centré sur le contexte de production des oeuvres, l'ouvrage ne néglige pas leur dimension esthétique. Il met en évidence des sources premières rarement sollicitées : les films Monna Vanna (Ambrosio, 1914-1916), Pelléas et Mélisande (Éclair, 1915) et The Blue Bird (Paramount, 1918). L'analyse esthétique révèle la manière dont le cinéma reprend des éléments théâtraux et se les réapproprie, ou encore dans quelle mesure les oeuvres adaptées oscillent entre les différents pôles de production et se stabilisent dans la zone de grande production de qualité.

  • Ce volume réunit douze études de cas : des vies d'architectes européens, écrites par des historiens de l'art et de l'architecture allemands, espagnols, français, italiens, russes, suédois. Il s'agit d'architectes qui, nés et éduqués dans une culture, héritiers d'une ou plusieurs traditions nationales, ont travaillé à l'étranger, au sein d'une autre culture, en y apportant des éléments nouveaux. Ou encore de ceux qui vécurent leurs années de voyage comme une véritable expatriation. Ces architectes transfuges, cosmopolites, créateurs de confusions stylistiques qui posent tant de problèmes aux historiens de l'art et rompent les schémas des écoles nationales, furent en grande partie responsables de la création de l'Europe architecturale, architecturée et architecturante bien au-delà de ses propres limites. L'existence de cette « Europe architecturale » est l'hypothèse générale proposée ici. L'européanité de ces architectes italo-français ou italo-russe, franco-suédois ou hispano-mexicain, fut tantôt délibérée, exigée par le commanditaire ou la communauté d'accueil, tantôt une conséquence de leur vie comme ensemble de circonstances. Telle une réaction au besoin d'adaptation, cette dernière, complète ou partielle, a souvent donné lieu à une création inédite. Comment étudier, comprendre, décrire, classer leurs oeuvres ? Pourrions-nous, en nous fondant sur ces cas, ébaucher une nouvelle histoire de l'architecture européenne ?

  • En histoire de l'art, la critique est l'un des miroirs identitaires d'une nation, la résultante d'un héritage façonné par les codes sociaux et culturels d'un pays. Elle repose sur des conventions qui lui sont propres et admises, consciemment ou non, par ses auteurs et son public. Les textes de critique d'art français informent par conséquent tout autant sur la culture de l'observateur que sur celle de l'observé.
    Ce volume réunit douze études du discours français sur l'art des pays voisins dans un contexte de rivalités ou de compétitions internationales. Par l'analyse de commentaires de salons, de comptes rendus d'expositions ou encore d'ouvrages d'histoire de l'art du XIXe siècle, les contributions interrogent la part de chauvinisme, de protectionnisme ou de géopolitique inhérente aux transferts culturels européens. Que ce soit à travers les notions d'école artistique ou de nation, la critique d'art française est devenue un important vecteur de diffusion des stéréotypes nationaux et des conflits ou alliances au sein de l'Europe. Dès lors, le point de vue du critique sur l'oeuvre d'un artiste est un matériau de premier choix pour comprendre les dynamiques identitaires. La réunion de ces études vise ainsi à révéler les dimensions anthropologiques et politiques de la critique d'art française du XIXe siècle permettant d'appréhender le discours sur l'art comme une participation à la conscience collective de la spécificité d'une nation.

  • La dramaturgie québécoise présente des survivances du personnage, quand d'autres ne cessent de le remettre en question. Loin de présenter des individus psychologiques, les dramaturges québécois détournent le réalisme pour proposer des figures hors du commun. Ce livre propose d'abord un panorama de tous ces protagonistes en emmenant le lecteur dans une traversée de nombreux textes écrits dans les années 2000 mais dont les auteurs sont de plusieurs générations, traditions et formations théâtrales. Vous y découvrirez des personnages sans famille, sans passé, sans territoire, des personnages qui viennent d'autres oeuvres. Cette galerie de portraits nous invite à entrer dans la fabrique des auteurs pour interroger le partage des voix qu'ils opèrent dans l'écriture.
    En effet, les auteurs dramatiques, face à la difficulté de plus en plus grande de faire entendre leurs voix, choisissent souvent de se représenter dans leurs oeuvres et exploitent dans leurs créations leur moi d'auteur comme un matériau. C'est cette voix de l'écriture aux limites de l'autofiction et de l'autobiographie qu'explore la seconde partie de l'ouvrage. Pour cela, l'autrice s'intéresse à des oeuvres plus proches du plateau et montre comment les auteurs, souvent aussi acteurs, metteurs en scène, se pensent et se représentent dans leurs oeuvres et interrogent leur pouvoir de création de la fiction.

