Presses Sorbonne Nouvelle

  • Le théâtre de la Renaissance anglaise connaît en France depuis de nombreuses années une faveur qui ne se dément pas. L'oeuvre de Shakespeare fait l'objet d'une attention incessante qui suscite des traductions et des interprétations nouvelles, des mises en scène audacieuses, dans le souci d'affirmer sa modernité. Il fallait une audace singulière et une largeur de vision remarquable pour embrasser d'un même regard la période la plus riche de ce théâtre tragique, la période shakespearienne qui s'étend de Marlowe à Webster. Il fallait une vaste culture et une acuité de l'intelligence susceptible de se déployer selon trois dimensions, littéraire, historique et philosophique, pour relier l'exploration de la temporalité à travers les formes dramatiques à une vision panoramique des traditions culturelles dont le théâtre élisabéthain est issu. Il fallait enfin un juste équilibre entre l'attention au contexte historique dans lequel toute oeuvre s'inscrit et l'aptitude à manier les instruments de la critique moderne dans la recherche d'une compréhension stimulante pour le lecteur de notre temps. C'est un moment dans l'histoire du théâtre anglais, mais aussi dans l'histoire de la conscience et de la sensibilité que Gisèle Venet a su cerner et restituer dans cette étude magistrale qui ne remonte à l'Antiquité et au Moyen Âge que pour éclairer la crise baroque et l'émergence d'un héros tragique nouveau. Robert Ellrodt

  • Cet ouvrage présente au public français un pan souvent méconnu de la production cinématographique espagnole : le cinéma fantastique. Les études réunies ici interrogent les traditions iconographiques et sociales qui dessinent les contours du genre fantastique dans le cinéma espagnol. Les deux premiers articles offrent une réflexion théorique sur la notion de fantastique et un rappel historique de l'évolution du genre en Espagne. Les articles suivants sont consacrés à l'analyse d'un film ou d'un corpus de films. Certains étudient plus particulièrement l'intertextualité et les phénomènes d'hybridation, tandis que d'autres s'attachent à mettre au jour, derrière les figures de monstres ou de fantômes, les problématiques sociales ou politiques sous-jacentes. On constate ainsi que le cinéma fantastique n'est pas simplement un genre d'évasion, mais peut aussi traduire les préoccupations actuelles de la société espagnole, notamment son difficile rapport au passé.

  • En ce début de 21e siècle, les relations sino-américaines sont devenues un pivot majeur des relations internationales. Jouissant du statut d'unique superpuissance mondiale à la fin de la guerre froide, les États-Unis ont observé, non sans une certaine appréhension, la remarquable montée en puissance de la Chine, désormais perçue par de nombreux observateurs comme la seule nation capable de détrôner l'Amérique. Le passé lourd et complexe qui pèse sur les relations entre Pékin et Washington permet d'éclairer cette nouvelle donne, notamment son caractère inédit et potentiellement dangereux si les deux pays entrent en compétition directe pour la place de première puissance mondiale. Cet ouvrage propose d'analyser la politique chinoise des États- Unis depuis le 19e siècle et de mettre en lumière l'alternance de cycles d'ouverture et de fermeture dans les relations avec la Chine. L'objectif de cette synthèse est d'offrir une perspective historique permettant de mieux comprendre les enjeux contemporains, mais aussi pourquoi le face-à-face est si inconfortable entre les deux géants.

