Perrin

  • Un témoignage exceptionnel sur Hitler et le IIIe Reich, raconté de l'intérieur par l'ambassadeur de France à Berlin. Ambassadeur de France à Berlin de septembre 1931 à octobre 1938, André François-Poncet a été aux premières loges pour assister à la chute de la république de Weimar et à l'avènement du IIIe Reich. Ecrivain d'exception doté d'une plume acerbe, il décrit non seulement les événements d'envergure - avènement d'Hitler, nuit des Longs Couteaux, Jeux olympiques de 1936, conférence de Munich et marche à la guerre -, mais aussi les séides du nazisme, à commencer par leur chef, dont il dresse un portrait d'une force qui n'a d'égale que la finesse. Ses développements sur l'idéologie brune constituent un autre modèle du genre. On l'aura compris : ses souvenirs constituent un témoignage essentiel, " le meilleur publié sur l'agonie de Weimar et les premières années de l'Allemagne hitlérienne. Soixante-dix ans plus tard, leur réédition constitue un événement tant leur lecture s'impose à quiconque s'intéresse à l'histoire de la période ", résume Jean-Paul Bled qui a enrichi ce grand texte d'une présentation et d'un appareil critique inédits afin de rendre sa lecture accessible au profane.

  • Richard Wagner (1813-1883) fut écrivain autant que compositeur. Non seulement, comme aucun autre avant lui, il fut l´auteur exclusif de tous les textes de ses opéras, ainsi que d´une littérature théorique autour de son oeuvre musicale, mais il a aussi pris soin de se raconter lui-même. Comme le Nietzsche de Ecce Homo, il aurait pu intituler son autobiographie : « Pourquoi je suis un destin ».

    Dans Ma Vie, Wagner cherche autant à se justifier - aux yeux de son épouse, de sa maîtresse, de son roi, si généreux à son égard, de ses amis et de ses ennemis, qu´à bâtir son image pour la postérité. Son épouse Cosima et le roi Louis II sont ses deux lecteurs immédiats. La rédaction prendra un temps considérable souvent interrompue par diverses circonstances personnelles. En janvier 1870, Wagner décide de financer lui-même une édition privée , et une douzaine d´exemplaires qui seront distribués à quelques amis choisis, parmi lesquels le roi, son futur beau-père Liszt, mais aussi Nietzsche, qui fait partie du cercle intime de Wagner..

    C´est que tout au long de cette écriture, il aura fallu ménager lecteurs et réputation : la relation adultère de Cosima et de Richard sous les yeux de Bülow ; les liaisons de Wagner sous les yeux de Cosima ou l´épineux passé révolutionnaire de l´artiste, désormais chantre de la monarchie bavaroise. À la mort de Wagner, en 1883, Cosima durcira le secret qui devait entourer Ma Vie : elle exige de ses amis qu´ils lui retournent leurs exemplaires et en détruit la plupart. Même le roi doit se défaire de ses quatre volumes. C´est en 1963 seulement que parait une édition fiable, « texte complet établi sur la base de la copie dictée conservée aux Archives Wagner de Bayreuth ».

    En France, la traduction de Mein Leben avait paru à la Librairie Plon-Nourrit et Cie dès 1911, sur la base de l´édition tronquée, publiée la même année en Allemagne. Il faut attendre 1978 pour qu´un autre éditeur fît paraître une nouvelle traduction, malheureusement imparfaite. C´est pourquoi la présente édition est un événement, que le bicentenaire de la naissance de Wagner rend plus que jamais nécessaire.

  • Parus pour la première fois sous le titre Victoires perdues, les Mémoires du maréchal von Manstein comptent parmi les documents les plus percutants pour comprendre les opérations majeures de la Deuxième Guerre mondiale. C'est que, véritable pompier du Führer, Manstein est partout entre 1940 et 1944 : en Pologne, en France et, bien sûr, en Union soviétique. Il relate les querelles stratégiques, la mise au pas du haut commandement par Hitler, le quotidien des soldats et ses propres faits de gloire (surtout le terrible plan d'invasion de la France ou la prise de Sébastopol).
    Manstein, en rédigeant ses mémoires après guerre, cherche néanmoins à dédouaner la Wehrmacht des crimes perpétrés sous le nazisme, notamment à l'Est. " En refusant d'emprunter, de temps en temps, la tunique du philosophe, il se garde de porter un regard rétrospectif sur la portée morale de son action et sur les crimes du régime hitlérien ", résume Pierre Servent dans sa présentation. Reste que " Manstein est un stratège hors pair, cumulant des qualités que l'on retrouve rarement chez le même homme : la capacité à conceptualiser un grand nombre de combinaisons et la force de caractère pour en engager une seule avec résolution ".