  • Les traités de manières et les traités artistiques, de même que le discours amoureux dans le domaine littéraire, se sont donnés la tâche de définir, voire de codifier, la gestuelle amoureuse et établissent notamment des relations entre le domaine artistique, littéraire et la vie sociale. Par rapport au « geste écrit », le « geste en image » se manifeste sous une forme plus ambiguë et laisse transparaître, souvent, des rapports de réciprocité, de domination, d'assujettissement ou d'inversion des rôles d'autant plus lorsqu'il traduit le sentiment amoureux.
    Cet ouvrage rassemble des communications, interventions et réflexions menées à l'occasion d'un colloque consacré à L'invention du Geste Amoureux à la Renaissance ainsi que d'une série de workshops portant sur le même thème pour différentes périodes chronologiques. Quels que soient la période traitée et le support de la représentation, la gestuelle est entendue, au sens large, à la fois en tant que gestes et attitudes corporelles. Il ne s'agit pas simplement d'un geste intentionné mais également d'une posture du corps, celle-ci intervenant soit de façon suffisamment régulière pour être identifiée à un « topos », soit au contraire de manière si exceptionnelle qu'elle mérite qu'on s'y attarde. Les analyses exemplaires réunies dans ce livre abordent, enfin, les questions de la migration de gestes entre le champ du rituel et celui de l'art, entre le registre du sacré et celui du profane ainsi que les transferts trans-chronologique ou trans-géographique. Elles proposent une étude des postures, attitudes, gestes et expressions qui « disent » l'amour dans les arts visuels.

  • Cet ouvrage entend modifier le point de vue sur l'art conceptuel en partant des multiples manières dont des artistes associés au mouvement ont eu recours à la photographie. Cette approche de l'art conceptuel nécessite de prendre de la distance par rapport au modèle anglo-américain en élargissant l'observation à d'autres aires géographiques comme celles du Brésil, de l'Italie, du Japon et de la Pologne. Le choix d'une focale élargie rassemble également des notions a priori étrangères à l'idée de dématérialisation de l'art qui reste attachée à l'historiographie de l'art conceptuel. La triade « Photo / Objet / Concept » insiste sur la dimension matérielle des expressions artistiques étudiées. La notion d'objet constitue en effet une des idées directrices de ce volume. Elle permet d'interroger les caractéristiques matérielles du médium à travers des pratiques spécifiques comme la sculpture, la délégation ou l'exposition. Reconsidérer l'usage et les pratiques de la photographie au sein de l'art conceptuel amène à renouveler la réception d'un moment historique pour comprendre l'importance et la place du médium dans l'art d'aujourd'hui.

  • Le journalisme narratif - genre qui naît et s'impose en Argentine (Operación masacre, Rodolfo Walsh, 1957) et aux États-Unis (De Sang froid, Truman Capote, 1966) - connaît actuellement une extension remarquable, notamment en Amérique Latine et dans le monde anglo-saxon. En puisant dans les instruments des arts textuels et visuels pour informer, ce journalisme semble échapper au formatage des entreprises médiatiques, à l'homogénéisation d'une parole dominante et centralisée, et cherche à rénover et diversifier les lectures du monde. Dans un siècle où l'information doit, avant d'informer, être rapide, brève, percutante jusqu'à la déformation, le présent ouvrage propose, à partir de divers champs disciplinaires, une réflexion sur la porosité entre « journalisme narratif » et « arts » et examine comment leurs rencontres - parfois conflictuelles - se transforment à leur tour en contre-médias pour récupérer la place d'instruction et de dénonciation que les principaux organes médiatiques ont désertée. Les travaux de ce volume analysent le processus complexe du passage de l'enquête de terrain à sa retranscription et interprétation, depuis un journalisme, des créations visuelles et des récits fictionnels qui défendent l'expérience intime de l'investigation et qui s'emparent des outils des arts (cinéma, photographie...) et de la narration littéraire pour donner une lecture fouillée et plus lisible du réel.

  • Were New Towns mainly utopias? Will they become pilot innovative cities? More than 30 years after their creation New Towns are facing numerous challenges in terms of social cohesion, urban planning, regeneration, sustainable development and identities. This book aims to identify different paths for adapting to current challenges and to address the fundamental issues of image and identity of territories. It will examine the capacity of current New Towns, in a time of demographic stagnation and economic crisis, to manage their transition to maturity (becoming «Mature Towns»), to be viewed as pilot and habitable cities. In this way it develops an in-depth analysis of New Towns' development and proposes key elements and approaches of interest for urban planners, researchers and professionals interested in territories' identities and the development of cities.