  • Jamais les politiques publiques françaises et britanniques n'ont été autant marquées par la question du logement qu'en ce début de XXIe siècle. L'envolée spéculative des prix immobiliers, l'accroissement des phénomènes de ségrégation et de précarisation résidentielles ainsi que la crise des « subprimes » émanant des États-Unis en 2007 ont mis en évidence les vicissitudes auxquelles sont soumis les marchés occidentaux depuis les années 1990. Face à l'inquiétude croissante des populations, il n'est guère étonnant que les gouvernements de Gordon Brown et de Nicolas Sarkozy aient manifesté leur volonté de considérer le logement comme l'une des toutes premières priorités de leur action politique. Cet ouvrage a pour objectif de mettre en parallèle les caractéristiques des crises du logement dans les deux pays et les réponses qu'y apportent les pouvoirs publics. Il regroupe une quinzaine de contributions de spécialistes du logement en France et au Royaume-Uni qui couvrent les grandes évolutions des marchés de l'immobilier depuis la seconde moitié du XXe siècle, les enjeux sociétaux et territoriaux et les nouvelles orientations politiques. Ainsi que le montrent les auteurs, le désengagement de l'État-providence, le recours à la décentralisation et aux lois du marché rendent de plus en plus improbable la mise en oeuvre d'un droit au logement pour tous.

  • Les sept études rassemblées dans ce volume relèvent du même domaine d'investigation que celles du précédent volume, Institutions et vie coloniale en Amérique Espagnole, paru en 1985, deux d'entre elles constituant la suite directe de sujets déjà abordés. Sans prétendre épuiser la matière définie par l'intitulé, ces travaux devraient contribuer, dans leur diversité thématique, géographique et temporelle, à mieux faire saisir la nature et la complexité des problèmes liés à la vie coloniale hispano-américaine dans ses rapports souvent tendus avec les institutions métropolitaines ou territoriales.

  • Le 15 décembre 1999, de puissantes inondations s'abattent sur le Venezuela. Elles provoquent des coulées de boue meurtrières dans une grande partie de l'état côtier et urbain de Vargas. à partir d'une enquête ethnographique qui débute quelques mois après l'événement, au moment de l'intervention des acteurs humanitaires, et se poursuit jusqu'en 2005 au cours de la reconstruction de la région, cet ouvrage porte un regard anthropologique sur cette catastrophe « naturelle ». Il s'agit ici de saisir, au-delà du compte-rendu rapide, global, inquiet et désabusé que les médias nous offrent de ces crises, tout ce qui se produit dans les failles et dans les fissures de cette catastrophe. Il s'agit également de comprendre comment un ensemble de phénomènes physiques (pluies, coulées de boue, glissements de terrain, chutes de pierres...) devient un événement social : La Tragedia. Dans cette perspective, la catastrophe est appréhendée non comme une donnée, mais comme une construction. En analysant comment se déclinent les différentes phases de l'urgence (survie, secours, assistance) puis de la reconstruction, en s'interrogeant sur les multiples façons de donner du sens au désastre et en replaçant l'événement dans une perspective historique à long terme, l'auteur élabore une réflexion sur la façon dont les sociétés contemporaines affrontent et dénouent de telles tragédies.

  • Ce volume est le fruit d'un colloque organisé en février 2016 à la Sorbonne Nouvelle par le CERLIM. L'enjeu premier était d'offrir un état de la réflexion sur Guido Guinizzelli et Guido Cavalcanti, les deux poètes du XIIIe siècle au programme de l'agrégation d'italien en 2016 et 2017. Réunir la plupart des meilleurs spécialistes fournissait dès lors l'occasion de prendre connaissance des dernières avancées interprétatives en la matière. Le résultat est donc un ouvrage à la fois pédagogique et novateur qui, attentif aux contextes qui ont vu naître nos deux auteurs, cherche à examiner chacun d'eux pour lui-même tout en tâchant de mieux cerner la nature de leurs rapports. C'est un livre au sens propre, où circulent les voix d'un intense dialogue, parfois contradictoire, notamment en ce qui concerne le second Guido. Cela ne veut pas dire que le dernier mot soit dit. L'extraordinaire richesse et problématicité de la poésie cavalcantienne est un défi pour l'interprétation et continuera de solliciter la sagacité des herméneutes. La poésie du premier Guido reste elle aussi pleine de secrets à percer, notamment pour ce qui est de son arrière-plan culturel, scientifique, philosophique. Ce livre en appelle donc d'autres, dont il espère pouvoir nourrir la réflexion.