  • De l'Appel du 18 juin à "Paris libéré", les quinze plus grands discours de guerre du général de Gaulle, mis en lumière par Régis Debray."Le 17 juin 1940 disparaissait à Bordeaux le dernier gouvernement régulier de la France. L'équipe mixte du défaitisme et de la trahison s'emparait du pouvoir dans un pronunciamiento de panique. Une clique de politiciens tarés, d'affairistes sans honneur, de fonctionnaires arrivistes et de mauvais généraux se ruait à l'usurpation en même temps qu'à la servitude. Un vieillard de quatre-vingt-quatre ans, triste enveloppe d'une gloire passée, était hissé sur le pavois de la défaite pour endosser la capitulation et tromper le peuple stupéfait.
    Le lendemain naissait la France libre. " Voici son histoire, à travers quinze discours fondateurs prononcés par Charles de Gaulle, depuis l'Appel jusqu'au célèbre " Paris libéré ".
    On y retrouve le fil conducteur des anniversaires du 18 juin -chanson de geste de l'époque-, mais aussi des discours prophétiques où se dévoile le génie visionnaire du général. A Oxford, il s'inquiète des prémices de ce que quelques décennies plus tard on appellera " mondialisation ", tandis qu'à Brazzaville il pose la première pierre du processus de décolonisation.
    Dans un essai introductif qui fera date, Régis Debray dépeint la solitude du Connétable pour mieux saluer le geste et le style du " général Micro ", dont les discours -requiem d'un temps littéraire de la politique- ont permis à le France de " traverser ces soixante dernières années en première classe avec un ticket de seconde ".

  • « Ceux qui vivent au jour la journée vivent heureusement pour eux-mêmes, mais on vit malheureusement sous leur conduite. » Pierre Mendès France, à la tribune de l´Assemblée, citait son lointain prédécesseur Richelieu, qu´il retrouvait dans la formule « Gouverner c´est choisir » . La leçon donnée par le premier de nos hommes d´Etat moderne, mettant au coeur de l´action publique l´intérêt général, ne s´est jamais perdue depuis sa publication posthume en 1688. « Il me sembla que l´âme du cardinal y était tout entière », s´exclama Montesquieu à sa lecture. La puissance parfois foudroyante du style, la hauteur énergique de la pensée font de ce texte inclassable un grand moment de réflexion sur la nature et l´exercice du pouvoir, dont de Gaulle apparaît comme l´héritier direct. En cette époque de relâchement et parfois de renoncement, un tel langage mérite d´être à nouveau entendu, tel que l´interprète, dans une présentation éblouissante, l´historien et essayiste Arnaud Teyssier

  • Best-seller en son temps,Le Roman d'une impératrice, dans lequel, dit l'auteur, la fiction n'a aucune part, est un ouvrage foisonnant et méticuleux, retraçant en 18 chapitres l'itinéraire prodigieux de cette petite princesse d'Anhalt-Herbst, modeste et cultivée, devenue grande-duchesse de Russie, puis impératrice en 1762, par le tour de force de la destitution de son mari Pierre III, suivie de sa mort. Se fondant largement sur les écrits de Catherine, qui se reconnaissait elle-même « graphomane », l'auteur livre un portrait très complet de cette personnalité hors du commun, à la fois figure centrale de l'Europe et, dans son pays, la « matouchka » plus russe et orthodoxe que beaucoup de ses proches. Même s'il est sous le charme de son héroïne « une femme extraordinaire et une grande souveraine », Waliszewski n'ignore pas ses parts d'ombre : cruelle, despotique, incapable de réformer. Surtout, il fait entendre la voix même de l'impératrice, joyeuse, puissante et passionnée. Le succès du livre, utilisé par tous les biographes ultérieurs de Catherine, provoqua la controverse : comment un Polonais pouvait-il consacrer un travail si considérable à une souveraine qui avait anéanti sa patrie ?

  • En 1942, alors que la Seconde Guerre mondiale faisait rage, un rapport d´apparence austère, oeuvre du libéral William Beveridge, fit l´effet d´une bombe. De fait, il promettait aux Britanniques, plongés dans un atroce conflit, de rêver à une société enfin plus juste, protégeant les pauvres comme les riches des grands fléaux sociaux : le chômage, la maladie, la grande pauvreté, l´absence de retraite. Signe que ces propositions répondaient à une attente, 600 000 exemplaires de ce rapport furent vendus en quelques jours! Et dès les années d´après-guerre, le gouvernement travailliste s´inspira de ce grand texte pour édifier un Welfare State dont les règles, aujourd´hui encore, régissent la société britannique.