  • Les éditions illustrées du Roland furieux ont contribué de façon décisive à faire du poème de l'Arioste un des « grands codes » de l'imaginaire européen du XVIe au XIXe siècle. Parmi elles, celle qu'imprima en 1584 à Venise Francesco De Franceschi marque un tournant dans l'iconographie de l'Orlando furioso parce qu'il s'agit de la première édition ornée de planches gravées sur cuivre, et non plus sur bois, et parce que son influence se fit sentir bien au-delà du VIXe siècle, et bien au-delà de l'Italie, sur toute l'illustration de la poésie épique. Les meilleurs spécialistes internationaux de l'Arioste illustré se sont rassemblés en 2011 à l'université de Caen-Basse Normandie pour mettre pour la première fois en pleine lumière l'édition De Franceschi et mieux en comprendre l'importance dans la longue histoire des éditions illustrées du Roland furieux, des premiers graveurs vénitiens jusqu'à Gustave Doré. Le volume issu de leurs travaux constitue une véritable somme, organiquement conçue, qui passionnera tous ceux qui s'intéressent à l'espace visuel du livre illustré.

  • « Ce livre est le fruit d'un projet ambitieux visant à replacer l'émergence du portrait européen dans le contexte large d'une évolution où parmi d'autres facteurs les rites funéraires et les masques mortuaires jouent un rôle déterminant. « L'archéologie de la ressemblance » est ainsi la formule que l'auteur propose pour renouveler notre connaissance des débuts du portrait au XIIIe siècle, c'est-à-dire bien avant l'apogée du portrait individuel à la Renaissance. Par une transgression audacieuse des frontières du champ disciplinaire, l'enquête jette un éclairage inattendu sur l'environnement culturel qui favorisa l'apparition de ce genre visuel si caractéristique du continent européen. Le recours à la méthode étymologique enrichit tout particulièrement l'investigation en éclairant d'un jour nouveau les causes profondes de cette représentation figurée. Sur un sujet où tout déjà semblait avoir été dit, un arrière-plan aux multiples facettes se trouve ici mis au jour, qui d'une manière exemplaire révèle la complexité des facteurs intervenant dans l'histoire de la représentation figurée. » (Hans Belting)

  • En couleur et en mouvement, le jongleur joue de la musique parmi les oiseaux, les animaux et les rinceaux fleuris des livres enluminés du Moyen Age. Jamais loin du roi David, il accroche l'oeil et éveille l'esprit par son caractère incongru et étonnant. Ce livre est consacré à ses figurations dans les psautiers, les ouvrages de philosophie naturelle et de métaphysique d'Aristote, destinés aux laïcs, dans les royaumes de France et d'Angleterre, entre 1200 et 1330. Il étudie la transformation de la figure du jongleur depuis l'Antiquité jusqu'à sa réinvention par les nouveaux intellectuels du XIIIe siècle, soucieux de se distinguer du jongleur : Dominicains, Franciscains et maîtres séculiers de l'Université, ainsi que les poètes et les ménestrels dans les cours et les villes. Savamment, auteurs et concepteurs d'images ont forgé une figure en mouvement de la Physis, du son et de l'ouïe, axée sur la théorie de la connaissance aristotélicienne, transformant ainsi le jongleur en image de mémoire et en mémoire de l'image, celle du Christ et de l'homme créé à l'image de Dieu.

  • Cet ouvrage intéressera l'amateur de théâtre à plus d'un titre. Il propose un panorama mondial à travers 51 articles traitant de deux saisons de théâtre. La singularité de cette forme mérite d'être soulignée. Chacun des pays représentés ici a confié à un spécialiste un regard analytique sur les saisons 2007-2008 et 2008-2009. Cela donne une juxtaposition d'approches qui, unies dans un objectif commun, gardent leurs spécificités. Ici, on met l'accent sur la perpétuation des traditions théâtrales, là, on est attentif aux signes d'ouverture aux aventures du théâtre international. Ici, on scrute les résistances que le théâtre peut opposer aux pouvoirs, là, on souligne l'intelligence de l'institution théâtrale et de l'État. Partout, on nous fait découvrir des formes, des pratiques et des répertoires qui retrouvent ainsi droit de cité à côté des artistes qui dominent les scènes internationales. De l'Allemagne à l'Ukraine, nous explorons la vie théâtrale dans son actualité avec ce léger recul qui permet de dégager quelques lignes de force. On pioche ainsi informations et détails insolites sur le travail des acteurs, les projets des metteurs en scène ou les goûts du public. C'est ainsi que nous portons un autre regard sur le théâtre dans le monde.