  • Cet ouvrage retrace l'enchaînement de mécanismes qui ont conduit à l'appauvrissement de l'intermédiation financière et politique au cours des vingt dernières années aux Etats-Unis. L'intermédiation signifie tout à la fois transmission, passage, agence ou représentation. Ainsi, les élus ou les conseillers financiers, au sens large, peuvent être considérés comme des intermédiaires. Le processus d'intermédiation se retrouve naturellement dans le système politique américain car les États-Unis sont une démocratie représentative. Mais ce processus est aussi à l'oeuvre dans la démocratisation des marchés financiers qu'ont connue les États-Unis depuis la fin des années 1960. Cette démocratisation s'est accompagnée d'une financiarisation de l'économie et d'un désengagement de l'État mais la persistance d'une réglementation « sélective » a protégé et nourri la croissance d'institutions financières hybrides, semi-publiques et semi-privées, qui ont joué un rôle dans ce qui apparaît aujourd'hui comme la fragilisation de l'édifice politico-financier américain.

  • Ce volume rassemble les contributions de chercheurs de différentes aires culturelles autour de la notion d'événement, objet porteur de sens différents et, de ce fait, transversal à différentes disciplines des sciences humaines et sociales (histoire, sociologie, sciences du langage, sciences de la communication, sciences politiques...), ici représentées.Si, comme dit le dictionnaire d'usage, l'événement est « ce qui arrive », c'est également « ce qu'il devient » au fil du temps, c'est-à-dire comment on le raconte, le nomme, le qualifie, le mémorise, et comment il se transforme lorsqu'il est « saisi » par la langue et la communication et qu'il devient ainsi objet de discours. Car l'événement, c'est également «ce qui est important pour l'homme».Dire l'événement, c'est s'interroger sur ce qu'il représente, au-delà de l'expérience individuelle et du ressenti émotionnel : ce qu'il en reste dans l'histoire d'une société et chez ses acteurs, ce qu'il devient dans les mémoires collectives lorsqu'on en use comme un précédent pour envisager l'avenir, ou bien lorsqu'on l'oublie ou qu'on le nie. Dire l'événement, c'est finalement contribuer à le construire, à le représenter et à s'interroger sur ses référents, ce que cet ouvrage s'emploie à comprendre et à expliquer autour de cinq thèmes porteurs d'interrogations transversales : l'événement dans l'espace social ; la médiatisation des événements ; l'histoire, l'oubli, la mémoire ; le nom d'événement et le non-événement ; la langue et l'événement... L'événement est une notion qui devrait intéresser tout citoyen curieux de comprendre ce qui se passe dans le monde et l'environnement dans lesquels il vit et avec lesquels il interagit.

  • La « face cachée du genre » renvoie à la façon dont le langage continue à être dans les études de genre un objet presque invisible. Alors que les travaux des historien-ne-s, des littéraires, des philosophes, des sociologues, des anthropologues et des politistes sont largement intégrés dans le domaine des études de genre, on constate la quasi-absence des recherches linguistiques dans ce champ qui connaît depuis quelques années un véritable essor au sein des sciences sociales.Ce livre se propose de combler ce vide en renouvelant les débats autour du langage en tant qu'outil de construction du genre, de reproduction des inégalités de sexes et de lutte contre la domination masculine.À partir de la diversité des données, des contextes et des cadres théoriques mobilisés, les textes recueillis dans ce volume interrogent les rapports entre genre, langage et pouvoir, en convoquant plusieurs champs disciplinaires tels que la linguistique, la sociologie et les sciences politiques. Comment penser la capacité des individus d'agir sur le genre à travers le langage ? Telle est la question à laquelle cet ouvrage essaie de répondre.Avec une Postface de Judith Butler.