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    Ce rapport célèbre et fréquemment cité, n´avait, jusqu´à présent, jamais été traduit en France ! A l´heure où la Sécurité Sociale, la retraite, et le chômage préoccupent tant les Français que leurs gouvernants, le Rapport Beveridge ne peut qu´apporter un éclairage bienvenu dans le débat public.

  • Un témoignage puissant sur la vie du Haut Commandement allemand, réglée pendant 5 ans sur les humeurs et les paranoïas d'Hitler. De 1939 à 1944, le général Walter Warlimont fut affecté au bureau Opérations de l'OKW, le haut commandement de la Wehrmacht. Quotidiennement au contact d'Hitler, lors des points de situation militaire, il est le témoin privilégié de l'évolution de son comportement, comme de la vie des officiers allemands en charge de la direction de la guerre. Paru en 1962, ce texte décrit avec une rare acuité la lente dégradation des armes allemandes, l'atmosphère sinistre comme la paranoïa grandissante et le sentiment de toute-puissance du Führer. Médiocre stratège parfois porté par d'heureuses inspirations, le maître du IIIe Reich veut tout diriger, tandis que haut gradés et barons du parti nazi s'opposent de plus en plus frontalement. Tous se côtoient pendant de longues années dans les locaux exigus du Grand Quartier général, dans une ambiance " à la fois de cloître et de camp de concentration ". Un témoignage puissant sur les mécanismes de décision au sein de l'état-major allemand, " réglés " pendant cinq ans sur les humeurs et les fantasmes d'Hitler.

  • Lorsque, en octobre 1815, Napoléon et sa suite, avec la garnison anglaise préposée à sa surveillance, débarquèrent sur un îlot rocheux et inaccessible de l'Atlantique Sud, la petite histoire tranquille et entêtante de la colonie fut bousculée par l'irruption inattendue de la grande. Cette dernière est désormais bien connue. Michel Dancoisne-Martineau en prend le contre-pied, en entrant dans l'intimité de ceux qui ont été mêlés, parfois de très loin, aux affaires de la retentissante captivité : voici, outre le terrible Hudson Lowe, le très original révérend Boys, le « juif » Solomon, l'impertinente Betsy Balcombe, le maître d'hôtel Cipriani, les esclaves employés sur l'île, les Chinois de la Compagnie des Indes, les prostituées de la prison, et tout un microcosme digne de la comédie humaine, battu par la mer, assommé par l'isolement et l'inaction, tandis que passent, en fond de tableau, les premiers rôles. 54 historiettes, nourries par les archives de la capitale Jamestown jamais utilisées, sont autant de scènes de genre qui recréent ce que l'historien a toujours du mal à saisir, l'air et le goût du temps. L'auteur a trouvé le ton juste, ironique parfois, sensible souvent, avec le sens de la mise en scène, pour conter les faits divers qui fleurissent sur le rocher désolé, à l'ombre fugitive du Grand Homme.

  • " Le Saint-Simon du IIIe Reich" Diplomate multilingue devenu l'interprète d'Hitler. Paul Otto Schmidt (1899-1970) raconte en témoin privilégié l'ascension et la chute du IIIe Reich ainsi que les principales réunions et rencontres au sommet qui émaillèrent son histoire.
    Excellent observateur, volontiers sarcastique envers ces " fous " qui le gouvernent, le mémorialiste abonde en anecdotes et portraits savoureux des principaux contemporains, à commencer par Hitler lui-même et sa cour : Ribentropp (portrait assassin), Goering et ses enfantillages, Goebbels, Himmler. Mais aussi Mussollini, Ciano, Franco, Daladier (excellent récit de Munich), Pétain, Laval (rencontres de Montoire et Saint-Florentin), Antonescu, Molotov, Pavelic, Horthy...et les autres. Un témoignage vivant, au style enlevé, et ranche avec les autres mémorialistes de l'époque.