  • Les portraits de la fin du Moyen Âge diffèrent aussi bien des réalisations antérieures que de celles de la Renaissance. À la fois inscrits dans la tradition religieuse et reflétant une nouvelle vision du monde plus profane, ils se présentent comme des représentations novatrices de l'homme préfigurant les périodes ultérieures. Par-delà les expressions (dévotion, réalisme, art de cour) qui évoquent habituellement ces portraits les actes du colloque réunissant les contributions de spécialistes internationaux en une approche moins convenue montrent comment le portrait fut au coeur de la pensée et de la production d'une époque charnière.

  • PART[h]Enope constitue la synthèse du projet mené par le Pôle Méditerranée de l'Université Paris 8 autour des « Capitales méditerranéennes de la culture ». Naples en est la première étape. Ce travail de recherche s'est agencé sur deux ans. Un colloque international a permis d'en présenter les résultats en novembre 2012. Une journée d'étude de réflexion avait servi d'étape intermédiaire en novembre 2011. Ce volume recueille toutes ces conclusions sous la forme de vingt-six études regroupées en quatre sections : « Naples capitale artistique, capitale musicale », « Naples, ou de l'usage des arts à des fins politiques », « Naples objet littéraire », « Le mythe de Naples ». En français et en italien, ces essais se penchent sur des questions ayant trait à la relation de la ville aux arts (peinture, sculpture, musique, opéra, théâtre, littérature, photographie, cinéma), ainsi qu'à leurs implications avec la pensée politique. PART[h]Enope è la sintesi del progetto «Capitales méditerranéennes de la culture» del Pôle Méditerranée dell'Université Paris 8. Napoli ne costituisce la prima tappa. Il lavoro di ricerca si è svolto su due anni. Un convegno internazionale ha permesso di presentarne i risultati nel novembre 2012. Una giornata di studio intermedia si era tenuta nel novembre 2011. Il volume raccoglie tutte le conclusioni in ventisei articoli ripartiti in quattro sezioni: «Napoli capitale artistica, capitale musicale», «Napoli, o dell'uso delle arti a scopo politico», «Napoli oggetto letterario», «Il mito di Napoli». In italiano e in francese, i saggi affrontano questioni inerenti alla relazione della città con le arti (pittura, scultura, musica, operistica, teatro, letteratura, fotografia, cinema) e alle implicazioni con il pensiero politico.

  • L'être humain joue au théâtre, danse, chante, exécute des numéros de cirque, met en scène le quotidien. Ces pratiques spectaculaires, séparées ou confondues dans les sociétés en mutation de l'Occident, sont amenées aujourd'hui à redessiner leur identité dans des champs (inter)culturels, des imaginaires, des contraintes, des modes de lecture complexes. Le concept d'adaptation, au centre de ce livre, trouve dans pareil contexte une résonance exemplaire, désignant l'intercession par laquelle créateurs et spectateurs s'énoncent ensemble dans un questionnement sur la marque spectaculaire. Il suscite des rencontres entre compétences de réception, entre pertinences (énonciatives, émotionnelles, culturelles, technologiques) à la fois communes et propres aux différentes pratiques. Un champ innovant et décloisonné s'ouvre à une recherche attentive à ces processus. Poursuivant un projet qui considère la sémiotique comme une discipline interstitielle, en croisement avec d'autres approches - l'anthropologie, les sciences sociales et humaines -, cet ouvrage propose des suggestions de modèles et des analyses qui prennent en compte les changements théoriques intervenus ces dernières années. Il interroge de façon stimulante les mécanismes d'appropriation des arts du spectacle.