  • Comment s'est construit l'imaginaire historique de l'Amérique, nation que l'on dit toute entière tournée vers l'avenir et le progrès ? C'est cette dynamique complexe, entre un passé souvent mythifié et ses représentations, que se propose d'explorer Refaire l'Amérique à travers douze cas analysés par des spécialistes américains, italiens et français. On y verra entre autres comment la tradition puritaine de la jérémiade donne sens au western du début du XXe siècle, comment le Parti Républicain inventa l'idée d'une « révolution conservatrice » dans les années 1980, ou encore comment l'intellectuel afro-américain W.E.B. Du Bois utilisa la fiction pour tenter d'imaginer une réponse politique et internationale au problème de la « ligne de couleur » dans son pays. Que ce soit à travers l'image, l'architecture, ou l'évolution des pratiques culturelles de ses immigrants, l'Amérique ne cesse de revisiter des pans entiers de son expérience nationale. Il lui arrive aussi, parfois, d'esquisser les formes inachevées d'une refondation : le plus souvent, celle-ci semble pourtant s'étioler sous le poids d'un certain conservatisme historique et culturel. Grâce à cette sélection de textes et d'auteurs, dont beaucoup sont traduits pour la première fois, le lecteur français pourra se familiariser avec l'évolution récente des Études Américaines, notamment leur tournant « transnational », auquel ce volume entend contribuer.

  • Au XXIe siècle, la jeunesse est très souvent associée à des représentations négatives. Si l'on se fie au discours politique, aux médias et à l'opinion publique au Royaume-Uni et en France, les jeunes constitueraient une génération désoeuvrée et dangereuse pour l'ordre social. Or, comme le montre cet ouvrage, le principal enjeu auquel sont confrontés les pouvoirs publics des deux côtés de la Manche concerne le déclin des formes traditionnelles de participation juvénile à la vie politique. Rassemblant des contributions de sociologues et politistes spécialistes de la jeunesse, ce livre aborde les questions de l'engagement politique, de la citoyenneté et des mutations des politiques de jeunesse. Dans les deux pays, on constate la confrontation de deux principaux types de politiques de jeunesse. D'abord, un volet « répressif » qui fait appel à des dispositifs publics fondés sur la stigmatisation et le contrôle social ; ensuite, un nouveau volet « d'accompagnement » visant à promouvoir la citoyenneté et la participation à la vie publique et à susciter un renouvellement des formes de l'engagement politique. Bien que prometteuse, cette seconde approche n'est pas dénuée de tensions et de contradictions ainsi que le mettent en évidence les travaux ici réunis.

  • Cet ouvrage considère les ressorts et les acteurs de la dynamique économique anglo-saxonne. Il montre comment les entrepreneurs et leurs réseaux contribuent à l'émergence d'une société entrepreneuriale qui met en contact les mondes anglophones et d'autres aires culturelles (l'Europe, l'Amérique, la Chine). La montée de l'entrepreneuriat en tant que phénomène socio-économique reflète de profonds changements d'attitudes qui donnent leur cohésion aux sociétés entrepreneuriales du libéralisme postmoderne ou du postcommunisme. Ce processus de transformation impulsé par les individus, les familles, les diasporas et les institutions, apparaît comme une émanation du capitalisme anglo-saxon et l'expression d'un projet politique paradoxal. Il ne se fonde pas exclusivement sur le principe économique de la « destruction créatrice » mais prend également appui sur des normes et des valeurs structurant la manière du « vivre ensemble » et des formes originales de lien social. Comme le montrent les études réunies dans ce volume, la dynamique de croissance de l'entrepreneuriat repose sur des stratégies internes aux cultures et aux sociétés, mais s'incarne également dans des expériences plus transnationales. En s'élargissant à toutes les sphères de la vie sociale pour accomplir sa visée, la pratique entrepreneuriale révèle sa fonction intrinsèque de moteur de changement social.

  • Cet ouvrage présente un tour d'horizon des recherches actuelles sur le fonctionnement pratique du multiculturalisme en Amérique latine. A la manière des Handbooks anglo-saxons qui présentent un tour d'horizon exigeant sur un domaine de recherche, il réunit en un seul volume une trentaine des meilleurs spécialistes actuels francophones et latino-américains. Ce bilan inédit montre comment ce qui n'était que l'objet de débats théoriques et de luttes militantes dans les années 1970 est devenu au fil du temps l'objet de pratiques sociales foisonnantes et de dispositifs étatiques très divers qui marquent désormais la vie de tous les pays latino-américains. Ces transformations induites par le multiculturalisme sont ici regroupé en cinq mouvements : la question du modèle, l'exercice de la citoyenneté, les systèmes juridiques, les politiques publiques focalisées, et les nouvelles territorialisations. Pour tous ceux qui cherchent à comprendre ce qu'est le multiculturalisme aujourd'hui sans s'enfermer dans les alternatives classiques du débat en France, ce livre propose des interrogations nouvelles et pose la question d'un possible « modèle latino-américain».