  • De 1939 à 1945, les soldats de la Wehrmacht n'ont cessé d'écrire à leurs proches. En rassemblant leurs lettres les plus fortes et éclairantes, c'est la Seconde Guerre Mondiale vue de l'intérieur que l'on découvre.
    Préface de Timothy Snyder.
    Pendant toute la durée de la Seconde Guerre mondiale, les soldats de la Wehrmacht, environ 17 millions d'hommes, n'ont cessé d'écrire à leurs familles. Ces lettres font partie des rares documents qui proposent une vision de l'intérieur de la guerre. Ils sont traduits pour la première fois en Français, renouvellement ainsi considérablement ce que nous savions de la mentalité et de l'action des soldats du IIIe Reich.
    C'est une guerre du quotidien qui y est décrite, sur tous les fronts de l'invasion de Pologne à la chute de Berlin. Si nombre de lettres de la campagne de France de 1940 ou du début de l'Opération Barbarossa sont porteuses d'un espoir de participer à l'échafaudage d'un renouveau de la Grande Allemagne, les correspondances qui suivent la défaite de Stalingrad sont détonantes. Au fil des pages, le lecteur assiste tantôt aux désillusions des soldats, à leur détresse face aux conditions physiques et matérielles qui se dégradent, à la victoire qui s'échappe face à l'ennemi russe ou américain, tantôt à la lassitude du combat, au désir de rentrer au foyer, mais aussi à l'exaltation de la foi envers l'Allemagne et Hitler.
    Car les soldats de la Wehrmacht n'étaient pas des soldats ordinaires, contrairement à l'image dépassé mais encore vivante d'une armée propre, obéissante mais finalement éloignée du nazisme. Ce que montre ces lettres, c'est que ces hommes étaient, pour beaucoup, porteurs de l'idéologie hitlérienne à travers l'Europe et furent le fer de lance du nazisme en guerre.

  • Pour la première fois, le portait intime, en 80 lettres choisies, de la favorite royale la plus connue, Madame de Pompadour, âme soeur de Louis XV.
    Madame de Pompadour n'écrit pas, ou pas seulement, pour s'occuper. Écrire, pour elle, c'est une activité exigée par la fonction qu'elle occupe à la cour et dans l'organisation de la monarchie. Elle en est un rouage officiel. Elle est celle par qui l'on doit passer pour être recommandé et obtenir une pension, une place, un privilège.
    Dans ces lettres, Madame de Pompadour n'est guère frivole, légère ou capricieuse. Elle est autant amoureuse qu'ambitieuse. Sa vie, qu'elle compare volontiers à une " mort continuelle ", est marquée par le chagrin, les douleurs physiques et morales ; dès son arrivée à Versailles, elle a dû lutter pour conserver sa place, objet de toutes les critiques et de toutes les convoitises.
    Mais au fils de ces lettres, Madame de Pompadour s'est dévoilée. C'est tout à la fois l'intimité d'une favorite et la volonté d'une femme de tête qui sont ici révélées.

  • Si le théâtre et la littérature classiques restent encore familiers à travers des auteurs aussi prestigieux que Corneille, Racine, Pascal, La Rochefoucauld, Mme de La Fayette, il n'en est pas de même desMémoiresqui rebutent par leur ampleur : les 43 volumes desMémoiresde Saint-Simon dans l'édition de Boislisle côtoient les 19 tomes duJournalde Dangeau ou les 900 pages desMémoiresdu cardinal de Retz dans l'édition de la Pléiade. Pourtant les mémorialistes (Retz, Saint-Simon, Mme de La Fayette), les diaristes (d'Ormesson, Sourches, Dangeau), les épistoliers (Mme de Sévigné, Mme Palatine) tous représentés ici, offrent dans leur oeuvre une richesse incomparable, tant par le style que par l'ampleur de leur réflexion. Le but de la présente anthologie est précisément de faire ressortir ces qualités par des textes soit longs soit brefs, suivant l'objet que s'est proposé l'écrivain : anecdote, portrait, tableau, récit. Le parti a été de retenir à la fois les grandes pages qui sont des sommets de style, celles qui restituent les moments les plus célèbres, celles qui apportent les témoignages les plus précieux, celles enfin qui, à l'instar desMémoiresde Louis XIV, sont à la fois des écrits et des actes. L'ordre chronologique a été respecté selon quatre grandes articulations : « Le lever du soleil » (1643-1661) ; « Le règne glorieux » (1661-1685) ; « Tourments et tourmentes » (1685-1700) ; « Le déclin d'un âge » (1701-1715).

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    Pour la première fois, les textes les plus intéressants de Napoléon sont rassemblés avec l´indication précise de leur provenance et avec un souci de cohérence, selon le plan du traité deDe la guerrede Clausewitz. Le résultat est étonnant d´actualité et de profondeur humaine. Napoléon fait réfléchir sur la nature de la guerre, la tactique et la stratégie, l'art de remporter les batailles, les guerres civiles... Tout ce qu´il dit des qualités d´un chef de guerre peut s´appliquer aujourd´hui à un officier en opérations. La maîtrise qu´il a pu exercer dans ce domaine transparaît et frappe toujours par sa vérité. La façon dont il envisage les relations entre théorie et pratique, entre les « principes » et les « circonstances », peut s´appliquer à toute action collective finalisée en milieu conflictuel.Pour offrir au lecteur un livre de références, Bruno Colson a consulté non seulement toutes les sources publiées mais aussi certains manuscrits comme ceux des généraux Bertrand et Gourgaud, compagnons de Sainte-Hélène, ce qui lui a permis de découvrir des maximes et pensées inédites.

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