  • Tout en ayant sensiblement élargi leurs champs d'intérêt, les analyses critiques de la danse, du théâtre et des arts plastiques se cantonnent toujours aux frontières traditionnelles de leurs disciplines. Cet ouvrage propose une synthèse riche et innovante des pratiques intermédiales s'en prenant directement à l'approche puriste de la critique moderniste, plus particulièrement au débat autour de la théâtralité de l'art minimal lancé en 1967 par Michael Fried. En franchissant les frontières géographiques et les différents courants de la pensée moderne notamment celle de Bertolt Brecht, Marcel Duchamp et Antonin Artaud, l'auteure approche de manière globale cette volonté artistique de transgresser les schémas institutionnels à partir d'une théâtralité hybride qui défie les limites établies entre les genres, mais aussi entre l'oeuvre et le spectateur, l'art et la vie. L'ouvrage est enrichi par l'étude approfondie de six artistes qui, depuis la fin des années 1970, défient la doctrine moderniste par des formes « impures », à la croisée des arts plastiques et des arts de la scène. Jeff Wall, Cindy Sherman, Tony Oursler, Elizabeth Le Compte, Romeo Castellucci et Jan Fabre mettent en crise la représentation appelant à une perception critique qui redéfinit, de manière radicale, la place du spectateur. Cette double approche, à la fois panoramique et monographique, permet à cet ouvrage de servir de véritable réflexion de référence sur l'intermédialité et l'histoire de la culture au vingtième siècle, tout en ouvrant dans le champ universitaire et au-delà, dans celui de la critique, des pistes fécondes et inédites.

  • Les années 1960 et 1970 ont vu se développer un art de la contemporanéité faisant interagir l'oeuvre d'imagination et l'intelligibilité de la société, souvent dans des actions collectives et interdisciplinaires. Ainsi les mouvements de contestation en faveur d'un nouvel équilibre mondial et sociétal apparaissent-ils comme le pendant politique de l'éclatement des catégories et des pratiques artistiques, et inversement. Ils inscrivent la perception de ces années-là comme celles d'une marche commune de l'avant-garde artistique et de l'avant-garde politique, c'est-à-dire des nouvelles manières d'intervenir dans le champ artistique et de celles qui, dans le champ du pouvoir, s'inscrivent en dehors des voies de la politique classique. Avec pour objet des oeuvres issues des avant-gardes artistiques des années 1960 et 1970, les études de cas interdisciplinaires qui composent cet ouvrage reviennent sur ce parallèle afin de le questionner et d'examiner en détail les multiples interpénétrations qui se sont nouées entre art et politique à ce moment historique marqué par de profondes transformations socio-culturelles.

  • Qu'elle permette d'oublier les horreurs vécues, de donner du courage aux soldats et à leur famille, de souder une nation face à l'ennemi, d'accompagner la mémoire des disparus et de réconforter les survivants, la musique a occupé une place importante durant la Grande Guerre. Inscrit dans une dynamique de recherche scientifique, ce livre propose des enquêtes originales sur la vie musicale au front et à l'arrière. Centré sur la création artistique, il apporte des éclairages inédits, notamment sur la façon dont les compositeurs et les interprètes ont vécu leur art dans un moment aussi critique de l'histoire, et soulève de nombreuses questions : quelles sont les motivations des musiciens à poursuivre leur activité dans un contexte aussi dramatique ? La musique est-elle vécue comme engagement offensif ou comme échappatoire ? Comment les musiciens sont-ils perçus au front par les autres soldats ? Comment les compositeurs, à l'avant comme à l'arrière, se positionnent-ils face à la création ? Voici quelques-unes des questions qui traversent ce livre, lequel, au fil des chapitres consacrés tour à tour à des acteurs plus ou moins célèbres du monde artistique, à des oeuvres, au problème de l'édition ou encore à la vie culturelle à Paris et en province, trame un panorama musical de cette France en guerre.

  • Dans une confrontation inédite des approches francophones et anglo-saxonnes signées par des experts internationalement reconnus aussi bien que par de jeunes chercheurs, Le mélodrame filmique revisité propose d'ouvrir le champ d'études vers de nouvelles perspectives historiques et esthétiques. En effet, le mélodrame souffre, depuis ses débuts cinématographiques, d'une exploitation péjorative qui restreint le « mode mélodramatique » à la manipulation des émotions du public et à une representation excessive sur le plan esthétique. Minimisé, expédié, ce genre mérite pourtant d'être enfin l'objet d'une revalorisation à travers des approaches innovantes et un corpus élargi à la télévision, l'animation et l'internet. Revisiting Film Melodrama brings forth pioneering French and English-speaking approaches from internationally known experts as well as by young researchers, aiming to broaden the research area through new historical and aesthetic perspectives. Indeed, film melodrama has too often been under-estimated, most surveys having essentially focused on the audience's emotions and on excessive representations, often neglecting the complexities of the «melodramatic mode». More than ever, melodrama as film genre requires a comprehensive, multi-layered re-appraisal which includes references to the genre at work on television, animation and the internet.