  • Les gouvernements des pays du Nord rêvent d'un monde où les populations pauvres des pays du Sud seraient retenues par une frontière globale que seule une minorité choisie pourrait traverser. Pourtant, des hommes, des femmes et des enfants des pays du Sud continuent à quitter leur terre pour s'aventurer vers le Nord, définissant l'un des enjeux politiques et humanitaires majeurs du 21e siècle. Qui sont les migrants clandestins ? Quelle frontière se matérialise à leur passage ? Quels sont les effets de cette frontière ? Ce livre offre une réponse à partir de la migration centraméricaine vers les États-Unis qui traverse l'un des systèmes frontaliers les plus sophistiqués, les plus complexes et les plus dangereux de la planète : la frontière sud des États-Unis et son externalisation au Mexique. Cet ouvrage alliant sociologie, ethnographie et relations internationales, fruit de nombreuses recherches de terrain en Amérique centrale, au Mexique et aux États-Unis est une enquête bouleversante au coeur de la migration, qui invite à réfléchir sur les effets du décalage entre les contrôles frontaliers et la réalité des flux migratoires. Cet ouvrage a reçu le Prix de thèse des PSN en 2014 et est préfacé par Catherine WITHOL DE WENDEN.

  • Dans les deux dernières décennies du xxe siècle, minimalisme désigne une partie de la création littéraire et, pour le roman, une production généralement liée aux Éditions de Minuit. La notion, qui dérive des champs de l'architecture et des arts plastiques, est ici resituée dans la perspective de l'histoire littéraire. Les années 1980 sont traversées par une tension esthétique féconde, entre réévaluation du romanesque et permanence d'une distanciation critique, héritage du Nouveau roman et sortie de l'ère du soupçon. Issus d'un colloque international organisé à Cerisy la Salle, les articles de cet ouvrage mettent en relief l'invention d'un art subtil du roman : marqué par le souci du moindre effet, il est doté d'une capacité de résonance extrême. Ces analyses interrogent aussi les pièges et les impasses de la notion, liés à l'hétérogénéité des pratiques qu'elle désigne autant qu'à sa définition problématique. En contre champ : un texte de Philippe Claudel et un entretien avec Patrick Deville.

  • La Grande-Bretagne, berceau de la révolution industrielle et, à ce titre de la ville moderne, n'a jamais cessé d'alimenter la réflexion sur la ville. C'est ainsi qu'à la fin du XIXe siècle le mouvement des cités-jardins nait en réaction aux conditions de vie urbaines. Puis, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la création de villes nouvelles tente d'apporter une réponse à la surpopulation urbaine. Cependant, depuis les années 1960, les villes anglaises paraissent en proie à une crise caractérisée par la fuite des classes moyennes, l'effondrement de leur base industrielle et le déclin du tissu urbain, en dépit des multiples programmes urbains. Paradoxalement, bien que la base électorale du parti travailliste soit traditionnellement ancrée en milieu urbain, les engagements du parti en 1997 ne faisaient guère de place à la politique de la ville. En dépit de ce silence, trois ans après l'élection du parti travailliste, en 2000, la politique de la ville est devenue un axe fort et les villes anglaises bénéficient d'un nombre toujours croissant de mesures et de programmes. Ceux-ci ont-ils permis l'épanouissement d'une véritable renaissance urbaine au début du XXIe siècle, comme l'affirme le gouvernement, ou ne constituent-ils qu'une tentative inaboutie? C'est autour de cette question que s'articule cet ouvrage, à travers huit articles consacrés à un éventail de sujets allant de l'urbanisme et du patrimoine urbain à la condition de la jeunesse et au rôle de la culture, en passant par l'évaluation et par l'étude des deux municipalités de Birmingham et de Neston et celle de la région des West Midlands.