  • Ancrée au carrefour de tout l'univers musical, l'histoire de son activité éditoriale constitue l'indispensable cheville d'articulation d'une mécanique plus globale, qui est celle de l'histoire des idées et de l'histoire du goût. Par l'essence même de son rôle de passeur, l'édition de musique se frotta à peu près à tous les aspects de la res musicae : du phénomène créateur à sa réception sociale, en passant par les filières d'apprentissage, les modes d'interprétation et leurs multiples répercussions. Partant de pareil angle de vue, cet ouvrage met en lumière les relations qu'entretinrent avec le monde de la musique - sur un territoire considéré, celui de la Belgique naissante - les professionnels de l'édition, en particulier les fondateurs de la Maison Schott Frères, dont les archives privées ont été récemment mises au jour. Si d'aucuns ont dénoncé une certaine faiblesse esthétique de la musique belge du XIXe siècle - considération que l'on aura par ailleurs la sage courtoisie de tempérer -, ce qui nous aura intéressé ici, dans la foulée des travaux fondamentaux de Marie Cornaz sur le XVIIIe siècle, c'est avant tout le vécu de la musique dans ses traces les plus fondamentales : ce qui motiva ceux qui la créèrent, l'interprétèrent, l'écoutèrent, et surtout la diffusèrent.

  • Musicologue de réputation internationale connu pour ses éditions critiques de Girolamo Frescobaldi, Etienne Darbellay est aussi un homme de goût pour qui la peinture compte autant que la musique. Notre page de titre en rend compte. A fresco désigne une technique de peinture murale, et fait aussi allusion à Frescobaldi. Les contributions que l'on trouvera dans nos mélanges touchent à de nombreux domaines, en partant de l'auteur de prédilection de Darbellay : notation et édition musicales, organologie et histoire de l'interprétation, esthétique, rhétorique et perception. Cette diversité était nécessaire car la philologie constitue chez Darbellay le centre d'une oeuvre foisonnante, guidée par une conception exigeante de l'acte critique. Selon celle-ci, la forme musicale, en tant qu'incarnation d'une pensée qui engage l'homme tout entier, est un vecteur de connaissance. Une réflexion musicologique complète se doit donc de conjuguer raison et sensation, examen scrupuleux des textes (voire des tableaux) et écoute attentive de leurs réalisations. L'hommage adressé à Darbellay par ses collègues et disciples prend donc la forme d'une fresque collective où l'on retrouvera en bien des endroits la présence de celui qu'elle honore. Ce livre contient des articles en allemand, français, anglais et italien. As an internationally renowned musicologist well-known for his critical editions of Girolamo Frescobaldi, Etienne Darbellay is also a man arbiter of taste who appreciates painting as much as he does music. This is reflected in our title page. A fresco is a mural painting technique but is also an allusion to Frescobaldi. The contributions we find in this collection of essays touch on a wide range of disciplines, beginning with Darbellay's favourite composer: music notation and editions, organology and history of music performance practice, aesthetics, rhetoric and perception. Such diversity in the essays was important, since for Darbellay, philology is at the heart of a vast range of works guided by a highly rigorous approach to the critical act. This approach sees a musical work, the embodiment of thought that engages Man in his entirety, as a vector of knowledge. Advanced musicological thinking must encompass reason and perception, an in-depth analysis of the texts (or of the paintings) and careful attention to the resulting works. The present publication realised in honour of Darbellay by his colleagues and followers takes the form of a collective fresco in which his presence may be felt throughout. This book contains essays in German, French, English and Italian.

  • Les recherches réunies dans ce livre partent du constat que le Moyen Âge ne connaissait pas notre notion d'« objet ». Le mot n'a en effet pris son sens courant de chose de dimension limitée, destinée à un certain usage, que vers la fin du XVIIIe siècle. Comment peut-on, dès lors, rendre compte sans anachronisme de ce que les « objets » ont été pour ceux qui vécurent durant les siècles précédents ? La figure de Charlemagne a permis aux auteurs d'aborder cette question à partir de deux phénomènes historiques. La vaste entreprise de la réforme carolingienne, d'abord, impliqua le développement de pratiques de « thésaurisation », soit des accumulations de matières et de formes consistant aussi bien en de nouveaux modes de gestion qu'en la création d'artefacts unissant, de façon inédite, les pouvoirs profane et sacré. La célébration largement partagée de la mémoire de l'empereur, ensuite, donna lieu à de nombreuses « constructions mémorielles », qui associaient des récits et des choses, et faisaient ainsi d'elles l'évidence présente d'un passé revisité.

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