  • Cet ouvrage s'intéresse à la question de la concordance des temps dans des discours qui, par delà leur diversité typologique (discours grammatical, historiographique ou littéraire), ont en commun de porter sur une matière dont les rapports au temps donnent lieu à des agencements assez souvent discordants. Quelles sont ces « discordances » ? Que signifient-elles ? Est-il possible de les théoriser et de quelle façon? Ce volume interdisciplinaire réunit des contributions de chercheurs en linguistique et en littérature hispaniques venus de différentes universités françaises et étrangères. Il est issu d'un colloque tenu en mai 2008 dans les murs du Colegio de España et organisé conjointement par le Séminaire d'Études Médiévales Hispaniques de Paris Sorbonne (CLEA, EA 4083), le Séminaire Interdisciplinaire de Recherches sur l'Espagne Médiévale (GDR 2378, CNRS) et le Groupe d'Études et de Recherches en Linguistique Hispanique de la Sorbonne nouvelle - Paris 3 (EA 170).

  • Depuis 1990, le genre policier connaît un large succès aussi bien dans le monde de l'édition qu'auprès du public italien. Cette date marque un renouveau de ses formes, auquel a contribué, entre autres, la création du Gruppo 13 à Bologne. À côté du giallo s'est affirmée progressivement la catégorie plus hybride du noir. Le genre policier entend sonder le mystère, démasquer l'opacité du réel en pénétrant les non-dits de l'histoire pour en proposer une lecture dérangeante ; surgissent alors d'autres questionnements relevant, quant à eux, de pulsions plus subtiles, voire inconscientes. La perspective historique et herméneutique a élevé le roman au statut de nouveau roman social, capable, sous le couvert de situations vraisemblables, de simuler la réalité pour la comprendre autrement. L'écriture d'enquête se présente de plus en plus en Italie comme le champ de toutes les expérimentations grâce à l'utilisation de canaux de communication favorisant une réception plus large, mais aussi à l'hybridation avec d'autres formes d'expression (cinéma, théâtre, musique, télévision, BD). Cet ouvrage vise à comprendre les nouveaux enjeux du giallo/noir à l'origine de son succès. On y voit comment, à travers l'écriture de l'énigme, le giallo explore les côtés obscurs et complexes de l'Italie contemporaine.

  • Le Système monétaire européen (SME) fut instauré en décembre 1978, au coeur d'une période de tourmente monétaire et de marasme économique, afin d'assurer une certaine stabilité des taux de change et de faciliter les échanges, la croissance et l'emploi en Europe. Les relations que le Royaume-Uni a entretenues avec ce système sont atypiques, puisque la livre ne fut intégrée au mécanisme de change du SME que tardivement et temporairement, d'octobre 1990 à septembre 1992. L'analyse révèle des contradictions permanentes. Les décisions des gouvernements Thatcher et Major ont contredit les professions de foi gouvernementales qui les précédaient et n'ont pas parues justifiées par les contextes économiques dans lesquels elles furent prises. En suivant les événements dans leur ordre chronologique, cet ouvrage explore les décisions relatives à la participation de la livre au mécanisme de change du SME, pour déterminer ce qui relève de choix indépendants et ce qui procède d'obligations, économiques ou politiques, qu'elles aient été intérieures ou extérieures. Il tente ainsi d'identifier, au-delà de l'impression dominante de pragmatisme, une idéologie consciente et spécifique qui aurait pu guider les gouvernements Thatcher et Major.

  • Les études réunies sous le titre La beauté et ses monstres sont nées d'un constat de rupture entre l'idéal platonicien qui posait l'alliance étroite du Beau et du Bien et les pratiques esthétiques des XVIe, XVIIe siècles. La poétique baroque, expression d'une crise de la pensée analogique et de l'idéalisme platonicien, procède en effet d'une reconnaissance implicite de la dangereuse contiguïté entre le beau et le monstrueux et trouve son originalité créatrice dans la mise en mouvement de formes « dépravées », dans l'invention de formes qui contreviennent aux lois de la « proportion ». Métamorphoses et anamorphoses jouent de cette virtualité du monstmeux latent en toute forme parfaite qu'un rien peut déformer, déjouant toute tentative de figier des rhétoriques littéraires ou d'immobiliser des genres dans une codification rigoureuse. De même, par l'attraction qu'elle exerce, tant physique que métaphysique, la beauté a suscité la défiance devant l'envers toujours possible de cet attrait, la séduction par une beauté frelatée ou trompeuse. L'étrange et fascinante intimité entre la beauté et ses monstres fonde de la cohérence d'une dynamique de recherche par-delà la variété des angles d'analyse adoptés et la contiguïté entre le beau et le monstrueux apparaît bel et bien comme facteur supplémentaire d'unité dans l'expression de la sensibilité baroque. Ce volume, à ce titre, est une contribution à l'histoire d'une esthétique liée à cette sensibilité et aux paradoxes par lesquels elle trouve à s'exprimer, paradoxes qu'implique la saisie unifiée d'éléments contradictoires. C'est une illustration de plus, s'il en fallait, d'une crise de la représentation qui a trouvé dans une esthétique de la discordia concors ou de la coincidentia oppositorum sa réponse la plus pertinente, sa « monstrueuse beauté »

  • Le "syndrome du Vietnam" a été tel que le Président Bush n'a pu engager la nation américaine dans la guerre du Golfe qu'après avoir rejeté dans son discours officiel - comme pour l'exorciser - le souvenir obsédant de l'enlisement au Vietnam. Quels que soient les sentiments que l'on puisse avoir sur les fondements idéologiques des notions de leadership, de nouvel ordre international, de juste cause, la nation américaine est caractérisée par sa phobie des conflits irréductibles et ce sont bien la lassitude et la déception qui l'ont emporté dans la "crise de conscience" de l'"Amérique impériale". Ce livre projette une image radioscopique de la mentalité et des comportements des Américains à l'époque de la contestation des années soixante.

  • Le Vieux Monde a beaucoup écrit sur le Nouveau. Il ne s'est pas privé de le juger, et de le juger mal. Dès le départ, le continent et ses habitants ont été affublés d'un nom erroné. Plus tard, le "Siècle des Lumières" a énoncé d'incroyables contre-vérités. L'ethnocentrisme européen était triomphant. En outre, les préjugés anti-espagnols venaient déformer un peu plus les images fantasmatiques. Aujourd'hui, les sciences mesurent mieux leurs limites ; nous savons que l'Amérique n'est pas encore découverte. À chaque étape, l'Histoire Naturelle aura été un élément-clé du débat. Jamais les savants n'auront été des hommes de cabinet qui s'imaginent travailler loin des contingences : le patriotisme, l'idéologie, la politique ou tout simplement le bonheur esthétique étaient au rendez-vous. L'ambition personnelle ne pouvait pas être toujours absente ; en revanche, l'abnégation et l'enthousiasme sont souvent venus à bout de difficultés matérielles de tout ordre. Vaille que vaille, les créoles eux-mêmes prirent peu à peu la mesure de leurs richesses. Tout cela explique qu'une équipe d'hispanistes spécialisés dans l'Amérique Hispanique ait voulu apporter sa pierre sur un pareil chantier. Les textes que nous publions ont été présentés et discutés à la Sorbonne en séminaire. Un volume est déjà paru en 1986.

  • Traités, sermons, oeuvres théâtrales, gravures, représentations picturales traduisent le désabusement et l'ascétisme suscités par la peur de la mauvaise mort et des peines de l'enfer qui la prolongent. Ce sont des manifestations diverses de la pédagogie de la peur, utilisée par l'Eglise avec plus de vigueur en Espagne qu'ailleurs.

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